CANAL-DECHARGE

jeudi 16 février 2017

Satané pétrole

TERRE atmosphèreUne portion de Terre par la tangente qui permet de réaliser tant de choses à la fois. J'emprunte la photo à Thomas Pesquet ; l'astronaute Français actuellement en virée circumterrestre. J'espère qu'il ne m'en voudra pas. Ses photos me fascinent. Celle-ci me ramène 50 piges en arrière, à un dessin d'un de mes livres d'enfant dont j'ai oublié le titre. Ça répondait à plein de questions, la couverture était rouge. De lui il ne m'est resté qu'une image, un dessin qui montrait la courbure d'une portion de Terre avec côte à côte pour les besoins de l'explication, la plus grande fosse marine en creux et l'Everest (8 848 m) en bosse. C'était fascinant : ça faisait une petite bosse et un petit trou pas bien gros de deux ou trois cm à l'échelle. Je mesurais alors le dérisoire de nos constructions terrestres, et plus encore la fragilité de l'homme, de la vie. Combien nous sommes petits relativement à notre planète. Pourtant nous ne cessons de la gangrener comme un cancer qui rongerait la surface. Nous n'avons pas plus d'importance que du lichen à flanc d'une montagne, et même moins, mais la dévorons et nous multiplions comme les cellules folles d'un cancer, détruisant tout ce qui vit.

avion IIIB2

Non content de ça "Nous avons appris à voler dans les airs comme des oiseaux, à nager dans les océans comme des poissons… Mais nous n’avons pas encore appris à marcher sur Terre comme des frères et sœurs." comme le disait si bien Martin Luther King. Vues de l'espace, pourtant, nos frontières sont invisibles. Même nos montagnes apparaissent comme des rides insignifiantes. Les allumés qui prétendent que la muraille de Chine est visible depuis la Lune ne savent visiblement pas ouvrir un livre ni se servir d'internet. La photo d'introduction le prouve. Mais on s'accroche à des billevesées pour mieux se donner de l'importance, et ce qu'on appelle "progrès" est une débauche de consommation et de massacres.
Des bateleurs instruments des lobbies financiers se rengorgent et donnent spectacle, vous promettant la lune.

la lune père peinard

L'histoire ne vous a rien appris visiblement ; le dessin là date de 1902 ; et vous attendez toujours un miracle d'aventuriers dont les seules visées sont l'avidité et le narcissisme. La planche de gauche évoque d'ailleurs furieusement la lame 1 du Tarot de Marseille.
Ce n'est pas avec ces gens là qu'on va sauver la planète ; leur intérêt est de défendre les intérêts des boursicoteurs qui les tiennent par les cordons de la bourse. N'importe les conséquences à court ou long terme ; sociales ou écologiques. La conscience et les convictions de ces gens là sont à géométrie variable et fonction d'intérêts boursiers. Je l'ai écrit à propos de Donald Trumps par exemple, juste avant son élection : "C'est juste un dessin animé ; à la fin c'est pas Donald, c'est Picsou qui mène la danse". Lui qui s'est fourbi une image d'Islamophobe pour séduire le Tea Party a bloqué l'accés des USA à 7 Pays de cette confession, mais laisse l'accès libre aux Saoudiens, et mieux, vient de signer une autorisation d'accès SANS VISA, aux Algériens... Au moment précisément où Macron fait des ronds de jambes et des envolées pathétiques dans ce pays. Je ne puis m'empêcher de trouver ça curieux ; ça aurait une odeur de tirelire que ça n'aurait rien de surprenant. Il n'en reste pas moins que les préoccupations de Trumps en matière d'écologie sont plus qu'indigentes. Je me fais beaucoup de souci pour la Terre Sacrée des Amérindiens par exemple.

Dakota du Nord : les Amérindiens opposés à un oléoduc menacés d'expulsion

Les Sioux de la réserve indienne de Standing Rock, rejoints par des centaines d'autres tribus, occupent le terrain pour dénoncer la destruction de leurs sites sacrés et protéger leurs ressources en eau. C'est une "zone à défendre" au milieu des plaines glacées nord-américaines.

http://www.leparisien.fr
Projet de pipeline dans le Dakota du Nord: les Sioux obtiennent gain de cause

C'est une victoire pour les manifestants contre le pipeline censé traverser le Dakota du Nord. Les services fédéraux viennent d'annoncer l'étude d'un nouveau tracé, qui éviterait les terres dont les tribus indiennes estiment qu'elles violent des sites sacrés et polluent les réserves d'eau potable.

http://www.rfi.fr

Trumps est fortement attaché à ce projet, sans doute sous la pression financière toujours ; à verser dans le même panier que sa volonté de développer l'exploitation du gaz de schiste. Sa récente entrevue avec Trudeau d'une part, me fait craindre le pire par rapport à ces deux dossiers ; mais aussi la signature du CETA, puisque les consortiums financiers auront tout loisir d'ester en justice contre les Etats, donc NOUS, qui prendrions des mesures par trop environnementalistes ou écologiques. S'il nous venait à l'idée par exemple de refuser d'importer du gaz ou du pétrole en raison de sa provenance ; ou trop en restreindre l'usage pour limiter la pollution. De la même façon que nous serons condamnés si nous refusons les OGM, les intrants antibiotiques dans l'alimentation etc... Mais je parlais de pétrole. Ce satané pétrole qui est, avec le nucléaire, la colonne vertébrale de la "civilisation" planétaire. Les guerres moyen orientales gravitent toutes autour de ça.
Satané pétrole dont le coût humain et écologique est considérable. Indispensable par exemple au transport de vos fleurs de la Saint Valentin, de vos fraises en hiver, de vos noix de cajou pour l'apéro dont la consommation a cru de manière exponentielle ; c'est le dernier reportage que j'ai regardé ; plus de 7000 kms de bateau et d'avion, trois continents pour que ça arrive dans votre sébile au comptoir du rade du quartier ou votre supermarché. Satané pétrole et ses dégâts écologique considérables. Tout le monde a en mémoire, ma génération, le naufrage du pétrolier supertanker libérien Amoco Cadiz en mars 1978 et quelques autres...
Quand ça se produit loin de chez nous, hors fièvre médiatique, ça passe complètement inaperçu. Il s'en produit pourtant des dizaines, plus ou moins importantes, à longueur d'années. Le monde aurait connu plus de 700 marées noires recencées par Notre-planète Info en 2014.

Environnement. Désastreuse marée noire au sud de l'Inde

Deux tankers sont entrés en collision fin janvier au large de Chennai, dans l'État du Tamil Nadu, libérant 100 tonnes de pétrole qui polluent maintenant le rivage sur 43 kilomètres. C'est la désolation à Chennai.

http://www.courrierinternational.com

Si je n'étais une groupie des réseaux sociaux, j'aurais ignoré une des dernières en date par exemple (lien ci-dessus).
Satané pétrole qui sert à faire rouler nos bagnoles afin que nous puissions aller bosser pour... acheter du pétrole et le consommer. Un cercle vicieux. Mais aussi faire voler nos avions. Une partie de ces avions sert à partir en vacances pour vous remettre en forme afin de pouvoir retourner bosser pour consommer du pétrole. En vacances au ski par exemple, c'est la saison. Et partir skier en Bulgarie parce que c'est moins cher (2 X moins qu'en France) mais c'est plus loin et ça consomme plus de pétrole. Bulgarie qui amorce un grand développement du secteur et a entrepris, comme nous, de défigurer ses montagnes pour cela (reportage France 2 - 16 février 2017).

COEUR ROUGE 3


Satané pétrole à la base du plastique invasif et omniprésent ; même le plastique dit "écologique" en contient. Plastique allègrement jeté dans la nature et que de petites mains se dévouent à ramasser ; un peu comme si on essayait de vider la mer avec une petite cuiller. Je ne dénigre pas en disant cela. Je le fais moi-même : dix poches ramassées ce matin, dont une m'a déjà servie de poubelle, plusieurs gobelets et une barquette de légumes.

Il traque le moindre déchet au pas de course

Deux fois par semaine, Jean-Philippe Serrano court en ramassant des déchets croisés sur son chemin, dans les rues de Parthenay. Jean-Philippe Serrano a rejoint la communauté " Run Eco Team ", ramassant des déchets à chaque jogging. Une démarche citoyenne qu'il entend partager.

http://www.lanouvellerepublique.fr

Sur ce terrain, je viens d'ailleurs d'apprendre l'existence d'un frère de lutte à l'autre bout du département. Vous m'en voyez tout content. On se sent moins seul. L'invasion du plastique, il doit connaître au moins aussi bien que moi le copain. Petite main comme moi, peut être moins désabusé et moins mélancolique... Mais comme le disait si bien Gérard de Nerval : "La mélancolie est une maladie qui consiste à voir les choses comme elles sont"... J'ai les yeux ouverts et lucides. Le pétrole est une marée noire d'huile de pierre, cette pierre sur laquelle nous avons bâti la société sans âme, consumériste avide et destructrice et qui a produit le plastique pour faciliter cette consommation. Consommation qui se dissout dans le vitriol du gaspillage.

légumes

Le plastique est le fils bâtard de la domination pétrolière et omniprésent, omnipotent, omnichiant ; formant des continents dans nos océans, empoisonnant nos poissons. Rien n'y échappe, on trouve même des agrumes enrobés d'une pellicule maintenant, et la plupart des gens, plutôt qu'acheter les légumes en vrac préfère l'acheter en barquettes... Peut-être parce que c'est plus facile à gaspiller ? La barquette, là, c'est de la récup du jour. Comme je l'ai déjà dit, je ne puis faire une sortie sans trouver quelque-chose de gaspillé ! A l'heure où vous lisez ces lignes, c'est déjà trié et mangé.
Manger par la grâce des conséquences du satané pétrole, c'est quand même un comble. Mais je n'ai guère le choix. C'est toujours ça qui ne sera pas perdu remarquez. Sauf la barquette... J'ai un gros doute quant à son recyclage effectif. Mais nous en reparlerons, si je survis à mes ennuis. Vous, vous continuerez à mariner dans l'or noir en attendant qu'il s'épuise.

pompe


mardi 14 février 2017

Saint Valentin écologique

VALENTINEElle avait de tout petits petons, Valentine... Non ! D'abord ! Na ! C'est Martine qui avait des petits petons. Hé oui, vous n'imaginez même pas ! Un de ses petons tenait tout entier caché dans ma paluche ! Non ce n'était pas une petite fille, mais une adulte tout ce qu'il y a de plus adulte. Oui. Je lui dois la vie, c'est pour ça que je vous en parle. Sans elle j’avais toute les chances, en février de cette année là, d'y rester, enfoui sous une couche épaisse de neige. Voilà. Elle m'avait dit qu'elle était obligée de s'habiller en taille junior, mais que pour les pieds c'était pas le pied parce que c'était encore pire. Et moi j'avais vérifié bien sûr ! Plus tard, lorsque sa fille devint une jeune fille, elles ont pris plaisir à se payer des pintes de rire en allant choisir ensemble des godasses histoire de voir la tête du marchand. Que voulez vous, on se distrait comme on peut.
Mais c'est pas ma valentine ; ma valentine elle porte un nom de petite fleur ; une petite fleur toute timide, cachée dans les petites herbes. Aujourd’hui elle n'est pas là ; elle est à un de ces rencarts de flicage institués pour les sans emplois. Si encore ça servait vraiment à quelque chose ! Quand t'as pas de job t'es pire qu'un paria ! Et ce sont les gens qui ont pondus ça qui prétendent aujourd'hui instituer un « revenu universel » sans condition ? Vous vous foutez de ma gueule là ou quoi ? Ils n’arrivent même pas à nous filer une allocation de secours qui permette de survivre à peu près correctement ; c'est à dire sans pratiquer la mangave et la récup ; et ils vont filer un revenu universel à tout le monde ? Piquer mille balles d'impôts minimum par an, pour te refiler 6 ou 800 balles par mois ? Non mais, on se fiche de qui là ???
Et les écolos marchent dans le machin ! Ils vont encore une fois abdiquer leur identité et la défense de l'écologie réelle à ce qui me semble. On est habitué. Au fait, il était où il y a quarante piges, à quelques mois près, Jadot ? C'est bien comme ça son blase non ? Ah oui, c'est vrai, il avait juste dix ans... Pouvait pas. Mais son entourage ? Y'a quand même pas mal de vieux briscards dans l'appareil. Oui parce que la fille aux tout petits petons, elle y était, elle, le 31 juillet 1977 à Creys-Malville ; la manif la plus mémorable je crois, avec le Larzac bien sûr et la mobilisation bretonne par ailleurs, de l'histoire de l'écologie hexagonale.
C'était en ce temps là qu'il aurait fallu gagner ! Non pas prendre le contrôle politique, mais convaincre les politiques. Maintenant on l'a dans le fion, on le sait, nous les vrais amoureux de la nature. Parce qu'elle l'est restée la puce dont je parle au début, amoureuse de la nature. Nos relations se sont distendues, c'est normal, on n'est pas de même nature et j'ai une Valentine... qui risque d'être veuve à la fleur de l'âge si je continue à morfler comme ça.
Alors aujourd'hui vous allez Valentiner. Occasion de consommer des fleurs industrielles venues d'on ne sait où, au mépris total de l'écologie. Un petit groupe a entrepris de protester contre la publicité qui est faite autour de l’événement. C'est juste se faire plaisir parce que ça n'aura pas d'impact réel. Juste faire chier les publicitaires qui passeront pour des martyrs. Je suis d'ailleurs convaincu que leurs protestations ne s'enracinent en réalité que parce que c'est un « saint » qui est patron de la fête. Vous pariez combien que si ça ne portait pas un nom de saint ils ne bougeraient pas le petit doigt ?
D'ailleurs je ne suis pas certain qu'il y ait pléthore de consommation surnuméraire, ce jour là, quand il tombe en semaine.
Ce matin de saint Valentin, j'ai réussi à faire un petit tour. Ho pas bien grand.. ; Je suis au bout du rouleau. Poussé jusqu'à la place Saint Jean et revenu par la rue Saint Symphorien, du petit Bois et Avenue de la Rochelle, pour ceux qui ont mon adresse et connaissent un peu la ville. Vous voyez, pas bézef. Mais suffisamment pour voir du gaspillage.

fraises

Je me suis récolté trois baguettes encore fraîches dans une poche toute seule, savoir ce que ça fichait là ? Et une pomme aussi. Faut dire que je me suis pas cassé le bourrichon : plus la force de rien. Dans un papier précédent je parlais de fraises jetées sans avoir été terminées ; j'ai remis la main sur la photo. Des fraises en hiver ; venues d'on ne sait où, à grand frais d'avion et donc de cette « empreinte carbone » dont on fait tant de cas soi-disant ; achetées par un bon socialiste (je sais où je les ai gaulées tout de même). C'est là dedans qu'ils veulent se dissoudre les verts ! Au prétexte de contrer Le Pen dont, c'est vrai, le programme écolo est des plus indigent. Comme ci c'était ça qui allait endiguer la vague de brunissement des esprits qui traduit un mal-vivre croissant depuis des décennies. Mal vivre qui se traduit aussi, par, justement, une consommation outrancière où l'avoir se substitue à l'être. Le FN, je l'ai connu à parité égale aux Verts. 2 % environ en 1981... Vous ne trouvez pas ça étrange ?
La planète Terre, personne n'en n'a rien à foutre. Et les gesticulations écologiques n'ont d'autres visées que faire accepter une transition technologique. Pas sauver notre biotope déjà à demi détruit. On nous raconte n'importe quoi pour nous y rallier. Si j'ai le temps et la force, un jour je m’attarderai à le démontrer. Là, pour l'heure, j'attends ma Valentine.
Ce n'est pas parce que vous pendrez votre tronche en vert à la peinture Valentine que vous serez écolo ; c'est un peu comme la foi ça, c'est une véritable conversion qu'il faudrait. Ce ne serait pas du luxe dans l'état actuel de la planète. Je me suis d'ailleurs laissé dire qu'en dépit de son histoire ancienne et son caractère traditionnel, la peinture Dulux Valentine n’était pas si bonne que ça pour l'environnement. Qu'en pensez vous ? (pas pris le temps de chercher).

GASPI

vendredi 10 février 2017

La biffe voie mystique ?

bateau 2116B2Au crépuscule de l'homme, est-ce le passeur qui invite ou le pèlerin qui s'embarque ? Qui es tu toi qui m’appelle depuis les rives du Styx ? A travers la brume de l'ignorance, au contraire de la plupart des mortels, ta voix n'a cessé de paver ma voie, en un écho assourdi et lointain mais toujours présente. Phénomène interprété comme dérangement mental par la plupart des interprètes terre-à-terre qui m'inventent et projettent leurs œillères sur ma réalité.
Je dis bien ici « ma réalité » ; pas « ma vérité », ce barbarisme innommable et insensé moderne. La VERITE est une ou c'est un mensonge qui renvoi à une totale absurdité de l'existence.
L'expérience ne s'explique pas ; elle se vit. C'est pour ça que je ne cherche pas, je trouve. Et on se doute qu'en matière de biffe comme de mangave, c'est utile. En ce qui concerne la seconde, je ne quête jamais qu'à coup sûr, guidé par cette voix étouffée à laquelle je fais allusion. C'est pour ça qu'on ne me voit jamais assis une sébile à la main à attendre : c'est toujours à la rencontre, et pas n’importe qui. Quelqu'un que je sais qu'il répondra positivement. Il peut passer cinquante ou cent personnes, je n'en alpaguerais qu'une, voire deux ou trois, pas plus... Mais c'est du rendu à 100 % . C'est là la différence entre moi et n'importe quel miséreux.
Pour la biffe, c'est du pareil au même... Il paraît que nous sommes 60 000 habitants ici ; une petite préfecture mais tout de même...

RECUP 2017 (2)

Ce n'est pas gagné d'avance de ne pas se tromper de trajet et mettre systématiquement les pieds là où il y a quelque chose à récupérer. Ne jamais, deux jours de suite, faire le même chemin. Ma dernière sortie m'a rapporté une poche de gâteaux à apéro par exemple. Poche scellée et pleine.
Ça se vit, ne s'explique pas mais peut se transmettre comme un art. Il y a un petit truc à saisir ; une manière de faire silence intérieur, et d'écouter cet écho lointain comme le ressac de la mer au fond d'un coquillage ; assourdi, diffus mais perceptible.
Ma moitié a fini par saisir le truc. Elle sera en quelque sorte mon héritière spirituelle lorsque j'aurais quitté ce monde.
Où qu'elle soit, seule, maintenant elle sait se dérouter pour passer là où il faut passer. Pendre à droite plutôt qu'à gauche, quitte à s'allonger, et trouve ce qu'il y a à trouver de manière certaine.

RECUP 2017 (4)

RECUP 2017 (5)

RECUP 2017 (1)

C'est comme ça que l'autre soir, elle a ramené le repas du soir, qui, sans cela, eût été bien chiche. Une boîte tupperware avec dedans un repas pour deux, juste à réchauffer, perdue sur un trottoir !
Là peut-être ne s'agissait-il pas de gaspillage ? On peut s'interroger. Si c'était resté là, ça avait toutes les chances d'être piétiné. Les gens font si peu attention à leurs pieds. Combien de fois ais-je trouvé mon bonheur derrière un ou plusieurs d'entre vous qui venaient de passer sans rien remarquer ?
Là, le plat n'était pas folichon ; un plat fait à la maison, visiblement, mais par quelqu'un qui n'est pas très doué en cuisine. On l'a amélioré d'une sauce maison aux légumes de récupération, plus ou moins abîmés mais exploitables, qui l'a bien imprégné. C'était parfait. Et avec le reste de sauce dilué on a cuit quelques nouilles éparses tout autant de récup ; hé oui ; et ça nous a fait une soupe pour le lendemain.
C'est tout l’avantage du biffin qui sait que la véritable intuition confine à la voyance et le vit comme un chemin initiatique.
Il est toujours possible d’apprendre à vivre les sens en éveil, l'intérieur à l’écoute de la réalité des choses, quand on sait se détacher du monde ; de ses marigots idéologiques formatés.
Pour cela il faut dépasser les conditionnements. Ils sont malheureusement universels, planétaires, et incapacitent la vraie nature de l'homme. La grégarité fait le reste.
Je regardais sur Pluzz un reportage sur les réfugiés aux confins de l'Europe de l'Est. Entassés dans des hangars insalubres.
« Ils vivent au milieu des détritus » nous dit le journaliste. Que ne rassemblent-ils tout ça dans un endroit où ça ne dérange pas ? Donner de l'agrément au lieu qu'on est contraint de squatter ?
Ils se rassemblent pour se chauffer et nous dit-on, la fumée est toxique, les faits tousser. Je ne sais pas ce qu'on peut dénicher là bas, mais il y a moyen de brûler autre chose que des matières délétères ! Et puis je regardais leur feu, et il me faisait pitié.

feux (1)

Je me remémorais notre propre expérience de « réfugiés ». Nous étions alors traqués, menacés de mort et avons tout perdu en fuyant. Ce que la société ne nous a pas pardonné ; mais c'est une autre histoire.
Nous avons vécus dans des campements de fortune ; mais toujours loin des rassemblements de zonards et autres miséreux. Nous en avons fait du feu. La fumée n'était pas toxique et nous n'avons jamais mis le feu parce que nous prenions les précautions adéquates (photo d'époque). Il est vrai que j'ai été initié à cet art du feu en plein air, à différent usages, dès mon plus jeune âge. Je marchais à peine tout seul.
C'est là justement que le bât blesse. Ces réfugiés ne sont pas différents de vous. Ils sont les purs produits de la société connectée virtuellement mais déconnectée de son âme. Celle qui se manifeste à l'être attentif dont je parlais plus haut.
Ces déracinés ne réagissent pas autrement que vous réagirez lorsque vous fuirez votre pays tombé aux mains d'aventuriers politichiens ; comme eux !
Il ne savent pas surfer sur le silence et dépendent entièrement des cadres pensés à leur place. Comme vous. Lorsqu'ils en sortent, leur comportement s'en ressent et ils s'en tiennent à quelques aléas primaires. C'est comme ça que le miséreux de chez nous se clochardise très vite s'il est livré à lui-même sans secours. Il n'a pas la capacité à gérer la situation. Manquer de tout c'est une chose ; utiliser au mieux l'environnement malgré cela ; même si ça ne suffit pas à faire vraiment même survivre (je connais le sujet) ; c'en est une autre.
Si vous pouviez éveiller en vous cette capacité à percevoir la voix intérieure, vous ne tarderiez pas à trouver des tas de choses gaspillées sans vous fouler. De là à prendre conscience de l'immense gâchis de notre prétendue civilisation. De là seriez vous peut-être tentés de faire votre part de colibri pour essayer de combattre l'incendie ?

gaspillage

L'incendie de cet immense gâchis qu'est notre société. Un exemple ; dans l'article « Semailles d'hier et de demain » j'écrivais : « Au chapitre du non récupérable, il y a par exemple …/... la semaine dernière, cinq kilos, je dis bien cinq kilos, de viande que des geignards prétendant ne pas joindre les deux bouts avaient laissé avarier et autant de pain sec dans une autre poche, posée directement par terre, dans un recoin où c'est récurrent. » ; je la montre aujourd'hui ; vous voyez bien que je ne raconte pas de conneries ? Ignoble mentalité qui n'a de respect pour rien ! Ici un animal qui a vécu, souffert pour vous et qui a été sacrifié pour vous nourrir. Pour ce crime, vos ancêtres ; dont la plupart des idées sont collées au poteau d’infamie dans leur simplicité de bon sens paysan ; vous eussent collés au bûcher.
Beaucoup ne prennent pas le chemin du bon sens en dépit des dicours lénifiants relatifs à l'écologie. L'homme se berce d'illusion voulue "positive" (tristesse interdite sous peine de désaveu général) et abdique devant la machine et l’inféodation aux consortiums de contrôle des masses. Lorsque je disais il y a quelques années que l'on nous surveillerait jusque dans les chiottes, on m'a répondu que c'était de la paranoïa et de la science fiction (un de ceux qui l'a fait a toujours son papier en ligne). Tellement fiction que c'est déjà une réalité pour certains d'entre nous. France deux, mercredi 8, au journal de 20 h, parlait de ces puces implantées dont le champ d’application est de plus en plus large et confine à la surveillance intime dans bien des cas. En attendant d'autres perspectives plus larges déjà en germe et d'autres techniques qui achèveront de déshumaniser l'humanité.
Une véritable conscience écologique ne peut s'édifier que dans l'indépendance, loin des gourous politiques, libre des dogmes, et surtout pas inféodé à la machine.
La perception subtile y sera juste un plus, un enrichissement qui peut ouvrir d'autres portes aussi... Mais c'est une autre histoire. Je laisse ça là, avant que ma bougie ne s'éteigne, avec l'espoir qu'un pèlerin de hasard y trouve une flammèche pour la sienne et poursuive le chemin...

BOUGIE (2)

mercredi 8 février 2017

Le coq sur son fumier

CARTE_FRANCE_crepuscule 1Ne m'appelez plus jamais France,
La France est à jamais bradée...
Que le plus fou des mercenaires
Aie le courage de me sacrifier
A la bombe nucléaire
Pour me nettoyer

Quand je pense à notre reine Marie
Que vous avez jetée aux orties
Je ne veux pas finir comme elle
Détritus au fond d'une poubelle (1).

On a mis Marianne sur le trottoir
A racoler les rebuts du pourrissoir.

Les médias n'informent pas,
Ils triturent l'opinion, la brassent et la malaxent, comme une pâte levée.
Celle d'un soufflé...

Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée ;
mais la ceinture, en ce monde, fait la renommée...(2)

Quand je vois Fillon s'excuser d'avoir parjuré,
mais persister et signer,
J'ai envie de gerber...
Des politiques je suis dégoûté.
Trahies Marie reine d'antan,
comme Marianne allégorie de maintenant.

Il est loin le temps du sol sacré
défendu par une poignée.
De tous abandonnés.
Après qu'à l'ennemi les politiques les eussent livrés.
Alors une colonne imbécile auto-glorifiée
Sur les champs avait défilé.

On aurait dû leur dire, ils auraient dû le savoir,
A vaincre sans péril on vainc sans gloire.
Ils furent laminés
Mais la résistance venait de l'étranger.
Dans une France toujours aussi divisée.

Il y avait le parti de la collaboration, celui de la Résistance ; Celui de ceux qui ont attendus faute de mieux. Parce qu'ils n'y pouvaient rien ou ne savaient à quel saint se vouer. Il y avait les opportunistes qui ont retourné leurs vestes au grès du sens du vent. Puis on est passé à autre chose ; aux sirènes du progrès qui a accouché du monde où nous sommes maintenant...

Je fréquente en ce moment des groupes de nostalgiques du temps d'avant ; des années 30 à 60... Voire un peu avant et un peu après... Repli sur le cocon de l'enfance où la vue ne dépassait pas l’horizon restreint du jeu et de la bienveillance parentale pour beaucoup. Mais était-ce mieux que maintenant en un temps où on s'élançait vers l’anéantissement des relents de vie naturelle de nos biotopes lentement adaptés à la vie de l'homme super-prédateur ? « Progrès » dans lequel on s'est enlisé. Je voyais hier soir dans un reportage que des centrales nucléaires ont trente ans de retard sur leurs chantiers tandis que nos actuelles battent de l'aile à cause de leur âge canonique ; et qu'il va falloir gérer pendant des centaines d'années. En espérant qu'entre temps on ne perde pas la mémoire. Ça me fait penser à ce projet fou d'envoyer une petite armada poussée par voiles à rayons cosmiques vers la planète supposée habitable la plus proche... Voyage aller retour : entre deux et six siècles ! On perd pas un peu la boule là ? Quand je vois la vitesse d'évolution des moyens de communication et de stockage des données ; avec l'obsolescence consécutive et l'incompatibilité à brève échéance. Rien qu'en informatique domestique. J'étais un pionnier en matière de clé USB, j’avais bénéficié d’une super promo de lancement. J'ai dû la reformater, elle est devenue illisible. Les fichiers des anciennes disquettes d’avant 1998 sont illisibles. Les ondes courtes, que papa prenait tant de plaisir à me faire découvrir, sont à jamais bannies ; les grandes ondes en train de s'éteindre... Si l'humanité existe encore dans trois siècles ; nous serons passés à l'ordinateur quantique ou tous connectés par puce interposée, ou... Voire tout ça. Les archives seront perdues et l'homme reposant sur la machine ne saura revenir en arrière ou innover.
Nous sommes dans un monde où la mémoire se perds d'autant plus vite qu'elle est virtualisée. Et où les controleurs de l'infomation assoient chaque jour leur pouvoir.
Et vous vénérez ce progrès en dépit de cette nostalgie d'un passé magnifié.
Réflexe induit au temps des philosophes et poètes qui roucoulaient de belles paroles, tel le renard au corbeau, auprès des gens lettrés qui se voulaient progressistes. Philosophes adeptes du "faites ce que je dis, faites pas ce que je fais". Voltaire, enrichi par la traite négrière ; Rousseau qui abandonna ses enfants ; ou d'autres, des poètes comme plus tard Rimbaud, qui trafiqua armes et chair humaine.
Était-il si merveilleux le passé de notre enfance ? De notre jeunesse ? Ou de nos parents ?
Du scandale de Panama à la guerre d'Algérie en passant par l'OAS, l’Indochine, les attentats divers et variés déjà ? L'humiliation de 40 et la débandade industrielle amorcée dès les années 70... Les apaches et autres blouson noirs.  L'Herbe du diable et la petite fumée ; cette duperie à laquelle répond l'Herbe bleue (Go Ask Alice)  qui annoncent la gangrène hallucinante qui aujourd'hui obère toute lucidité.

RUINES

RUINES roubaix

guerre d’Algérie

RUINES alep

Les ruines d’hier ou celles d'aujourd'hui se ressemblent par leurs amas de gravats et leur somme de souffrances.
La désintégration de la ruralité au profit de la production intensive à vocation planétaire.
A l'école on nous montrait une France qui n'existait déjà plus, qui agonisait, et dont je n'étais qu'un vestige archéologique vivant dans l'élan de nivellement des campagnes par les remembrements au profit de l'intensification de la production et des autoroutes.
Des bateleurs vous enfument avec de belles paroles, mais dans un monde inféodé aux intérêts spéculatifs et à la gabegie, que peuvent-ils promettre que la continuité ?
Ils parlent du pouvoir au peuple. Mais c'est quoi le peuple ? Le voisin qui jette du pain chaque semaine ? Ou moi qui le récupère en loucedé pour des cochons ? Celui qui gaspille à longueur de semaine ? Ou moi qui passe derrière et récupère ?
C'est quoi le peuple ? Moi qui suis fidèle à ma moitié, ou ce voisin qui marine dans les boites échangistes ? On s'en fout de ce qu'il fait, mais ce qui m'interpelle, c'est quelle conscience politique peut-on avoir dans ces conditions ? Car forcément, dans ce genre d'endroit, tout marche à l'attirance physique plus ou moins brute, et j'imagine que l'on n'y passe pas un quart d'heure à s'enquérir des convictions profondes de l'autre. Ça casserait l'ambiance surchauffée.
Peut-on construire une société raisonnable quand l'homme en est réduit à ne réagir qu'à coup d'envies ? Celles que j'évoque ne sont que l'extension des pulsions relatives à la mode où on se rue sur le dernier truc qui vient de sortir sous prétexte qu'on « craque pour ».
Vous vous récriez lorsqu'un politique dépasse les limites que vous voudriez lui fixer. Mais au fond, vous seriez à sa place, qu'auriez vous fait ?
Au fur et à mesure que je me distancie de ce monde, sentant mon crépuscule se profiler, je prends conscience de la vanité de l’existence et de ses espérances face à la réalité en roue libre qui glisse toujours du côté de la pente la plus facile.

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Dans ce monde qui déjà me glaçait, j'aurais voulu être pur esprit, il y a 50 ans, pour pouvoir hanter ceux que j'aimais et leur apporter un peu de réconfort. J'aurais aimé être pur esprit pour rester innocent et apporter un peu de bonheur. Aujourd'hui, je voudrais être pur esprit pour me dissoudre dans l'infini.
Et le coq sur son fumier continue de s'égosiller...

BALEINE

Pendant que la Terre continue d'agoniser...

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Et les bateleurs carriéristes de la politique de vous enfumer.

aide a niort

Mais vous leurs ressemblez ! La fratenité au fronton de vos mairies ne vaut pas plus que la prétendue charité de prétendus chrétiens. A circuler sur un groupe d'entraide local, j'ai vu ce qu'on donnait ; on y lit des proposition du genre ; 9 fois sur dix ; "à prendre d'urgence sur place sinon déchetterie"..; Autrement dit : "débarrassez moi de mes ordures que j'ai pas le couage d'évacuer, c'est bien assez bon pour vous !". Quelle générosité ! J'ai capturé la table à repasser parce que ce genre d'ustensile, je ne sais plus combien j'en ai trouvé en dépôts sauvages. J'en ai plusieurs, en meilleur état que celle présentée (et de loin !). J'ai aussi quelques meubles, sièges etc... Un jour je troquerai ou donnerai, au hasard des rencontres... Ceux à qui j'ai donné peuvent témoigner que je ne me suis jamais foutu de leur gueule.
Gaspillage, égoïsme et inconscience sont les pilliers de cette société que vous voudriez renouveler. Mais sans renouveau intérieur on ne changera jamais la société. Avant de rompre la corde d'argent plus que jamais j'ai réalisé qu'il faut être le colibri de Pierre Rabhi ; et pas attendre des marchands de vent qu'ils affrontent les géants qu'ils ont eux-mêmes engendrés. Gardez vous d'eux, ces renards qui vous prennent pour des corbeaux. Ils sont les garants de la perpétuation d'une illusion d'indépendance nationale dans le marigot des intérêts financiers, pas les agents de votre bonheur que vous percevez de toute façon différent de celui du voisin. Ils sont les garants des gros bénéfices, pas ceux de la survie de l'artisan ni de la sauvegarde d'une Terre déjà condamnée.

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NDLR : les montages d'images sont de moi, les autres photos sont des captures d'écran sur le net.

(1)Pas plus tard qu'il y a quelques semaines j'ai déniché sur un dépôt sauvage une icône artisanale en parfait état..; Si seulement c'était la seule. Même les coyants ne respectent pas leurs symboles...
(2) Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. Jean de LA FONTAINE

jeudi 2 février 2017

Semailles d'hier et de demain

semeur 3« Il marche dans la plaine immense,
Va, vient, lance la graine au loin,
Rouvre sa main, et recommence,
Et je médite, obscur témoin,

Pendant que, déployant ses voiles,
L'ombre, où se mêle une rumeur,
Semble élargir jusqu'aux étoiles
Le geste auguste du semeur. »

Vers emprunts d'une quasi vénération où Victor Hugo élève la poésie au rang de la peinture, où le texte renvoie la même image qu'un Millet par exemple , qui a aussi peint un semeur, évoquant l'immuable travail des champs pendant des millénaires. Il est évoqué déjà dans les trois Évangiles synoptiques: Matthieu XIII, 1-23 ; Marc IV, 1-20 , Luc VIII, 4-15  (ainsi que dans l'Évangile apocryphe selon Thomas1) ; pas loin de 2000 ans plus tôt ; complément du labourage, cette « mamelle de la France » selon Sully. Campagne immuable en dépit des rages des siècles où les différences et variantes restent infimes. Fondatrice de Rome (Romulus & Rémus) comme de l'Aube de l'humanité selon le Judaïsme (Abel & Caïn). Mon grand père, s'il eût disposé d'une machine à voyager dans le temps, se serait adapté au néolithique, et même sans doute mon père. Il n'y avait guère de différence. J'ai certes pratiqué la semaille à la main, mais sur de très petites surfaces inaccessibles aux engins et pas souvent, pour régénérer leur herbe semi-naturelle par trop piétinée par le jeune bétail que nous y parquions de manière transitoire.

Dernier ressac du jusant d'une civilisation éternelle en dépit des rugissements et dommages portés par la fureur du monde extérieur qui n'était pas plus tendre et moins barbare qu'aujourd'hui. Puis les « techniciens », les « conseillers », organes des banquiers, sont venus embrigader des esprits déjà bien préparés. Mon grand père, de retour d'Allemagne, avait dans les yeux les autoroutes et les machines agricoles sur des surfaces vertigineuses pour nos petites exploitations ; il n'était pas le seul. Hitler n'a pas su que faire la guerre, il a soutenu une agriculture et une industrie ; avant que de conduire son pays à la ruine ; qu'il voulait de « progrès ». Nos paysans en revinrent avec un sentiment d'humiliation, aggravé par la fascination du matériel américain. Le credo selon lequel nous ne produirions jamais assez pour nourrir l'humanité. Comme au lendemain de la première, la der des der soi-disant, on resservit la soupe réchauffée déjà servie auparavant au XIX° siècle pour développer par exemple le chemin de fer. Grand outil de « développement » qui dans le même temps réduit à la misère bien des paysans et bateliers, comme l'évoque si bien Bernard Clavel dans « le seigneur du fleuve » :
« Depuis que la vapeur tirait des voitures sur un chemin de fer et poussait sur l'eau des bateaux de métal, il semblait que le pain cesserai un jour d'être à la portée de tous. Il ne suffisait plus de connaître son métier et d'avoir de l'ardeur pour être assuré de vivre.
Il y avait une menace qui ne venait plus du ciel, mais des hommes. Et l'on s’apercevait avec étonnement que la folie des humains est plus dangereuse que celle qui secoue les éléments parce qu'elle dure davantage
. »

« C'était le temps du fer. Ceux des forges et des ateliers qui s'en réjouissaient. Ceux des hauts fourneaux aussi qui allumaient dans les nuits de toutes les maisons des lueurs d'incendie, et couchaient sur les campagnes et les villes des fumées qui salissaient tout. »

Pour le plus grand profit de la Bourse en pleine extension après avoir mariné dans ses langes pendant 5 siècles. Elle déployait ses tentacules, s'emparant du monde et le dévorant.
Et la campagne fut transfigurée, et la nature fut taillée au carré, arrosée de produits industriels et délétères dénoncés aujourd'hui mais un peu tard par des écologistes nostalgiques.

« Tous les ennuis que nous vaut la vie moderne sont dus à ce qu'il y a de divorce entre la nature et nous » aurait dit Isaac Asimov. Je ne saurais être aussi réducteur... La société est un tout, de pratiques et de valeurs, qui gravitaient autrefois autour du centre nourricier de l'agriculture, et aujourd'hui de la production intensive et de la consommation à outrance au delà des besoins de certains, pendant que d'autres manquent de tout, y compris chez nous.

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L'agriculture a muté en très peu de temps ; de la fourche ancestrale aux engins disproportionnés ; passant de l'exploitation familiale au domaine industriel tombant dans l'escarcelle du spéculateur.

Le Château Bel-Air racheté par le chinois Golden Field

Le Château Bel-Air, d'appellation Castillon Côtes-de-Bordeaux, situé sur le domaine de Bellair à Belvès-de-Castillon en Gironde, vient d'être racheté par le géant chinois de l'agroalimentaire Golden Field, a indiqué jeudi son ancien propriétaire Patrick David. Mis en ligne le : 27/01/2017 à 11:32 Le domaine Bellair est situé sur l'emplacement d'une chapelle, qui fut autrefois un lieu de repos bien connu des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

http://www.larvf.com

Nous qui sommes fiers de nos vins, n’avons même pas conscience, pour la plupart d'entre nous, qu'ils n'ont de national que le nom. Ces dernières semaines, un grand cru vient encore d'être racheté par les chinois. Le énième. Il en va tout aussi bien pour d'autres productions ; tandis que des français reproduisent le mécanisme dans les pays de l'Est par exemple...
A quoi sert de produire autant si c'est pour que crève une partie de l'humanité pendant que d'autres jettent ce qui fait défaut aux déshérités ?

Capture poisson

gâchis

Désormais, ce ne sont plus "Labourage et pâturage [qui] sont les deux mamelles de la France" mais plutôt « gaspillage et consommation ». Il ne se passe pas un jour sans que j'en ai une preuve flagrante. Entre la poire de notre dessert de ce soir, ramassée sous un abri-bus après l'avoir vue traîner plusieurs heures, et quelques images ramassées sur le net (ci-dessus) ; je pourrais aussi glisser quelques unes de mes trouvailles, non exhaustives mais parlantes et qui ne sont que des détails misérables au regard de la réalité.

bonbons (4)

Sur le rang de mes trouvailles, rien qu'en nourriture, l'album photo "le restorat", à gauche dans la colonne, est parlant. Cette poche de bonbons compte parmi les dernières dans le rayon consommable. Ca fait quinze jours qu'elle est vide et je suis toujours vivant. Elle n'était pas périmée. Ce n'est qu'un détail, si je mettais toutes mes photos ce serait long et c'est désormais assez galère pour les récupérer.

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Au chapitre du non récupérable, il y a par exemple ce hamburger à peine entamé parmi des dizaines (centaines?) que je trouve à longueur d'années, ou, la semaine dernière, cinq kilos, je dis bien cinq kilos, de viande que des geignards prétendant ne pas joindre les deux bouts avaient laissé avarier et autant de pain sec dans une autre poche, posée directement par terre, dans un recoin où c'est récurrent. Lui a fini pour les cochons d'un paysan qui vit encore, il en reste quelques poignées, de façon raisonnable.

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SACOCHES (7)

Accessoirement il n'y a pas que l'alimentaire, comme je le souligne souvent. Je vous ai précédemment parlé des sacoches neuves, les voilà ; deux d'entre elles ont déjà fait des heureux ; la troisième je me la garde pour le moment, sous toutes réserves. Quant aux produits nettoyants, je vous assure qu'ils sont pleins et utilisables. Là, l'heureux c'est ma pomme *;) Clin d’œil. M'enfin encore une fois, c'était vraiment pas gagné que ce soit sauvé. Un miracle que je sois passé par là, maintenant que je me traîne comme pas permis.
Devant cette gabegie, mondiale, je me dis que contenir l'expansion de la production serait peut-être une solution ; relevant du même coup les cours et la rémunération des producteurs. Contribuant à préserver ce qui reste de biotopes que veulent massacrer les agriculteurs et néo-ruraux, ces derniers pour avoir les pieds plus près de l'eau comme le révélait un reportage récent sur France2 par exemple. Biotopes qui n'ont rien de primaire mais s'étaient bâtis en s'adaptant à des pratiques millénaires aujourd'hui conchiées au nom du profit. Produire pour détruire est la mamelle de la société biberonnée par des inconscients en ruée vers l'abîme. Sortir de cette perspective et relocaliser les productions consommées est un axe indispensable si on veut prolonger la vie de la planète et par là de l'humanité, avec des méthodes raisonnables. Des millions de tonnes sillonnent les océans et les airs pour que vous pussiez avoir des fraises en hiver, et en jeter la moitié (vu récemment).
La mutation qui nous déshumanise est-elle irréversible ? Il vous appartient d'y répondre pour les générations futures ; moi mon temps est compté. Ce n'est pas le grand remplacement que je crains, c'est la grande mutation que je redoute. Celle qui, avec la mort programmée des pollinisateurs, livrera définitivement aux semenciers producteurs d'OGM l’héritage du semeur d'antan ; asservissant définitivement l'agriculture et la nature, transformant l'homme aussi, en une sorte d'humanoïde synthétique, vivant dans un univers artificiel, sur une Terre tellement polluée qu'elle ne sera pas rattrapable.

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probleme

J'emprunte à des copains militants les deux images ci-dessus. Elles valent mille mots chacune, et corroborent si besoin était mon propos. Il n'y a plus que quelques cons un peu frapadingues pour douter.Notre univers en folie est très fragile.

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NDLR : la première et la dernière image sont des arrangements perso.


mercredi 18 janvier 2017

Un bourdon en hiver

bourdon (8)Un bourdon un neuf janvier entre 14 et 15 h butinant des fleurs couleur de miel, c'est pas banal, même à Niort ! Je me suis laissé dire qu'il n'a pas dû survivre bien longtemps ensuite, avec la bise qui s'est abattue sur nous, quoique nous sommes loin d'être les plus mals lotis en la matière... Ne parlons pas de la Corse ou de l'Italie ! Ces pauvres derniers ont eu en prime un retour des tremblements de terre ces jours derniers. Quel terrible karma ! La nature est malade, par faute de l'homme, certes, mais aussi elle se réveille et s'ébroue. On m'a signalé des volcans qui s'éveillent ici et là. La nature est malade et un bourdon éveillé trop tôt c'est un de moins pour le printemps à venir, à l'heure ou les pollinisateurs sont menacés et les abeilles classées en voie de disparition. Quand il n'y en aura plus on sera foutus.
La nature est malade ; à moins qu'il ne se soit trompé, ce qui est fort probable, un lecteur m'a signalé, il y a quelques jours, avoir aperçu des martinets dans le Var. Si c'est vrai c'est grave ! Très grave ! Même les hirondelles n'arrivent pas avant février dans ce coin, au mieux, et encore c'est généralement dans ce cas tôt ! Hors elles les précèdent toujours. Inquiétant tout de même.
La planète est malade et pendant ce temps les bateleurs politichiens s'en soucient comme d'une guigne, vous enfumant de promesses que, même s'ils voulaient, ne pourraient tenir pour beaucoup d'entre elles. D'écologie réelles de terrain, je vois peu de choses, pour le peu que je m'intéresse à eux ; et quand j'entrevois le sujet, je vois en regard des projets qui par leur nature même les contrarieraient. On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre ! Jusqu'ici les « Républicains » et les « Socialistes » se croyaient propriétaires du champ électoral. D'autres perspectives semblent se dessiner mais sont-elles meilleures pour l'avenir de la planète ?
De toute façon, les gens n'ont toujours pas compris qu'un Président ce n'est pas le père Noël et qu'il ne décrète pas tout seul ce qui est fait. Sans assemblée favorable, il a les mains liées, sauf à gouverner par décrets, ce qui penche dangereusement vers la dictature dans le procédé. Macron ou Mélenchon, les coqueluches des médias, ont-ils les moyens d'avoir une assemblée ? Ca ne suffit pas de mépriser pour l'un, qui n'est pas sorti de son indigestion aux romans de Zola, ou de faire rêver pour l'autre ; pour construire du concret. « Le SMIC à 1700 € » pond le second. Pour augmenter la consommation et le gaspillage que je constate régulièrement ici ? N'importe comment, c'est une promesse vide de possible puisque le salaire ne se décrète pas à l'assemblée mais se négocie entre les partenaires sociaux, souvent en coulisse. Sans compter que chaque mesure entraîne des hordes vociférantes dans les rues, qui généralement suivent un mouvement sans vraiment comprendre pour ou contre quoi elles se battent, à la remorque d'un slogan simplifié.
Mélenchon me rappelle George Marchais, la gouaille marrante en moins, l'obscurantisme maçonnique en plus. Macron me fait penser à Louis XV, carrément. Qu'on eût dû guillotiner plutôt que son successeur. On va se retrouver avec une triangulaire infernale au bout du voyage ; triangle des Bermudes où la concorde ira se noyer. Ce qui arrangera bien les intox complotistes qui sont prêtent à voir des ovnis partout.
Mais d'écologie réelle, pas des gadgets au profit des industries, y'en a pas vraiment. De toute façon la base se plaint de sa condition mais se moque des ressources comme des bourdons et des abeilles. Je viens de me récupérer trois sacoches neuves à porter en bandoulières. Jetées, gaspillées. Moi ça m'arrange, le jour où je voudrais sortir avec autre chose que ma pouilleuse. Mais c'est dommage parce que c'est vraiment un coup de bol que je sois passé par là à cette heure là ; c'était pas gagné : la veille j'ai failli calancher d'hypothermie ! Pour un peu c'était perdu. Ça fait en gros une cinquantaine de balles, mais j'ai pas ça pour finir le mois moi ! Après ils gémissent.

ordures (2)

Et tout ce qui se jette dans la nature au grès du vent. On aura beau claironner que ça tue la faune et la flore, rien à foutre ! Personne, sauf une minorité. Les poches sont interdites dit-on, j'en ai encore ramassé une poignée à traîner. Il y a quelque temps j'ai bien rigolé ; c'était pourtant écrit en gros et de jolie manière dessus, mais le quidam n'en n’a rien eu à braire.
Alors un bourdon qui crève, que voulez vous que ça leur fasse ?
Ce n'est pas le discours ampoulé de vos marchands de rêves qui va le sauver. Non plus qu'en vociférant contre des étrangers dont nous avons créé une bonne partie des problèmes... On brasse du vent et on continue...

EOLIENNE 3

samedi 14 janvier 2017

J'écoute respirer le silence

bougie (8)L'aube ne pointe pas encore son blair, je me réchauffe avec une décoction approximative, à la lueur d'une bougie de récup. J'écoute respirer le silence,  son chuchotement  me parle de la vie.
Déjà le we se profile ;  pas vu la semaine passer et j'avance pas d'un iota. Morfler plus ou moins suivant les heures, les jours... Il y a toujours des moments, comme là, où engourdi je ressens moins le mal... Et puis le blues parce que l'avenir est derrière moi. Dans mon état, il n'y a rien à espérer construire. Du pot au noir on ne sortira plus, c'est scellé. Même si,  subitement, j'avais la possibilité de déménager pour une bicoque un peu moins merdique, je n'en n'aurais pas la force ! Il me faudrait du personnel pour trier et emballer nos affaires. Moi qui n'aime pas qu'on touche à mes bricoles, ça ne m'arrangerait pas. Je ressens ça comme un viol parce que depuis toujours ; j'ai appris ça j'étais encore dans mes couches quasiment ; la mise au jour de mes secrets sont toujours suivis de ragots qui engendrent agression et méchanceté. A l'époque c'était cette boîte où je planquais quelques jolis cailloux et un livre de messe en loque ainsi qu'une petite loupe antédiluvienne, une trouvaille déjà, sertie de fil de fer, ainsi qu'une petite bouteille remplie d'une bidrouille étrange à qui je prêtais des vertus, dont je suis incapable de dire aujourd'hui de quoi il s'agissait. Et puis ma baguette en sureau... Je me demande bien où j'étais allé chercher cette idée de baguette en sureau ! Oui, parce que plus tard j'ai appris que c'était de ce bois qu'on fabrique les baguettes magiques des sorciers... Ne pas confondre avec les baguettes des sourciers, en coudrier, elles.
Chaque fois qu'on a violé mon intimité, ça a été le drame.

lampe

Maintenant on croule sous un tas de matos récupéré et qui nous est souvent inutile. C'était juste parce qu'en bon état on a voulu lui éviter la destruction. De temps à autre on donne, on vends, on troque... Parfois ça me déchire le cœur même parce que je trouvais ça joli. Mais on a tellement entassé de merde, de merde qui n'en n'est pas, mais l'était sans doute pour les anciens propriétaires, puisqu'ils l'ont jetée n'importe où sur la voie publique, dans un buisson, ou, comme ma dernière trouvaille, au pied d'un panneau, sur un parking. Démantibulée, je l'ai reconstituée en quatre minutes chrono. Une lampe de fer ouvragé et laqué avec une bouteille de cognac au cœur. Pas n'importe quoi : la base de la bouteille est percée pour passer le fil. Un vieil objet qui doit remonter aux années 50-60 vu le type de prise mâle, sans doute à remettre aux normes si je voulais m'en servir ; ce n'est pas un problème, j'ai ce qui faut tant j'ai de bazar ! C'est dingue ce les gens peuvent accumuler, pour le jeter ensuite ! Objets ou nourriture.

FROMAGE (2)

 

FROMAGE (3) B

Même à jeter de la nourriture par terre, ou la laisser tomber, simplement, et ne pas comprendre qu'il suffit de ramasser et changer l'emballage pour que ce soit propre. Mais qui garde dans ses placards, par exemple, des papiers alimentaires propres pouvant servir ? Des bocaux vides ? De ces derniers je dois bien en avoir une cinquantaine. Tous de récup ! Ça m'a coûté la vaisselle au vinaigre d'alcool et à la soude. Soit trois fois rien.
Mais je n'ai plus la force de gérer tout ça. Ni le moral pour.
Je suis de plus en plus conscient de l'absurdité de la destinée de l'humanité. Fondamentalement elle ne l'était pas au départ, mais elle l'est devenue. La raison a déserté les consciences de ceux qui se revendiquent justement de la raison pure. Affranchis qu'ils se veulent de la nature ; même quand ils prétendent à la défendre. Un vent de folie souffle sur la Terre. Une tempête qui détruit tout ce que nous avons mis des siècles à élaborer. Y compris la grammaire et l'orthographe dont on a oublié et nié les racines ! On a broyé les rocs des nos assises pour en faire du sable et c'est sur lui qu'on prétend bâtir l'avenir. Inutile de m'étendre sur le sujet : je me ferais traiter de gauchiotte par les fachiasses, et de fachiotte par le gauchiasses. Ca m'arrive trop souvent !! Et j'en ai plein le fion ! Le merluchon ! Le micron ! Et tout le reste.
La vindicte et l'émotionnel sont au pouvoir. Suffit qu'un Trump mette une trempe à la femme d'un artisan en pipes, et le monde est en émoi. Comme si ça allait accoucher d'autre chose que la continuité de ce qui existe déjà ! Une humanité consciencieusement occupée à s'autodétruire et se déshumaniser.
L'espèce est en cours d'une grande mutation, et l'homme de demain sera humanoïde, pas humain au sens où il l'était jusque récemment.
La volonté sous-jacente est d'adapter l'homme au cosmos. C'est une idéologie collective qui cours depuis longtemps et la recherche spatiale, au delà des retombées économiques espérées, n'a d'autre but. Nous n'en sommes qu'aux balbutiements et ça n'avance que très lentement parce que ça ne peut se faire que par une mutation de l'espèce.
Notre Thomas Pesquet, auquel je suis abonné, a d'ailleurs pour principale mission de servir de sujet pour les mesures encore mal connues de l'effet de la vie dans l'espace sur la physiologie. 
On a pensé l'homme comme créature finie, distincte et indépendante de son milieu, qui pouvait disposer à son grès de la nature. Là dessus on a bâti des rêves où nous pensions bâtir des villes dans l'espace aussi facilement que les pionniers bâtirent des villes sur les territoires des amérindiens que nous expropriions à l'envie, sans leur demander leur avis. A l'époque, quelques outils, un mousquet approvisionné, quelques graines et du courage suffisait. Dans les années soixante dix, on bâtissait des châteaux en Espagne, ou plutôt des cités de rêves dans le cosmos. Je me souviens de ce papier de Science & Vie qui projetait une sorte de mégapole ancrée au point Lagrange, entre Terre et Lune, autonome, dotée de serres hydroponiques, produisant sa propre nourriture, générant sa propre gravité par rotation sur elle même... Quand on voit l'ISS à côté, en y repensant, on rigole... On en est loin. Et quand on voit que poser un vaisseau sur Mars expose à un risque de viandage une fois sur deux ; peut-être aussi à cause de sabotages électroniques à cause des rivalités politico-économiques fruits des rivalités et de l'avidité des nations ; on se dit qu'il y a loin du rêve à la réalité !

Néanmoins, si on veut continuer l'histoire, il faudra un jour qu'une minorité construise quelque chose ailleurs. J'ai des doutes quant à la faisabilité, mais la Terre arrive à bout de souffle. Les cicatrices, même si on répare un peu et si on change de direction dans notre gestion des biotopes, sont irréversibles.
Thomas Pesquet l'a dit ; depuis l'espace : « On voit des embouchures de fleuves très sales, noires ou marron. On voit parfois des fumées, des zones qui sont dans le brouillard, comme Pékin qui est très difficile à photographier (...). On voit les coupes dans la forêt d'Amazonie. On voit l'activité humaine, et ça fait vraiment réfléchir. »
Et ce n'est que la partie visible ! Tout ce que nous avons enfoui sous terre et en mer qui constitue la cicatrice indélébile qui sourdra son pus bien après notre extinction ! Nucléaire sous la calotte glacière ; source de chaleur ; ordures et épaves dans les mers, ordures sous la terre... Je connais beaucoup d'anciennes décharges qu'on a rendues à la nature, où on s'est contenté de recouvrir de terre et gravats avant de niveler et laisser pousser l'herbe et les broussailles, ou paysager, et qui contiennent tout et n'importe quoi. Y compris des déchets toxiques. Amiante, mercure, plombs...

Les vestiges archéologiques ne sont pas autre chose que les ordures du passé. J'ai visité des travaux suspendus par des fouilles de sauvegarde où on retrouvait des cimetières oubliés, mais aussi des puits à déchets où on retrouvait des ustensiles en tous genre, brisés, minéralisés, mais déchifrables. Les choses étaient en ces temps reculés de matière naturelle ; cuir, céramique, verre sans ajout... Les vestiges de nos dix-neuvième et vingtième siècles seront autrement plus gênants !
Et à force d'entasser ; la Terre que la vie déserte peu à peu ; disparition des espèces la plus grande de l'histoire de la planète ; deviendra inhabitable à moins d'une mutation de notre espèce. Même si nous ne conquérons pas l'espace à la mesure des rêves des transhumanistes des libertariens obsédés par la destruction de nos fondamentaux, nous muterons ou crèverons.
Les nouvelles technologies et les procédés médicaux seront réservés à l’élite qui contrôlera le traitement de l’information et ses avancées pour tenter d’atteindre l’immortalité, à l’image des dieux. De manière concomitante, la disparition d’un grand nombre de métiers, supplantés par des machines, créera une énorme classe de personnes inutiles économiquement et dominées autant socialement qu’intellectuellement. N'est-ce pas déjà le cas ?
Cet avenir ne me concerne plus. Je suis fini ou quasi. Je le sais. L'humanité est une machine folle lancée contre un mur. Une synergie de volontés contradictoires qui accouche d'incohérences mortifères. Il faudrait une unité planétaire pour construire un avenir viable. On en est loin puisque tout repose sur les intérêts conflictuels d'une minorité qui s'entre-déchire.
Je me sens grain de sable dans la tempête. C'est elle que j'entends mugir dans le silence de la nuit, parfois.
Quand ma carcasse s'éteindra, on retrouvera ces vestiges de vos gaspillages, que j'ai entassés. On glosera, on me traînera dans la boue, on m'attribuera le syndrome de Diogène, on se moquera entre deux faits divers sordides avec lesquels on occupe la conscience collective, et on passera à autre chose, tout aussi vide de sens. Et la destruction continuera... J'écoute respirer le silence qui me parle de l'absurdité de notre société. Un hiver un peu frisquet, et nos ressouces énergétiques menacent faillite. Et on s'appuiera sur le particulier pour pallier, plutôt que sur l'éclairage inutile de monuments, autoroutes, villages ou zones commerciales désertes la nuit ! Preuve par neuf de l'aveuglement par l'absurde, si besoin était...

 « Tous les ennuis que nous vaut la vie moderne sont dus à ce qu'il y a de divorce entre la nature et nous » Isaac Asimov

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 « Écoutez le vent, il parle. Écoutez le silence, il parle. Écoutez votre coeur, il sait. »~Tatanka

 

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 « De ce qu'il n'y aurait pas d'individus s'il n'y avait pas de corps humains, il ne résulte aucunement que ce soit le corps qui confère à l'individu sa dignité ni même qui en définisse l'originalité » St Thomas d'Aquin

 « Quand les liens de sang seront rompus, que l'argent sera pris de manière injustifiée, que le sang sera versé, que le proche se plaindra de son parent et que sa plainte restera sans effet, et que l'on ne donnera plus rien au mendiant au cours de ses périples et de ses pérégrinations (l'heure sera proche). » (Abou Shayba)

 

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samedi 31 décembre 2016

Aux portes de 2017

 Fusee_Tintin 2016 4Un joyeux Noël machinal et on passe à autre chose. Il est monté dans sa fusée interplanétaire et il est parti pour ne revenir que lorsque on vous donnera à nouveau le signal de la ruée vers les étals achalandés pour l'occasion d'autant de daube que de luxe et accessoirement quelques choses utiles.

Les marchands ont volé Noël ! Celui dont on célébrait autrefois la naissance, à Noël, n'aimait pas les marchands(1) ; voleurs par essence comme le soulignait le panthéon romain qui faisait de leur patron celui des marchands et aussi des alchymistes qui étaient, en dehors de quelques chercheurs de Vérité et des lois de l'univers, des filous qui pour escroquer les princes endettés faisaient accroire qu'ils allaient vous fourguer la jeunesse éternelle et du pognon tiré du vil métal sans valeur.

Noël, fête des marchands où la misère des pauvres gens est encore plus cruelle à vivre devant cet étal de richesse même chez les plus modestes.

Le « Père Noël » en est la personnification artificielle universelle ; fêté même en Iran ou en Chine, en Inde aussi. Il n'y a guère que des intégristes comme l'Arabie Saoudite pour l'interdire. Au nom de mauvaises raisons que cette interdiction, puisqu'ils contribuent autant que d'autres, pendant leurs propres fêtes aussi bien que le reste du temps, à la surconsommation et l'épuisement des ressources conséquent.

EBOUEURS THEOPHRASQUECe qui se passe localement est un détail insignifiant répété à l'infini. Il n'y a pas que les cartons malheureusement.

 

 

 

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Le gaspillage ordinaire suit son cours ; c'est là une de nos dernières trouvailles. En temps ordinaire on ne mangerait pas de tomates à cette saison, mais puisque c'est gratuit, gaspillé, on fait avec. Seulement voilà, ce n'est là qu'un détail annexe...
Noël à lui seul contribue autant au massacre de la Terre que votre consommation du reste de l'année. C'est pas peu dire. Et ceux qui s'insurgent contre la consommation d'animaux me font bien rire parce que leurs succédanés et ersatz, le plus souvent d'importation, contribuent tout autant à la destruction de la planète, quand ce n'est de l'humain carrément. J'ai déjà évoqué l'esclavage des enfants, exploités en Afrique pour produire des produits végans . Je sais c'est pas bien dit, mais c'est une réalité. Il n'y a pas que le chocolat...

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Les humains avaient reçu un présent ; ils l'ont réduit au passif et sa luxuriance au passé. Le temps de l'espoir comme celui du rêve s'achèvent dans un crépuscule des dieux où j'essaie encore d'entrevoir une aube, même si, chaque matin, je me demande à quoi ça sert d'exister.

Maintenant on aborde le nouvel an. 2017 ne sera pas mieux que 2016 et va traîner son lot de catastrophes et de misère. Je souhaite à ceux qui ont fait preuve de compassion envers les hommes et/ou le vivant de s'en tirer au mieux qu'il est possible. Paix, joie et sécurité, et par delà tout cela et avant tout même la santé. Vous ne savez point à quel point c'est précieux la santé. A l'heure où je fais le bilan parce que je vais crever comme un chien battu et perdu ; pour avoir toujours dû lutter pour la conserver, la maintenir tant bien que mal, je le sais. C'était « dail-dail » (2), marche ou crève.

Toute ma vie j'ai eu des ennuis. Les toubibs me traitaient par dessus la jambe.
« Au turbin feignasse »... Alors pour tenir le coup je me suis empoisonné. Hé oui, quelque part c'est là qu'il faut chercher les racines du mal qui me ronge aujourd'hui. Je me suis martyrisé pour tenir le coup.

Aujourd'hui, tout le monde est asservi à la médecine de « confort » et ça contribue autant à vous détruire qu'à détruire notre biotope. Et vous en êtes complices.
On s'alarme de la mort de la Terre, des bouleversements qu'on n’appréhende pas correctement. Quand vous verrez les pyramides d’Égypte couverte de neige, vous comprendrez peut-être qu'on vous vends de la daube par médias interposés et que la catastrophe annoncée, et bien réelle, elle, est d'une autre nature que ce que vous croyez.

Qu'importe au fond ? Maintenant vous balisez parce que les médias vous l'insufflent, à la remorque d'une techno-sphère alternative aux marchés saturés de la précédente. Vous commencez donc vaguement à subodorer qu'il faudrait peut-être en effet faire quelque chose pour cette fichue boule puisque la colonisation massive d'un autre monde semble (est) encore loin (se conférer au dernier viandage martien). Mais quoi, on va pas tout remettre en question non plus hein ? On vous déblatère que c'est le feu de bois responsable des pics polluants, mais les gros navions eux, ils y sont pour rien hein ? Vous savez ce que ça bouffe un avion au décollage ? Et combien sillonnent l'environnement proche autour des grandes villes ? Et on prévoit de ressusciter les supersoniques, voir créer des hypersoniques, quand ce ne sont pas des géants comme l'A380, à qui les ¾ des aérodromes ne conviennent pas ; d'où l'idée de ressusciter la vieille lune de projets comme NDDL. Coup de sabre dans la biodiversité, dans l'équilibre hydrologique etc...
La faune se meurt, la flore se meurt, les abeilles s'éteignent. Il n'y aura bientôt plus d'autre alternative que les OGM, et le clonage, en l'absence de pollinisateurs, pour assurer nos indispensables productions vivrières. Le piège infernal dans toute sa splendeur !

 

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Il y a une cinquantaine d'années que j'ai vraiment pris conscience que la nature était menacée. J'en ai fait mon sens de vie ; ça passait, avec la défense des êtres souffrants, avant même moi-même. Que n'ai-je loupé ou perdu à cause de ça ? Que n'ai-je subi ? Vos insultes, vos moqueries, voire même vos coups ! En ce temps là l’Écologie était indépendante et de terrain, portée par des gens sérieux (et pas seulement René Dumont, qui, avouons le, était plus rouge que vert). Malgré cela, nous étions des voix prêchant au Sahara... Ou dans le désert de Gobi... Aujourd'hui vous ne voyez d'elle que des guignols à la remorque d'un parti qui prétends incarner le peuple quand il n'est composé que de bourgeois liquéfiés. Ils se placent sur le même plan qu'eux puisqu'ils participent à leur pantalonnade (3).

Alors qu'importe ? Les projets de bulles de survie pour la colonisation martienne, c'est sur Terre que ça servira à terme. On sera enfermés dans des îlots géants où nous ne seront que des rouages pré-programmés.

Les guerres collatérales servant à réguler les flots et les flux du lapinisme. On y est déjà. « Nous », enfin moi je suis condamné à brève échéance je pense...

Du coup, vous souhaiter la bonne année alors que je sais qu'elle ne le sera pas m'arrache un peu les tripes. D'autant que, en dehors d'une douzaine de gugusses, vous n'avez pas grand chose à foutre de mes déblatérations. Non plus que de ce que je fais concrètement. Parce qu'en dépit de mon état, ben, conscient que ça serait pas nettoyé avant lundi, et encore, pas partout, j'ai encore trouvé le moyen d'empêcher un tas de détritus d'être éparpillés dans la nature. Dérisoire, mais ça m'autorise à ouvrir ma gueule. Perdu pour perdu, il faut rester debout contre l'océan de connerie qui sonne à la volée le glas du destin humain et de la Terre, ce présent merveilleux que vous avez relégué au rang de décor passif.
Bonne et heureuse année aux actifs de terrain, et à ceux qui se mobilisent pour les soutenir. Bonne et heureuse année à ceux qui m'ont soutenu ou me soutiennent. Que je tienne une semaine, ou une année ; mon mal est stabilisé, provisoirement sans doute ; je serai sur la même ligne jusqu'à ce que j'ai perdu la boule ou rendu mon âme à l'infini. 2017 reste l'année de tous les dangers néanmoins... 

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NDLR : le papier devait paraître plus tôt, mais j'ai eu des emmerdes de connexion

(1) Les marchands du Temple Jean 2:13-25, est l'allusion la plus claire, mais il y en a d'autres qui écornent la bien-pensance capitalo-mercantiliste et le paraître ; au hasard qui me revient à l'instant Luc 18.9-14 par exemple... [Un de ces 4, faudra que j'ai le courage, avant de crever, de vous montrer l'unité de pensée entre les évangiles, le soufisme, et le Tao (entre autres), mais c'est pas gagné, parce que je suis à me demander, à l'heure où je sens venir la fin, si ça sert vraiment à quelque chose ce que j'écris. Et de toute façon, j'aurais pas longtemps les moyens d'écrire je pense... ]

 

(2)Emprunté aux marocains avec qui je bossais ; j'ai trouvé ça comique, parce qu'un « dail » dans mon patois d'origine, c'est une faux. La faux du faneur certes, mais aussi emblème de la mort universel ; qu'on retrouve chez l'Ankou (bretagne), ou sur la lame XIII du Tarot divinatoire par exemple. Un à qui j'avais fait la réflexion m'a dit : « pas con du tout, pour le coup qu'ils vont nous faire crever avec ce rythme ».

 

(3)Je suis depuis le début opposé au principe des « primaires », de droite comme de gauche. Déjà qu'on vit en campagne quasi permanente ; ce qui créé un rideau de fumée permettant d'esquiver bien des choses ; on a maintenant des élections à 6 ou 8 tours, ça fait beaucoup trop.

dimanche 18 décembre 2016

Noël magique ?

noel mimou B41976 j'étais encore plein d'espérance ! Ce fut un Noël magique. Lâché dans la nature avant 15 h à Brest, je choisi le stop et à 20 h j'étais chez mes parents... Qui n'attendaient personne, pas même moi. Le seul qui m’attendait et m'a sauté au cou, c'est Milou le chien. Tout le long du chemin je souhaitais Joyeux Noël à tout le monde... J'étais à cent lieues de votre Noël consumériste. Où sont passées mes espérances ? L'année suivante aussi ce fut un Noël magique, d'un autre genre. Vu la situation et mon état, je ne pourrais sans doute pas le commémorer... Mais de toute façon, cette année non plus.
Saigneurs vous nous avez fauché la part des chiens perdus sans collier ; et même celle des rats d'égouts, il nous reste celle des cafards et des cancrelats, tout juste ; nous nous en accommodons faute de mieux et par résignation. Il n'est pas toujours gai de se contenter de misérables rogatons pendant qu’autour de soi se vomi une débauche de consommation outrancière au prétexte d'une célébration dont on a consciencieusement détourné le sens.
Les intégristes religieux et les intégristes laïcards guerroient par pures visées de pouvoir idéologique, jetant aux orties l'idée de fraternité portée par l'enfant de Bethléem.

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Un pasteur américain a entrepris, et quelques autres avec lui, de casser les rêves qui protègent les enfants de notre monde d'ordures. Il agresse les gens qui vont faire photographier leur môme dans les bras du père Noël. Il les harangues en traitant le pauvre bougre qui essaie de gagner sa vie, en offrant un peu de douceur dans ce monde de brutes, d'escroc. J'ai été père Noël, il y a 16 piges ; au pied d'un grand sapin et devant une crèche, dans une galerie commerciale. Un abruti de ce genre serait venu me casser les couilles, je lui collais une droite, tout connement. Un qui serait venu me faire chier relativement à la crèche, c'était du kif.
Le père Noël a porté quasi à l'universel cette fête dont le sens est perdu. A part dans les pays musulmans intégristes, genre Arabie ou Bahreïn par exemple, où c'est interdit ; partout le bibendum traîne sa hotte de rêve.
J'en ai plein les bottes des intégristes dont les actions et propagandes sont aussi mortifères pour la Terre et le monde que le quotidien de n'importe quelle activité destructrice.
Ce sont par exemple ces intégristes Végans qui font la promotion de Ferrero parce que ça ne contient pas de produits animaux. Et ils se croient « écolos » parce que végans. Sauf que Ferrero, comme Nestlé et quelques autres, sont des exploiteurs de main d’œuvre juvénile et grands acteurs de la déforestation à outrance avec toutes les retombées consécutives. J'ai d'ailleurs signé nombre de pétitions contre leurs procédés et comportement... sans trop y croire.

La face cachée du chocolat : travail des enfants et déforestation

D'un côté, six grands industriels (Mars, Nestlé, Ferrero...), qui possèdent 50% du marché mondial - entre 80 et 100 milliards de dollars par an. De l'autre, cinq millions de petits producteurs, qui s'échinent à longueur d'année pour moins de deux dollars par jour.

http://multinationales.org

Traditionnellement j'ai toujours marqué le coup pour Noël, cependant, mais jamais dans une débauche de surconsommation et de gaspillage. Juste parce que Noël a plus de sens pour moi que le nouvel an. Une année de plus ? La belle affaire ! Je ne suis déjà pas certain de l'atteindre, la vie est si fragile, mais en prime, si je l'atteins, je ne suis pas certain de la terminer vivant. C'est plein d'appréhension que j'aborde 2017.
C'est juste un détail au fond. Qu'est-ce que ma voix dans l'immense cacophonie de débauche et de folie ? Je n'infléchirais jamais le cours de l'avalanche qui nous enferme dans notre technobulle déracinée. Un écolo revendiqué écrivait l'autre jour : « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défends »... Dans quelle mesure est-ce vrai ? Même moi qui suis né et ai grandi dans un monde en prise directe avec elle ; ayant coupé le bois pour me chauffer, cultivé à la main, je suis aujourd'hui coupé de la sphère naturelle, et à cause de ça un peu perdu dans votre monde où les valeurs qui firent mon éducation sont à jamais perdues.
La nature qui se défends ce sera peut-être la Terre qui changera d'Ere par contre. Notre « civilisation » marchande dépends de la technologie qui est bien fragile face aux réactions naturelles. J'en suis à me demander qui anéantira l'autre le premier ? De la Terre ou de l'homme.

VENT NUCLEAIRE (3)

Les scientifiques s'inquiètent du glissement accéléré des pôles. C'est déjà arrivé dans l'histoire géologique. Ça a abouti plusieurs fois à un basculement complet, parfois une interruption pendant quelques milliers d'années, accompagnant une extinction d'une grande part de la vie. N'en déplaise aux optimistes, la première conséquence pour nous serait une désorganisation totale de nos communications et un bug généralisé de nos moyens électroniques qui ne sont pas prévus pour résister à ça . Vous imaginez le chaos ? La panique ? Quand on voit ce qu’une simple panne électrique peut provoquer comme désordre déjà ?
Vous ne me croirez pas et pourtant : dès 1980 je me suis inquiété de ce phénomène dont personne ne parlait à l'époque. J'étais à Niort, un court séjour que j'y ai fait à cette période, à la terrasse d'un petit troquet à la jonction de la place du temple et de la rue Ste Marthe, en compagnie de deux potes approximatifs. Un couple et moi. Nous parlions justement des perspectives d'avenir de notre planète déjà bien surexploitée et malmenée, quand la vision s'est imposée entre nous, comme un hologramme en 3 dimensions. Nous seuls pouvions le voir, mais nous, nous étions dedans et observateurs en même temps. Nous nous voyions les uns les autres en partie masqués par l'image translucide. Nous avons vu les pôles basculer sur leur axe. Nous sommes restés sidérés. Il m'a fallu plusieurs années pour apprendre que c'était une chose scientifiquement possible. On s'était depuis longtemps perdus de vue.

Alors, qui fera la peau de l'autre en premier ?

Pendant ce temps vous allez fêter Noël...

Moi je ne fêterais rien, j'ai pas les moyens... Tant pis.

Prière de notre temps
notre pèze
Notre pèze, qui es mon Dieu,
Que ton don soit sanctionné,
Que ton règne tienne,
Que ta volupté nous endette,
Nique la terre comme le ciel,
Vends-nous cher aujourd’hui notre pain de Carrefour,
Ordonne-nous nos dépenses,
Comme nous ordonnons aussi à ceux qui n’ont pas dépensé,
Soumets-nous à la tentation,
Et délivre-nous du halal.
Amène ton pèze !

J'ai plus d'espoir et je suis triste. Je regarde la Terre défigurée et l'homme dénaturé. Je sens mon cœur saigner. Je pense aux enfants de Mossoul, d'Alep et d'ailleurs. Brimés, bombardés, torturés, exécutés, mutilés...

Le 17 Septembre 1980, je m'étais assoupi sur le divan d'un copain, à Tours ; je me suis réveillé seul, dans une pièce plongée dans la pénombre, un peu hébété. Je sortais d'un cauchemar. Je voyais des ruines, et des morts. Des ruines qui ressemblaient furieusement aux images d'Alep aujourd'hui. Toutes les guerres se ressemblent. Je me suis chauffé un cahouah pour me remettre la tête en place, et j'ai, en le sirotant, poussé le bouton du transistor... La guerre Iran-Irak venait de commencer. Elle dura 8 ans... Conséquence directe de ce que nous avions réchauffé un fanatique à Neauphle-le-Château pendant quelques années... Je crois que les guerres actuelles sont la continuité du processus amorcé à ce moment là. Le considérer ne change pas grand chose à la souffrance de tous ceux qui vont souffrir cette nuit de Noël.
Il est permis d'oublier une nuit toute la douleur qui accable le monde. De toute façon, la veille comme le lendemain, le monde sera pareil. Mais l'impact sera ce lui de la consommation : la misère de la Terre, et des tas d'ordures le lendemain faute d'avoir su fêter raisonnablement. Moi, je ne pourrais même pas, devant mes rogatons, oublier quoi que ce soit, même ma propre douleur.

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vendredi 9 décembre 2016

Au delà du sapin

SAPIN NIORT (3)Sapin d'or dort sous les dorures de son artificielle parure en attendant de sombrer dans le tas d'ordures comme tous ses frères sacrifiés sur l'autel des dividendes. On veut bien Noël pour les bénéfices, mais on veut pas de son sens, et on s'abîme dans la pléthore de gaspillage sans lequel des tas de commerçants boiraient le bouillon, voire finiraient dans une caisse en sapin. On approche du temps où on rebaptisera notre fête traditionnelle "fête commerciale d'hiver"... On parie ? La chasse aux crèches est ouverte, mais aussi à Saint Nicolas, y compris ai-je lu, en Alsace, ce qui est un comble ! Comme si les marmots allaient faire leur prière dans une école en voyant débarquer un bonhomme barbu chargé de sucreries. Il y a 16 piges seulement, on était moins chien. Et j'ai tenu le rôle de papa Noël dans une galerie commerciale, cette année-là. Il y avait une énorme crèche, au pied d'un immense sapin. Personne n'y trouvait à redire. Le directeur voyait là le plus gros chiffre d'affaire de l'année ; les parents venaient faire photographier les enfants, attirés par la plus belle déco de la ville ; avec, pensait-il, le barbu le plus qualifié de la ville. Il m'avait choisi parce que j'ai déjà fait du ciné et de la TV, et que y'avait pas ça en dehors de moi à portée. Chasse aux racines de Noël par bêtise, mais qui s'attaquera à l'impact écologique de Noël ? L'impact social aussi ? Les inégalités sont encore plus ressenties à ce moment-là. Des miettes sont jetées aux pauvres, à condition d'entrer dans les critères, pour les consoler de ne pas pouvoir suivre le train infernal de la débauche de consommation.
Je n'ai rien contre les déco de Noël, au contraire. Tenez, ce sapin là, rue Victor Hugo, qu'on devrait rebaptiser place ou avenue maintenant que c'est une vaste esplanade minérale trop vide, je l'ai photographié parce que je l'ai trouvé joli, et qu'il égaie ce grand espace désolant. Je préfère en extérieur le sapin naturel, odorant, qui aura fourni sa dose de chlorophylle et fait travailler des jardiniers, au plastique qui envahit tout et ruine la Terre. Ce que je déplore, c'est qu'en cela comme en autre chose, on ne se soucie pas de l'impact de ce qu'on fait.

janvier 1924 nuit (1)

janvier 1924 nuit (2)

janvier 1924 nuit (3)

S'est-on un jour soucié de l'impact des mécanismes de l'aléatoire irrationnel de notre société ? Les photos là, récupérées chez un pote de FB, datent de la nuit du 24 janvier 1924 et parlent toutes seules pour ce qui est des retombées sociales du libéralisme inconscient ; si science sans conscience est ruine de l'âme comme l'énonçait déjà Rabelais, commerce et exploitation sans conscience est ruine de l'homme et de la Terre. En ce temps là déjà des travailleurs pauvres dormaient dehors ; les deux dernières photos, il s'agit de manutentionnaires d'occasion qui attendent l'ouverture des halles, payés à la journée quand ils arrivent à se placer, pour aider à décharger et mettre en place. On présente comme nouveau le phénomène des travailleurs SDF alors qu'il est ancré dans l'histoire du développement économique. Aujourd'hui certains s'en soucient, du bout des lèvres, mais il faudrait changer la structure sociale à l'échelle planétaire pour en sortir. C'est un phénomène au visage protéiforme qui fut longtemps invisible et indifférent. Il existait aussi dans nos années 70, dont on s'imagine qu'elles étaient florissantes.  La précarité n'avait juste pas de visage, et souvent clandestine. J'en ai fait partie un certain temps. La première image, elle, témoigne de ce que d'autres, comme aujourd'hui, traînaient leurs échecs dans une société féroce, sur les bancs publics. Traqués comme des coupables. Déjà on gaspillait l'homme comme on gaspillait la nature. Tout ce qui était exploitable était exploité sans souci des retombées.
On s'alarme, par exemple, de la disparition des derniers éléphants, des dernières panthères, des dernières girafes. Classées espèces en voie de disparition ou disparues, à cause dit-on du braconnage. Ce sont toujours les grosses choses qui inquiètent, maintenant que l'homme proliférant a bouffé tout l'espace vital de ces animaux qui disparaissent surtout parce qu'ils sont confinés à des parcs peau de chagrin. Il fut un temps où on les chassait comme aujourd'hui la perdrix. J'ai lu ces récits épiques de chasses aux trophées dans des "Chasseur Français" (la revue de Manufrance) d'époque. Il y avait apparemment pléthore de ces espèces qui servaient de jouets aux riches adeptes de safaris. Les mêmes, qui tenaient l'Afrique sous le boisseau, responsables de la misère sociale évoquée plus haut. La nature était un vivier, l'humanité taillable et corvéable à merci, la République n'avait rien changé aux mentalités. Elle les avait même aggravées. Il n'y avait plus aucun frein aux appétits ; l'idée de culpabilité avait été balayée des consciences par la condamnation de l'idée de sacré qui était réduit à du folklore de campagne. Rien n'a vraiment changé et maintenant qu'entrainés par la boule de neige des conséquences on constate les dégâts, on se contente de cautères sur jambe de bois. On s'alarme de la chasse aux baleines, mais pas des gouttes qui rongent le tissus de la vie. Se soucier d'une petite fleur qui disparaîtra à jamais est laissé à quelques utopistes qu'on s'acharne à fustiger par médias interposés. Je pense au tissus économique et à la biodiversité massacrés au nom d'un aéroport qui contribuera à intensifier et généraliser les pics de pollution par exemple. Mais aussi à des petits détails quotidiens dont tout le monde se fiche à de rares exceptions près. Et quand une mesure est prise, son impact n'est pas toujours si écologique. Ainsi à Niort on a créé une passe à poissons pour faciliter leur passage, du côté des anciennes usines Boinot. Bien, très bien... L'ennui est qu'on a totalement minéralisé les rives. Adieu à la diversité biologique de plantes et fleurs sauvages qui nourrissait toute une diversité de petits rongeurs, de pollinisateurs et attirait bergeronnettes, merles, rouge-gorges, mésanges, héron... Mais qu'allait-on se soucier de ça ?

Théophrasque

Le billet de Théo, notre chroniqueur local, ce 9 décembre, témoigne du mépris dont ce souci est l'objet. C'est pourtant dans les petits détails, dans les arrières cours et les terrains vagues qu'elle se niche la biodiversité ; les arbres à papillons qui attirent les derniers pollinisateurs sans qui nous aurions si peu de temps à vivre, c'est là qu'ils poussent. Avec toujours le même mépris pour la vie on a éradiqué ceux de la rue Victor Schœlcher, qui à dire vrai, servaient surtout de dépôts d'ordures pour les riverains. On a bitumé, c'est maintenant gris cimetière, la propreté d'une dernière demeure... la nôtre ? Et à propos, qui se soucie de l'impact de tout ce bitume, quand lessivé et usé par les intempéries il est entrainé dans les eaux ruisselantes ?
Des bonnes volontés se mobilisent, tentent de coller des rustines ici et là pour empêcher le radeau de la méduse de sombrer trop vite. Globalement le reste de l'humanité pense à sa survie pour les uns, à ses dividendes pour les autres.

Un multimilliardaire chinois derrière le projet Europacity

Le parc de loisirs et de commerces Europacity doit ouvrir ses portes en 2024. Pour financer ce projet très contesté, la branche immobilière d'Auchan s'est associée à Wanda, un géant chinois. Europacity est un projet colossal qui doit voir le jour à Gonesse (Val-d'Oise), au nord de Paris, en 2024 au plus tôt.

https://reporterre.net

On conçoit des projets toujours plus fous, toujours plus grandioses dont je relaie un exemple ci dessus. L'inconscience est au pouvoir et la pensée à la remorque. Descartes croyait la pensée expression de l'être : "je pense donc je suis", prenant à contre courant la réalité, qui induit qu'on pense parce qu'on existe au sein d'une culture globale. C'est elle qui par interaction génére la pensée, outil de la conscience. Suivant où on place sa conscience, on interragit différemment. On se comporte différemment. Toute l'année et pas seulement à Noël. Fête noyée dans l'illusion de féérie en une débauche d'énergie utilisée comme autant de lampions à décimer les papillons. Vous vous donnez l'illusion de générosité en comblant de gadgets vos proches et en bâfrant en une soirée ce que certains n'ont pas dans le mois pour bouffer. Qu'importe l'impact social et écologique ? Je serais parmi ceux qui, pendant ce temps-là, grelotteront autour d'une maigre pitance ; du moins si je vis jusque là ; mais c'est une autre histoire... Pendant qu'à la TV, l'armée mexicaine à la mode Porfirio Díaz ; où il y avait plus de colonels que de troufions, dixit Zapata, dopés à la marie jeanne (se conf "la cocaracha") les politichiens vous font des ronds de jambes, paons parés et bateleurs roués, dans la danse de mort en vue de la prochaine pestilentielle qui accouchera comme d'hab' de toujours plus de destruction de l'avenir, n'importe l'étiquette du produit qu'on vous aura vendu.
Noël ? On décore le béton dont on dame la Terre pour oublier le temps d'une nuit qu'on a perdu tout sens à la vie et qu'on est occupé  à la condamner, dans un monde où il faut se cacher pour aborder les choses autrement. Le sapin, c'est l'arbre qui cache notre jungle ; pas celle de Calais, où les gens ne sont pas plus sauvages que vous ; la nôtre, impitoyable, construite sur l'avidité et le gaspillage.

 cigogne