hallal

Au détour d'une rue, l'imprévu au ras du sol bitumé dans la saleté un sauciflard, enfin ce qu'il en reste, prenait sa douche "purificatrice" sous la pluie. En fait je pense que ça a dû le salir et, au contraire des légumes, la viande ça ne se lave pas... Perdu ou jeté je ne saurai pas.

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Le v'la dans la poche qui m'a servi à le ramasser et le retourner ; poche à légumes de supermarché, j'en ai toujours 2 ou 3 sur moi, ça tient pas de place. Pour une fois vous allez pouvoir déverser votre haine et dire que c'est la faute aux étrangers..; C'est du "halal". Chose rare ne vous en déplaise, si on regarde tous les dépôts sauvages de catholiques bon teint, protestants, socialistes de pure "race blanche" et même umpistes et frontistes (de gauche comme de droite) de "race" gauloise que j'ai pu nettoyer. Le gaspillage n'est pas ethnologiquement délimité ; j'ai même démontré dans ►L'Ecologie, un masque hypocrite◄ qu'un journal Algérien s'était vu obligé de me piquer une photo pour illustrer son papier sur le gaspillage au moment du Ramadan !! J'en reparle dans ►La vérité en face◄mon dernier papier.
Je me suis demandé si jeter de la nourriture halal était un péché dans l'Islam ? Nombre de chrétiens ayant relativisé le fait de jeter le pain (corps du Christ en principe) et pour qui gaspiller de la nourriture est banal, voire normal. Celui qui la ramasse un paria qu'il faut chasser, mettre sous tutelle d'un organisme de flicage, ou au moins mépriser.

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Tout ce que vous voyez dans les petites photos ci-dessus, c'est du glanage d'après marché... Ça partait à la poubelle. On l'a ramassé entre le départ des commerçants ; ça leur a pas trop plu mais tant pis ; et le passage des balayeurs... Ils commencent à un bout et le temps qu'ils arrivent jusqu'à nous...  Une fois lavé c'était tout à fait consommable. La preuve on est encore là. Ça a fait la semaine. La verdure en particulier m'a bien soulagé, tant au niveau tripes que glycémie ou santé en général. C'est que ma santé, elle est à peu près comme notre situation : inextricable. Oh certes ça bouge de ce dernier côté, mais pas exactement comme on voudrait et l'avenir est bien embrouillé et sombre (à découvert, carrément, faute à l'électricité, et pourtant on n'a pas chauffé, heureusement). Les inclassables sont difficiles à classer, c'est le cas de le dire. Sans compter les relents d'ostracisme de certains. Passons. Toujours est-il que le gaspillage est universel et qu'il participe du massacre de la biosphère.

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On aurait pu faire de notre Terre un paradis unique puisque il est clair qu'elle ne ressemble à aucune autre dans un rayon de milliers d'années lumière. Au lieu de ça nous bâtissons un enfer. Les mercenaires du désespoir s'imaginent qu'en massacrant des boutiques et terrorisants de malheureux employés qui n'y sont pour rien, ils vont sauver une parcelle d'éco-système... Quelqu'un qui me connaît pourtant m'écrivait, parce que j'ai fait un communiqué sur FB me désolidarisant des violences Nantaises :

« mais comment tu peux te faire manipuler comme çà? çà me déçoit! renseigne toi

please ! amais bon tu es d'accord avec les journalistes d'ailleurs çà ne doit pas etre pour rien

qu'ils ne parlent QUE de çà la violnce et de rien d'autre sur ce dossier; çà choque les gens la violnce

et çà discrédite les medias savent comment vous manipuler; çà oui.../...

peut etre que tu te fiches un peu dans le fond de tout ce qui va y etre détruit »

(copié-collé : j'ai 1 PDF de l'entretien)

Comme si je ne m'informais que dans les médias ! J'ai pas la TV et la radio je l'écoute quand il me cheuh un oeil ; probloc, j'ai encore les deux, miro mais là quand même. J'ai 2500 abonnés réciproques et 200 sites que je suis en plus sur Tweeter sans compter ceux que je suis à leur insu ; ayant placé le lien de leur page non pas en favoris mais sur un doc à part ouvrant sur un autre navigateur... J'ai vu des photos, lu des compte-rendus non médiatisés. Je ne crois pas au spontanéisme de masse, je n'y crois plus. Je ne crois pas non plus à l'action violente collective qui n'a d'autre finalité que manipuler justement pour pousser le troupeau là où on veut qu'il aille.
Si les manifestants raisonnables s'étaient vraiment désolidarisés des activistes violents manipulés par on se doute qui pour discréditer l'action, j'aurais parlé autrement. Par ailleurs je replace chaque action dans sa perspective historique et planétaire ; c'est mon approche de l'effet papillon. NDDL s'inscrit dans le grand massacre planétaire qui va du gaspillage de feuilles de salades à l'installation d'aéroports surnuméraires pour une société privilégiant le transport aérien y compris intérieur. NDDL n'est pas envisagé au bon endroit et se veut correcteur des bêtises d'il y a 50 ans où on voulait les aéroports pas trop loin des centres urbains comme les gares SNCF. Aujourd'hui on s'aperçoit que c'est plus tenable pour les riverains et risqué pour les villes alors on ressort la vieille idée de De Gaulle d'un immense machin isolé d'autant qu'arrive une génération d'avions gigantesques qui ne pourront atterrir n'importe où. On a conçu ces avions (A380/ex) avant de savoir où les faire atterrir. Une route spéciale a même été tirée pour acheminer le fuselage à Toulouse, ainsi que les morceaux, aux fins d'assemblage. A ce moment là on n'a pas été bezef à protester. Où étaient-ils les squatters de NDDL ? Pourtant le massacre a été aussi grand d'un point de vue des écosystèmes et expropriations.
Alors c'est pas que je me fous de ce qui se passe à NDDL, j'ai même signé toutes les pétitions de protestation, mais je l'inscris comme un timbre poste sur la carte mortifère de notre civilisation délétère. Les gouttes d'eau font les rivières qui font les fleuves qui alimentent les mers. Chaque détail compte certes, mais c'est de mentalité et de manière de vivre qu'il faudrait changer. C'est pour ça que j'ai commencé avec le gaspillage alimentaire dans cet article : une mentalité universelle de consommateur-gaspilleur conduit à la nécessité d'un fret toujours plus important et de faire voyager les hommes d'affaires, les touristes aussi inscrits dans le processus de consommation. Les volumes étant toujours plus importants, on envisage des bétaillères de luxe sur-dimensionnées qui nécessitent elles-mêmes des infrastructures appropriées. Tout cela résulte de l'accélération d'un processus enclenché il y a une cinquantaine d'années et auquel vous avez pleinement adhéré. La mutation en cours est la même que celle qui frappa les nautoniers au développement de la vapeur, en bien plus important encore. Bernard Clavel et Henri Vincenot en rendent très bien compte dans certains de leurs romans pour ceux qui n'aiment guère la documentation historique et préfèrent l'imagerie. La même mutation que celle dont rend compte Zola aussi. En ce temps là aussi il y eût des massacres d'écosystèmes et peu s'en aperçurent. Certains le déplorèrent, on les traita de réactionnaires ennemis du progrès. De racaille aussi déjà.
La différence avec ce temps-là est que nos traces sont indélébiles, que les espèces s'éteignent en masse, que les abeilles, dont dépendait notre nourriture, meurent par conséquence de l'agriculture intensive qui nourrit toute cette gabegie d'échanges commerciaux.
Il y a au moins 45 ans que j'ai vu venir le vent. J'étais déjà lecteur d'Agriculture et Vie le journal de Lemaire Boucher pionniers de l'agriculture biologique et défenseurs d'une société traditionnelle et respectueuse de la biosphère. Et je participais à la pratique, dans les champs, puisque j'aidais mon père. Quand j'en ai parlé vous vous êtes mis à 12 ; quel courage ; pour me casser la gueule. Il est vrai que j'avais du répondant et que fallait bien ça pour m'allonger vu le nombre de blessés dans votre camp.
Il y a 45 ans vous humiliiez une pauvre vieille seule et désargentée que vous appeliez "miss poubelle" et traitiez de putain parce qu'elle exploitait ce qu'elle arrivait à biffer sur votre gaspillage déjà conséquent.
Il y a 45 ans vous alliez en secret déverser du désherbant sur les parcelles bio pour discréditer les rares agriculteurs qui s'y adonnaient. Vous déplaciez les bornes, entérinées par le cadastre, pour leur voler petit à petit de la terre (ça continue ça !). Et maintenant c'est moi qu'on engueule ? Moi qui n'ai cessé de faire le peu que je puis faire à mon échelle ? Vous êtes sérieux là ?
On aurait pu construire un paradis, vous avez creusé l'enfer. Et bien assumez maintenant.

TERRE_coeur