fleurs buisson« Moi de mai fleuri, moi de mai béni » écrit une de mes contacts sur FB. Qu'entend-elle par là ? Je ne lui ai pas posé la question parce qu'elle ne répondrait pas. Catholique fervente elle est enfermée dans sa bulle et ignore tout ce qui dérange son confort. Au contraire d'autres cathos qui s'engagent et se coltinent la réalité sociale, politique, écologique, selon le principe « aide toi, le Ciel t'aidera » et cet autre « sois le changement que tu voudrais voir dans le monde » ; elle attend tout du Ciel, le nez chaussé de lunettes roses, les yeux fixés sur un improbable secours invisible. Pas que je ne crois pas aux miracles ; sans parler de ceux que j'ai vus/vécus, qui défient toute raison, il y a ma vie qui est une sorte de miracle permanent. Mais si je ne me levais pas tous les matins à quatre plombes, ben on boufferait pas tous les jours voyez vous. Les gens n'ont pas conscience que biffer est aussi prenant et fatiguant qu'un job salarié avec juste cette différence que je fais une pause quand je veux, et où je veux ; et heureusement parce que ma carcasse ne tiendrait pas le coup. Je me rends compte qu'il n'y a plus d'espoir de sortir de ma condition à cause de ça : ma santé. Je suis vieux avant l'âge. Il me faut deux plombes là où je passais une demi-heure. Désespérant ! Je me traîne...

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« Ma vie qui est une sorte de miracle permanent » dis-je un peu plus haut et ce muguet en est une des manifestations. Il m'était impossible d'aller en campagne en cueillir.

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Les coins que je connais et où je suis autorisé sont trop loin et on a envoyé la bagnole à la casse, faute de moyens pour la réparer ; quant à en acheter quand le moindre euro compte, il ne fallait pas y penser... Mais ma prière fut entendue et dès le lendemain on m'a offert deux petits bouquets que j'ai réunis en un seul. Des personnes que je ne connaissais même pas, même de vue ! Le tapis dessous, c'est une carte du monde plastifiée récupérée sur un de ces dépôts sauvages permanents dont la ville a le secret. Posée sur une table qui m'a vu naître. Un des derniers vestiges de mes « tendres » (hem) années.

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Une rose, fleur par laquelle les anciens représentaient la connaissance intérieure ; celle qui ouvre la porte des « miracles » justement. Cette perception complètement oubliée, rejetée du monde actuel où les uns se noient dans un occultisme de pacotille ou de la croyance figée et sectaire et d'autres, la majorité, dans un matérialisme simpliste à la petite semaine où la matière est considérée comme une chose inerte, exploitable, malléable et méprisable à l'infini ; à l'heure où la science elle-même démontre que l'univers visible n'est qu'un faible pourcentage de la réalité qui est essentiellement vide parcouru d'énergie libre qu'on ne sait même pas appréhender correctement, les étalons de mesure n'étant que des outils imparfaits élaborés par notre partialité. Les connaissances matérielles sont si disparates et exponentielles dans leur diversité que personne ne songe à une synthèse transversale qui donnerait une vision globale de la réalité matérielle. Ce serait, il est vrai, un travail de Titan, à côté duquel l’œuvre de Diderot et d'Alembert apparaîtrait comme un exercice de maternelle. On pourrait néanmoins tenter un survol général et s’apercevoir que nos rêves d'une planète de rechange sont une grosse blague. On est loin, très loin des élucubrations de la SF en matière de voyages spatiaux. Le futur vaisseau habité occidental, Orion, est au mieux une capsule Apollo à peine améliorée et la science démontre qu'un long voyage spatial n'est guère bon pour la santé mentale et physique de l'homme. Mais on continue de guerroyer comme des crétins au nom d'intérêts mercantiles et d'idéologies instrumentalisées. On continue de brader les ressources et d'asservir le vivant à des intérêts et à le gaspiller. On interdit aux agriculteurs de ressemer leur propre récolte et les multinationales s’approprient le vivant que l'évolution a mis des millions d'années à produire, avec la bénédiction de vos élus et la vôtre qui ne réagissez pas plus que bovins en stabulation. Les effets de notre impact sur la planète sont pourtant désormais visibles à l'oeil nu, et je ne parle même pas de la disparition du dernier couguar ou du dernier rhinocéros de Bornéo ou du dernier rhinocéros blanc de d'Afrique du sud, non, juste les massacres ordinaires. Une série de clichés publiés récemment par le collectif américain Global population speak out, disent tout, ou presque, des maux du monde actuel.

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Et pendant qu'on essaie d'alerter les responsables politiques et financiers ; qui cherchent à récupérer nos campagnes à leur profit financier et leur image de prestige ; et conscientiser la population, le boeuf de service, bête à manger de la merde, continue de balancer n'importe quoi n'importe où de préférence sans se poser de question. Y compris, comme ici, du papier au pied du container à papier, alors même qu'il est vide ! C'est ma pomme qui a fait le ménage au bout de deux jours tant ça me sortait par les yeux.

Quand ce n'est papier c'est autre chose, comme du plastique par exemple. Par tonnes. Et y'a pas qu'à Niort hein ? J'ai déniché au hasard le Tweet d'un mec qui l'a fait à la volée depuis sa voiture en passant à Arcueil, un parmi des milliers d'autres. On entasse des déchets partout, sous le tapis, comme une autruche cache sa tête dans le sable, sauf que là, ce n'est pas une légende.

Dégâts collatéraux d'une société énergivore qui recule devant les alternatives et s'est asservie au nucléaire dont on connaît pourtant les risques, en dehors de l'entassement des déchets éternels dont on ne sait que faire. Le risque qu'une guerre, un tremblement de terre ou un météorite transforme n'importe quelle partie du monde en vaste Tchernobyl. L'autre dégât étant la condamnation à la misère d'une partie considérable des Terriens. On déplore des bateaux mouroirs qui coulent en mer, porteur des naufragés fuyant la folie d'une partie du monde à la recherche d'un improbable Eldorado. Naufragés que nous honnorons de notre mépris quand ce n'est pas de notre haine, et traitons en sous-hommes voire en criminels. Résister à cet état de chose devient de plus en plus difficile, chez nous comme ailleurs. La France vient, comme d'autres Etats, de se donner une sorte de "Patriot'act" qui place tous les français sous l'oeil d'un Big Brother qui vous désignera comme terroriste à la moindre parole de travers. Avec une "gauche" comme ça, on n'a plus besoin de droite, ni même d'extrème droite. S'ils ne l'avaient fait, d'autres l'auraient fait à leur place. L'heure est à la fuite en avant et l'aveuglement. Y a-t-il seulement un espoir ? Ce n'est pas de la peur comme le croient les autruches ; je suis moi-même si près de ma fin que j'en ai rien à foutre en réalité ; c'est juste le désespoir de voir qu'après moi il risque justement de ne plus y avoir que ruines où erreront quelques idiots à demi-fous. Ce n'est pas moi qui dit que la planète est condamnnée, ce sont les scientifiques eux-mêmes, tout matérialistes qu'ils soient, qui estiment que nous nous rapprochons de l'apocalypse.

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Il ne me reste plus comme perspective que profiter des dernières fleurs sauvages, là où elles échappent à la vigilance des équipe du nouveau maire qui en est encore au raisonnements du XIX° siècle à considérer que tout ce qui est sauvage est "sale" et "nuisible" et a entrepris de transformer la ville en cour de caserne. Sauf pour les dépôts sauvages cachés... Là par contre, ça débloque salement. Je risque d'en parler un de ces quatre, quand j'aurais un moment. Pour les herbes folles, à Part Amaury Breuillé, l'élu vert d'opposition, il n'y a pas grand monde pour s'en soucier localement. je me dis qu'ailleurs, ça doit bien être pareil. Je vais souffrir dans les années qui viennent de cet absence de vraie nature et regretter Vierzon ou Melun où j'avais la forêt à portée de bus. En prime, cette année, les martinets n'ont même pas niché dans la maison d'en face, ce qui était ma consolation. Mais les martinets n'aiment pas les maisons vides. Elle a été désertée courant février. Il semble que quelqu'un de la maisonnée est été hospitalisé, de nuit, j'ai vu l'ambulance en action ; puis ils ont disparus. Les enfants ont déserté l'école du quartier, l'herbe a envahi la cour à l'abandon et les volets, là où il y en a, restent clos. Une lumière est restée allumée à une fenêtre de la maison désertée pendant 3 semaines.

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Un jour, à titre d'expérience, j'ai publié la photo de cette fenêtre sur tweeter et le lendemain quelqu'un est venu éteindre. Bizarre. Cette maison sent la mort. Les martinets n'aiment pas ça. Maintenant, pour en voir, il me faut me trainer du côté du donjon par exemple. Quand je n'ai pas trop mal aux guiboles. Nombre de nids d'hirondelles aussi, que je connaissais, sont à l'abandon et tombent en ruines. Les rois du ciel comme les pollinisateurs, et tout particulièrement les abeilles, sont en train de disparaitre à une vitesse inimaginable il y a seulement trente ans, sauf par quelques farfelus comme moi. Vous vous en foutez ? Le résultat sera que demain, en dehors de quelques produits standarisés produits par ingénierie génétique, vous n'aurez plus rien à bouffer, ni de fleurs dans vos jardins. La Terre ne sera bientôt qu'un champ de ruines et cela ajouté à mes problèmes perso ne m'encourage guère à vivre. Vous vous racrochez à des illusions de sens qui sont autant de voiles sur une réalité essentielle : nous n'avons qu'une seule planète, et une seule humanité. Je n'aspire plus guère qu'au vide et à l'absence, mais je reste un sale môme qui vous emmerdera avec ses considérations tant qu'il vivra. Et tant pis si vous n'êtes pas assez intelligents pour piger que ce n'est pas de la peur et me prenez pour un pouilleux. Le monde que j'aurais souhaité n'existera jamais. Il y aura trois visiteurs sur cette page, je les connais, et tout continuera comme avant, tandis que je trainerai la patte à la recherche d'une survie qui me pèse de plus en plus.

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