nuit-feu (5)Il me fascine cet arbre. Il a de la gueule non ? Pourtant, comme tous les vénérables de notre cité, il sera éradiqué au nom de la "sécurité" et plus encore de cette idée de vouloir mettre la ville ; selon les termes du maire ; "d'équerre" (avec un compas peut-être ?). Les vieux arbres sont pourtant une réserve de biodiversité considérable, un abri pour les insectes en voie de disparition ; papillons, déchettivores etc... qui sont une source de vie pour les oiseaux. Une ville sans oiseaux c'est une ville morte. Déjà j'ai vu abattre un vieux tétard en bord de Sèvre qui ne génait personne. Quand aprendra-t-on que les vieux arbres sont insispensable au cycle de la vie ? Si on veut mettre la ville au carré il y a bien autre chose à faire.

nuit-feu (6)S'en prendre à des dépôts sauvages comme celui-ci par exemple. Grosse vacherie : 8 jours qu'il est là ! A chaque fois que je passe devant je me dis "je vais l'enlever", le problème est qu'à chaque fois je suis occupé à autre chose qui nécessite que je ne me charge pas d'ordures... et au retour, j'oublie de repasser par là parce que je rentre par ailleurs, par nécessité ou machinalement. Bon, de toute façon, je ne suis pas chargé de nettoyer la ville hein ? C'est l'occasion qui fait le larron et j'interviens toujours de façon inatendue, même par moi. Tenez, par exemple, hier soir j'ai nettoyé sur le terrain de boules près de la place du port. Fait place nette. Un jeune m'a dit "c'est bien ce que vous faites", mais ne se serait pas sali les pognes alors qu'il y avait tout ce qu'il fallait à portée : containers et poubelles. Ceci dit il était un chouïa plus agréable que ceux de la navette un peu plus tôt, qui non contents d'emmerder tout le monde et d'agresser ma moitié qui leur a fait une remarque, ont refusé une place assise à une mémé qui peut vraiment plus arquer. Ma mère à coté, handicapée, c'est une sportive ! Le lien global entre citoyenneté et écologie ne vous apparait pas et pourtant, pour moi, c'est évident. Tout est intrinsèquement lié. Nous ne sommes pas nombreux à l'appréhender. Parler d'écologie, c'est parler d'autre chose en fait, c'est une vision globale. Je viens de dénicher un bouquin qui en parle, parmi tous ceux que j'ai. C'est le bouquiniste de la rue Gambetta qui me l'a donné. Il préfère donner ses invendus, ou invendables, avant de jeter, plutôt que détruire. Comme quoi y'a pas que des cons à Niort. Ca réconforte, heureusement. Ca s'appelle "Le macroscope" de Joël de Rosnay, sous titré "Vers une vision globale". Je ne l'ai pas encore lu, mais si je me fie à ce qu'il y a au dos, ça doit rejoindre pas mal de mes analyses. Bien avant lui, le bouddhisme considérait le monde comme une unité interdépendante. D'ailleurs toutes les sagesses ont apréhendé le monde comme unité ; même le christianisme ne vous en déplaise. Il n'y a guère que le consumérisme acculturé de ces dernières décennies qui a cloisonné les choses dans des petites boites. Système qui n'est pas à réduire seulement à la critique sociale comme le faisait Graeme Allwright. Il faut aller beaucoup plus loin. Mais je me demande si ça peut traverser la carapace de crasse qui blinde la conscience de la moyenne. Sans compter ceux qui en rajoutent... Tenez, cette nuit : feux de poubelle rue des 3 coigneaux (plusieurs poubelles) ; intervention police et pompiers. J'ai discuté avec les premiers d'ailleurs qui se demandaient ce que je foutais dans le coinstot. j'en ai profité pour les inviter sur ce blog. Je suis allé inspecter le tas de résidu, et c'est là que j'ai vu que ces poubelles avaient contenu beaucoup de gaspillage dont je me fais si souvent l'écho. Par exemple des oignons intacts, que l'incendie n'a pas consumé. Je me suis interrogé : l'incendiaire entend-il protester contre ça ? J'en doute fort ! D'autant que je crois que c'est le moment du ramassage dans le quartier il me semble... Et de toute façon, ce ne sont pas des méthodes ! Entre abrutis qui se combattent, on n'est pas près d'en sortir. Puisque je parle de gaspillage, je vais vous en montrer une excellente justement...

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Ça commence vers 4 plombes du mat ; hier j'étais trop crevé le soir pour sortir le déchet vert, alors je me suis levé tôt pour le faire, et puis, comme d'hab', les copains de FB savent que mon intuition est phénoménale, au lieu de rentrer bouquiner par exemple, ou faire la vaisselle, je suis parti nez au vent et je ne suis pas allé bien loin ; tout ce que j'ai fait ensuite est par surcroît, histoire de profiter de la douceur de l'air et entendre les premiers oiseaux. mais j'ai promis aux flics de publier les deux photos ci-dessus, parce qu'au fond, je peux pas m'empêcher de rigoler de ce coup-là malgré tout. Il complète admirablement l'histoire de nouilles que j'ai racontée à mes potes hier dans la journée. Avouez que c'est fort de café non ? Elles sont pleines les boutanches, pas ouvertes, mais le mieux de tout c'est qu'il y a une bio dans le tas ! Quand je vous dis que l'écologie ne se réduit pas au bio ? Quand je vous dis que beaucoup de prétendus écolos tortillent du cul pour chier droit et sont en fait des péteux, des pédants, qui se prennent vachement au sérieux, mais justement, parce qu'ils ne mesurent pas l'impact de leurs actes, ne voient pas les liaisons entre les choses, la globalité de la pensée nécessaire, on n'avance pas ?! Ces photos sont un détail, vous le savez bien mes habitués, surtout les potes de FB d'ailleurs. Combien de fois ai-je soulevé ce lièvre ? Photo ou non à l'appui. C'est dans le détail que se niche la solution globale (et non pas "finale" n'en déplaise à certains qui justement mélangent les torchons et les serviettes).

La ville a des projets d'une cité plus propre ; ça s'inscrit parfaitement dans l'action initiée par le département dans le cadre de la 6e édition de la Semaine européenne de réduction des déchets. Sur le principe pas de problème, maintenant faut voir ce qu'ils vont faire et quel sera l'impact. Tous mes copains savent que j'ai pas attendu qu'il y ait une telle semaine pour agir à mon échelle ; de même que je n'avais pas attendu Dominique Voynet et son "Nettoyage de Printemps" tombé en désuétude, pour prendre des initiatives. A l'époque je passais pour un glandu, aujourd'hui certains me prennent un peu plus au sérieux, mais ne se mouillent guère à de rares exceptions près. Il faut sortir de l'action de surface et repenser le monde en réalité. Repenser le monde dans ses valeurs fondamentales car c'est cela l'effet papillon et l'axiome de la table d'émeraude selon lequel ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et réciproquement. Manière d'exprimer l'interdépendance globale que j'évoquais plus haut.

 

Puisque nous sommes la journée de l'enfant parait-il ; je ne puis qu'évoquer leur sort, ailleurs dans le monde, souvent conséquence des inepties du notre qui brûle la chandelle par les deux bouts. Quand je vois ces enfants ; je suis tombé sur le tweet ci-dessus alors que je faisais une pause parce que j'étais occupé à trier des jouets de récup' ; dont les meilleurs seront donnés pour Noël ; et que ça me pelait sérieusement de voir tout ce gaspillage. Encore une coïncidence à pédale hein ? Je pense aussi aux enfants soldats, instrumentalisés pour sauter sur des mines, afin de défendre des intérêts financiers qui sont ceux des actionnaires des firmes dont vous gaspillez les produits, qui brûlent les ressources de notre planète, et dont ensuite vous vous débarrassez n'importe où. Ce matin j'ai dit à la police que je venais de récupérer des "Reader's Digest", mais y'avait pas que ça... Y'avait des piles avec. On nous fait croire que leur recyclage va bon train. Moi c'est par dizaines que j'en ramasse ; sans compter celles que j'ôte des vieux jouets irrécupérables, ou des appareils divers jetés n'importe où. Au fond, vous voyez, j'ai commencé avec un arbre, mais à quoi sert de se battre pour l'arbre si il est empoisonné par nos déchets ? Et si demain il n'y a plus personne pour le contempler et profiter de la nature ? Parce qu'à brûler la chandelle par les deux bouts et nous gargariser de valeurs dévoyées, nous pourrions bien, un de ces quatre, rejoindre le sort de ces malheureux qui crèvent dans des pays de famine, ou fuient sur des radeaux de fortune.

Vous verrez : "La misère pour tous", c'est pour demain. Et là vous arrêterez de me regarder de traviol. Enfin si, vous continuerez ; parce que je m'en sortirai mieux que n'importe lequel d'entre vous, habitué que je suis à tirer la langue et tirer parti du moindre bout de ficelle ; pour moi ou un autre.

pomme