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« Vision qui n'est pas coutumière sous nos latitudes, hier matin rue Mellaise. Une façade, aux fenêtres et balcons de laquelle s'alignait un chapelet de linge à sécher, certains vêtements sur un cintre, d'autres pendus à une balustrade. En général, le passant moyen, confronté à ce genre de décor éphémère, ne peut se retenir d'éprouver une certaine gêne » écrivait Théo hier matin (17/07/14). Cette fois ci je ne le suivrai pas ! A moi cette ambiance un chouïa circumméditerranéenne me sied en ce qu'elle offre un décor populaire méprisé de nos jours au profit du paraître qui se traduit par tortiller du cul pour chier droit. Des vêtements propres qui sèchent au vent est un gage de soin et d'hygiène. Tout le monde n'est pas petit bourgeois appointé par un emploi stable et n'a pas de jardin clos ou de séchoir nucléaire en complément de l'indispensable machine à laver. D'ailleurs tout le monde ne possède même pas cette dernière, les laveries automatiques font toujours recette mais il en est même qui n'ont pas les moyens de se les payer. Relativement à la rue Mellaise, c'est à boire et à manger qu'on y trouve, et si j'y connais de vue une brave dame qui balaie son bout de trottoir jusque devant chez les voisins et enlève les canettes et autres détritus que des indélicats laissent à traîner ; au point qu'il est toute une portion de ce secteur où je ne ramasse jamais rien, moi, le chasseur de décharges ; il est d'autres endroits où la dégueulasserie est quotidienne. Le nombre d'intervention à cet endroit, je ne les compte plus, et pourtant je renonce souvent. C'est là que j'ai trouvé un canon de carabine évoqué dans un précédent papier, mais ce n'est qu'un détail... La photo d'illustration d'en-tête est une des dernières. J'ai récupéré ce qui est récupérable, rangé proprement le reste... Quelques heures aprés y'avait un autre dépôt plus gros que le précédent ! Dans le tas un grands miroir brisé et des petits meubles. Ces derniers, c'est un autre gars, biffin occasionnel, qui les a embarqués : je l'ai vu faire, on s'est croisés. Je lui ai laissé le tout... Je suis revenu à cinq plombes le lendemain... J'ai trouvé un troisième dépôt ! J'ai mis un peu d'ordre et emporté deux bricoles recyclables. Alors s’inquiéter de linge qui sèche... Ça a le mérite de prouver qu'il y a des gens propres dans cette rue ; pas que des dégueulasses.

lampe-nuit-recupIl est vrai que dans certaines villes on fout en taule ceux qui font ça lorsqu'ils ne peuvent payer la lourde amende. Nos flics et nos tribunaux n'ont rien de mieux à faire ? Parmi ces villes éprises de « propreté » visuelle discutable, un certain nombre qui ont des relents de démagogie brune. Je préfère un tee-shirt agité par le vent en guise de drapeau, que tous ces chiffons en têtes de ramassis de mercenaires partout dans le monde qui au nom de Dieu, de la "laïcité", de Karl Marx, de la patrie ou de l'ordre vont égorger le voisin pour lui imposer la façon correcte de penser et se comporter au profit de la mainmise financière... On appelle cela la guerre. Derrière un foulard séchant au vent il n'y a bien souvent qu'un(e) pauvre (esse) bien pacifique et soigneux.
La rue Mellaise et adjacentes ont bien d'autres sources de nuisances que s'en prendre à ces gens là. J'y ai trouvé trois cabas remplis de déchets la semaine dernière, directement au sol, par terre. Il arrive même qu'on y trouve la lumière ; pas celle des frères du même nom (encore que...) ; sans pour autant que ça m'éclaire sur les méandres des approximations des neurones de certains autochtones.. Il y a de quoi s'interroger. Tenez à l'endroit du dépôt montré en en tête, c'est une poche avec des médicaments et des pilules contraceptives mêlés à des papiers et des rebuts divers que j'ai déniché ce matin. Encore une fois, la énième puisque mon pharmacien m'est témoins qu'il n'y a pas trois semaines que nous lui avons rapporté un grand cabas plein à la gueule de drogues diverses. Sans mon intervention ça partait en décharge ordinaire et par lessivage atteignait les nappes phréatiques. Après on s'étonne que l'eau est polluée ! Parce qu'au bout de chaîne c'est vous qui les avalez ces produits. On les retrouve dans les rivières (j'en ai déjà parlé), c'est avalé par les poissons, et même si vous n'en mangez pas, les animaux d'élevage, eux, en mangent de la farine. Ils boivent l'eau contaminée etc... Je ne suis donc pas convaincu que ce soit dans quelques guenilles agitées par le vent qu'il faille chercher l'effet papillon de la rue Mellaise.

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A propos de papillons justement, ils comptent au nombre des pollinisateurs menacés. Mais il n'y a pas qu'eux ; quoique j'ai été choqué qu'on détruise les arbres à papillons rue Victor Schoelcher ; ça ne suffit pas, même si ça y contribue, à les décimer. Je n'ai jamais trouvé autant de pollinisateurs morts que cette année. Par poignées entières, et ceci près des fleurs souvent. Qu'est-ce qu'elles ont nos fleurs ? On y met quoi ? Le phénomène est-il global ou local ? Il n'y a pas assez des abeilles mais aussi des oiseaux qu'on massacre à grande échelle avec nos produits non ? C'est cela l'effet papillon : chaque merde petite ou grosse que vous lâchez dans la nature a des conséquences à l'infini qui nous retomberont sur la tronche à terme. Chaque merde, de préférence celles qu'on ne voit pas : les saloperies dont vous arrosez vos plantes et pelouses pour qu'elles aient l'air propres... Et non pas du linge propre qui sèche à une fenêtre.

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