sylphe (5)On part à la chasse aux jolies photos histoire de digérer une nuit sinistre, de changer d'air, d'ambiance et de décor un jour où les autres courent après les sardines et d'autres taquinent le goujon tandis que certains gobent des anguilles voire même des couleuvres, et au lieu de ça on rencontre des monceaux d'ordures. Oh certes j'en ai fait des jolies photos, témoins celle-ci, et mes potes de Facebook ont eu droit à quelques unes. Mais ce fut portion congrue et mon précédent papier était parti d'une cartouche trouvée pour étendre le sujet. J'y reviens pour élargir la réflexion.

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Pour illustrer mon propos j'ai concocté un montage très rapide, ci-dessus, où j'ai collées ensemble trois photos ; j'aurais pu en mettre bien davantage ; et montrer que le fait n'est pas rare. Il m'est même arrivé d'en trouver en ville des cartouches vides ! Je ne suis pas si méchant puisque je pourrais y consacrer un album à soi seul.

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Du temps de mon aïeul, dont je vous entretenais dans mon précédent papier ; quelques-uns comme lui ramenaient leurs cartouches vides à la maison, dans la cartouchière. Aujourd'hui il existe des poubelles dédiées sur les parkings ACCA mais j'ai pu constater que si certains s'en servent à cet effet, d'autres ont jusqu'à l'outrecuidance d'y jeter n'importe quoi d'autre. J'y ai trouvé pas mal de reliefs de casse-dalles et des bouteilles aussi. Du temps de mon grand-père le mot "écologie" était inconnu. Les bouteilles étaient consignées ; ça rapportait quelques menues monnaie, et j'ai su en profiter dans ma jeunesse ; au lieu que de les mettre "au recyclage" dans des bennes où nombre d'usagers collent à peu près n'importe quoi à commencer par les bouchons, collerettes et étiquettes, ce qui rends le recyclage quasi-impossible, voire impossible quand il y a trop de corps étrangers, ou très difficile en tous cas quand il y en a peu, et très coûteux dans ce dernier cas de figure. Les cartouches n'étaient pas consignées ; je pense qu'elles devraient l'être d'ailleurs, ça limiterait les dégâts. Mais nombre de vieux les rechargeaient eux-mêmes. Mon ancêtre était de ceux-là. Aujourd'hui, dans cette société où on n'a plus le droit de respirer sans qu'un "psy" vienne vous préserver du traumatisme que ça engendre, c'est interdit "par sécurité" nous dit-on. Sauf que j'avais pas dix ans quand j'ai vidé et rechargé ma première cartouche pour bien étudier comment c'était fait, après avoir vu procéder le vieux. Alors insécurité ? Pas plus, quand on fait attention, que scier du bois avec une scie électrique circulaire d'un mètre de diamètre ou broyer de la farine pour le bétail avec un engin aussi impressionnant, à même âge. J'ai grandi en un temps où "écologie" n'était pas le roucoulement pour personnalités en mal d'étiquettes, mais où on économisait et c'était bon pour la Terre, pour la biosphère.

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Autrefois les bourres étaient en liège et carton et se décomposaient facilement dans la nature. Puis elle furent en liège et plastique. Maintenant elles sont 100 % en plastique. Je vous en colle un exemplaire à peu près intact. Certaines sont pulvérisées à ce que j'ai vu. Avec la meilleure volonté du monde, même celui qui ramasse ses cartouches ne ramasse certainement pas ses bourres. Je l'imagine mal scrutant le sol pendant une demi-heure après avoir dessoudé un lièvre, d'autant que celle-ci, généralement, ne suit pas la même trajectoire que le plomb. Question de physique. Détail insignifiant mais qui participe de ce que la nature n'est plus qu'un immense tas d'ordures, et, comme je le soulignais dans le précédent papier, les chasseurs ne sont que des acteurs parmi d'autres, innombrables eux.

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Ville ou campagne et réciproquement c'est le même spectacle désolant. Les trois du centre ont été réalisées en campagne et les deux, supérieure et inférieure, en ville. Je souligne ces dernières parce qu'en outre de poubelle à proximité immédiate il y avait des buses container à moins de 20 mètres auxquelles j'ai conduite par le colbac ces récalcitrantes.

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On trouve de sacrées décharges en campagne ; il y a là une photo ancienne et une du premier avril de cette année ; mais finalement ça ne dépare pas avec celle que j'ai montrée dans "pêche gauloise" prise en ville, et tant d'autres visibles ici.
Vous conviendrez avec moi que le chasseur et le campagnard ne sont pas plus, mais pas moins sans doute, dégueulasses que l'urbain. Le chasseur moyen est un dégueulasse comme les autres, sachant que le chasseur peut très bien être citadin. Sa compréhension de l'écologie se limite à son agrément immédiat, comme le citadin, quand il en a une relative perception. Ces montagnes de déchets sont l'oeuvre de tous et c'est jusqu'autour de la Terre, que 6500 tonnes de déchets gravitent en orbite autour de la planète (1).

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(1) Source : Science et Avenir.