C+R

17 octobre ; journée « mondiale » (s'il vous plaît!) du refus de la misère. Okay, allez tous en choeur avec moi : «- on refuse la misère ! Misère fout le camp ». Bon, et maintenant : « - Misère y est-tu ? -Que fais tu ? ». Ben non, voyez vous, elle n'a pas trissé la misère. Pas besoin d'aller loin : je sais pas pour vous mais mézigue j'suis toujours dans la merde et même aujourd'hui plus qu'hier et sans doute moins que demain. Trêve de déconnade :l'image ci-dessus publiée par la Croix-Rouge sur sa page FB me hante... Je lui ai collé leur emblême pour en signer la paternité et le ruban vert du GSCF. Elle me fait penser au mec qui zone dans notre centre ville avec son chat... que quelqu'un a tenté de lui voler d'ailleurs l'autre jour (échec et mat pour le voleur qui risquait sa peau vu les réactions alentour), mais c'est pas là le problème ; le problème est qu'il faut en arriver là pour qu'on vous manifeste non pas de la compassion, mais de la pitié, juste de la pitié. Tant qu'on n'est pas au dernier carat on peut les compter les pognes qui se tendent. J'en sais quelque chose : je suis dans la merde mais j'ai un toit. Et je suis loin d'être le seul ! (ça me consolerait un chouïa). Quant t'es clodo, là on te considère davantage. Je l'ai vérifié l'autre soir : je fouinais sur un dépôt sauvage de cartons et sacs divers quand une dame qui ne me connais pas s'est prise la tête en croyant que je cherchais à bouffer et m'a spontanément tendu... 1 euro. Une qui n'a pas lu la Nouvelle République, qui ne sait pas que je suis l'auteur de Canal-Décharge le blog qui dénonce le gaspillage et la saleté et que c'était pour ça que je fouinais. Mais c'est le principe : 1 € par pitié ! C'est gentil, je ne le nie pas, d'autant que je n'avais rien demandé, mais c'est le principe. Comme si un euro allait tirer un mec de la merde ! Ça permet juste de se payer une mauvaise baguette. Ou une canette mais je ne bois pas. C'est mille qu'il faudrait pour mes problocs perso ;-) Mais même qu'importe ? Ce que je veux dire c'est que les gens s'en foutent et après ça leur fait mal au ventre une fois qu'on se traîne à leurs pieds, qu'on bouffe dans leurs poubelles... Tant que t'en es pas là, t'es juste un chomiste, un parasite, une merde qui veux pas bosser (on s'occupe pas de savoir si tu peux ou pas). Si on se souciait un peu des gens avant qu'ils ne soient à la rue ? Avant qu'ils crèvent aussi ? Je viens de lire encore un cas d'un gus qu'on a trouvé 3 piges après sa mort, chez lui, personne n'avait fait gaffe. Attendrir avec le mec tombé c'est bien, mais si on l'empêchait de tomber ça serait pas mieux ? Partager... Plus personne connaît. Auteur de Canal-Décharge, je ne fais pas vos poubelles, juste vos dépôts sauvages, et rien que là je trouve des tas de trucs utilisables, je ne raconte pas la moitié... J'ai vendu une perceuse pro (c'est sur le blog) de cette origine, j'ai des tas de choses qui en viennent, j'ai donné DES téléphones portables à des chômeurs, je vais incessemment donner des couvertures... Tout ça c'est de la récup en dépôts sauvages... Et si je vous disais que j'ai même trouvé à traîner des jeux gagnants ? Le buraliste qui me les reprends se marre à chaque fois (oui "chaque" parce que c'est plusieurs fois par an) , et toute la bouffe gaspillée que je trouve et qui aurait pu être partagée ? Avant de pleurer sur l'homme tombé à la rue, ne pourriez-vous pas gaspiller un chouïa moins et empêcher que des hommes finissent à vos pieds et demandent pitié ? L'article précédent se rapporte à ça, comme beaucoup ici : le gaspillage dans le cadre de la journée censée interpeller les masses sur le sujet, et souligne combien de nourriture perdue qui aurait pu servir à d'autres qui eux en manquaient. Les mauvaises langues diront que l'homme à la rue, quand il mendie c'est d'abord pour boire. En réalité je ne crois pas plus que l'homme de la rue, c'est-à-dire vous. Le désœuvrement, le cafard, augmentent, par contagion de groupe, les occasions de boire peut-être, mais je n'en suis pas si sûr. Les pochards qui ornent nos rues de canettes tous les dix mètres et que j'ai maintes fois dénoncés ont le plus souvent un domicile. Vous-mêmes ne ratez pas une occasion de bamboche, d'apéro ou de canon et le taux de retraits de permis et d'accidents pour cause d'alcoolémie ; révélée ou non ; prouve que dans la situation du SDF, vous seriez peut-être pires !

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C'est pour cela que la journée mondiale du refus de la misère a sa place ici : parce que vous buvez beaucoup, autant et plus que n'importe quel SDF, et que l'argent pourrait servir à de la nourriture et des vêtements, et que vous gaspillez aussi tout cela comme je l'ai montré ici maintes fois, pendant que d'autres manquent de tout. Avant que la rue ne m'absorbe moi-aussi ; ombre invisible parmi les ombres, faire valoir d'organismes qui trouvent là le bon filon pour assurer de bons salaires à leurs cadres dynamiques qui n'ont pas su se vendre au secteur concurrentiel non plus que réussir un concours de haute administration, je veux laisser quelques traces. Après... Ça n'aura plus d'importance mes chéri(e)s. J'aurai laissé un cailloux sur la toile, ça fera ce que ça pourra... Une journée parce que sans date l'info serait noyée dans le flux incessant de la bouillie de prétendues infos inutiles et d'idées creuses. Allez-y ! Faites lui peur à la misère ! Si vous osez, comme ça juste pour rire. Comme vous dites "trop" si bien pour tout et à propos de tout et n'importe quoi : "Trépas De se Gausser". Vous avez vu dessous ? Ma pensée pleure, elle...

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