MOI (3)Vieux hibou perché sur un frêne agité par le vent, j'abîme mon regard voilé de regrets sur le rougeoiement des cendres encore chaudes du feu qui brûla mes jeunes années ; à l'ouest un vieux coq à la voix éraillée salue le lever d'une aube grise et blafarde. Celle d'un petit matin désenchanté où les moutons de Panurge en cohue dispersée et confuse seront toujours les artisans instrumentalisés des incendiaires et cuisiniers d'une soupe toujours indigeste.
Ma marginalité m'a toujours distanciée du reste de l'humanité même si il fut un temps où j'étais beaucoup plus entouré, "intégré", j'étais tout de même un loup solitaire ; même accompagné. Je lisais sur FB l'annonce d'un événement autour du Cyclo-voyage ; à Bruxelles ; et je souriais en repensant à ce temps où, en parfait décalage avec le temps, j'étais adepte de la pratique. A une époque où l'amour de l'autoroute, de la nationale sept et du camping bourgeois étaient en plein essor. On regardait mon vélo comme on regarderait un ovni et moi comme si j'eusse été tout vert et couvert d'écailles. Ça ne m'a pas empêché, avec les moyens du bord ; un vélo que j'avais gagné à 14 ans à la force du poignet et des sacoches souples dénichées chez un petit vélociste ; de tracer des milliers de bornes par petites routes et sentiers. Le charme de ces routes de verdure où je surprenais souvent la faune, où j'admirais la flore. Ces nuits merveilleuses, loin de tout, sous les étoiles, la lune, dans mon duvet posé à même le sol. Ces réveils dans la rosée ou sous la pluie, le café lyophilisé froid au réveil, souvent. Nostalgie. Ces douches prises à la sauvette dans des installations municipales qu'on trouvait encore parfois, des gares ou des campings. Ces toilettes faites à la pompe des villages, sur la place, et où les gens se demandaient quel sorte de clodo j'étais. Blues.
Mais aussi le cœur qui grondait quand de multiples fois avant de poser mon bivouac, je jouais à la femme de ménage pour nettoyer l'endroit et me chargeais d'un sac bien tassé que je déposais au premier village venu à la poubelle de la mairie ou de la salle des fêtes. Pourtant il me semble qu'il y en avait moins qu'aujourd'hui... Il est vrai qu'il était difficile d'avoir une vision globale en un temps où les écologistes n'étaient qu'une minorité inaudible.

80.000 tonnes de déchets dans la nature en 2015. L'équivalent de 8 Tours Eiffel !

L'association "Vacances propres" appelle à une prise de conscience des citoyens à la veille des congés d'été, alors que plus de 80.000 tonnes de déchets sauvages ont encore été abandonnés au bord des routes ou sur les plages de France en 2015.

http://www.sciencesetavenir.fr

Aujourd'hui on en parle de l'écologie, mais les comportements ne se sont pas améliorés et ça atteint des proportions inimaginables et désespérantes. "80.000 tonnes de déchets sauvages ont encore été abandonnés au bord des routes ou sur les plages de France en 2015" dit l'article en lien ci-dessus. Je me demande quelle est la base du chiffre que je pense sous évalué, dans la mesure où des tonnes de décharges ne sont jamais nettoyées et d'autres nettoyées, comme je l'ai évoqué plusieurs fois ici, par de vaillants militants souvent ignorés. 

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Je crois cependant que la véritable écologie, c'est celle d'une époque où on en ignorait le nom. Un temps où les gens s'identifiaient à leurs métiers ; le moindre étant honorable ; plutôt qu'à leurs spécificités de moeurs ou ludique ; inscrits dans un tissu social et économique solide et local. Une économie circulaire où on gaspillait le moins possible. Les chopines, le verre étaient recyclés en consigne. Les vêtements, qui avaient souvent été réemployés et ravaudés jusqu'à la corde, finissaient en chiffons reconvertis au bout de la chaîne en filasse, en papier. Les ferrailleurs passaient dans les fermes et récupéraient le métal hors d'âge, rouillé même, qui était refondu en bout de chaîne. On s'accrochait aux choses qui duraient au point que le recyclage n'allait pas toujours de soi spontanément, même si on nous payait la matière au contraire d'aujourd'hui. Je me souviens de mes larmes d'enfant lorsque j'ai vu casser à la masse la cuisinière à bois qui m'avait vu naître. Même si je lui dois peu et je le savais. Elle s'était éteinte à ce moment où ma pauvre mère était seule par obligation, et je suis né mort dans une pièce glaciale, étranglé par mon cordon. Plus tard je faillis être asphyxié, parce qu'elle s'était mise à refouler la fumée. Ce qui nous a amené à mettre un chapeau au conduit du toit pour éviter que quelque chose tombe à nouveau dedans. Néanmoins j'y étais attaché. Elle était bien plus jolie, avec ses antiques rondeurs, que la suivante. Ca m'a tellement marqué que je me souviens encore qu'on nous l'a payée 50 FF de l'époque. C'est dire !
Tout cela s'inscrivait dans une économie circulaire qu'aujourd'hui certains essaient de réinventer. Mais il n'y a plus les réseaux et infrastructures ; il n'y a plus la liberté de commercer le déchet en petites entreprises. Les derniers à l'avoir pratiqué furent les Gitans et autres Manouches. Surtout les Kaldérashs d'ailleurs. Mais les circuits sont de plus en plus clandestins, la matière première confisquée par les grands groupes ; ce qui amène certains à voler pour essayer de continuer à vivre néanmoins de leur métier.
Paradoxe d'un monde où on prétends inventer une société "durable" et où on gaspille tout, y compris les hommes.

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En ces temps d'économie réellement circulaire, même l'illettré accomplissait les gestes propres à préserver les ressources sans y penser et correctement. Aujourd'hui, où l'instruction est obligatoire jusqu'à 16 ans ; une multitude de bourgeois de base, j'ai ciblé en plus mes photos là, ne sont pas fichus de lire une notice de tri. Ici une poubelle sensée contenir du verre, et une autre sensée contenir de la verdure, reliefs de pelouse sam'suffit, de repas, de haies.

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Nos trottoirs et nos pelouses, comme nos campagnes, sont de véritables dépotoirs. La charrette rouge comme la poussette sont bien des dépôts sauvages ! Mais la poussette, je l'ai laissée sur place... J'en ai déjà dont je ne sais pas quoi faire, alors je me suis dit : soit les gars de la ville la mette à la benne, soit quelqu'un la récupère, basta !

Des lendemains de Guinguette qui déchantent...

Le matin, les quais de Loire reflètent de triste manière le succès de la Guinguette : " Parfois, on ne voit même plus le sol ", témoigne un agent de la ville.

http://www.lanouvellerepublique.fr

Gros beauf dégueulasse ne peut s'empêcher de signer son passage. Le troupeau de gorets dénoncé ici en Touraine se retrouve partout. Nos lendemains de la fête de la musique ou de n'importe quelle manifestation festive ou militante ne valent pas mieux. Et en matière de militance, je l'ai relevé y compris dans des manifs écolo, y compris ici, à Niort.

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Le gaspillage s'étend même à la nourriture ; j'en ai maintes fois parlé ; même aux gourmandises ! Les sachets métallisés, ce sont des petits gâteaux. J'espère que vous voyez la date. Le pot contenait les boules. Et on me parle de misère pendant ce temps. J'y suis dans la misère ! A me demander comment je vais vivre non pas dans quelques jours, mais quasi demain matin...  Mais même au temps où j'avais du fric ; au point de vivre à l'hôtel, circuler en taxi et faire l'aumone par dessus le marché (oui, ça a existé), je n'aurais jamais jeté un gâteau ! Ni même un quignon de pain rassis ! Oui, parce que ce luxe cachait tout de même un camping gaz où je faisais la tortore en loucedé malgré l'interdit... *;) Clin d’œil Mais tout de même...
Trop de gens ne comprennent rien à rien. Et ne veulent même pas comprendre. La preuve en est encore une fois faite ici. La photo du chiffonnier, j'aurais pu la trouver dans mes vieux bouquins, qui ont plus de cent ans pour certains, ou mon encyclopédie des vieux métiers et la scanner. Mais je l'ai volée, oui ! C'est rare de ma part, mais c'est une vengeance méritée. Je l'ai volée sur une page FB qui évoque le temps passé. Mais pour eux le temps passé c'est juste un regard d'amateur de vintage. Quand je leur ai évoqué cette économie circulaire des temps passé dont je parle, et dont j'ai connu la fin, en mettant le lien vers ici pour comparer avec le gaspillage de maintenant, ils m'ont censurés ! L'idéalisation du passé comme un brassage de remous nostalgique uniquement, ça ne m'intéresse pas. Ce que je vise c'est rapporter au temps présent ce qui pourrait, dans les méthodes, améliorer nos rapports à la durabilité des ressources. Je ne suis pas un vieux con qui rejette tout en bloc. la preuve ; conformément au serment que j'ai fait en 1983, j'ai appris l'informatique et je m'en sers ! A l'époque, j'ai subi une batterie de tests et je ne sais quel ministre venait de promouvoir l'idée d'enseigner l'informatique. On m'a demandé si j'avais peur de sa généralisation et ce que je ferais dans ce cas. J'ai répondu que je l'apprendrai, et m'en servirai pour mes luttes, car c'est au coeur du système qu'on peut porter des coups, pas en dehors. On m'a rit au nez. Quoi ? Avec mon vulgaire certificat d'Etudes primaire j'allais apprendre l'informatique ? Je vous laisse juge... Les montages et gifs de certains articles, ici comme sur Crobardures, montrent si besoin était que je ne me suis pas contenté du clavier. Mais aussi ma capacité à recycler les vieux engins. Il y a deux PC à la maison... L'un deux est un cadeau d'un pote, un vieux machin, avec lecteur de disquette. Il tourne en window 7 aujourd'hui et est dédié aux administrations, recherches d'emploi etc... D'aileurs le dernier courrier à Pôle Emploi (Paul chomiste le fumiste ?) va leur porter un gnon... Les PJ étaient trop lourdes pour la Boite Mail... Du coup je leur ai créé une url pour y accéder directement *;) Clin d’œil. J'avais déjà fait le coup à la CAF lors d'un contrôle fiscal ; ça les a soufflés *:P Tirer la langue. Comme quoi j'ai tenu mon serment, et les rieurs, j'aimerais les revoir aujourd'hui *:)) Marrant. D'ailleurs le PC en question, le pote avait perdu la clef du windows qui était une version d'essai... Ça fait des mois que j'ai résolu le problème sans débourser un liard, que de toute façon je n'ai pas ! *:)) Marrant Je mets cela en avant pour montrer qu'il n'y a pas besoin de sortir de Saint Cyr pour s'adapter aux réalités. Parce que faut bien voir que même mon CAP, je l'ai eu en candidat libre, adulte, quelques décennies après mon CEP qui de toute façon était une fin de cession ; il était en survie dans notre département, mais déjà disparu sur la plupart du territoire.
Alors, moi l'ignare des ignares, j'ai pigé l'essentiel. Je ne comprends pas que des gens qui ont usés leurs fonds de culottes sur les bancs de l'école laïque, voire privée et confessionnelle, soient incapables d'additionner deux euros ! Parce qu'au delà d'écologie, c'est de ça qu'il est question aussi ! Au niveau global : une économie circulaire se montre économe des ressources ; et le citoyen qui ne gaspille pas aura toujours plus à disposer à la fin du mois ! Dix balles c'est dix balles, et avec, mon chéri, tu peux te payer un bon verre ou ce petit machin qui te fais envie depuis si longtemps et que tu dois toujours repousser ! Voire ça te banque la pizza que tu enfournes en regardant le match *:)) Marrant.

Au delà des petits pois qui ne réfléchissent pas à l'avenir de leurs descendants ; il y a les écolos d'opérette qui au lieu d'analyser le fondamental, s'attaquent à des moulins à vent qu'ils prennent pour des géants (se conférer à Cervantès), les accusant d'être des statues de l'Ile de Pâques préoccupées de téléporter les pyramides égyptiennes place de la Concorde sous les ordres de lézards mutants. *:)) Marrant
Pendant ce temps, la grenouille qui se prélassait dans son bocal, cuisant doucement à court bouillon, s'est voulue aussi grosse que le boeuf (se conférer à La Fontaine ou Esope) qu'elle aspirait à être depuis que le Général l'avait traitée de veau, et du coup elle a éclaté. Se réveillant un jour de Saint Jean d'été avec la gueule de bois des petits matins blêmes.

24 juin 2