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Que je vous montre deux ou trois bricoles en écho à mes précédentes publications et révélatrices d'une certaine mentalité du mépris de tout en général et de son prochain en particulier. Je considère cette propension à dégueulasser son propre cadre de vie comme non pas la cause première mais une facette d'un mépris total de tout ce qui n'est pas son propre confort. Ca rejoint par exemple l'affirmation d'une imbécile à qui le chien en vrac n'obeïssait pas tout à l'heure et qui le laissait courir à son aise et chier ou il voulait. Il avait l'air tellement peu intelligent le clebs que j'ai eu peur, c'est la deuxième fois que j'ai affaire à lui. Il a l'habitude de décorer les abords de Notre Dame de ses merdes, voire l'intérieur de l'entrée parfois. Et parce que je me suis méfié on m'a lancé, comme tous les imbéciles : "il n'est pas méchant" ; il n'y a pas de chien méchant ! Il y a des chiens connards, élevés par des abrutis, et des chiens éduqués correctement élevés par des gens intelligents. Je lui ai dit que je me méfie des chiens fous parce que j'ai déjà été mordu (et même pire !). Cette pauvre conne m'a dit que c'était de ma faute. Ainsi raisonnent les crétins prétendus amis des animaux qui ont un clébard parce que c'est la mode et fortement encouragé pour le plus grand profit des marchands de croquettes, de l'industrie agro-alimentaire, du gaspillage et donc des profits boursiers au détriment de votre pouvoir d'achat. C'est là que je voulais en venir en fait : une décharge sauvage à Niort c'est banal. Comme je l'ai dit, depuis que je n'ai plus de bagnole je m'occupe surtout de ramasser les poches qui volent au vent et les canettes qui trainent pour les mettre au recyclage. Je n'ai donc pas nettoyé celle-ci mais me suis intéressé au cabas Leclerc dans le fond qui dépasse.

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Voilà ce que j'ai trouvé dedans : des boites de canard confit dans lesquelles on a laissé la graisse qu'on a souillée à l'envie. Ca traduit une certaine mentalité que j'évoquais plus haut. Lorsque j'étais enfant et jeune homme, chez mes parents, et dans ma jeunesse lorsque j'étais encore carnivore, on ne laissait jamais perdre le moindre gramme de graisse. On en avait, dans mon enfance, du fait de notre vie rurale, des dizaines de kilo en rab pourtant ! Mais ça servait à économiser le beurre et l'huile, en aisaisonnement ou cuisson. Et ça servait aussi dans la soupe au chien. Hé oui ! Ils n'étaient pas malades nos chiens de participer à l'écoulement de nos surplus, au contraire ! Vous auriez vu les bêtes vigoureuses que c'étaient ! Des gros bergers cappable de sauter le mur d'enceinte de la cour pour bloquer une vache qui se prenait la fantaisie de se faire la malle... Ma propre Laïka, bien plus tard, eut droit à un régime quasi-similaire, la qualité en moins parce qu'on était dans cet âge où il n'y avait plus rien d'artisanal ; ce n'était pas encore la mode du bobo, pardon du bio industriel, et fallait salement galérer pour trouver un petit producteur cappable de vous procurer quelque chose exempt de pestiférations chimiques. Du moins là où j'étais. Imaginez que le plus proche paysan, alors même qu'il avait des vaches laitières, préférait pour son petit déjeuner acheter du lait stérilisé à la supérette du coin. Il avait oublié que le lait frais ça se fait bouillir et que c'est buvable. Ca donne une idée de l'ambiance. Je suis convaincu que la folle au chien fou, l'artiste qui a jeté la graisse et le paysan dont je parle relèvent selon moi du même système de valeurs et de la même psychologie. La graisse la moins souillée, je vais essayer de la filter. Après tout j'ai trois camping-gaz et des cartouches d'avance, et je peux faire ça en plein air pour pas empuantir ma carrée. Suffit de couler ça sur des planchettes (fonds de cagettes en bois par exemple), et y coller quelques graines... Ca fera le bonheur des oiseaux.

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Dans un autre quartier mon attention a été attirée par cette poche que j'ai vue de loin sur un banc, abandonnée. J'ai traversé la rue en dépit de la circulation intense pour aller me rendre compte...

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Et voilà donc l'intérieur de la poche ; photo prise directement sur le banc sans même la ramasser. Deux bouchées du donut ont été mangées et le reste, ben le reste on compte sur un passage d'un agent de la ville pour le foutre à la poubelle. Ca relève du même état d'esprit que ce qui précède.

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Je disais que je ne nettoyais que les boutanches et poches, ce n'est pas tout à fait vrai ; ci-dessus un exemple type et récent de mes interventions sauvages. Les cintres ça tombe bien : y'a des malheureux qui en cherchent en ce moment. Nous on est équipés en bois et tous de récup, les autres ils feront avec ce qu'on leur donnera que voulez-vous... Quant aux fringues et godasses, on n'a pas que ce carton à trier et va falloir s'y mettre. On avait tellement le moral dans les chaussettes qu'on ne l'a pas fait encore, mais c'est en sécurité et propre là où c'est, ne vous bilez pas. Tout cela sera recyclé avant qu'on s'évanouisse dans le néant. Au moins le dépôt là est-il propre et facilement visible. Tout de même, ça montre le pitoyable de notre société.

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Parce qu'il y a aussi le fumier de service. Cet endroit là, je ne nettoie plus. Je l'ai fait au moins une fois par mois pendant dix ans, pour la peau. Maintenant j'en ai marre. Vous voyez la serviette de bain pliée là ? Voyez vous quelqu'un a pissé dessus pour pas que ce soit récupéré. Ce genre de choses arrive régulièrement et ce serait arrivé au carton du précédent paragraphe si je n'étais intervenu peu de temps après son dépôt. Quand ce n'est un homme qui pisse ou chie dessus, c'est un chien en vrac du genre de celui que j'évoquais au début du papier. L'écoeurement et la colère qui me sont reprochés ont là leurs racines : dans vos comportement méprisables. Votre esbrouffe "écolo" n'est que façade. L'écologie ne vous préoccupe que quand c'est bon pour votre petite gueule (manger bio, utiliser du maquillage "soft" par exemple) ou quand une "fondation" vous amuse avec un grand spectacle, un peu comme les restos-du-coeur. Vous comprenez "protection des animaux" non pas dans la défense du cancrelat ou du scarabé indispensables à un biotope équilibré mais uniquement dans les droits de votre chien garant des intérêts des marchands de croquettes. Au marché de Noël où je suis passé pour faire quelques photos j'ai vu des molosses en vrac dans la foule compacte au risque qu'on leur marche sur une patte et qu'ils se rebiffent pendant que quelqu'un y promenait son chat en laisse.

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Il est superbe remarquez bien. Au moins ça fera un qui ne finira pas sous une voiture en principe. Ca me fera du chagrin en moins. Combien j'en ai enterré en plus de cinquante ans ? Je ne sais pas. Tout de même c'est fort de café : c'est le chat qui est en laisse et pas le berger allemand, dans la foule... Je me suis demandé aussi si le chat était bien heureux dans cette cohue, il avait l'air assez nerveux, assez inquiet de cet univers étranger. Après ça vous hurlez contre les animaux de cirque ! Mais au moins dans un cirque la foule est à distance... Enfin, bon, depuis que les lamas prennent le métro et assistent aux matchs de foot, faut s'étonner de rien. Parait même qu'ils vont en boites de nuit..; tant que c'est pas en club échangiste on fera semblant de trouver ça normal dans un univers où l'hédonisme tiens lieu de morale.

kali2