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Ca commence par un petit groupe ; à Niort les manifs sont rarement conséquentes. Je me dis "trois pelés et quatre tondus, pas très suivi" mais il n'est que onze heure et le 1/4 h dit "niortais" a tendance à enfoncer le vierzonais qui lui était bien de 15 mns alors que chez nous... Bref, la "fonction publique" manifeste... Qui dit fonction publique dit "service public", ce secteur qui est de plus en plus souvent délégué à des sociétés privées dans le cadre des PPP et qui amène les agents à n'avoir plus de statut fonctionnaire, à la précarité pour beaucoup d'entre eux avec tout ce que ça comporte d'inconvénients et de menaces sur la vie. Combien de familles brisées pour cause de difficultés financières liées à la perte d'emploi ou la précarité ? Les femmes comme la mienne qui s'accrochent et s'attachent, persistent et signent quelle que soit la situation sont très rares, je crois même que ça n'existe plus. Les mecs comme mézigue qui soutiendront leur femme jusqu'au fond du trou c'est pas courant non plus. Si c'est sur ce terrain là qu'ils se placent alors d'accord, là j'approuve. Dans le cadre du "service public" on devrait inclure les éboueurs. Il ne semble pas qu'ils soient de la manif justement. Cela fait pourtant quatre jours, à l'heure où j'écris, qu'ils sont en grève nos ripeurs, en protestation contre le peu de considération dont ils sont l'objet et réclamant des aménagements horaires face à la pénibilité insuffisamment reconnue de leur travail. "Les jardiniers sont avec les éboueurs les ouvriers qu'on devrait le plus honorer dans une ville." ais-je écrit sur un autre blog le 11 mars 2013 ; c'est loin d'être le cas ! Il suffit de se promener dans les rues pour voir qu'ils sont en grève. En dépit des consignes municipales qui recommandent de rentrer les poubelles, elles trônent un peu partout, le tri plus mal fait que jamais. Sauf dans ma rue mais là il y a une raison : j'ai expliqué aux gosses d'en face ce qui se passait ; quand aux nôtres de l'immeuble je m'en suis occupé... Fait rare : les autres maisons, à l'exception de celles que je viens de citer, avaient rentré avant nous. Mais je crois qu'il y a une raison derrière... L'une d'elle a subi un petit controle de tri officieux et celui-ci a révélé non pas des "erreurs" mais un je m'en-foutisme total. Pour des gens qui fréquentent une "écolo" officielle et revendiquée défenderesse du "développement durable"  c'est assez rigolo. Un sac poubelle qui surmontait l'un des containers, situation défendue par les règles, a disparu soudainement ; panique à bord.A l'heure où les supermarchés sont dotés de bennes pour recueillir le petit matériel électronique afin de palier à la rareté grandissante des métaux rares dont la production est essentiellement chinoise donc importée ; ce qui creuse nos déficits ; en trouver dans une "poubelle ménagère" mêlé à du papier (un container public à 50 m à peine, sur un parking où l'abonnement coûte 150 €/an) et d'autres choses comme des emballages (qui sont, eux, recueillis à la porte) c'est fort de café.

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Je l'ai recroisée plus loin la manif... Je n'ai toujours pas l'impression qu'il y ait beaucoup de précaires, je me trompe peut-être, non plus que de ripeurs... Mais je ne suis sur de rien. Ils sentent le "col blanc" ces gens, avec une situation relativement stable. Représentatifs de Niort ; autrefois ville ouvrière avec ses peausseries et bois déroulés entre autres, devenue un nid à gratte-papiers dominants ; assurances, agences de services divers, et bien sur administrations. Cet état d'esprit a des conséquences à tous les étages. Et ce que j'entends des slogans me semble guère en rapport avec les points que j'évoquais dans le premier papragraphe. Y avait-il des postiers dans cette manif ? Les postes j'ai donné mon analyse dans mon précédent papier. Pendant qu'ils martelaient le macadam autour du centre ville, les Bus (service public) fonctionnaient toujours, avec un peu de retard sur certains parcours le temps qu'ils se croisent. Le service de nettoiement de la ville tournait à plein régime, les petit triporteurs filaient comme des flèches et la charrette à déchets de ville circulaient, j'ai vu aussi une balayeuse, des jardiniers au travail, je leur ai même parlé. Tout ça malgré les grèves des fonctionnaires et des éboueurs. Je les ai entendus longtemps après les avoir dépassés les militaires, pardon, militants aux ordres de leur état-major, pardon, centrale syndicale. J'ai pratiqué le syndicalisme, si, si, je l'ai pratiqué. J'étais un mouton noir. Mes actions à moi étaient souvent individuelles et relevaient de la défense d'un salarié injustement foutu à la porte, du démerdage d'un dossier Assedic foireux ou d'obtention d'une alloc logement par exemple... Souvent en loucedé en plus, voire contre l'avis du politburo, pardon du secrétariat local. C'est même en raison de mes préoccupations premières que je basculais ensuite dans l'action caritative avant de devenir franc tireur individuel.
Le syndicalisme, à l'origine, n'était pas une courroie de transmission arrondissant les angles pour mieux endormir les espérances, mais des organisations qui avaient pour objectif l'appropriation par les travailleurs des moyens de production et leur autogestion. Les premiers syndicalistes voulaient l'abolition du salariat.
Ce jour de "lutte" à Niort j'entendais ce que j'ai si souvent entendu, jeté avec plus ou moins de conviction, aux fenêtres des riverains qui n'y peuvent pas grand chose : "Argent", "argent", "argent"... Ils manquent d'argent ? Comment alors ce blog peut-il si souvent dénoncer leur gaspillage ? Aussi bien en matière d'objets divers qu'alimentaire ? Dans les heures qui suivait j'ai vu l'un des fils de ces bonnes familles se faire gauler pour vol sous mes yeux... Un de gaulé pour combien de pas pris ? Si vous saviez ce que je sais... Le gamin avait un smartphone dernier cri à la main. Ses parents manquaient sans doute d'argent. Il n'avait pas volé cet engin je crois, il a même appelé papa au secours avec... Ils manquent de fric alors pourquoi tant de bouffe gaspillée ? Je ne vous raconte jamais tout... Rien qu'aujourd'hui j'ai récolté un ananas ; pas celui du précédent papier, un autre ! Et quelques autres petites choses... J'ai découvert une poignée de dépôts sauvages, et vu quel respect on porte à la nourriture une fois de plus...

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Négligence commune de laisser tomber un peu de bouffe comme on laisse dans son assiette pour que ça parte à la poubelle afin que nul n'ignore qu'on est quelqu'un de bien.. Sauf que l'oeuf il n'était pas par terre lui. Avec toutes les poubelles à emballage qui traînent en ce moment il était normal que je croise celle-ci, au couvercle jaune, et à son pied une canette que je n'ai même pas pris la peine de photographier tant c'est commun ici. J'en ai ramassé une bonne vingtaine aujourd'hui je crois bien, mais vu bien plus, en divers endroits, que j'ai larguées dans la buse appropriée de la Brèche. Sauf une. Puisqu'elle était au pied du réceptacle adéquat je l'ai mise dedans. Et c'est là que j'ai découvert l'oeuf... Ça m'a tout l'air d'un "Maran" ! C'est rare et cher un machin pareil ! Quand on en a un, même si on le poque et qu'il est fêlé, on se dépêche de le jeter dans l'eau bouillante pour en faire un oeuf dur. Je ne savais pas depuis combien de temps il était là, à la chaleur, alors j'ai pas osé... Parce qu'il n'avait rien perdu ou presque, au point que je me suis demandé s'il n'avait pas cassé en tombant dans le container. Il y avait des indices en ce sens.
Manque d'argent ? Ou de santé mentale ? Ces deux ou trois exemples sont dérisoires relativement à tout ce que je constate qui est soi-même dérisoire par rapport à la réalité quotidienne. Et ceci n'est que l'expression individuelle de la société qui repose non pas sur le travail mais sur le gaspillage. Gaspillage de ressources humaines par la précarisation que j'évoquais plus haut ; gaspillage de matière première et du travail qui y est lié à tous les niveaux. Marianne évoquait ces jours-ci celui des supermarchés français ; parce qu'en Belgique par exemple une loi interdit de gaspiller, jeter et rendre impropre à la consommation ce qui est consommable. C'est certes une bonne question. Mais je ne crois pas que les réponses soient les bonnes. Pas plus que les revendications syndicales telles que je les ai entendues. C'est comme le recyclage de sur-emballages toujours plus importants : des cautères sur jambes de bois. La vérité est que c'est toute la société qu'il faut réinventer, avec son rapport à la production consommation et au travail justement. De nos jours le travail n'a d'autre but que de procurer de la consommation pléthorique aux fins de faire croître des dividendes au mépris de la vie humaine. Et on méprise celui qui se retrouve sur la touche. A qui on jette des rogatons. Développer une autre approche me nécessiterait des kilomètres d'articles que je ne crois pas que vous puissiez comprendre. On ne sortira pas de l'engrenage par une solution raisonnable parce que l'humanité ne l'est pas ; l'a-t-elle d'ailleurs été un jour ?
Un jour ou l'autre on imposera l'extermination des surnuméraires. Il suffit de voir les torrents de haine déversés à longueur de web à l'encontre des incontrôlables, des victimes du système, des inadaptés sociaux etc... On ne donnera pas deux balles à un type qu'on sait dans la merde et qu'il ne boit pas (ça m'est arrivé cet après midi), mais on n'hésite pas à l'envoyer en prison ou le lyncher suivant si on est officiel ou simple "citoyen". Les moins vindicatifs se déchargent sur les "associations caritatives" qui n'ont d'associations que le nom et sont en réalité de véritables institutions subventionnées dont les têtes perçoivent de confortables salaires et avantages (j'ai eu des chiffres et données officiels entre les mains). Ces rustines n'ont d'autre but qu'alimenter les chiffres d'affaires de la grande distribution. C'est le résultat de chaque "collecte" où le citoyen paye ce qui est non pas distribué gratuitement mais revendu à bas prix aux indigents, quand ce n'est pas exporté carrément. Parce que on demande à des gens qui n'ont pas grand chose ou rien pour vivre de payer. C'est soi-disant un gage de "dignité". Je n'ai pas encore compris ce que vous placiez dans ce mot bateau. Certain voudraient avoir l'outrecuidance, en plus, de réclamer un sous-travail qui consiste généralement à nettoyer la merde que vous mettez partout (voir mes albums photo) en échange d'une misérable allocation. De l'occupationnel en somme, juste pour ne pas avoir cette vermine dans les jambes, vous déresponsabiliser du respect de votre environnement, et pouvoir faire tourner la machine à gaspiller et produire des dividendes aux boursicoteurs.
La solution pour y échapper ? Je l'emprunte à la fois aux anarchistes et à Hitler : donnez de la terre aux pauvres, des graines et des outils, avec une petite bicoque au bout. L'autosuffisance alimentaire de nombreux malheureux soulagerait grandement nos finances publiques. Autorisons ces pauvres à vendre leurs surplus au lieu que de tout faire pour les empêcher de se faire trois sous non contrôlés par une tutelle administrative. On ne gagnera pas des millions avec 5 kg de carottes et 100 kg de patates. Ceux jeunes et en bonne santé pourraient par la suite atteindre le stade de micro-entreprise...; les autres, ceux qui comme ma pomme sont quasi HS, se contenteraient de survivre. Même dans mon état j'accepterais cela, mais pas dans le cadre de ces matrices de "jardins collectifs" sous tutelle d'une assistante sociale en âge d'être ma fille et d'un comité central qui jugerait mon travail. Ce n'est pas seulement mon individualisme qui est en cause ; mais que je souffre dans tout ce que je fais, que c'est souvent mal fait de fait, et ne supporte pas qu'on le juge. Déjà assez de tous les connards qui me jugent sur mon apparence, ma barbe, ma canne, mon chapeau, mon béret etc... On se croirait dans une cour de récréation de CP !
Mais je rêve là, et je vais me faire insulter. Oui, j'ai emprunté aux poubelles de la politique ma proposition parce que de toutes choses il faut savoir tirer le meilleur. De la même manière que je tire des trésors de vos ordures certains jours.  Je l'ai fait parce qu'un gougnafier avait l'air d'insinuer, il y a quelques heures, que nous étions des feignants parasites. Feignant ? Hé ducon tu me suis dans mes vadrouilles de nettoyage de merde ? Seulement voilà, c'est pour mon compte et à mon rythme. Si je devais le faire contre rémunération, ce ne serait pas pour les 400 € du RSA. Si je devais travailler pour un salaire, ce serait un salaire, pas une allocation versée sous le contrôle d'une tutelle sociale. Le problème je ne suis plus apte à soutenir un rythme normal, et, je le rappelle, quand j'étais en mesure de le faire, on m'a refusé ici même un emploi en déchetterie... Moi qui expliquais le tri sélectif aux nemouriens dès 1992... Pas mal non ? 
A cause de cette connerie monumentale je suis tombé malade. Je crois que nous les pauvres sommes plus vulnérables à cause de la perte de sens et surtout le désespoir. Et aujourd'hui, au lieu d'être heureux de participer professionnellement à la sauvegarde des ressources, ou de produire ma nourriture moi-même ; pour rester dans le cadre de l'article parce que j'ai été bien d'autres choses comme magasinier (principalement), agent administratif ou bûcheron, voire intermittent du spectacle (oui, VOUS m'avez vu à la TV, entre autre) ; ben je fais la mangave... Tout ça grâce à la mainmise sociale française qui refuse qu'on se soigne autrement qu'avec l'allopathie. Autre aspect de la consommation captive. Je sais ce qui m'attends si j'y souscris à vos méthodes : deux de mes proches en sont mort à la fleur de l'âge et ils n'avaient qu'une partie de mes maux... Les toubibs n'ont pas été fichu de sauver le fils Depardieu qui n'en n'avait qu'un seul. Moi ça fait quatre piges que je résiste pour deux aspects, mais bien plus pour le reste. Je fais la manche et pendant ce temps les autres défilent et réclament de l'argent pour mieux continuer à jeter pour le plus grand profit de ceux que vous dites vous oppresser chaque jour au bistrot.
Bande de branquignoles va ! Un type m'a demandé pourquoi je continue à vivre tout à l'heure, qu'est-ce qui me motive. Franchement, je me le demande. Vous croyez que ça vaut le coup ?

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