PAIN-RECUPIci je démontre la réalité quotidienne de la pollution et du gaspillage. Je montre du pain perdu, inconsommable en l'état parce que trouvé au milieu de saletés. Ça ne représente qu'une partie du gaspillage que j'ai pu dénicher en quatre jours. J'en ai trouvé bien plus. Du consommable aussi d'ailleurs. S'il n'y avait que le pain ; dont Corpus Christi fut un des premiers papiers ici à le prendre avec ironie ; ce ne serait qu'un détail. Vous n'imaginez pas ce que je gratte à traîner un peu n'importe où... Trop souvent en plus des choses qui me sont interdites mais que les autres peuvent manger couramment... Je relève d'ailleurs que les consommateurs de marques sont de grands gaspilleurs. Et s'il n'y avait que la nourriture !

Il semble néanmoins qu'une prise de conscience se fasse et des velléités de lutte se mettent en place. Sauf que je crains que ce soit encore un gros piège à glandus où nous serons gros-jeans comme devant. Le but n'est pas de lutter réellement contre le gaspillage ; à l'heure où on cultive le sur-emballage consciencieusement, le packaging tape à l’œil, les produits à usage unique et/ou éphémères, les gadgets de pacotille, le non réparable ; le vrai but est de faire du fric avec ça et empêcher le pauvre de récupérer dans vos ordures.

Il est tout de même étrange qu'on multiplie la propagande ; j'ai lu maints articles sur le sujet prétendant parler de cas différents mais semblent tous recyclé de l'un sur l'autre à peu de choses près ; relativement à un prétendu syndrome de « Diogène ». Pauvre Diogène ! Ce grand philosophe provocateur s'inscrivait à l'encontre des « valeurs » de votre société de consommation et justement, rejetait l'accumulation de bien ou donc, de déchets. Platon l'appelait « le chien » parce qu'il mordait allégoriquement aux mollets d'une société qui souffrait des syndromes de la nôtre ; avec les moyens de l'époque ; ce qui provoqua sa ruine et sa perte. La propagande pour ces gens qui entasseraient les ordures chez eux n'a d'autre but que de stigmatiser ceux qui fouillent vos poubelles pleines de richesses. Je viens encore d'y trouver une clé USB, une demie bouteille de produit vaisselle et quelques stylos neufs par exemple. En stigmatisant les récupérateurs on mets dans la tête des gens que ce n'est pas normal d'agir ainsi. Comme si c'était déjà pas assez inscrit dans les neurones qui gouvernent vos attitudes méprisantes à leur endroit. Et parallèlement on fera passer les surplus par des circuits lucratifs, tout en enfermant un peu plus les pauvres dans une subordination proche de l'esclavage. Imaginez par exemple que lorsque vous êtes au RSA vous ne pouvez plus intervenir en ligne sur vos dossiers CAF ; « Votre statut ne vous permet pas de déclarer vos changements de situation » ; vous êtes obligé de solliciter une assistante sociale qui bien souvent patauge dans votre vie parce qu'il faut chausser les chaussures d'un pauvre pour comprendre les tenants et aboutissants de sa vie. Un pauvre est un irresponsable, un demi-demeuré aux yeux de votre société. On n'a pas évolué depuis le XIX° siècle dans le regard sur la pauvreté. Ce sont les riches, imbus d'eux mêmes, vautrés dans la dilapidation, qui induisent ce que l'ont dit du démunis ; cette « classe dangereuse » substituée au prolétariat muselé et formaté ; et que vous partagez largement en considérant, comme l'écrivait Flaubert : « Quand les basses classes voudront se débarrasser de leurs vices, elles s'affranchiront de leurs besoins » Les riches n'ont pas de vices, détourner des fonds, trahir son pays, ne pas payer ses factures, ce ne sont que des pratiques normales induite par la position sociale qui va de soi et bien méritée n'importe comment elle est obtenue. . Sauf qu'il n'y a pas que des pauvres qui récupèrent ce qui traîne, et que, si syndrome de « Diogène » il y a, c'est vous qui en souffrez ! Vous qui dégueulassez nos villes et notre Terre en entassant en décharges contrôlées ou sauvages tout ce que vous gaspillez. Vous dont les poubelles dégueulent et qui n'êtes pas capable d’aplatir un carton pour que ça tienne moins de place ! Les dégueulasses méprisables c'est vous les gaspilleurs, et non pas ceux qui essaient de gratter un peu de ce que vous condamnez au rebut avant que ce ne soit complètement utilisé. Vous qui ne laissez pas un recoin apparemment à l'abandon sans le joncher d'ordures. Il n'est pas de buisson, de terrain vague ou d'édifice délaissé, voire de massif de fleurs, qui ne soit dépotoir, en dépit de tous les ramassages, poubelles et décharges officielles ; ces dernières étant tout de même les vestiges les plus importants que découvriront sans comprendre les cyborg archéologues explorateurs des ruines de notre monde.

Vous n'avez pas compris que la Terre n'est pas votre « environnement », mais que vous êtes partie intégrante tout aussi menacée, tout aussi fragile. La TERRE est une chose EXCEPTIONNELLE et nous avons beaucoup de chance. Des scientifiques ont récemment démontré combien, en raison des sursauts gammas galactiques, la vie a peu de chance d'éclore quelque part en supplément des nécessaires conditions spatiales et géologiques que sont de se trouver dans la zone de point triple de l'eau et de réunir une atmosphère suffisante, des marées permettant la création de bassins lagunaires, et une stabilité toute relative mais étalée dans le temps. A propos, « sursauts gammas », ça ressemble étrangement aux effets de "nos" bombes à neutrons, ces armes de destruction massives destinées à tuer la vie sans détruire le matériel. Plus que jamais je me rends compte que l'épanouissement de la Vie, même regardé d'un point de vue matérialiste, c'est QUAND MÊME la concrétisation de la parabole du semeur. Dieu sème à tout vent, comme le Larousse ; les graines tombent un peu partout mais seules quelques unes ont ensemencées le terreau fertile aux conditions adéquates ; jeter en vrac de l'alphabet ne suffit pas à faire un texte, de même que quelques notes au hasard ne feront jamais une symphonie ou un chant d'oiseau harmonieux et significatif. Notre plancher des cochons est un athanor, la conscience en est la quintessence philosophale et nous sommes en train de la réduire à l'état de scories, nous qui, en tant qu'espèce interagissante ; consciente au point de pouvoir décider de l'avenir de toutes les autres, et de la notre ; en avions (avons) la responsabilité.... L’œuvre au noir du souffleur qui se prétends alchimiste... Un alchimiste d'opérette oui !

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