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Il était six plombes du mat. C'est pas très séduisant toutes ces poubelles qui débordent, dégueulent, vomissent... On a beau leur dire que c'est préférable que rien ne dépasse pour pas que ça verse sur la rue au moment du ramassage, y'a rien à leur faire rentrer dans le cabochon ! C'est comme ça qu'après, je trouve des relevés de compte à traîner sur la rue (voir "L'oeil désenchanté" sur Mikael2012). A dire vrai ils s'en moquent un peu que ça dégueule sur la rue, les parkings, les trottoirs. Comme je l'ai déjà montré, y'a pas un recoin qui ne serve pas de décharge sauvage. Pic_0107_002Témoin ce parking de supermarché désaffecté ; ici juste une toute petite partie du dépotoir immonde ; dont j'ai abandonné l'idée de le nettoyer un jour. J'ai sorti des kg d'affaires d'ici, mais la tâche est trop immense et tout le monde s'en contrefiche... Mieux, il sert accessoirement de dépôt d'épaves et des délicats ont entrepris de casser les vitrines.
"Le gaspillage est le propre de l'homme je crois ; au même titre que la bêtise et la méchanceté" écrivais-je hier ici même. Et sur Mikael2012 je disais que l'homme se torche avec sa conscience. Au fond, c'est l'inconscience qui le différencie de l'animal. Il consomme, sans envisager les conséquences.
"Ce ne peut être que par erreur qu'ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement" disait Albert Einstein ; je sais, ce n'est pas à propos du même sujet, mais ça s'y applique bien.

MathiasCe Mardi je pensais à Mathias et son voyage en Inde. Il y a déjà quelques temps que j'ai visité son blog, et il m'a gentiment donné l'autorisation de lui emprunter quelques photos. Ce dont je le remercie.
Lui et sa compagne ont visité l'Inde en dehors des sentiers rebattus des tours opérators prédigérés. La démarche en soi est séduisante, et en traînassant un peu sur leurs pages, j'ai vu que l'Inde c'est pas mieux que chez nous. La consommation débridée y sévit dès lors que les gens échappent aux conditions de misère. Et les parias eux, trient, recyclent, compactent ces déjections d'un mode de vie sans rime ni raison.
J'avais déjà eu l'occasion d'en parler en juin 2009 notamment dans "A l'autre bout du monde..." qui démontrait clairement que, si nous n'avions pas nos industrieux services de nettoiement, héritage du préfet Poubelle ce visionnaire, nous serions au même niveau de dégueulasserie voire davantage. La dégueulasserie est le propre de l'homme. Il est pourtant des hommes et des femmes, et même des enfants, qui, en Inde aussi se dévouent pour endiguer,trier, recycler, cette déferlante de déchets produits non seulement par leur nation, mais par une multitude d'allogènes qui s'y promènent en touristes "organisés" et aussi de nations qui trouvent plus rentable d'expédier là-bas nos ordures plutôt que de travailler ici à en réduire le volume et à les retraiter correctement.

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Je ne commenterai pas en détail des photos dont je ne suis pas l'auteur, mais j'ai frémi devant ces monceaux, conscient que chez nous, c'est exactement la même chose, c'est juste moins visible, traité avec des procédés moins archaïques, moins gourmands en main d'oeuvre. Travailleurs déconsidérés, là-bas comme ici, alors qu'ils sont l'indispensable réponse à notre inconséquence, et le seraient même si nous nous orientions vers un consumérisme plus sobre comme le prônent les adeptes de la décroissance.
55112624J'ai l'air d'un Don Quichotte affrontant des moulins à vent. Imaginez vous que j'en suis parfaitement conscient, sauf que mes moulins ils ne sortent pas d'un esprit surchauffé par un plat à barbe (1), ces photos en témoignent.
Les "éboueurs" sont à nos sociétés ce que les bousiers ; d'ailleurs en voie d'extermination par les pesticides ; et autres coprophages sont à la forêt et aux écosystèmes en général. Participants hautement respectables et indignes du mépris dont ils sont l'objet.
Nous nous prétendons société policée quand nous ne sommes que des machines à déjections de toutes sortes, livrées au pur instinct sauvage. Nos systèmes sont des parodies ratées d'écosystèmes, sans les mécanismes d'autorégulation propres à la nature, et où chacun tire la couverture à soi sans penser aux conséquences. Quitte à pisser en l'air pour le prendre sur le nez en s'imaginant que c'est sur la tronche du voisin que ça va retomber. Après vous : le déluge.

(1) Il faut avoir lu Cervantès pour comprendre