2 octobre 110Un arbre majestueux et naturel qui orne mon quartier depuis... depuis ? Il était déjà là bien avant que je n'habite la ville... Un arbre c'est tout un symbole et une symbolique aussi. Il y en avait un comme ça devant ma maison natale. La tempête de 99 l'a fauché... Plus rien n'a jamais été pareil depuis. Il nous était lié, et lorsque nous avons ; ensembles, j'habitais encore la maison ; connu des déboires tels que nous avons failli boire le bouillon, il s'est desséché sur pied. Pour repartir de plus belle lorsque nous avons vu poindre un rai de lumière. Le mal était fait, irréversible ; on ne guéri jamais de ses blessures ; mais le navire était hors des grosses turbulences. Ressuscité il a poussé comme une asperge, dominant la masure de sa haute stature. Je repense à mon arbre, que j'avais planté avec papa une veille de Noël, quand je vois celui là, et je l'admire. Il domine mon quartier. Un arbre c'est la vie, c'est aussi une âme bienveillante, à l'unisson de l'ambiance, de la souffrance, de la joie. Un vieil arbre c'est un Bouddha, un sage contemplatif. Pas très scientifique tout ça direz-vous ? Que m'importe ? Scientifiquement c'est un maillon de la biodiversité que nous menaçons de nos activités dont les dégâts collatéraux sont dénoncés ici à longueur d'articles. Y a-t-il un espoir de la sauver cette biodiversité ? Quand on sait que la prise de conscience collective s'est amorcée parallèlement à la promotion du moyen de la tuer, et la pousser dans ses derniers retranchements, et où s'est développé le moyen de l'asservir jusqu'à la détruire. 1986, premier plan OGM en plein champ de tabac, mais il y avait longtemps qu'on trifouillait le vivant ; avant même les OGM tels que nous les connaissons ; Jean Rostand fabriquait des salamandres à six pattes, des grenouilles monstrueuses. D'autres développaient des clones à partir de fragments de plantes traitées à la colchicine. (source : Science & Vie d'époque)

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Un rai de pure lumière sur un banc d'abri-bus, comme un arc-en-ciel après la tempête ; espoir que peut-être un jour les transports en commun seront autre chose qu'un faire valoir et un moyen réservé aux gamins ? Pourquoi faut-il que pendant les vacances scolaires les transports soient réduit de moitié et complètement décalés ? Un travailleur ne peut compter dessus, de ce fait, pour assurer un emploi, sauf à avoir des horaires de fonctionnaire de bureau (parce que les flics, entre autres, sont loin d'avoir des horaires de fonctionnaire ! Par exemple). Développer les transports en commun serait pourtant indispensable pour désengorger nos embouteillages et justement réduire l'empoisonnement de notre biodiversité, sa destruction, et le volume de nos déchets, de l'épuisement des ressources etc...

Notre tour d'ivoire est fragile.

 

J'intègre ici la publication Face-Book d'un contact tant elle illustre bien ma pensée, mon sentiment face à la vie comme face à l'avenir de la Terre. Comme un oiseau sur la branche, sous la pluie ou dans les intempéries. Toute la fragilité de la vie illustrée ici.

Notre Terre a cela d'exceptionnel qu'elle a généré ce qu'aucun monde connu n'a su engendrer. Généralement on vous assène l'immensité de l'univers et on vous dit qu'il doit bien y avoir la même chose ailleurs ; mais qui vous en apporte la preuve ? Hormis des spéculations gratuites. La réalité fait souvent mentir la science spéculative à base de statistiques. Je me souviens de vieux livres parfaitement sérieux, qui peuplaient Vénus de sauriens de type diplodocus et de jungles amazonniennes. Vous n'avez pas conscience non plus du caractère extraordinaire de notre monde ; combien de facteurs improbables président à sa gestation et son aboutissement. Les réunir même approximativement ce serait comme tirer deux fois de suite les mêmes numéros de l'Euromillion et qu'ils gagnent à chaque fois le pactole.

Ce n'est pas qu'au calendrier des saisons que nous sommes à l'automne. Par nos bêtises nous avons presque tout détruit et nous continuons consciencieusement au nom de la "liberté" ; comme si nous étions libre d'autre chose que d'habiter le plancher des cochons et nous conformer à ses lois qui ressortent de la physique comme de la biologie mais aussi de multiples interractions subtiles dont on n'apréhende pas le centième.

Hubert Reeves soi-même constate combien nous sommes ignorants et combien nous nous sommes monté le col sur nos prétentions à appréhender la réalité. Yves Coppens l'autre jour dans une émission radio faisait le même constat dans son domaine particulier : lui aussi maintenant doute que le schéma élaboré soit sans faille.

 

Et pendant que vous pleurnichez au moindre bobo, à la moindre fin de mois un peu serrée ; j'écume votre gaspillage éhonté destructeur de notre monde ; je viens encore de dénicher un téléphone presque neuf et un bidon de sirop de menthe, après celui de fraise d'il y a une semaine, c'est pas mal ; "détail" relativement à tout ce dont je parle ici, et ce dont je ne parle pas ; conscient que tandis que vous pestez parce que votre bagnole n'est jamais assez propre ; d'autres n'ont même pas l'eau potable, rongés par des maladies, cernés par la misère, la guerre, tandis que nous gaspillons leurs ressources pour notre incurie. Ce sont ces ressources que je me bats pour préserver ; mais plus encore la beauté du monde qui m'enchanta enfant et aujourd'hui me fait cruellement défaut.

 

Ce temps de l'enfance où la généreuse abondance ne demandait que le travail, la peine qu'on se donnait. L'enfant sur le Tweet ci-dessus, c'est un peu la copie conforme de mon enfance.

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Notre vie est à l'échelle du cosmos aussi éphémère que celle d'un papillon, aussi fragile. Notre "civilisation" ne représente que la caresse d'un voile de gaze qui tenterait d'user une montagne de bronze. Nous sommes comme des enfants qui jouent sur une plage, le sable file entre nos doigts, tandis que nous tentons d'édifier quelques pâtés maladroits que nous canonisons château-forts, nous imaginant chevaliers terrassant des dragons mais appelant maman dès qu'un crabe dérangé file entre nos jambes. Nous arrachons les pattes des mouches, nous croyants maîtres de la vie, et clouons au pilori ceux qui nous font remarquer nos dérives et incuries. L'environnement ça va, quand ça ne manifeste aucun signe ostensible troublant la vue des sectateurs de la pensée prétendument apolitique dominante, celle qui profite au confort, intellectuel et physique, du sommet de la pyramide.

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C'est pour défendre ce biotope fragile, avoir des arguments qui montrent que nous sommes tous responsables que j'ai fait ce blog. Au fond, je l'ai aussi fait par amour, par compassion, quand on regarde bien. Ça durera ce que ça durera... Un petit prout dans le vide en somme. Un moment prochain il s'arrêtera faute de combattant. Mais c'est une autre histoire. En attendant c'est son anniversaire... Je pense à Éric qui se demandait, il y a quelques années déjà, comment je faisais pour trouver les mots. C'est pas difficile : les mots : c'est vous qui me les fournissez.

BAPTISTE V