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La démonstration par l'image fait partie de la lutte avec la pédagogie et l'action de terrain. Et chaque goutte d'eau est importante. C'est peu à peu que l'eau use la pierre. Il ne suffit pas de trier tout seul dans son coin dans un océan de négligence. sinon c'est vain. Ais-je écrit à une lectrice.

Et sur ce terrain là je trouve qu'il y a eu peu de fait. Vraiment peu.

Il y a quelques années, avec une assos, nous faisions de la pédagogie auprès de population. Nous étions arrivé à quelques résultats concrets. Mais sur le plan général, nous faisions non seulement figure de pionniers, mais d'animaux bizarres. Nous nous inscrivions dans un réseau d'associations écolo au niveau régional, et étions à peu près les seuls sur ce sujet. Il est vrai que nous touchions à tous les domaines de l'écologie. Une assos pluraliste, c'est rare. Mais je trouvais personnellement que les assos de défense de la biodiversité, ou des oiseaux, par exemple, ne prenaient pas assez la mesure de l'impact délétère des déchets sur ce qu'ils voulaient défendre.

C'est un problème qu'on a commencé à prendre en compte, au niveau national et international, que lorsque les industriels y ont trouvé un intérêt. La démarche actuelle de déchetteries n'a pas d'autres but que de créer des dividendes.

J'en veux pour preuves qu'on promeut le recyclage, mais très peu la diminution des emballages par exemple, ou le réemploi des objets. Au contraire : on tends à développer l'obsolescence programmée.

Il en va ainsi d'à peu près tout : il est de plus en plus difficile de trouver des appareils réparables. Le plus économique est de jeter en déchetterie et racheter neuf.

Mais dans d'autres domaines c'est pire. Ainsi j'ai un pansement à refaire tous les jours par un infirmier. Il m'a été prescrit des packs prêts à l'emploi, où tout, même les ciseaux en métal sont jetés tous les trois pansements ! Autrefois on désinfectait et on réutilisait. Mon séjour à l'hôpital m'a montré que ce sont les plus gros pourvoyeurs de déchets. Au nom de l'hygiène. Parce qu'ils n'y avait pas d'hygiène autrefois ? Les maladies nosocomiales sont aussi courantes aujourd'hui qu'autrefois. J'ai eu quelques statistiques sérieuses là-dessus. Et je ne saurais l'imputer à des négligences. Le personnel survolté fait ce qu'il peut.


Néanmoins L'abdication est le plus court chemin vers l'échec.

J'ai vécu en HLM. Il y avait deux cités jumelles. L'une toujours dégueulasse, l'autre, la nôtre, toujours propre. Pourquoi ? Parce que sur la nôtre, dès qu'il y avait le moindre déchet, nous l'enlevions. Alors les gens n'osaient plus. La merde attire la merde, c'est bien connu.


C'est aussi cela qui fait défaut : les gens conscients ne veulent pas prendre les choses en main. Pas assez. Ils laissent les autres foutre la merde et ne bougeront pas. Attendent tout des pouvoirs publics. Comme si ils n'avaient que ça à faire. Parce que plus on déresponsabilisera les gens, plus il faudra intervenir.


Le vrai problème est qu'on s'est laissés submerger au temps du triomphe de la croissance. Personne, hormis quelques poignées de sois-disant hippies vilipendés et de paysans qualifiés de « rétrogrades » ne se souciait de cela.

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Depuis un certain temps des émissions TV ont essayé de toucher le grand public chez mous. Thalassa même s'y est mis. Mais il est bien tard de s'alarmer après avoir rit de notre combat pendant des décennies.

La mer poubelle est un sujet que j'ai parfois abordé ici. Pas assez profondément d'ailleurs. Mais mon objectif ici était le quotidien directement accessible par le lecteur lambda.


Certes, je suis conscient du peu de portée non seulement de ce blog, mais de ce que je fais. Mais comment pouvoir dire aux autres : « faites ainsi » si je ne commence pas par montrer l'exemple ?


Quelqu'un me disait amer tout à l'heure. Ben je ne dirai pas ça comme ça exactement. Mais je suis fatigué de voir qu'il y a beaucoup de théoriciens en écologie, et peu de vrais actifs. C'est fastoche de râler. On peut tous le faire. Mais sans maçons sur le chantier, où s'ils restent assis sur leur cul au prétexte du peu de mobilisation, on n'avancera pas.

Ceci dit je n'accepte pas qu'on qualifie la France de poubelle ! Le problème est MONDIAL. Il y a sur ce blog un article consacré à un autre blog qui parle des déchets en Inde. C'est pas triste non plus. Et je renvoie les lecteurs aux différentes émissions de Thalassa qui ont traité des montagnes de débris en mer.

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