Une fois n'est pas coutume, je vais laisser quelques belles images... Je vous emmène au pays de mon enfance, le pays qu'on cherche éternellement et ne retrouve jamais. Le pays où subsiste des restes de tendresse gratuite, innocente.

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Là, dans ce beau coucher de soleil sur voie ferrée est mon souvenir. Là sont de trop rares instants de vacances ; jamais plus de huit jours et pas tous les ans, arrachés au labeur de la ferme où, dès mon plus jeune âge j'étais jugé indispensable.  Les vacances chez la grand mère garde-barrière, c'était la suprême récompense et la liberté assurée, parce que pour protestants qu'ils étaient les deux bons vieux, ils avaient des relents libertaires. Ma grand-mère me parlait de Freinet c'est vous dire. Et grand-père me prétait ses "Subiet", il était poête patoisant lui-même, et ses "sciences & vie"...

Quand Mme Nolwenn Pareige, journaliste, m'a interrogé l'autre jour et m'a demandé les racines de ma manie de fouiner les ordures, j'ai complètement occulté ce volet de ma vie... En réalité mes grand-parents récupéraient déjà ce qui était utilisable dans les décharges. Ils avaient même risqué leur peau dans un train bombardé, pendant la guerre, pour récupérer des ustensiles allemands pour les filer un peu partout autour d'eux... Vous voyez c'est compliqué mon histoire.

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Je me suis payé un pèlerinage aux sources et j'ai retrouvé le PN où je n'avais pas remis les pieds depuis quarante ans. Sous le coup de l'émotion j'ai même raté la première photo. La maison n'est plus là, rasée, pour faire oublier à la technologie triomphante des temps où chaque français avait sa place en France. (gaffe le malotru :  je dis pas ça dans une perspective identitaire à la "FN", je confonds pas "français" et "gaulois" okay ?)

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C'est là le jardin de grand-père qu'il entretenait avec amour. Et il était doué lui pourtant né loin de l'agriculture ; fils de pêcheur, devenu boulanger puis cheminot. Un vrai prolétaire qui avait souffert, une histoire qui vaudrait un roman.

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Là était la pompe. Il n'y avait pas d'eau courante. Je me souviens encore du filtre à charbon pour rendre l'eau potable.

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Mais ils étaient soigneux mes grands-parents et s'ils récupéraient parfois des choses jetées, ils ne laissaient pas ainsi les lieux jonchés de déchets comme on le voit sur la gauche. Dégueulasse va !

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Ca ressemble à ça le jardin maintenant...

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L'hommo-dégueulassus y pisse sa merde, y'a que ça qui lui fait de l'effet, sinon il se sent impuissant.

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Ca r'pousse pas hé ducon !!

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Nous constaterons ensemble que le dégueulasse de service n'est pas illettré au moins ! Il a pigé le slogan dans toutes ses extensions plus ou moins implicites.

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Au retour de Mac'do on a peur des kilos en trop ?

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Pas trop quand même on dirait, y'en a plein qui sont restés.

Ca m'a fait marrer ce dernier détail. Je suis en froid avec une copine du net qui pleurait à chaudes larmes parce qu'à quarante ans elle a pris trois kg. J'ai déliré un peu sur cette société occidentale obsédée par son poids. Elle n'a qu'à faire un peu de marche, elle en perdra du poids ! D'ailleurs les éthiopiens lui en faucheraient bien la moitié d'un kilo eux et seraient pas mécontents d'en prendre trois de trop ! Mézigue itou d'ailleurs qui ai perdu 20 kg ces deux dernières années pour cause de santé, et 5 de mieux l'année d'avant.

Ces leurres égocentriques sont les idioties qui détournent l'homme de l'essentiel. Et c'est parce qu'il a perdu de vue l'essentiel qu'il détruit tout sur son passage, et dégueulasse tout.

En gros : c'est parce que t'as dégueulassé mon cher souvenir d'enfance que le monde va mal ! Dégueulasse va !