LUNE (21)La nuit porte conseil à certains, moi elle tendrait plutôt à jeter le trouble dans ma comprenoire des réalités tangibles, surtout quand je traîne ma besace de blues le long des trottoirs désolés en quête de vestiges méprisés au milieu desquels surgit parfois une miette de bonne fortune pour mes fouilles en faillite. Côté fraîche ça a été la déferlante ; entre le loyer trimestriel du box, le courant auxquel nul n'échappe parce que c'est obligatoire, les impôts locaux, dont ne sont absolument pas exempts les démunis, contrairement à ce que colportent les ragoteurs de tous poils et les autres douloureuses... Et encore heureux qu'on a eu un coup de pogne salutaire ! Sinon ce serait quoi ? L'apnée dans les égouts ? Pendant ce temps ça jette à tout va tout et n'importe quoi chez les geignards du pouvoir d'achat.

IMG-20151013-06041

IMG-20151013-06039

IMG-20151013-06036

BIFFE 9 octobre (3)

Entre quelques denrées consommables et quelques objets et livres, nous avons sauvés pas mal de choses d'une fin lamentable ces jours derniers en dépit de nos crèves carabinées et nos tristesses démobilisantes. Il est vrai que certains bouquins, comme « l'alphabet du bon citoyen » de Bertrand Russell, me semblent, en tous cas celui-là, du papier noirci sans grand intérêt, voire un pénible torche cul aux formules lapidaires et simplistes et aux dessins crados, à première vue. Mais il y a aussi du livre de poche en bon état (TBE même) et de la BD d'auteur, chez Casterman, état neuf. Pas de ces « comic's books » US, tirés à la chaîne, où le personnage appartient à la firme et où les dessinateurs sont juste des prolos à peine améliorés. Et puis de la papeterie. Cette manie qu'ont les gens de jeter stylo, crayons et autres fournitures... Nous venons de doter plusieurs personnes aux budgets serrés en ce domaine. Le dernier colis sera livré en principe Samedi... Le tiroir n'est pas plutôt vide que nous avons commencé à le regarnir, déjà ! Le gaspillage est omniprésent, omnipotent, omnichiant. Le gaspillage volontaire, comme évoqué ici, comme le gaspillage de matière première à dégâts collatéraux. Je viens de dénicher, ENFIN, par exemple, un papier qui évoque les dégâts des ballons que j'ai tant de fois évoqué sur mes blogs. On interdit les poches, marrant, ça obligera les gens à les acheter, mais tout le plastique universellement présent dans tout et partout ? Tenez par exemple : malgré d'intenses recherches, je n'avais pas réussi à trouver une bouilloire qui ne soit en plastique et made in china (le voyage planétaire de TOUT est aussi source de pollutions et nuisances)... Il fallu qu'un jour je trouve une poche trop encombrante pour la poubelle de ville qu'elle occupait (Hé oui) pour que je foute la patte sur une en métal made in France ! Même pas entartrée ! Quasi jamais servi. Y'a pas, on peut réinventer la chanson en remplaçant un brin les paroles ; histoire de droits d'auteur, j'viens d'avoir des emmerdes avec ça ; « Tout est au top m'dame la baronne, tout est au top » ; pis comme ça, en réinventant les paroles, on s'ra au top chébran de la majorité qui entrave que d'chi au français de Voltaire et se contente de six cents mots à son bréviaire laïc.

oeuf-detoure_3

C'est pas l'Amérique ce qu'on trouve, mais un Eldorado qui tenterait bien des naufragés à la dérive de ces pays qu'on fuit par tous les moyens pour essayer de venir grappiller quelques miettes sous les horions de vos auto-justifications d'une identité que vous avez pourtant vendue à l'encan ; transformant la vertu en péché et la vilenie en « liberté » obligatoire sous peine de poursuites. Et nous, nous regardons ce Titanic sombrer tandis que les flots charrient vos gaspis rebaptisés détritus. Navigants en solitaires ou en tandem, d’îlots de débris en tas qui fait tache, comme le gros rouge de vos tables médiocres. Pauvres ères traqués par ailleurs par vos ami(e)s les moins recommandables. En ce moment on est harcelés par téléphone par un imbécile qui s'est inventé un roman ; ivrogne et camé, c'est une référence ; et quelques autres sur le net, sur le bigo, ou carrément sur la rue... Vous vous auto-justifiez par le genre, la laïcité ou l'identité « chrétienne », mais n'importe la couleur, l'odeur reste la même...

croix goth 3

Tandis que pour deux chrétiennes, ce sont dix musulmans, hindous et autres qui nous ont donné à manger en voyant qu'on avait faim ou contribué à faire face à nos frais. Je veux dire sans y avoir été invités, spontanément. Ceci de façon générale. Et nous continuons de surfer sur la déferlante de votre décadence. Cette nuit encore nous étions comme deux fantômes hantant les vapeurs de vos remugles, et c'est là que le trouble est venu perturber ma comprenoire. Parce que nous ne nous contentons pas de récupérer l'utilisable, nous nettoyons parfois... Prés d'un container à emballage une boutanche en plastoc consciencieusement jetée à trois mètres à peu près. Il n'y a pas de vent, rien ne bouge alentour. Mais la canette soudain se prend d'une danse de saint Guy toute seule ! Spontanément, et pivote sur elle-même à la manière de l'aiguille d'un antique compas de marine pour que son goulot se retrouve orienté en direction du container justement, et de se stabiliser comme ça comme pour me dire « oublie ton mal au dos et fous moi là-dedans »... Ce que j'ai fait bien sûr... Mais cette manifestation ne cesse de troubler mes méninges. Les nuits de biffe sont des nuits baroques ou l'impossible lui-même devient réalité, comme dans ces contes pour enfants où les jouets se mettent à parler. Mais au fond, ne sommes nous pas des enfants rêvant à la féerie de nos utopies, égarés dans la réalité de vos cauchemars jouissifs ?

cagouille Lumiere