LE CIEL ET LA MER 5"Entre l'acier et le bitume entre le béton et l'asphalte
Et qui ne sauront peut-être jamais que la terre était un jardin

Il y avait un jardin qu'on appelait la terre
Il brillait au soleil comme un fruit défendu
Non ce n'était pas le paradis ni l'enfer
Ni rien de déjà vu ou déjà entendu
"(1)

 motif 1

L'homme est un animal sauvage domestiqué par la société, qui saccage tout sur son passage. Il y avait un jardin, Phénix extraordinaire, Graal de l'univers.

On a tout massacré ; des beautés du passé il ne reste que des pièces de musée.

 

BISON 95

 

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Ici un bison (européen) avachi dans un enclos, tel un bœuf à l'étable, là un rapace nourri à la main ; et quelques autres, lâchés par des ornithologues ou amis de la nature nostalgiques, qui planent en rond au dessus d'élevages concentrationnaires de volailles dites « de plein air » qui ont perdu tout instinct de fuite,offrant des proies faciles, massées près de leur entrée, effrayées par l'espace et la liberté, comme les beaufs de « Hexagone » (Renaud Séchan) ; ou quelques oiseaux épars qui viennent picorer la boule de graisse industrielle dans son filet de plastique polluant dans votre jardin nourri aux herbicides.
On a tout massacré ; certains par pure inconscience tant l'ignorance est un lot universellement partagé. D'autres de façon délibérée, par souci de profit ou simplement par volonté de faire table rase du passé et anéantir cette idée, au nom d'une illusion de liberté, chevillée au cœur des ancêtre que la vie était sacrée, œuvre d'un Dieu qu'on déclarait imaginaire ou, si d'aventure il existait, voulait tuer (Sartres). Voire au nom de la science dévoyée ou interprétée. Rien de plus agaçant que le suffisant mépris de l'homme de science ; ainsi le médecin qui vous rencontre pour la première fois et prétends mieux vous connaître que vous-mêmes.(2)

 

Ciel CHRIST 2

 
"S’il y a quelque chose capable de détruire,
Je m’y jetterai à corps perdu,
Quitte à mener le monde à la ruine.
Oui, ce monde qui fait écran entre moi et l’abîme,
Je le fracasserai en mille morceaux
A force de malédictions ;
J’étreindrai dans mes bras sa réalité brutale,
Dans mes embrassements il mourra sans un mot
Et s’effondrera dans un néant total,
Liquidé, sans existence : Oui, la vie, ce sera vraiment cela !"(3)
 Récurrente manie de détruire ce qui a précédé comme pour se forger une virginité au prix d'un holocauste ou un autodafé. Qu'une idéologie ou une croyance l'emporte et on se prends d'une frénésie de massacre avant de réajuster les loques et oripeaux d'hier rebaptisés en salmigondis de novlangue.

 CONFESSE

Une grande majorité d'humains ne se soucie de rien, si ce n'est de soi et basta ! Je me suis fait cette réflexion, une nuit où il pleuviotait, contemplant une bagnole garée pour confesse ; fallait-il que le péché soit grave pour être aussi pressé. Mentalité allant de pair avec tous ceux qui jonchent nos rues de menus déchets qu'on s'efforce de faire disparaître quand on peut. Cette nuit là, traînant mon insomnie et mon mal de dos, j'en ai rempli un cabas.

Prochaine opération citoyenne de ramassage des déchets à Nemours le 20 mars

Posté par La tribune libre de Bleau et d'ailleurs sur mardi 8 mars 2016

Nous sommes des centaines de fourmis ; armée minoritaire face à la masse ; à lutter pied à pied contre la première nature de l'homme : détruire et dégueulasser. Un pan tout entier de l'archéologie se construit sur les déchets qu'ont laissés ceux qui ont précédé. La découverte du trésor ou de la cité préservée, de la riche tombe d'un prince ou les restes du Temple sont les cerises sur le gâteau, la fève que le roi d'un jour a la chance d’attraper dans une immense assemblée.

La planète est un vaste champ d'ordures ; certaines régions du monde sont des décharges à ciel ouvert... Nous luttons...

Posté par Sabda Palon sur mardi 16 février 2016

A défaut d'éliminer des nuisances plus vastes comme les déchets nucléaires par exemple...
Le péché originel est sans doute une allégorie légendaire, mais l'ultime péché,lui, est une réalité ; plus que la dénaturation de l'homme et de la vie, tant qu'il reste une flamme et une souche saine quelque part, même fragile et minime ; c'est le nucléaire, chaudron de l'enfer, boulet attaché à nos pieds pour l'éternité. Accomplissement ultime de cet atavisme de mort porté par l'homme qui saccage tout sur son passage.

Calque 9 confort au boulet 1

J'ai le blues d'un jardin qui n'a peut-être jamais vraiment existé ; un jardin imaginaire.

 araignee metal

 

(1) « Il Y Avait Un Jardin » - Georges Moustaki

(2) la science elle m'avait condamné à la naissance, et ce n'était pas qu'une hypothèse. Ce fut ma première blague, près de 60 piges que ça dure

(3) Karl Marx – poème « Le ménestrel »