hirondelles 85Les arbres perdent leurs tifs et les fleurs pleurent, à flots de pétales fanés, les beaux jours échappés à tire d'aile à la poursuite des martinets et des hirondelles. J'ai vu des oies m'annoncer le retour de la nuit qui étend son manteau sur les matins blêmes et crépuscules ensanglantés. De sinistres lanternes trembloteront bientôt aux quatre coins des carrefours pour mieux signifier aux chrysanthèmes que leur temps n'est plus de maintenant et que nous sommes au royaume de l'épouvante où la déraison résonne dans les cratères fêlés. J'y traîne la misère de mes espoirs brisés. Les chaînes de la santé délabrée et de la pauvreté m'ont crucifié sans espoir de résurrection. Je voudrais m'endormir pour ne jamais me réveiller, échapper à l'implacable destinée, dégât collatéral de votre monde déboussolé.

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La photo d'une vitrine sympathique à Niort ; la Malle aux idées ; par nostalgie de rêves inassouvis du temps d'avant où je rêvais d'un monde merveilleux que je n'imaginais pas encore aussi méchant malgré des confrontations déjà cruelles, pour le petit garçon que j'étais, comme par exemple la mort d'un copain fauché sur un passage piéton sous mes yeux (j'avais 8 ans) ou celle d'un cocker au même endroit, voire de ma compagne de jeu, une chienne, qu'on a lâchement empoisonnée.

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Il y a quelques jours on m'a engueulé sur Tweeter au prétexte que si les gens sont ainsi dégueulasses  c'est parce qu'ils ont des problèmes parait-il. La donneuse de leçon appartient à cette catégorie qui fait tout porter aux gouvernants, et aux riches aussi, sans prendre conscience que nous sommes tous individuellement et collectivement responsables de notre Terre et de notre devenir. Il est des contraintes imposées par le sommet de la pyramide, certes, mais nos comportements d'économie et de respect ne dépendent que de nous mêmes. Les gens ont des "problèmes" ? Mézigue itou ! Et des sacrés ! J'suis malade incurable, sans ressources et je ne me comporte pas comme ça ! Mieux, je nettoie... Et au cours de ces pérégrinations il m'est arrivé plusieurs fois, quoique rarement évoqué et encore moins montré, de trouver un cadavre d'animal jeté comme une vulgaire bouteille. Il est vrai qu'une majorette vide on appelle cela un cadavre ; mais de là à faire l'amalgame effectif, il y a un océan ! Encore dans ces cas les animaux étaient-ils morts. Mais il y a pire...

 

Il y a ceux qui les jettent vivants ! Ça j'ai pas encore trouvé personnellement. Du moins pas en poubelle. J'aurais préféré faire la promotion de Pet-Alert Deux-Sèvres dans d'autres circonstances. Mais j'étais tellement indigné par cette affaire que je n'ai pu m'empêcher de leur décerner un satisfecit à la case "respect" et tout mon dégoût à ceux qui ont traité l'animal comme une vulgaire boutanche ! Le simple fait qu'on puisse agir ainsi traduit cette culture du dérisoire qui sert de moteur à une proportion importante de la société. Heureusement qu'il y a quelques braves comme eux pour s'en soucier...

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Parce qu'il y a les animaux... Mais aussi des bébés qu'on jette vivants. J'ai eu des échos d'un dans un container à verre tout  récemment ! Et aussi il y a ceux qu'on congèle, qu'on enterre, qu'on abandonne... Ca me fait penser aux moeurs de la Rome décadente en perdition, où à ces périodes de misère où les pauvres ignorants abandonnaient leurs enfants n'importe où ; là trouvent les racines des légendes d'ogres qu'on évoque dans les contes, et qui sont une manière imagée de raconter qu'on faisait commerce de n'importe quelle chair animale ou humaine. La légende de Saint Nicolas traduit la lutte d'un évêque anatolien contre ces pratiques. Plus tard Saint Vincent de Paul lui emboîta le pas. Eclairs de conscience dans la sauvagerie n'en déplaise à ceux qui ne voient pas la lumière dont étaient porteurs de nombreux missionnaires dont ces figures ne sont que les faces visibles et, en quelques sortes, "médiatiques". Combien d'obscurs oubliés les imitèrent ? Mais pour les animaux il n'y eût pas grand monde en dehors de Saint François et ses frères jusqu'à la création laïque de la SPA. Même s'il y en eût et je n'ai guère le temps de chercher mes sources. Actions isolées, courageuses, individuelles. Le plus horrible dans l'affaire qui me sert d'exemple est que c'est un petit trognon tout gentil qui a été jeté, sans défense. On l'a voulu comme un jouet et on l'a balancé comme un rebut ! Quand l'amour n'est qu'envie, pulsion et humeur, c'est que la psychologie de l'individu se désintègre et s'abîme dans la culture du dérisoire.

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