EXPOSITION_breche (6)Notre mère la Terre dans toute sa splendeur. J'aime beaucoup cette réalisation végétale qui traduit ce qu'est vraiment "Gaïa" : une bulle partout vivante, où les générations de paysans et de jardiniers ont travaillé sans relâche pendant des siècles à sélectionner les plantes les plus belles et les plus nourrissantes. Cette pièce est le clou de l'exposition ; une création des jeunes du "Centre Départemental de Formation d'Apprentis Agricole des Deux Sèvres (CDFAA 79) – Site de NIORT". Il s'agissait, pour eux d'évoquer en six jardins un voyage autour de la Terre en six jardins évocateurs de différentes cultures ou évènements. Beaucoup d'imagination et de soin, de travail de leur part. J'étais admiratif.

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De jeunes jardinières soignent la terre et lui apportent l'eau indispensable à la vie. On voit ici l'autre face de la boule... La sacrée boule, la boule sacrée dont nous sommes les héritiers, les gardiens et que nous devrions respecter. Particulièrement réussie, comme l'autre face, cette représentation de la Tortue des Oglalas, des Olmèques, des Mayas et autres Iroquois et Assiniboines (Nakotas)... Aujourd'hui rêve de ceux qui n'ont pas les yeux en face des trous, ignorant ceux que la coupe du monde a réduits à l'errance de la rue, ou les déforestations massives pour votre confort, voire la faillite de cités mythiques comme Détroit par exemple. Mais revenons à Niort et à cette exposition si vous voulez bien.

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Cette mise en scène de l'exode rural par exemple est tout à fait évocatrice d'une réalité quotidienne et universelle sur notre planète. Je pourrais épiloguer pendant des heures sur les implications sociales, psychologiques, économiques, écologiques... Est-ce que cela ferait avancer quoi que ce soit ?

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Une évocation de la lente migration des Tziganes vers le couchant avec au centre la « chakra » au couleurs sacrées – à 16 rayons, symbole de la route, le voyage, la roulotte, mais aussi, et surtout, leurs origines indiennes, vers le Rajasthan actuel... Dans l'Hindouisme la roue représente le cours du temps, elle incarne les cycles cosmiques de la naissance et de la mort, de la création, de la maturité, de la dégradation et de la déliquescence puis de le réincarnation. Ces Roms que vous taxez de tous les crimes aujourd'hui comme autrefois les Juifs ; ces derniers, de nos jours, à part quelques nostalgiques des temps dreyfusards et de l'empire d'avant guerre ont tout de même moins de soucis à se faire.L'URI (Union Rom Internationale) a adopté en 1971 le drapeau rom au centre duquel est représentée cette roue. Les amérindiens que j'évoquais plus haut avaient eux aussi une représentation de l'univers sous forme de roue : La roue de la médecine représentation symbolique du monde, de la voûte céleste, des cycles éternels de l'Univers et des âges de l'homme.

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Il y avait aussi ce petit manège évocateur du voyage des hirondelles, elles aussi grandes migratrices, annonciatrices du renouveau de la nature et promesse de récoltes pour le paysan d'autrefois. Mais les hirondelles vous ne les verrez pas ! Elles ont été saccagées, volées ou cassées suivant les fantaisies des vandales de service. Ce n'est pas le seul jardin saccagé. Ils ont eu des plantes volées ou abîmées. Nous en avons discuté avec eux. Comme pour le massacre de la statuette de Lao-Tseu que j'évoquais successivement dans "La puissance du Néant" et "Par pure compassion", je finirai par croire que la beauté n'a pas sa place ici. Qu'une légion de gens l'ont en horreur. J'ai du chagrin pour les jeunes qui se sont donné tant de mal. Ce n'est vraiment pas les remercier pour leur travail. Aussi, comme pour Lao-Tseu, par solidarité envers l'insulte qui leur est faite, je vais adopter une de leurs réalisations comme avatar pendant un certain temps.

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Il s'agit de ce petit bonhomme-là, qui ornait un de leurs petits jardins et avec qui je me suis bien entendu puisqu'il m'a raconté pleins d'histoires de fleurs*;) Clin d’œil

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Dans une ville où on trouve une flopée de décharges comme celle-là, du vandalisme et du massacre, au fond c'est pas étonnant. Celle montrée ici a d'ailleurs une histoire gratinée dans le genre : je la découvre alors que je venais d'en nettoyer deux plus petites. Mes jambes ne tenaient plus le coup. Mais puisque ma moitié était avec moi, on a tout bien rangé dans le carton, et emporté ce qui n'y pouvait rentrer sauf le matelas sur lequel on a posé le carton. Il était 18 h. On repasse le lendemain vers 5 h du matin ; en route pour une séance photo ; et tout était éparpillé à nouveau !!! Du coup, de guerre lasse, on a renoncé, autre chose à faire. Heureusement, les agents de la ville ont tout nettoyé dans la journée, ainsi que plusieurs autres dans le quartier. Voilà, c'était juste pour illustrer mon propos selon lequel "je finirai par croire que la beauté n'a pas sa place ici" et "qu'une légion de gens l'ont en horreur".
Vous voyez ? Je pourrais bien disparaître que ça ne changera rien : il n'y a pas besoin de ce blog pour qu'un visiteur sensé ouvre les yeux et constate... Le nouveau maire veut donner une meilleure image de la ville avec d'autres recettes que celle qui l'a précédée. Ben la première chose à faire c'est de combattre les merdeux plutôt que de m'empêcher, moi, de gratter derrière eux. Quand je passe, si j'interviens, c'est toujours mieux après qu'avant. Ils aiment la crasse et le gaspillage les vandales. Ils s'y complaisent. Par une équation facile j'ai constaté qu'en règle générale ils sont contrevenants à bien d'autres règles... Je ne sais si j'aurai l'occasion de l'évoquer. Si le blog devait s'arrêter, au moins vous aurez quelques belles images. Et si vous voulez voir les autres petits jardins,  ou ce qu'en ont laissés les merdeux, allez à la Brèche à Niort côté Avenue des Martyrs de la Résistance.

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