SP_A2803SP_A2802Au détour d'une rue, il n'est pas rare de trouver une canette, une bouteille, alcoolisée ou non, encore quasi-pleine...

Voire un sandwish ou des gâteaux  SP_A2800

Cela aussi s'inscrit dans la logique du gaspillage alimentaire à laquelle se consacre la semaine de réduction des déchets que j'évoque dans mes derniers précédents articles ici.
Notez que le coup des gâteaux, là où je les ai dénichés, c'est récurent. Le fait d'un habitué.
Mais il y a bien plus grave. Même s'il faut considérer que, de même que goutte à goutte l'eau use la pierre, un petit peu ajouté à un autre petit peu et ainsi de suite, ça fini par faire beaucoup. Rien que ce dimanche, j'ai ainsi récupéré cinq litres d'eau en bouteilles entammées qui vont me servir à décaper la bagnole un peu avant de passer au lavomatic... Autant qui ne sera pas perdu. Ce même we j'ai été confronté à un drame du gaspillage, de l'inconscience et de la précarité.

SP_A2797Nous avons mis la main sur une décharge sauvage, intra-muros cette fois... Le genre de vacherie qui m'a fait mal au ventre parce que c'était juste le jour de début de la campagne contre le gaspillage. Vous ne voyez qu'une petite partie et je ne vais pas vous montrer tout... Y'avait deux gros sacs poubelle de fringues étalées par terre, plus une poubelle renversée et encore un sac avec, comme vous voyez, de la nourriture... Un pacson. On a tout emmené au local pêle-mêle et on a trié là-bas le lendemain seulement tellement y'en avait... Même des boites de médicaments !

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En matière de fringues, il y avait encore davantage. Mais puisque nous sommes sur le thème du gaspillage alimentaire je m'en tiendrais à ces photos dont, à l'exception de la première relative à ce dépôt sauvage, l'essentiel a été fait en cours de tri au local de "Canal-Décharge"... Les contenants tels que sacs et cartons sont ceux du local, sauf bien sur la poubelle qui était sur place. Et à propos, le filet d'oignons montré dans "Savoir choisir" le dernier post avant celui ci en provient.
C'est un dépôt inhabituel qui résulte d'un drame social de la précarité et... de la politique nationale. Un déménagement à la cloche de bois. Nous avons discuté avec le proprio du gars qui nous a d'ailleurs aidé à ramasser à la fin, et nous a remercié chaleureusement de notre travail (c'est si rare qu'il faut le souligner), ainsi que la personne avec lui d'ailleurs. Entre ce qu'il nous a dit et les indices recueillis sur place, intuition aidant, on a réussi à reconstituer l'histoire du proprio de tout ça.
C'est un drame de la société dans laquelle on vit. Société basée uniquement sur le répressif qui n'y fournit d'ailleurs plus. Que ce soit la délinquance ou l'immigration qu'on qualifie de "sauvage", c'est pas uniquement en jouant avec la matraque qu'on y arrivera. Sur ce dernier point d'ailleurs, il serait bon de modifier notre attitude vis à vis des pays considérés en difficulté. Cesser de profiter des ressources sans que les populations locales aient droit au gâteau. Cesser d'armer des roitelets et apprentis tyrans... Développer là-bas des cultures vivrières et des entreprises à vocation locales.
Le gaspillage peut aussi résulter de cela : de drames humains. Même si, il m'est arrivé de devoir moi aussi, pour échapper à des menaces graves, disparaitre sans laisser d'adresse (enfin si, j'avais une adresse bidon d'où le courrier était réexpédié en poste restante ailleurs), et si je n'ai pas tout balancé dans la nature comme ça, je comprends que ça peut arriver. D'ailleurs il semble bien que ce ne soit pas le gars lui-même qui a fait le coup de tout éparpiller là, mais quelqu'un d'autre qui est passé derrière... Enfin, c'est pas mon problème... Je porterai en déchetterie ce qui y va et rendrai sa live box à Orange... Tout de même, il y a cela aussi : des gens acculés par un système social et politique mortifère qui se retrouve à tout passer par dessus bord pour courir plus léger. Drames du chômage non indemnisé, drames des dettes, drames de la dépression, drames de la précarité, drames de la petites bêtise qu'on fait et qui conduit loin, drame de l'expiration du permis de séjour, drames de... de tout ce qui peut vous tomber sur la tronche un jour ou l'autre sans que vous vous y attendiez.
Et c'est pas avec votre maraine démagogue jardinière de la haine et de l'esprit de vengeance que vous économiserez cela. Au bout du compte, le gaspillage des ressources peut aussi résulter d'une politique anti-sociale. Etes-vous capable de le comprendre en ces temps où j'entends éructer dans tous les coins des appels au tout répressif, au tout contrôle systématique, à la mise en coupe réglée de tout ce qui dépasse ?
L'écologie, en définitive, atteint à toutes les sphères de la société, et implique la totalité des comportements et politiques.

Cette histoire, j'ai profité de ce qu'elle est fraîche pour vous la rapporter parce qu'elle s'inscrit dans le contexte actuel. Combien de pauvres hères ais-je couverts dont je n'ai pas parlé ? Pour d'autres, si je devais en parler, ce n'est pas ici que je le ferais... Mais là... Le moment convient tout à fait.

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