Il y a un peu plus d'une quarantaine d'année, j'ai vu raser les haies salutaires qui offraient ombrage en été et abri à toute une micro-faune indispensable à un biotope équilibré. Gardiennes de l'humus, obstacles à l'érosion, protectrices contre la sécheresse,  pourvoyeuses de fruits et de bois de chauffage etc... On "remembra" pour le plus grand profit des banques et des actionnaires des firmes agro-industrielles, de ceux des industries de pesticides, désherbants, semences appauvries génétiquement, matériel agricole géant... Et on extermina les paysans.
63515594Aujourd'hui on replante, enfin, de loin en loin, une misérable haie, quelques arbres, souvent même pas intégrée complètement parce qu'à base d'espèces allogènes au détriment des essences indigènes qui avaient un vrai rôle dans l'équilibre écologique. Cette "rebocagisation" à minima relève-t-elle d'une véritable volonté de restaurer un biotope agonisant ou juste pour faire joli dans le paysage ? On peut se le demander, eût égard à ce que bon nombre sont bâchées de plastique. Voir par exemple mon papier Un peu de jugeote Bon Dieu ! représentatif du procédé. Bâches plastique qu'on retrouve ensuite à traîner un peu n'importe où, comme je l'ai montré, entre autres, dans pétition contre la plastification des océans par exemple ou DÉCHETS EN MER, ÇA SUFFIT ! également, et souligné aussi dans Des escales et des curiosités... ; cet article qui me valu des menaces de poursuites de la part de dégueulasses (j'attends toujours mais je sais que la justice a autant de rhumatismes que mézigue et n'avance pas vite) mais soulignait aussi qu'il existait des haies sans plastique paillées au BRF.
100_098AHier, j'ai croisé un autre procédé intéressant... Même si ma préférence va au BRF, j'avais entendu parler de quelque chose de similaire, et même vu pratiqué, pour des salades et des fraisiers par exemple, en agriculture biologique, avec du tapis de feutre ou de jute. J'ignorais qu'on s'en servait pour les haies.
100_098BJe m'interroge sur le coût du procédé, et ici sur la nature du matériau. On dirait une sorte de feutre. Encore faut-il qu'il soit réellement putrescible, biodégradable sans rémanence de produits qui l'imprégneraient. Sinon, ça ne fera que des déchets supplémentaires qu'on retrouvera dilués dans la masse et qui finiront par empoisonner à peu près autant que le plastique. En somme : l'idée est louable, sauf que faut voir comment et pourquoi on la met en oeuvre.
Les haies n'auront de véritable impact écologique que si elles sont d'essences indigènes incluant un écosystème à plusieurs étages de végétation, comme autrefois. C'est pour cela que je m'interroge sur ces paillages absolument pas indispensables, au contraire. Puisqu'ils entravent la croissance d'ensemencements spontanés qui ont leur place dans le biotope. Une haie ne doit pas seulement être "paysagère" et faire joli sur la photo, elle doit participer de la vie globale.
100_0991CDe toute façon, à quelques mètres de la haie il y avait ça... Tant qu'on en sera à arroser copieusement de "cides" en tout genre en masse, et la France est championne en la matière ; où à y substituer des OGM qui font exactement le même boulot en réalité, mais sans évaporation atmosphérique, planter des haies reviendra à aligner des décors de théâtre bucolique pour touristes en mal de verdure, mais pisser dans un violon pour ce qui est de la restauration des biotopes.
36113365