CANAL-DECHARGE

vendredi 9 décembre 2016

Au delà du sapin

SAPIN NIORT (3)Sapin d'or dort sous les dorures de son artificielle parure en attendant de sombrer dans le tas d'ordures comme tous ses frères sacrifiés sur l'autel des dividendes. On veut bien Noël pour les bénéfices, mais on veut pas de son sens, et on s'abîme dans la pléthore de gaspillage sans lequel des tas de commerçants boiraient le bouillon, voire finiraient dans une caisse en sapin. On approche du temps où on rebaptisera notre fête traditionnelle "fête commerciale d'hiver"... On parie ? La chasse aux crèches est ouverte, mais aussi à Saint Nicolas, y compris ai-je lu, en Alsace, ce qui est un comble ! Comme si les marmots allaient faire leur prière dans une école en voyant débarquer un bonhomme barbu chargé de sucreries. Il y a 16 piges seulement, on était moins chien. Et j'ai tenu le rôle de papa Noël dans une galerie commerciale, cette année-là. Il y avait une énorme crèche, au pied d'un immense sapin. Personne n'y trouvait à redire. Le directeur voyait là le plus gros chiffre d'affaire de l'année ; les parents venaient faire photographier les enfants, attirés par la plus belle déco de la ville ; avec, pensait-il, le barbu le plus qualifié de la ville. Il m'avait choisi parce que j'ai déjà fait du ciné et de la TV, et que y'avait pas ça en dehors de moi à portée. Chasse aux racines de Noël par bêtise, mais qui s'attaquera à l'impact écologique de Noël ? L'impact social aussi ? Les inégalités sont encore plus ressenties à ce moment-là. Des miettes sont jetées aux pauvres, à condition d'entrer dans les critères, pour les consoler de ne pas pouvoir suivre le train infernal de la débauche de consommation.
Je n'ai rien contre les déco de Noël, au contraire. Tenez, ce sapin là, rue Victor Hugo, qu'on devrait rebaptiser place ou avenue maintenant que c'est une vaste esplanade minérale trop vide, je l'ai photographié parce que je l'ai trouvé joli, et qu'il égaie ce grand espace désolant. Je préfère en extérieur le sapin naturel, odorant, qui aura fourni sa dose de chlorophylle et fait travailler des jardiniers, au plastique qui envahit tout et ruine la Terre. Ce que je déplore, c'est qu'en cela comme en autre chose, on ne se soucie pas de l'impact de ce qu'on fait.

janvier 1924 nuit (1)

janvier 1924 nuit (2)

janvier 1924 nuit (3)

S'est-on un jour soucié de l'impact des mécanismes de l'aléatoire irrationnel de notre société ? Les photos là, récupérées chez un pote de FB, datent de la nuit du 24 janvier 1924 et parlent toutes seules pour ce qui est des retombées sociales du libéralisme inconscient ; si science sans conscience est ruine de l'âme comme l'énonçait déjà Rabelais, commerce et exploitation sans conscience est ruine de l'homme et de la Terre. En ce temps là déjà des travailleurs pauvres dormaient dehors ; les deux dernières photos, il s'agit de manutentionnaires d'occasion qui attendent l'ouverture des halles, payés à la journée quand ils arrivent à se placer, pour aider à décharger et mettre en place. On présente comme nouveau le phénomène des travailleurs SDF alors qu'il est ancré dans l'histoire du développement économique. Aujourd'hui certains s'en soucient, du bout des lèvres, mais il faudrait changer la structure sociale à l'échelle planétaire pour en sortir. C'est un phénomène au visage protéiforme qui fut longtemps invisible et indifférent. Il existait aussi dans nos années 70, dont on s'imagine qu'elles étaient florissantes.  La précarité n'avait juste pas de visage, et souvent clandestine. J'en ai fait partie un certain temps. La première image, elle, témoigne de ce que d'autres, comme aujourd'hui, traînaient leurs échecs dans une société féroce, sur les bancs publics. Traqués comme des coupables. Déjà on gaspillait l'homme comme on gaspillait la nature. Tout ce qui était exploitable était exploité sans souci des retombées.
On s'alarme, par exemple, de la disparition des derniers éléphants, des dernières panthères, des dernières girafes. Classées espèces en voie de disparition ou disparues, à cause dit-on du braconnage. Ce sont toujours les grosses choses qui inquiètent, maintenant que l'homme proliférant a bouffé tout l'espace vital de ces animaux qui disparaissent surtout parce qu'ils sont confinés à des parcs peau de chagrin. Il fut un temps où on les chassait comme aujourd'hui la perdrix. J'ai lu ces récits épiques de chasses aux trophées dans des "Chasseur Français" (la revue de Manufrance) d'époque. Il y avait apparemment pléthore de ces espèces qui servaient de jouets aux riches adeptes de safaris. Les mêmes, qui tenaient l'Afrique sous le boisseau, responsables de la misère sociale évoquée plus haut. La nature était un vivier, l'humanité taillable et corvéable à merci, la République n'avait rien changé aux mentalités. Elle les avait même aggravées. Il n'y avait plus aucun frein aux appétits ; l'idée de culpabilité avait été balayée des consciences par la condamnation de l'idée de sacré qui était réduit à du folklore de campagne. Rien n'a vraiment changé et maintenant qu'entrainés par la boule de neige des conséquences on constate les dégâts, on se contente de cautères sur jambe de bois. On s'alarme de la chasse aux baleines, mais pas des gouttes qui rongent le tissus de la vie. Se soucier d'une petite fleur qui disparaîtra à jamais est laissé à quelques utopistes qu'on s'acharne à fustiger par médias interposés. Je pense au tissus économique et à la biodiversité massacrés au nom d'un aéroport qui contribuera à intensifier et généraliser les pics de pollution par exemple. Mais aussi à des petits détails quotidiens dont tout le monde se fiche à de rares exceptions près. Et quand une mesure est prise, son impact n'est pas toujours si écologique. Ainsi à Niort on a créé une passe à poissons pour faciliter leur passage, du côté des anciennes usines Boinot. Bien, très bien... L'ennui est qu'on a totalement minéralisé les rives. Adieu à la diversité biologique de plantes et fleurs sauvages qui nourrissait toute une diversité de petits rongeurs, de pollinisateurs et attirait bergeronnettes, merles, rouge-gorges, mésanges, héron... Mais qu'allait-on se soucier de ça ?

Théophrasque

Le billet de Théo, notre chroniqueur local, ce 9 décembre, témoigne du mépris dont ce souci est l'objet. C'est pourtant dans les petits détails, dans les arrières cours et les terrains vagues qu'elle se niche la biodiversité ; les arbres à papillons qui attirent les derniers pollinisateurs sans qui nous aurions si peu de temps à vivre, c'est là qu'ils poussent. Avec toujours le même mépris pour la vie on a éradiqué ceux de la rue Victor Schœlcher, qui à dire vrai, servaient surtout de dépôts d'ordures pour les riverains. On a bitumé, c'est maintenant gris cimetière, la propreté d'une dernière demeure... la nôtre ? Et à propos, qui se soucie de l'impact de tout ce bitume, quand lessivé et usé par les intempéries il est entrainé dans les eaux ruisselantes ?
Des bonnes volontés se mobilisent, tentent de coller des rustines ici et là pour empêcher le radeau de la méduse de sombrer trop vite. Globalement le reste de l'humanité pense à sa survie pour les uns, à ses dividendes pour les autres.

Un multimilliardaire chinois derrière le projet Europacity

Le parc de loisirs et de commerces Europacity doit ouvrir ses portes en 2024. Pour financer ce projet très contesté, la branche immobilière d'Auchan s'est associée à Wanda, un géant chinois. Europacity est un projet colossal qui doit voir le jour à Gonesse (Val-d'Oise), au nord de Paris, en 2024 au plus tôt.

https://reporterre.net

On conçoit des projets toujours plus fous, toujours plus grandioses dont je relaie un exemple ci dessus. L'inconscience est au pouvoir et la pensée à la remorque. Descartes croyait la pensée expression de l'être : "je pense donc je suis", prenant à contre courant la réalité, qui induit qu'on pense parce qu'on existe au sein d'une culture globale. C'est elle qui par interaction génére la pensée, outil de la conscience. Suivant où on place sa conscience, on interragit différemment. On se comporte différemment. Toute l'année et pas seulement à Noël. Fête noyée dans l'illusion de féérie en une débauche d'énergie utilisée comme autant de lampions à décimer les papillons. Vous vous donnez l'illusion de générosité en comblant de gadgets vos proches et en bâfrant en une soirée ce que certains n'ont pas dans le mois pour bouffer. Qu'importe l'impact social et écologique ? Je serais parmi ceux qui, pendant ce temps-là, grelotteront autour d'une maigre pitance ; du moins si je vis jusque là ; mais c'est une autre histoire... Pendant qu'à la TV, l'armée mexicaine à la mode Porfirio Díaz ; où il y avait plus de colonels que de troufions, dixit Zapata, dopés à la marie jeanne (se conf "la cocaracha") les politichiens vous font des ronds de jambes, paons parés et bateleurs roués, dans la danse de mort en vue de la prochaine pestilentielle qui accouchera comme d'hab' de toujours plus de destruction de l'avenir, n'importe l'étiquette du produit qu'on vous aura vendu.
Noël ? On décore le béton dont on dame la Terre pour oublier le temps d'une nuit qu'on a perdu tout sens à la vie et qu'on est occupé  à la condamner, dans un monde où il faut se cacher pour aborder les choses autrement. Le sapin, c'est l'arbre qui cache notre jungle ; pas celle de Calais, où les gens ne sont pas plus sauvages que vous ; la nôtre, impitoyable, construite sur l'avidité et le gaspillage.

 cigogne


jeudi 1 décembre 2016

Réveillon d'occasion à la sauce poubelles

fleurs recupC'était la Saint André, le premier saint de l'Avent. J'ai soudain percuté qu'il y a des emmanchements tordus mais savamment calculés dans les calendriers chrétiens. Un pote avait retweeté un moine (oui, ça existe encore), qui disait le 28 que c'était la fin du mois des âmes du purgatoire. J'ai tiqué puis réalisé que oui, c'est logique finalement, puisque ça commence avec la Toussaint et le jour des défunts. Les chrétiens pratiquants fervents, effectivement, dans le prolongement de ces jours, prient pour les âmes du purgatoire tout le mois. Et nous, bizarrement, avons vécu là le mois de novembre le plus long de notre histoire commune ; il me semblait qu'il n'en finissait pas ; à la limite d'insécurité de lendemains désenchantés et encore plus précaires qu'avant, mais fleuri ! Hé oui, la photo là est celle de l'égaiement de novembre de notre sinistre et pouilleuse carrée. Les grandes fleurs sont de récup bien évidemment, mais elles ça fait quelques mois qu'on les a. De la soie, pas du plastoc complètement. Mais il y en a dedans. Encore une illustration de l'invasion du plastique que j'ai tant de fois déploré ici et ailleurs. Quant aux chrysanthèmes, ben c'est aussi de la trouvaille ! Elles étaient fraîches ; abandonnées sur un parking. Avouez que c'est fort de café. Elles ont passé deux jours là avant qu'on se dévoue. Le plus extraordinaire est que c'est trait pour trait la copie conforme du dernier pot que j'ai eu les moyens de déposer sur la tombe à Rémy, le compagnon de mes déboires et de mon épopée de 1974, la charnière de ma vie. C'est à cause de cette charnière que je me suis propulsé dans la Royale en 1976... C'est aussi, 1976, l'année où on a perdu contact pour plusieurs décennies. "Coïncidence" quand tu nous tiens par la grappe, c'est pas par ailleurs hein ? On aurait pu les porter sur sa tombe, certes, mais je me sentais trop mal pour ça. L'aller-retour en bus est impossible ; c'est très niortais ça ; ou alors faut juste aller dans le cimetière et en ressortir. Pas que j'étais pire que d'hab' mais j'avais le blues à fleur de peau et me sentais incapable d'une longue virée hors de mon quartier. On vient, juste avant le réveillon hors saison, de vivre un gros cafard qui va sans doute nous accompagner encore longtemps, mais qui a marqué une pause, le temps d'une nuit magique.

saint_andre-3011 B

Pour les chrétiens c'est l'Avent, ils attendent Noël et les mages guidés par l'étoile mystérieuse ; mais il n'y pousse pas de champignon sur celle là (se conf Tintin) ; Mages qui en Espagne tenaient lieu de "Père Noël" , je ne sais pas ce qu'il en est maintenant. Les Alsaciens, eux, attendent Saint Nicolas, le 6 décembre, qui est le vrai Père Noël en ce qu'il a voué sa vie en grand partie aux enfants. Pour nous, toujours hors des clous, c'est la Saint André qu'on attendait. Elle se profilait désespérée. Anniversaire de notre mariage et veille du mien ; depuis le tout premier soir, on fait réveillon à cheval sur les deux dates. Cette année ça semblait plutôt mal barré, et même impossible... Jusqu'à ce que la charité et le gaspillage viennent s'en mêler.

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Ça commence par une bonne soupe ; une des meilleures que j'ai mangé à ce jour. Mélange de légumes, d'oignons dont j'ai parlé récemment, et de riz. Bon le riz, ça fait une paye qu'on l'a... J'avais trouvé plusieurs kg en juillet. Ça nous a bien aidé jusqu'à aujourd'hui. La majeure partie ce sont des endives en fait. 

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Les v'la nos endives ! Rien que de la récup.En une seule opération. Des feuilles en vrac mais aussi de belles endives entières qui avaient été jetées. Reflet d'une "civilisation" où la majorité se plaint à longueur d'année et fustige les gouvernements successifs, les accusant de tous les maux, mais en réalité manquant de rien, sinon il n'y aurait pas autant de gaspillage...  Pendant qu'une minorité de laissés pour compte en chie comme des pendus pour accéder seulement à l'essentiel. Tirant la corde sur tout, même l'hygiène ; alors qu'on les accuse de tous les maux et de vivre grassement. J'ai encore déniché un dessin qui va dans ce sens de pauvre con, et encore y'a pire, sur tweeter.

poulet (1)

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Dans la foulée ; on s'est dit autant faire un réveillon carné, c'est exceptionnel et peut-être le dernier. Quand on est à la merci du moindre courant d'air sur le fil du rasoir et qu'on n'a pas d'aile, c'est ça la vie. A défaut de dinde ; de toute façon on fréquente pas ces gens là ; on s'est offert du poulet fermier de plein air... Mais voilà, on ne l'a ni payé, ni volé ! C'est là que la Providence, et la charité, s'en mêlent. On nous a filé des tickets resto et c'est à ça, entre autre, que ça a servi. Les accompagnements étant eux de récup, donc jeté par des gens très économes, y compris une partie de l'assaisonnement, et comme vous voyez, on a mangé une autre fois dessus en sus du réveillon. Et il en reste encore. Pour être franc, la dernière fois qu'on avait mangé du poulet, c'était il y a plus d'un an et c'était de la récup. Auparavant ça remontait à plusieurs années...

poulet

Poulet avec un ticket resto ? Et oui, chez nous c'est possible ! Rassurez vous, on n'en n'a pris qu'un, celui qui est soldé à gauche. Le problème est qu'ils ont la même date de péremption ! On est allé les montrer au boucher qui nous a assuré que c'est normal et volontaire... sauf que c'était mélangé sur la même étagère. Vous voyez l'arnaque de celui qui fait pas gaffe ? Mais nous, on nous la fait pas... D'où la photo. Et avec ça et le même ticket resto, on a eu du beurre, mais pas n'importe quoi comme beurre. Du fleur de sel de Guérande... soldé à 1 € la plaquette. On s'étonne après que les producteurs ne s'y retrouvent pas. Tous ces dysfonctionnements aberrants, de la production à la consommation ; et toutes ces soldes ne seront pas intégralement vendues, je le sais, une partie sera jetée ; la société est malade de sa foi en la magie du marché. Après ça elle se croit rationnelle alors qu'elle abandonne les ressources essentielles au chaos du hasard pour écouler une production surnuméraire et/ou mal répartie. D'où gaspillage. D'où pertes financières. Vu notre état de misère ; l'occasion faisant le larron et la diète forcée étant régulièrement notre lot, on en profite, certes. Mais en même temps on est conscients de tout ce qu'implique cette société. Socialement et écologiquement. Toute sa perversité au sens même pornographique du terme. C'est pas fini, attendez...

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Il y a eu le pain, bio, et les gâteaux bien sûr. Ça c'est de la charité chrétienne pour le premier, musulmane pour les seconds. Que voulez-vous, on n'est ni bégueules ni racistes. Quand on voit le courage de ces gens là, à bosser 60 heures par semaine au moins pour gagner des misères, écrasés d'emmerdements et tracasseries, toujours souriants et généreux encore en plus, on fait pas de détails. J'étais ému quand j'ai vu ça, vous pouvez pas savoir. D'ailleurs ils n'ont pas été les seuls...

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Il y a eu du fromage aussi. C'est cadeau, et spécialement à l'attention de notre fête. Un chevrier qu'on connaît bien et dont on a déjà parlé. C'est si gentil, de sa part...  J'espère que je pourrai bientôt en reparler. On arrive au clou du spectacle...

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Parce que ça risque d'être le dernier réveillon ensemble, on a fait une exception à notre régime sans alcool. Oui, je sais ce qui se raconte, comme quoi les pauvres c'est tous des poivrots et faut pas que ça boive d'alcool ces salaud là ; les riches eux, ont le droit, eux c'est normal, ils n'abusent jamais même quand je les vois dégueuler sur les trottoirs où traîner des plombes durant dans les troquets. Du coup on s'est vengé et on a fait un extra. Une demi-bouteille, étalée sur deux jours en réalité. Mais pas n'importe quoi...
Le château Darius, c'est pas tout à fait de la merde. Une viticulture raisonnable aux méthodes traditionnelles. 12 ans d'âge ! Pour nous un grand luxe. Luxe qui renvoie à la problématique du poulet que j'évoquais plus haut. Ils se sont échinés à produire ce vin ; léger mais qui se marie aussi bien avec le poulet que le fromage ; qui se vends 20 € la bouteille, à minima... Mais je l'ai eue à moins de 3 euros. Mes dernières pièces en réalité... Le plus comique : c'était la dernière du lot, et Darius, qui a inspiré le nom du domaine, serait mort en novembre 486 av. J.-C.
Surplus ou faillite d'un commerçant, liquidé chez Noz... Mes trois derniers euros y sont passés, mais je vous l'ai dit, fallait marquer le coup. Cela témoigne néanmoins de toute l'instabilité de notre société. Noz c'est la dernière escale avant la poubelle. Je vois régulièrement leurs manuts balancer des trucs périmés, abîmés, écharpés. Parce que le mépris du consommateur dans ces rayons là est ignoble. Il y a ce qu'ils n'arrivent pas à écouler, certes. Lots qu'ils ont eus au rabais parce que la férocité de la concurrence amène de grandes enseignes à essayer de sauver les meubles en bradant. Mais il y a aussi l'incivilité permanente de gens qui éventrent les emballages, promènent la marchandise et l'abîment, la rendant invendable.
On parle de gaspillage... Il est là aussi le gaspillage. A tous les niveaux de la productions et de la consommation. On a surfé dessus tout en le déplorant dans son principe. Parce que notre sort est la résultante directe d'une société malade. La misère, et pas seulement la nôtre, résulte de tous les poncifs qui font qu'on met sur la touche des gens, pas seulement nous, sans raison autre que des oeillères à la con, jusqu'à ce qu'ils dépérissent. Ce qui nous est arrivés. Si je suis si malade, c'est le contrecoup de mes souffrances morales, pendant des années. Le pendant du gaspillage des hommes est celui des biens et ressources, conséquence directe de la gestion aveugle, coupée de l'ordre naturel des choses, où on préfère croire à des inepties du moment qu'elles font jouir et profitent à une minorité à qui vous servez la soupe. Ils ne gagnent pas assez, vous trouvez le moyen de participer à leur suffrage censitaire ! Deux balles par 8 millions, quatre à chaque fois à la grosse, ça fait 16 plaques dans la fouille de gens qui en plus, ont trouvés le moyen de monopoliser les moyens publics ; TV, écoles, salles des fêtes ; payés avec nos taxes.
Vous irez aussi filer vos thunes à des tortionnaires, sans même réfléchir que la conséquence est la production d'OGM, les dividendes des actionnaires des labos, surtout le noyaux dur comme on dit, et le martyr de pauvre bêtes qui n'ont rien demandé...

La face cachée du Téléthon : expérimentations sur des chiens cobayes

29 novembre 2016. Ceci est une mise à jour de notre article diffusé initialement en novembre 2015, qui reste toujours d'actualité dans la mesure où les responsables du Téléthon n'ont depuis annoncé aucun changement quant à l'attribution des dons récoltés.] * * * Le Téléthon 2016 débutera ce vendredi 2 décembre.

http://www.holidogtimes.com

Juste une évocation d'une des sinistres réalités en rapport avec le présent ; il y en a d'autres... Histoire de secouer un peu votre naïveté emprunte de "bonne conscience"...

INFINI_BATEAU

Ce n'est pas tous les jours qu'on fait une bombance pareille, surfant sur la charité ; qui ne serait pas nécessaire dans une société normale ; et le gaspillage. Ce n'est pas tous les jours mais la majeure partie du temps on mange à la récup, ce qui traduit la réalité du monde débilisé. Les chiffres officiels du gaspillage sont en dessous de la réalité. Comment voulez vous mesurer ce qui se fait au niveau de chaque particulier ? Ou même de chaque supérette ? C'est le plus souvent invisible, et à mon échelle, je ne le vois que quand traîné par mon grand blair, je l'évente.
C'est une énième dénonciation parce que je ne sais pas quand je pourrais écrire. Pour quelques jours encore sans doute. Mais la situation est tellement aléatoire, et ma carcasse tellement capricieuse, que je pourrais bien disparaître de la circulation sans crier gare. Si j'ai le temps, le courage, la force surtout, j'écrirai peut-être encore... Comme le déclamait feu un ancien pote poète :
"Seigneur, vous nous prenez jusqu'à la part des chiens, vous nous laissez celle des rats, nous en ferons un destin" (Théophile). Il n'imaginait pas, lui qui connaissait des biffins embourgeoisés ; gens ayant des situations mais se donnant un air "écolo" en grattant dans les poubelles comme violon d'Ingres ; que des rats humains, traqués, honnis, fouillaient vos rebuts pour survivre, ni que j'en serais un jour. Moi, je savais le gaspillage, certes, mais je n'avais pas conscience de son ampleur, non plus qu'un jour je lui devrais ma survie...

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dimanche 27 novembre 2016

Un mot en passant

CENTRALE FR 4Pendant que vous souscrivez au suffrage censitaire pour désigner le prochain fossoyeur de la nature j'écrivais ailleurs sur les perspectives de malheur...  Les réseaux et la presse se font l'écho des nuages noirs qui s'amoncellent, mais la majorité ne se sent pas concernée... D'ailleurs dans vos pantalonnades de primaires, de droite comme de gauche, y'a jamais autre chose qu'un strapontin pour notre refuge commun : la Terre.

De toute façon, les masses se contentent de suivre ce qui est un pseudo progrès distillé par la pub, et ne cherche pas à aller plus loin. Les seuls à aller plus loin sont souvent des radicaux aussi tyranniques que n'importe quel dictateur. Emprunt de haine mais incapable de comprendre que la diversité humaine exigerait des formules plus souples.

Le mouton se contente de braire ; sa prison lui devient même jouissance..; Il n'y a pas que les otages pour souffrir du syndrome de Stockholm.

Les politichiens en profitent pour passer sous le tapis les dégâts collatéraux, où que ce soit...

Et pendant ce temps les problèmes s'accumulent et les fissures de l'illusion se profilent à l'horizon que personne ne veut regarder...

theatre 2

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dimanche 20 novembre 2016

Les oignons de la miséricorde

papeY fout quoi sur Canal-Décharge François ? Hein ? Juste pour embêter les lecteurs athées, mais aussi les croyants qu'ont rien dans le froc. Enfin pas tout à fait, mais y'a un peu de ça quand même.  Voilà, je vous explique... Si vous vous donnez la peine de lire. Tout a commencé vers deux plombes du mat'. Impossible de dormir... Normatif mon général, t'as le vent qui fait bruire la maison, et le volet du voisin qui joue du tam tam. Leur proprio leur a réparé la semaine dernière. Ils avaient fini par être arrachés leurs machins à cause de leur manie de ne jamais les accrocher. Je me demande comment ils font pour pioncer, eux ? Enfin, rien que ça déjà a un rapport avec le pape... Je sais ces gens "officiellement" chrétiens ; très approximatifs il est vrai ; et le pape là, il est occupé à causer miséricorde. C'est la clôture de l'année consacrée à la miséricorde... Alors voilà, ben ils n'ont guère de miséricorde pour mes pauvres oreilles les allumés d'en face. Ça m'engourdissait le bruit du vent, et le volet me tirait de ma torpeur et alors j'allais pisser... Une nuit infernale de pipi comme d'autre fois c'est la chiasse. Je pense connaître la cause : la conséquence d'un truc qui apaise mes souffrances physiques (naturopathie comme d'hab'). C'était pas prévu que ça les apaise, normalement c'est des machins pour dormir... Une découverte que je viens de faire... Passons. Toujours est-il que j'en ai eu marre. Alors, et bien que je redoute de sortir seul depuis mes dernières agressions, je suis parti en virée dehors, sous la pluie et le vent. Comme ça j'ai fait pipi dans les caniveaux, ça a été nettoyé aussitôt par le ruissellement. Sinon je ne m'autorise pas à ça. J'ai toujours une pensée pour le gonzier qui en ouvrant les volets se retrouve confronté à une odeur de pisse fraîche ou même, encore pire, faisandée. Miséricorde ? Peut-être. Le nez au vent je me suis laissé guider par mon flair. Et je suis atterrit sur un dépôt sauvage monumental, dans la rue des trois coigneaux, pas loin de la gare. Il pleuvait trop pour que je risque mon appareil à l'air libre. Je ne pouvais rien pour une telle masse ; et puis de toute façon, un coup pareil ça mériterait sanction. Et c'est là que j'ai avisé qu'en plus des sacs poubelles, qui me semblaient surtout remplis de polystyrène, de plastique et de boites,  y'avait des cabas en coton et dedans, à manger ! J'ai fait le tri de ce qui n'était pas utilisable et gardé le reste (y compris les cabas en coton : ça se lave et ça vaut cher).

echalottes

oignons

patates

Les patates sont encore trempées, comme le sac où elles étaient. Mais ça sèche, c'est pas un problème. Quand à la ferme de mes parents on rentrait les patates, c'était pas toujours parfaitement sec. Des charlottes, j'ai l'emballage initial. Les échalotes et les oignons le sont beaucoup plus. En tous les cas tout cela est bien ferme, et donc parfaitement consommable. Et sur ce coup, on peut pas dire que c'est un marchand qui avait des invendus. C'est un particulier. D'ailleurs je sais d'où ça vient, je pense, y'avait des indices sur place. J'ai quelquefois évoqué le principe de citoyenneté, plus que l'écologie, pour expliquer que le gaspillage est mauvais pour tous ; homme, bêtes, planète. Là je m'appuie sur le principe de miséricorde invoqué par le pape. Parce que voyez vous, les gens qui ont jeté cette nourriture ; et les oignons chez nous c'est un luxe, vous n'imaginez pas ; et bien ces gens là, messieurs, ils sont catholiques ! Et très engagés en plus. Ça traîne ses guêtres dans les manifs ou ça pèlerine aux JMJ (ils n'en sont pas à leur premier dépôt et j'ai déjà trouvé bien des restes de retour de pèlerinages ou de manif dedans). Dites ? Ça aurait pas pu être donné si ils en avaient trop ? Le quartier n'est pas particulièrement riche, c'est un euphémisme, et je ne doute pas un instant qu'y aurait eu plutôt dix galériens qu'un seul pour les accepter. Donné par charité chrétienne, et donc miséricorde... Bandes de pharisiens va ! Pour rester poli et courtois. Ça s'occupe de sa petite tronche, va quêter les bénédictions pour sauver son âme, mais rien à foutre du prochain. Qu'il crève se sale parasite de pauvre hein ? Vous savez pas ? J'en suis ! Et quand j'ai lancé mon SOS récemment, j'ai eu droit à un peu de compassion, autant d'athées que de chrétiens, mais franchement, c'est pas légion au regard de la tralée de soi-disant ami(e)s que je me traîne sur les réseaux sociaux (je dépasse les 4200 tous réseaux confondus). Et pendant ce temps y'en a qui ont les moyens de gaspiller des oignons.
Je vais vous dire : on est ce qu'on porte en soi. On peut être marxiste et croyant, j'en ai connu ; on peut être anar et croyant aussi, j'en ai connu... Les habits politiques sont des haillons dont on se recouvre pour rendre intelligible ce qu'on porte en soi ; les masses ne pigent que les apparences et si ils ne peuvent vous mettre dans une petite boîte, ils vous rejettent. Ainsi je me fais qualifier d'écolo, mais je vais autrement plus loin que ça, comme tous ceux qui se cassent un peu le bourrichon pour l'avenir de leurs semblables...
On peut se revendiquer n'importe quoi et être un parfait fumier ou au contraire un brave d'entre les braves. Et c'est là que j'ai pensé aux discours du pape sur la miséricorde. C'est peut-être ce qui manque à l'humanité finalement! On peut pratiquer la miséricorde sans être croyant. Et de celle ci résulterait une attitude bienveillante envers tout ce qui constitue notre univers. Par conséquent ; les hommes quels qu'ils soient, la nature, la faune, la flore, la Terre.
On en est loin quand on voit que même au sein d'une famille de pensée, ça s'entre-déchire par avidité du pouvoir ; un pouvoir tout relatif d'ailleurs, vu que c'est la finance qui mène la danse. On vit maintenant en campagne permanente dans la course au vire-toi de là que je m'y mette. Dans une atmosphère de parano, de guerre et de faillite.
On claironne de bonnes intentions et finalement on joue les fossoyeurs.
Toujours est-il que bien que ce monde malade me le fiche dans l'oignon, je viens de m'en faire une bonne poignée en m'occupant de ceux d'ouailles sans doute atteintes de tremblante à défaut de tremblote. Et cela au moment où débute la semaine de réduction des déchets... Une de ces dates clés qui se voudraient incitatives à la réflexion et n'atteignent finalement guère que les convaincus d'avance.
Ah oui, y'a une autre raison à ce que j'ai publié la photo du pape : je crois que je ne le verrai plus en direct... L'un de nous deux va larguer les amarres incessamment sous peu et peut être même avant... Cette impression que j'ai eue en regardant... Ben oui, fallait bien que j'aille voir si je voulais en parler non ?

orage 1111

mardi 15 novembre 2016

Utopie face au cauchemar

AUBE ANARCHISTE 2Ils ont rêvé d'utopie, du moins les idiots utiles de la base. Les anarchistes organisés auront beau dire, leurs groupes sont tout autant hiérarchisés que les trotskistes ou les bolcheviques voire les fachistes. Un peu normal quand on sait qu'ils sont noyautés aussi bien par le Grand Orient ou les syndicats institutionnels. Ils n'ont de libertaire que l'étiquette. Il ne s'agit pas là de ragots complotistes : j'ai vérifié tout cela par moi-même et plutôt dix fois qu'une. Ils promettaient néanmoins un avenir radieux, appuyé sur l'industrie et l'automatisation, mais où l'homme aurait sa place. Ils ont surtout pavé le sentier des ogres qui ont dévoré le monde, mais ils projetaient des rêves auxquels quelques uns ont cru... Ralliés tardivement à l'écologie, ils se réveillent aujourd'hui dans un monde où la marche arrière s'avère impossible mais continuent de croire qu'un « réveil » des masses pourrait changer les choses par le biais d'une révolution... Comme si les révolutions, comme les guerres, avaient amené autre chose que sauvagerie et désolation...
Résolument athées chez nous, ils prennent leur lanterne sourde pour la Bible anarchiste, tandis qu'ailleurs se sont constitués des mouvements tout aussi anarchistes, qui ont intégré d'autres formes de pensée... Taoïste par exemple, ou même chrétien. Il existe aux États Unis notamment, des mouvements anarcho-catholiques, d'autres plus évangélistes...
Mais au fond, le rêve projeté reste l'utopie d'un monde meilleur.

AREVA CHINE 4Il y a le rêve, et puis la réalité inextricable. La toute puissance du nucléaire qui rivalise avec le pétrole. A longueur de temps on nous prétend que le nucléaire est garant de l'indépendance énergétique. Quelle indépendance ? Les minerais, comme ceux des métaux, sont importés. Et notre grand dispensateur d'énergie n'est même plus européen. Les infos ont déversé hier ce que je redoutais depuis longtemps : la Chine a pris le contrôle de la plus grande part d'AREVA. Il y a quelques années j'avais dit que l'empire maoïste contrôlerait l'Europe... On vient de franchir un pas de plus dans la dépendance. La France n'est plus qu'une façade, une fiction faite de rites et d'apparence. Ce n'est pas sur ce chemin-là qu'on va prendre celui de l'écologie réelle. Parce que le nucléaire ce sont des déchets à gérer pendant des milliers d'années. Ce qui n'a rien d'écologique au sens réel. Ce sont aussi des centrales obsolètes à renouveler ; qui battent sérieusement de l'aile, véritable raison de la mise en sommeil d'un quart d'entre elles à la veille de l'hiver... Un hiver qui va prendre à contre-pieds les projections de réchauffement à contrôler...
Les élites savourent les bénefs en perspective.
Les guerres du Moyen-Orient, d'Afrique dont on parle moins, sous le masque de carnaval religieux, sont des bras de fer pour le contrôle des ressources. La vie de l'individu de base importe peu quand l'avidité financière et le destin collectif pour le maintien d'une société consumériste productrice de dividendes est en jeu.
Les tensions accumulées en reliquats de ces manœuvres, aux marges des empires, vont éclater en conflits qui étendront la guerre au niveau planétaire. Je pense à une explosion prochaine du côté de la Corée, et de graves scissions aux sein même des USA. Une guerre est à nos portes, mais pas en raison des fumisteries des complotistes, non plus qu'avec l'objectif de noircir la planète. L'Afrique reste le parent pauvre, colonisé de plus en plus par la Chine, et victime, comme toujours, par politiciens aveugles interposés. Nous prenons un chemin similaire...
La violence était autrefois directe. J'ai en pensée des tableaux des batailles de jadis ; l'art pictural de la guerre cesse en 14-18 ; où on voit bien que les moutons étaient d'une sauvagerie sans nom. J'ai tout particulièrement l'image d'un soldat qui massacre son adversaire à coup de crosse... Maintenant la tuerie est aseptisée. Le combat au contact n'est qu'exception contre des forces de guérillas. Les vrais combats se font derrière des écrans, dans des cockpits, à travers des drones...
Et la Terre trinque... Il est trop tard pour sauver la biodiversité qui est la première victime des guerres, de l'exploitation outrancière des ressources comme du développement exponentiel de l'espèce humaine.

Oeil voyance 2

Les bulles d'utopies qui fleurissent ici et là sont comme des jardins privatifs ; elles n'ont pas plus d'influence que vos pots de géraniums ne contribuent à verdir la planète. Le champ de béton radioactif continue de les cerner de toute part, gorgé de sang innocent et déversant ses flots de déracinés jetés au hasard des routes et des océans.

OEIL LUMIERE 1


lundi 14 novembre 2016

Sous l'oeil de la lune

lune 14 11 (2)J'ai promené mon cafard sur les trottoirs blafards sous la clarté lunaire qu'on nous annonçait extraordinaire mais je l'ai trouvée bien commune et j'ai vu autrement plus féerique ; comme la nuit de la dernière éclipse par exemple, ou un soir, en campagne, quand nous avions encore une voiture ; elle s'était levée énorme et ensanglantée sur l'horizon par un effet d'optique dont la nature a le secret. La compagne de nos nuits présente mille visages au fil du temps sur lequel elle renseigne qui sait lire dans le livre muet de la création. Ceci depuis nos ancêtres les gaulois et même avant. Ah zut, je vais me faire traiter de facho ! Parce qu'il paraît maintenant qu'on n'a pas d'ancêtres gaulois. C'est la nouvelle mode. Ce serait raciste parait-il de le dire. Il est vrai que celui qui l'a réaffirmé est de souche hongroise ; peuple qui trimballe toutes sortes de raisiné dans ses tuyauteries, sauf justement celui de gaulois. Enfin je m'en fous de vos débiles péroraisons ; continuez donc de creuser, la tour finira bien par s'écrouler. Je profite des quelques beautés offertes quand c'est possible. La lune me fascine depuis toujours. Je voulais faire la jolie photo que voilà, et à part elle j'ai pas rencontré grand chose, pas même un chat, ce qui est rare ! Il est vrai que je ne suis pas allé très loin...

 fauteuil

Parmi les promeneurs de juste avant l'aube, j'ai croisé ce fauteuil passablement râpé qui cherchait son chemin. Incapable qu'il était de se souvenir son adresse, je l'ai gentiment poussé ; il roule comme un sou neuf ; jusqu'à mon annexe en ville...

decharge

J'ai aussi déniché une valoche rigide dont je ne comprends pas encore pourquoi elle a été balancée, ainsi qu'un joli bouquet... Quelques autochtones de race pure ; qui n'abreuveront donc pas nos sillons de leur sang ; ont commencé de décorer la ville en prévision de Noël sans doute. C'est la quatrième décharge en quelques centaines de mètres. Je vous colle celle là, c'est représentatif ; en tenant compte du fait que je n'ai pas photographié la plus grosse. Il m'aurait fallu utiliser le flache et c'est un endroit où on ne supporte pas ma présence. Entre agressions et insultes, quand on ne me lâche pas les chiens, j'ai intérêt à faire gaffe. Mais j'y passe quand même ! Je ne vais pas non plus abdiquer totalement devant des cradingues non ? C'est tout de même délirant qu'on en soit encore à dégueuler nos ordures en vrac sur les trottoirs au pays du préfet Poubelle. C'est bien français la poubelle. Au contraire des pissotières qui sont, elles, italiennes, ou plutôt romaines (Vespasien : Imperator Caesar Vespasianus Augustus). Mais il est vrai que polluer est une seconde nature... Y compris avec les meilleures intentions du monde...

 

Pourquoi les oiseaux marins se gavent de plastique

PEUT-ÊTRE avez-vous vu, il y a quelques années, cette série de photographies prises par l'artiste américain Chris Jordan lors du tournage de son film Midway Journey , ces cadavres d'albatros dont la décomposition laissait apparaître le contenu : les oiseaux étaient morts gavés, mais gavés d'une myriade de petits objets en plastique.

http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr

J'ai évoqué le plastique poison universel dont se gave la faune qui en périt, dans le précédent papier, et maintes fois. Il semble qu'on comprenne maintenant le mécanisme qui amène ces pauvres créatures à gober nos saletés répandues à l'envie... Ça n'excuse absolument rien et nous sommes responsables de notre comportement. Une poche, un ballon, ça peut faire des milliers de bornes avant d'aller étouffer une tortue ou un oiseau.

N'aurait-on pas pu lâcher des colombes plutôt que des ballons pour marquer notre deuil ? C'est plus cher ? Et alors ? Au moins ça ne pollue pas ! Et ne me dite pas que tous les endeuillés sont aussi désargentés que moi !Des colombes de la paix, je crois que ça leur aurait plus à nos chers disparus, et à pas mal de nos traumatisés. Contrairement à ce que vous pourriez penser, je suis très concerné... J'avais des ami(e)s sur place au moment des évènements... J'ai passé une nuit et une journée à relayer des infos, des appels au secours... Pourquoi encore jeter du plastique dans la nature au nom du chagrin et du souvenir ? 
Et la plus grande masse va récidiver dans le gaspillage et le déversement d'ordures n'importe où à Noël qui se profile à l'horizon. Parce que, comme on me l'a jeté à la figure récemment ; ce qui est important à Noël c'est de faire de grosses dépenses, de gros cadeaux. Moi j'en aurais même pas de petits, mais moi, on sait bien que je compte pour du beurre... Il y a une distance entre rien et exagération dans l'autre sens. Pendant que je dactylographie pour me réchauffer, je suis transi ; mes articles ne servent à rien on sait bien ; d'autres chauffent à 25 °. Ceci au moment où notre déficit va encore se creuser parce que 21 centrales nucléaires sont à l'arrêt pour fragilité (obsolescence ?) et qu'on va devoir importer de l'électricité... Il a bonne mine le nucléaire !

feu danse 4

samedi 12 novembre 2016

Vol au vent

plastique qui s'envoleC'est un vol au vent, pas vraiment une entrée, juste un reliquat emporté par le souffle de l'oubli qui entraîne au loin toutes nos négligences. Le fruit d'une civilisation pour qui le carême est le régime du troisième sous-sol ; là où je patauge. Ni cuisine, ni poésie, juste du gaspillage de ressources et de la pollution pléthorique. Le plastique et ses conséquences, cet omniprésent poison, je l'ai maintes fois évoqué. Des photos de poches à la dérive, qui jouent les baudruches, j'en ai des dizaines. Chaque fois que je puis en ramasser, je le fais ; celles en bon état me servent de poubelles, ça leur donne une deuxième vie éphémère. Elles devaient être interdites, mais j'en trouve toujours autant, et mon stock est si important que je mourrais avant de l'avoir épuisé. De toute façon, pour le peu de temps qui me reste... Mais au moins, elles ne sont pas dans la nature à traîner.
J'ai choisi celle là parce qu'elle évoque la journée pavoisée d'hier : le 11 novembre commémore une des pires boucherie de l'histoire humaine qui saigna plusieurs générations, mais aussi la Terre. Il n'y a pas que le plastique pour polluer. La « der des der » comme on croyait, a saturé le sol de bombes, agents chimiques, mitraille, qu'on retrouve aujourd'hui dans le sol, le cœur même des arbres qu'il faut passer au détecteur de métaux quand on veut les débiter.
Destin impitoyable d'une humanité qui n'a jamais su s'auto-réguler raisonnablement ; fleuve de sang et de destruction, dans la guerre comme dans la paix.
Individuellement il est quelques hommes qui essaient de transcender leur ignorance, essaient de s'ouvrir un chemin de sagesse, mais globalement notre monde est une impitoyable machine à broyer la vie ; réduire des hordes à la misère, et massacrer la Terre et la vie. La nouvelle ère qui s'ouvre ces jours-ci, consacrée par le 9/11 miroir du 11/9, sera pire encore. On s'attache à des rêves, comme de prétendre réguler le climat à la manière d'un thermostat d'appartement ; mais on continue de dégueuler notre merde dont un petit pourcentage est recyclé pour in fine produire d'autres déchets pas davantage dégradables biologiquement. Le seul bon déchet est celui qui s'intègre à la biosphère comme élément dynamique sain et qui participe de la vie. De la cendre, du bois, de la verdure,de la pierre... Et encore cela laisse-t-il des traces indélébiles puisque c'est à travers ces dépôts qu'on étudie les civilisations mortes. Mais au moins cela ne contribue pas à la condamnation de la vie. Ce miracle cosmique qu'on n'a pour le moment aperçu nulle part ailleurs. Ce miracle dans un cocon isolé loin de toute autre approximative ressemblance. Un phénomène unique dans notre rayon d'observation.

bato 5

jeudi 3 novembre 2016

Taïaut, taïaut, braille le viandard au galop

Totem Blanc 2Trois novembre, Saint Hubert... J'ai déjà fait un papier là dessus, mais l'occasion s'offrant j'y reviens.
Il est d'ailleurs marrant de voir qu'il y a juste un mois d'écart entre lui et François d'Assise pour ce qui est des anniversaires... Voulu, ou pas ?

 

Journée mondiale de la vie sauvage - CANAL-DECHARGE

En ce 3 mars 2016 : la Journée mondiale de la vie sauvage j'ai une pensée pour Saint Hubert, né vers le milieu du 7ème siècle, fils d'un duc d'Aquitaine ; sa famille était issue du sang des rois mérovingiens. On le dit apparenté à Charles Martel.

http://canaldecharge.canalblog.com

Oh Saint Hubert tu me fous la chiasse en condamnant le cerf au poteau. Taïaut, taïaut, braille le viandard au galop ; ferme ta gueule lui répond l’écho ! L'écho de milliers de voix de paisibles humains, qui aimeraient trouver dans une nature paisible, l'occasion de décompresser, sans risquer une once de plombs dans la peau, perdue ou non, à l'instar de n'importe quel lieu urbain ciblé par une secte fanatique. Y oublier le poids d'une société sans queue ni tête ; encore que les premières y fasse désormais la loi. Oublier les pressions d'idéologies aberrantes et leurs prêchi-prêcha taillés à la serpe.
Trouver un peu de paix éphémère dans une illusion de pureté, tant la nature, comme l'homme, est dénaturée, massacrée, abîmée.
On trahi l'esprit de Saint Hubert ; comme celui de la Toussaint ; renouant avec des paganismes sanguinolents, préférés à la charité.
Paganismes dont on ne veut pas voir qu'ils sont les racines et fondements de l'esclavage ; pierre angulaire de l'exploitation de l'homme par l'homme ; de la pressurisation de la nature ; dont le pouvoir reposait sur le crime, l'oppression, le meurtre, les sacrifices humains et ce que nous appellerions aujourd'hui la police de la pensée (en pleine renaissance) qui généra tant de martyrs, et le fil de l'épée.

saint_hubert_by_behydezell

La chasse est un archaïsme qui avait sa raison d'être au temps des grands espaces vierges où elle était indispensable à la subsistance ; incongrue lorsqu'elle consiste à tuer pour jouer, des populations animales agonisantes, dans une société organisée où la nourriture repose sur l'agriculture.
Contrairement à l'image d’Épinal, héritée de Michelet, les « gaulois » chassaient peu ou pas. L'archéologie le démontre.
C'est la féodalité qui en fit un privilège de Seigneurs ; largement pratiquée sur leurs domaines privés ; et la République qui lâcha tout un chacun à travers plaines et guérets ; sans bornes ni limites au début ; à une époque où la vie comptait pour rien, puisqu'on y raccourcissait l'homme tout aussi bien, pour un oui ou un(e) merde.

Saint Hubert 1518 2

Au bout d'un certain temps on régula cette anarchie cynégétique avant d'en faire une source de royalties pour l’État. Cela ramena la chasse entre les mains de gens majoritairement friqués. La minorité à dominante bourgeoise imposant ses diktats par gouvernements interposés à la plus grande masse.
Cette dictature des viandards ne m'éclaire toujours pas sur le pourquoi on attribue à Saint Hubert ce qui revient à Diane ?

DEO GRACIAS 2

lundi 24 octobre 2016

La vie en cage

loutre deboutUne loutre qui s'emmerde dans un zoo... Beaucoup de gens déplorent les zoo bien qu'ils aient considérablement évolués depuis le XIX° siècle. Il n'en reste pas moins que ce sont des conditions non naturelles, où rien que la promiscuité avec l'homme, dénature le comportement et la psychologie de l'animal. Cela le chosifie, comme un objet dans un musée. Le public ne perçois pas la nature à travers cela, mais une forme évocatrice de ce qu'était l'animal autrefois. J'ai pris l'exemple de la loutre à dessein parce que, il fut un temps où elle avait pratiquement disparu de nos cours d'eau. Il y a un petit retour ces dernières années. Les zoos ont contribué, malheureusement, à sauver quelques souches, quand comme à Chizé, on essaie de donner de meilleures conditions que de simples cages.

LOUTRE A 2007

Les conditions des loutres s'y sont d'ailleurs améliorées depuis le jour où, en 2007, j'en avais filmé en train de perdre un peu la boule. J'ai fait un gif à partir de la vidéo.

Naissance d'un bébé bison au PNR de la Forêt d'Orient - France 3 Champagne-Ardenne

FRANCE 3 CHAMPAGNE-ARDENNE Elle s'appelle Effira et a vu le jour le 10 septembre au Parc Naturel Régional de la Forêt d'Orient, dans l'Aube. Vous pourrez apercevoir ce bébé bison les 9 et 16 octobre, à l'Espace Faune. © PNR de la forêt d'Orient A la rubrique carnet rose du PNR de la Forêt d'Orient, la naissance d'un bébé bison.

http://france3-regions.francetvinfo.fr

 

Canton de Vaud : les premiers bisons d'Europe espérés dans un an ! - Faune, nature, zoos & biodiversité

Au début de l'année 2016, le biologiste Alain Maibach, coordinateur scientifique du projet d'une cellule de conservation du bison d'Europe en Suisse romande, promettait de " passer à la vitesse supérieure " après le préavis positif délivré par la Direction générale de l'environnement (DGE) du canton de Vaud (voir http://biofaune.canalblog.com/archives/2016/02/05/33318707.html).

http://biofaune.canalblog.com

 

Aurochs : le retour annoncé du bovin disparu ! - Faune, nature, zoos & biodiversité

Officiellement disparu en 1627 lorsque le dernier individu fut tué dans la forêt dans la forêt de Jaktorow, en Pologne, l'aurochs ( Bos primigenius) joue depuis les phénix. En Allemagne, durant les années 1920 et 1930, les frères Lutz et Heinz Heck entreprirent de recréer l'espèce.

http://biofaune.canalblog.com

BISON 95

La situation est consternante pour une majorité d'espèces. On s'est amusé à reconstituer l’aurochs, dépense énorme d'énergie et de moyens, pour une espèce éteinte il y a des siècles. A ma connaissance, la dernière chasse à l’aurochs sauvage en Europe, relatée par écrit, le fut par César soi-même. A coté de ça on a laissé partir en couille des pans entiers de la biodiversité. Le lynx par exemple, avait complètement disparu et les premiers réintroduits dans les années 80 furent élevés au zoo de Chizé justement. Le Bison européen est un sauvetage in extremis dans les années 70 à partir d'une souche d’Europe centrale je crois.
Quand j'ai vu ce pauvre bison, toujours à Chizé, se faire chier comme un veau dans une vieille étable, j'avais grand mal au cœur, franchement. Et ceux qui ont été rendus à la nature le sont dans des parcs, qui n'ont rien à voir avec les grands espaces infinis de leur splendeur.

 

Le Tarpan

Le Tarpan Forestier : appelé aussi cheval des forêts, hôte d'une grande partie de l'Europe occidentale et centrale, il fut peu à peu éliminé par l'empiètement des agriculteurs sur son territoire. C'est dans les forêts de Lituanie et de Pologne qu'il survécut le plus longtemps et il y fut manifestement domestique.

http://goodelie.chez.com

Même constat pour le Tarpan (un cheval sauvage) présent à Chizé ; qui lui, comme l'aurochs, est aussi une reconstitution. Quid de l'authenticité de ces reconstitutions ? Nous n'étions pas dotés d'appareils même argentiques pour les photographier avant leurs disparition. Non plus que de moyens de prélèvement ADN. Quand je vois l'aléatoire des métissages et des croisements, tant chez les humains que les animaux ; sur ce dernier point j'ai dans ma jeunesse pratiqué l'agriculture-élevage traditionnel (au sens ancien), je sais de quoi je cause.
Il faut se résigner à une réalité consternante ; en l'espace de quelques virgules à l'échelle de l'univers, nous avons tout massacré et ça ne reviendra pas. Tout ce que nous savons faire c'est de la représentation allégorique. Notre empreinte est trop forte. Il y a les pollutions et les modifications climatiques, certes, mais il y a aussi que nous avons grignoté tout l'espace vital de la faune et de la flore. L'homme aussi est dénaturé par contrecoup de nos actions. Il est aujourd'hui, dans nos mégapoles, des gens qui n'ont jamais vu un arbre dans la nature. Des gens qui n'ont jamais vu un espace de verdure, ou un animal sauvage. Il est des gens qui sont à ce point dénaturés qu'ils sont incapable de s'éloigner du béton et ne se sentent bien que là, la nature leur ferait peur. Y compris des gens nés dans notre campagne française ! J'ai eu la surprise de la découverte, il y a quelques années, avec quelqu'un que je connais bien, et qui s'est fondu dans le monde moderne comme un poisson dans l'eau. Nous avons grandis dans le même village. Des années après, à quelques mois d'intervalle, nous avons campé dans le même petit bois livré un peu à lui même, zone donc encore semi-naturelle, grand comme un mouchoir de poche mais bon... Tandis qu'elle angoissait, surtout la nuit d'ailleurs, au moindre bruit (et en caravane) moi j'y ai dormi comme un bébé, sauf quand je restais éveillé pour écouter la nuit justement, heureux comme un enfant au pied du sapin.

La Terre a perdu la moitié de ses animaux sauvages en 40 ans

La pression exercée par l'humanité sur les écosystèmes est telle qu'il nous faut chaque année l'équivalent d'une Terre et demie pour satisfaire nos besoins, selon un rapport du WWF. Ce rapport bisannuel, réalisé avec la société savante Zoological Society of London et les ONG Global Footprint Network et Water Footprint Network, et présenté à l'Unesco mardi 30 septembre, se fonde sur trois indicateurs.

http://www.lemonde.fr

Les choses sont ainsi : nous avons créé un univers synthétique, un « écosystème » synthétique ramené à notre bulle artificielle, centrée sur elle et horizon indépassable où la vie, représentée par une espèce dominante et quelques subalternes domestiques de confort, constitue l'unique biodiversité. Les acteurs de cette « synthétosphère » sont nos bagnoles et transports, nos robots et notre béton. Les grands espaces naturels sont réduits comme peau de chagrin à des parcs ceints et surveillés, ou timbres postes sur des territoires colonisés par l'homme, ses artifices, ses guerres et son profit.
Nombre d'espèces sauvages ne sont plus que des caricatures, comme je le disais au début. Fermer les zoo parce que ces bêtes souffrent, c'est aussi accepter le diktat conséquence de nos actes : la disparition de pans entiers de la biodiversité, irrémédiablement. C'est préparer un futur où il n'y aura plus d'autre faune et flore qu’artificielle et dépendante de l'homme.

Martinets vol 3

"Silent Spring" était un avertissement dont personne, hormis quelques minoritaires, n'a vraiment tenu compte. Il y aura bientôt des printemps sans abeilles ni martinets. Sans coccinelles ni papillons. Que vous importe, persuadés que tout va bien dans le meilleur des mondes ? Vous êtes persuadés qu'anticiper la fin, c'est juste du pessimisme ; c'est comme si mézigue je m'imaginais qu'avec ce que je me coltine comme emmerdes et mauvaise santé j'allais vivre cent ans. Sans doute la vie reprendra ses droits, un jour, sur nos décharges et nos débris, mais après que notre inconduite nous aie anéantis.

COCCINELLE

dimanche 23 octobre 2016

Les joies hilarantes de la cité

Capture couteauUne balade épique encore ! Réussi à me traîner, pas longtemps certes et pas très loin mais ça valait le coup... enfin ça dépends par quel bout on prends le bâton de merde, mais pour une fois je suis content. Au début j'étais mécontent. Y'avait un sac poubelle à traîner en compagnie d'un cabas ouvert, cour Saint Marc. Ça traîne, et après les chats éventrent et ça fait des ordures partout éparpillées. Ça reste souvent plusieurs jours, le vent emmène le plus léger au hasard et ça fini à croupir quelque part, ou ça va au fleuve, du fleuve à la mer.
Je me suis avisé de coller le sac dans une poubelle du quartier avant catastrophe, mais le cabas dans un premier temps, je l'ai emmené sur un banc, en pleine lumière ; le jour n'étant pas encore levé, convaincu qu'il est qu'un dimanche ça vaut pas le coup. C'est qu'en surface il y a des boîtes de médicaments, pleines (une quinzaine quand même). On aura beau faire et dire qu'il faut le mettre au recyclage en pharmacie ; j'en ai parlé maintes fois, moi aussi ; populo continue à jeter ça aux ordures ménagères ordinaires, voire en dépôt sauvage, comme là, visibles en plus, et à la portée de la pogne de n'importe qui, y compris un enfant.
J'ai donc fait un tri soigneux. C'était propre finalement là-dedans, et au mitan des choses vraiment cassées, j'ai quelques bricoles à examiner au jour. Puis j'ai voulu me débarrasser du non recyclable dans une autre poubelle et en passant ça m'a mené à un autre cabas en vadrouille.
Dedans, rien que des sacs, des poches et des cabas... Propres. Ça a dû servir une fois au plus. Le gars a les moyens, parce qu'il en a payé la plupart. Trois Leclerc dans le lot... Déjà 45 centimes dans la fouille. Avec ça t'as déjà ta baguette en supermarché. Mais le clou du spectacle c'est qu'au fond y'avait un couteau (illustration ci-dessus) et un petit tournevis fin. Le tournevis c'est un Bost, pas complètement de la merde. De toute façon, mes outils, j'en ai une pleine armoire, j'en ai pas acheté 10 %... Pas de ma faute si y'a des cons. Ça se périme pas un tournevis. Et puis le couteau... Un modèle marrant. J'ai cherché sur internet le modèle et j'ai trouvé : Là c'est quinze balles qu'il s'est mis dans la vue ! Bon, ça a l'air de nécessiter un bon nettoyage, y'a des bribes de tabac et de poussière dans les fentes... Mais il est en très bon état.
On peut parler d'économie des ressources après ça tiens ! Parce que c'est pas tout. Dans l'intervalle j'ai trouvé le moyen de dénicher un bocal de guacamole périmé seulement en 2017, scellé et puis une poignée de CD et cartes postales ainsi que deux pébroques en très bon état (non, pas perdus : ficelés dans un sac poubelle avec des godasses : j'ai jeté les godasses).
Il paraît que c'est ma pomme qui ne fonctionne pas bien côté ciboulot ? On vient d'ailleurs, suite au SOS que j'ai lancé récemment, au lieu que de m'aider matériellement, de me proposer de me conseiller. Elle est bien bonne ! Comme si je n'avais pas déjà une AS et comme si j'étais une sorte de demeuré abruti par l'alcool. Quand t'es pauvre, t'es une merde. Ça m'horripile cette attitude. D'autant plus que j'ai été moi-même bénévole caritatif pendant pas mal d'années. Passons, le clou de la journée ce n'est pas un dépôt sauvage nettoyé, c'est une bagnole qui me fait dire que certains doivent avoir peu d'hémoglobine dans leur alcool... Une bagnole, garée dans un coin désert, warnings allumés, avec le moteur qui tourne et les clefs dessus, vers 5 h 30 on se dit que le mec est remonté chercher un truc, ou avait une envie pressante... Le probloc c'est que quand on revient de la ballade, on entends mourir le moteur par manque de fuel et que les warnings continuent de cliqueter. Y'a bien personne dans la tire ! Un vieux modèle en plus, genre années 80, mais luisante comme un sou neuf... Bon, à part ça c'est moi qui n'ait pas toute ma tête hein ?
Désolé mes chéri(e)s, mais la carcasse merde à fond les manettes, mais la caboche, elle, fonctionne. Je veux bien que vous teniez la vie pour absurde, mais ça n'ôte rien à ce que vous n'héritez pas la Terre, vous l'empruntez à vos descendants et tout ce que vous dépensez inutilement, c'est autant dont ils seront privés. Sans compter bien sûr les conséquences collatérales sur la planète par effet papillon.

vie durant 4