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"Rennes. Des milliers de livres de bibliothèques jetés à la décharge"

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OUEST_FRANCE
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La photo était éloquente et un amateur de bouquins comme moi ne pouvait qu'être consterné. Heureusement des dizaines de gens ont profité de l'aubaine. Mais voilà, ça n'eût pas l'heur' de plaire à la municipalité comme le montre la suite (cliquez sur l'image pour agrandir) :

LIVRES_JETES

pleure

Il fallait s'y attendre. Ils ne pouvaient poursuivre tous les récupérateurs alors ils ont mis sous clefs. Parce que c'est là où une prise de conscience s'impose : la récupération est un délit. Dès lors qu'ont été mis en place des filières d'enlèvement des déchets, et bien avant le recyclage, une loi condamnant le « chiffonnage » a été mise en place, préservant ainsi les intérêts des industriels et surtout de leurs actionnaires, qui lorgnaient dessus. Ce n'est pas tant le profit tiré des déchets qu'il fallait préserver ; même à l'heure du recyclage et quoique se chiffrant en milliards, il n'y a que 20 % de ce qui est collecté qui est réellement recyclé [source : Écologie info (journal) et CO2 mon amour => cette émission de France Inter n'est pourtant pas un repaire d'éco-warrior]Ce qu'il fallait préserver c'est la consommation et la croissance, donc les profits qui en découlent. Celui qui récupère ne consomme pas, ou du moins consomme beaucoup moins. Au cours d'un stage de perfectionnement professionnel, il y a une vingtaine d'année, un prof d'économie m'avait longuement expliqué tout cela. Il serait trop long de vous en retranscrire le détail. La croissance repose sur « l'obsolescence planifiée ». Vos appareils quelqu'ils soient pourraient durer beaucoup plus longtemps, mais voilà : ça ne bénéficie pas à la croissance et aux profits.

On niche le concept partout. Et on vous l'enrobe d'écologie et de sécurité. Par exemple il n'est plus guère possible au bricoleur du dimanche de réparer lui-même sa voiture en raison de la complexité de l'électronique embarquée. A terme ce sera la mort de tout un secteur économique : celui des marchands de pièces d'occasion. Mais les seigneurs s'en moquent : ce qui profite à la croissance c'est l'épuisement des ressources en produisant sans cesse du neuf qui génère des marges bien plus importante pour des sociétés cotées en bourses.

Et quand ça ne va pas assez vite on s'arrange à détruire ce qui existe : c'est le cas ici des livres ; c'est le principe de la « prime à la casse » pour les autos.

Nos décideurs ont que faire de l'écologie réelle.

L'écologie réelle induirait une révolution douce bouleversant les rapports de production, les rapports au travail et au loisirs, les rapports sociaux.

L'écologie réelle c'est la consigne.

L'écologie réelle c'est le jardinage avec les variétés traditionnelles (voir « Kokopelli » [1])

L'écologie réelle c'est le REEMPLOI et le triomphe de systèmes comme « donnons.org [1]» ou « Freecycle [1]»

L'écologie réelle c'est la brocante de particulier, qu'on n'a pas encore osé interdire, mais sérieusement limité (deux par foyer et par an) en prétextant qu'on fait de l'ombre aux antiquaires. Comme si nos vieux machins pouvaient concurrencer l'objet d'art. Et de toute façon, nos prix étant dérisoires, ils peuvent nous le racheter.

L'écologie réelle c'est la solidarité et le partage.

C'est pourquoi, si vous voulez vraiment contribuer à préserver notre planète et résister du même coup aux dictats des puissants, je vous invite à partager.

Réparez, donnez, vendez d'occase, cultivez si vous pouvez.

Réemployez : vous n'imaginez pas tout ce qu'on peut réemployer. Tenez un exemple au hasard : je me sers d'une bouteille de jus de fruit vide en guise de carafe d'eau, ça a l'air de rien mais c'est dix balles de gagné.

D'ailleurs, excepté pour les sous vêtements et les chaussures je n'utilise que de l'occasion. Mon ordi est d'occase (il est vrai que j'assure la maintenance moi-même), les meubles sont d'occase, la bagnole est d'occase, et même les fringues sont d'occase. Celles de ma môme aussi. Personne ne nous a encore traité de clodo. Mieux : il nous arrive encore de séduire malgré nos problocs et notre âge ! J'ai d'ailleurs eu une invite y'a pas longtemps d'une jeunesse vachement choucarde...mais l'air tellement conne que même si j'avais été en manque j'en aurais pas voulu

RIT

On trouve du « top » en occase. Faut juste fouiller un peu.

L'écologie c'est la vie, et la vie n'est pas nécessairement le profit des actionnaires. Bien sûr, pour vos déchets ultimes, pensez tout de même aux déchetteries. Cela suffira bien à leur profits. D'autant qu'il est interdit de récupérer en déchetterie, mais que ce sera toujours mieux là qu'ailleurs. Ceci en dépit de la monstruosité morale du fonctionnement actuel : on vous prends des choses qui vous appartiennent et on vous fait payer pour les déposer (le particulier c'est dans la taxe ordure ménagère ; le pro paye en direct) alors que c'est ensuite... vendu.

Mais au moins : ça pollue un peu moins.


[1] : ces organisations sont dans mes liens à droite catégorie "Utile"

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