ballonEncore un ballon à traîner ; c'est le douzième de la semaine que je ramasse. J'ai abordé le sujet des baudruches plusieurs fois en soulignant qu'il est le même que les poches. Ça semble vous passer largement au dessus de la tête et pourtant je suis loin d'être tout seul à me préoccuper du sujet. C'est loin d'être propre à Niort !
J'emprunte à PlasticsEurope cet extrait : Chaque année 4 milliards de tonnes de déchets sont produits dans le monde. Ainsi qu’il le souligne dans l’Avant-Propos de son livre, la croissance exponentielle de la population, la mondialisation et la croissance économique, engendrent des quantités de déchets considérables. « 80 à 120 tonnes de déchets chaque seconde qui, souvent finissent en mer. » Si l’on tient compte du fait que 80% des déchets marins viennent des continents, on comprend mieux l’ampleur du problème. Ce sont en effet pour lui 450 à 500 000 tonnes de macro-déchets qui sont rejetées. Toujours selon ses estimations, 30 à 40 000 tonnes de micro-plastiques flottent sur l’océan mondial, réparties en 5 zones (gyres). Sur cette masse de déchets d’une très grande diversité, une part significative est constituée de plastiques qui viennent se déposer sur les plages, se dispersent en mer et se retrouvent sur les fonds marins. Parmi ceux qui flottent à la surface, il constate que ce sont à 75% des déchets plastiques. Si 4/5 des déchets marins sont d’origine terrestre, quelque 6 millions de tonnes de débris sont directement rejetés par les navires. 4/5 des déchets marins sont d’origine terrestre, précisent-ils, ce qui vous rend responsable de 4 sur 5 suivant votre niveau en combinant particuliers et entreprises confondues. En général les entreprises n'éparpillent pas comme vous le faite, c'est groupé en tas ou en bennes, même si j'ai croisé bien des décharges sauvages en nature qui leurs étaient dues. Un regard sur les stats (clic) à l'échelle du temps, vécues "en temps réel" comme on dit aujourd'hui, sont effrayantes ! J'ai lu qu'on prétendait nettoyer les mers récemment. Vous y croyez vraiment ? L'intention est louable, mais de l'idée à la concrétisation... Et aboutir. Parce qu'il ne suffit pas de nettoyer ; il faudrait des siècles ; faudrait peut-être arrêter d'en rajouter, et avant de gueuler sur ceux qui en déposent, cesser soi-même et nettoyer ce qu'on peut au risque du mépris, de l'agression, de la critique. Il faut le courage d'agir même si c'est une goutte d'eau. Ne pas attendre les autres. « Soyez le changement que vous voudriez voir dans le monde »" disait Gandhi. Partir devant, c'est ce que je fais à la mesure de mes petites forces et moyens. Je ne dis pas "Qui m'aime me suive" ; je ne cherche pas à vous séduire ; mais : "Qui aime la Terre me copie" ; la Terre n'a pas de parti, elle est le vaisseau qui ne risque de s'écraser que si nous le pilotons comme des gougnafiers.

 Tout cela vous parait loin ? Vous vous souvenez de Xynthia? Des tonnes de déchets avaient été éparpillés dans la nature et on traitait de pillards ceux qui nettoyaient ; comme si les autorités avaient les moyens de tout enlever alors même qu'une bonne partie venait aussi de la mer et que de toute façon la majeure partie était bon pour la benne sauf à reconditionner des morceaux. Mais comme je l'ai écrit ce dimanche sur FB à un autre propos : " Le cynisme et la violence, le mépris et la dérision sont au pouvoir" ; mais comme le montre un Tweet capté ces jours derniers, il n'y a pas besoin d'une tempête pour que des tonnes de déchets débarquent dans nos ports ou sur nos côtes.

J'avais abordé récemment la mort de la biodiversité réduite de moitié ces dernières décennies ; cette pollution maritime d'origine terrestre n'en n'est pas innocente. Ceci dit, je vous exhorte à marcher en avant, à agir, parce que plus nous seront nombreux plus nous aurons une chance de faire pression sur ce monde et ses meneurs qui nous entraînent dans une danse de mort. Ne pas attendre une illusoire "révolution", comme le font les trotskystes qui considèrent qu'il faut d'abord abattre le capitalisme ; et remplacer une avant garde autoproclamée par une autre(1) ; avant de s'occuper d'écologie ; la planète aura le temps de crever dix fois d'ici là ; je parle d'écologie réelle, concrète ; pas de ces éructations démagogiques à vues électoralistes non plus que des fantasmes d'agités qui en prennent prétexte pour chouchouter leur violence et fantasmes mortifères. Les trotskystes ont eu néanmoins la lucidité, ils ne sont pas les seuls, de souligner que tandis que nos élus encensaient Christophe de Margerie, la société Total était tout de même responsable de pas mal de dégâts comme par exemple la catastrophe de l'Erika ou celle de AZF Toulouse. Comme on le disait sur Tweeter : les mouettes portaient le deuil depuis longtemps ; la Bretagne aussi d'ailleurs ; et l'Afrique et... Et tiens, AZF, on vous a dit que tout avait été fait... J'ai appris plusieurs années après que des gens parmi les plus modestes n'avaient pas été relogés. Ce sont toujours ceux du bas de l'escalier qui font le plus les frais des catastrophes. Cela souligne, si il en était besoin, que l'écologie a une incidence sociale et qu'elle conditionne l'avenir, donc les mises à sac et révoltes de demain, quand ces hordes de laissés pour compte se sentiront à bout. D'autres partent sur des radeaux de fortune et votre seule réponse est le rejet ; de la confrontation geste de la haine et de la violence, en raison même de la thanatoculture dans laquelle se vautre le cochon auto-proclamé maître de l'univers. Avez vous conscience que c'est à cause du ballon de baudruche que vous avez laissé à traîner ?

VOL_pollue

(1)« les peuples ne font pas les révolutions ils les subissent » a dit je ne sais plus qui. J'ai déjà écrit sur le sujet, et surtout, j'ai côtoyé quelques rescapés de régimes « révolutionnaires » de très près, par exemple Marxistes ; Ukrainiens d'avant la chute, Cambodgiens de Pol Pot, Vietnamiens et Laotiens mais aussi Argentins, Chiliens fuyant l’extrême droite par exemple. Je me fies plus aux larmes et confidences intimes de soirées de blues qu'à la propagande.