saint_Hilaire 1908 (1)3 h 45, nous sommes sur un banc devant Saint Hilaire, Niort... Quelques bagnoles passent, ça n'arrête jamais dans cette ville ; je me souviens, Melun, à pareille heure il n'y avait personne, pas un chat, excepté au sud du centre où une péniche boite de nuit attirait du monde mais où beaucoup venaient à pied, et un bar aussi, ouvert toute la nuit du côté de l'ancienne poste, où je n'ai mis les pieds qu'une fois. Mal famé, une bagarre avait éclaté et j'ai dû m'extraire avec les copines qui m'accompagnaient à coups de chaise !! Le surlendemain les collègues ; j'étais nouveau dans le coin ; m’affranchir que fallait pas foutre les pieds là. Je me suis demandé comment ce machin pouvait bien rester ouvert ! Il l'était encore quand j'ai quitté le comté. En dehors de deux ou trois points noirs, Melun était mort. Je me demande où vont ces bagnoles ? Le rush pour aller au travail c'est plutôt entre 5 h et 7 h. Ils ont des sous à brûler... Les noctambules sont rares aussi cette nuit. Il n'est pas rare de croiser des jeunes plus ou moins excités d'habitude. Pratiquement pas de zonards. La nuit ils se planquent... Enfin planquent... Quelques jours plus tôt j'en ai vu un qui dormait le long de l'entrée de la gare. Pauvre homme dans mes âges. Emmitouflé dans une couverture, son cabas de supermarché usagé pour oreiller. Il aurait pu en trouver des neufs à traîner pourtant. Je venais précisément d'en récolter un. Il dormait à poing fermé. Quelqu'un avait déposé un gâteau emballé dans du plastique près de sa tête. C'est gentil. Mais aussi cautère sur jambe de bois hélas, mais douceur pour cœur en détresse. Je repense à lui, là, tandis que la fatigue m’engourdis un peu. Je suis cassé tant j'ai marché au delà de mes limites. Bientôt nous le rejoindrons, le gars, lui et tous ses pareils.

Le nombre de SDF a augmenté de 50 % en trois ans

Le 1 er février 2014, soixante ans plus tard, les 283 groupes d'Emmaüs France lanceront un nouvel appel dans plusieurs villes de France. Si le nombre de mal-logés a diminué dans l'intervalle - il est ainsi passé de 54 % de la population à moins de 10 % -, la situation est toujours préoccupante.

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Chaque SDF a son naufrage, différent du voisin mais toujours issu d'une incapacité à s'adapter à la féroce réalité qui n'est pas ; comme le distillent les Iscariotes avides de 2017 ; l’œuvre spécifique d'un gouvernement, que je ne prise guère, mais pas plus ni moins que les précédents, le fruit vénéneux d'un contexte global de civilisation en faillite. Les États sont à la discrétion de la spéculation boursière, tous, et acteurs du nivelage idéologique doublé de l'enfermement du caniveau dans la rigole qu'on lui impose.

L'outil de la criminalisation de l'altérité prends bien dans l'opinion. Celui qui vit son rite, parce que la conviction ne peut s'exprimer que dans le rite sinon c'est lettre morte ; ou celui qui a échappé au contrôle social par exemple ; je nomme là le pauvre qui fouille vos rebuts pour survivre, ou fait la mangave, ou les deux ; est criminalisé. Ça évite au peuple de regarder ailleurs. En particulier du côté de la planète qui crève des mécanismes mortifères imposés. Le pauvre, fustigé du doigt et de la parole, et jusqu'à l'immonde émission "rue des allocs" qui vient rajouter une louche aux convicitons de la vindicte. Mettant récemment l'accent sur l'alcoolisme, comme si il n'y avait que ça dans la misère ; nombre de pauvres sont sobre et j'en fait partie. Mais aussi : vous, vous avez vu votre gueule ? Votre trogne ? On m'avait demandé un certain type de pots en échange d'un peu à manger... Ne trouvant pas en dépôt sauvage dans un premier temps, je suis parti en chasse... De préférence les poubelles de gens bien placés socialement que j'ai explorées, me disant que eux avaient plus les moyens de ça. 1770 poubelles explorées, j'aurais eu de quoi remplir un semi-remorque de bouteilles d'alcool ! Et pas du petit lait, non ; du wiskie, de la vodka, et des apéros en tous genre ; certains dont j'ignorais l'existence; des pinards invraissemblables et bien sûr la sempiternelle bière... Des consommations qui vont jusquà plusieurs litres par jour et par personne sur une partie de la population bien rangée. Et mes pots ? J'ai fini par les trouver, un matin, tout un lot... dans une poche par terre sur un trottoir ! Dans une rue pauvre, près de chez un pote. Mais ce n'est pas lui qui les a posé, ils me les aurait donné. La dernière fois qu'on s'est vu il m'a filé des croissants.
Nos océans et nos cieux qui charrient du fret par millions de tonnes pour alimenter des marchés de gaspillage intensif où les dividendes spéculatifs ne se jouent en réalité qu'à la marge. Production agricole intensive dont les revenus sont ceux des marges résiduelles, aux coûts de production souvent supérieurs à ceux de vente, et des subventions supportées par les consommateurs gaspilleurs par ailleurs. Parce que c'est ça le pire : sans le gaspillage que je dénonce, les marchés s'écrouleraient ! Ils contribuent à la destruction d'une partie des excédents ; en particulier d'une monoculture industrialisée, non rentable et destructrice écologiquement.
Nous sommes les grains de sable criminels, nous qui avons monté tout un échafaudage de ruses pour en récupérer quelques miettes. Miettes qui sont autant de trésors pour nous que tant foulent au pied, méprisent ou agressent.

 

Lidl : des fruits moins chers mais au prix de vies humaines

Avec un chiffre d'affaires de 80 milliards d'euros en 2014, la marque allemande Lidl, réélue " enseigne préférée des Français " en 2015, a de quoi financer des campagnes publicitaires pour rafraîchir son image de marque discount. Et elle ne s'en prive pas !

https://mrmondialisation.org

 

Crise agricole : " Beaucoup ne passeront pas l'année "

Ludovic Jarriault au côté du préfet Michel Gutton hier dans l'un des bâtiments d'exploitation. Le Gaec, qui vend son lait pour le beurre d'Échiré et sa viande directement au consommateur, envisage de céder une partie de son cheptel pour passer la fin de l'année. Été noir pour l'agriculture, qui traverse une crise historique.

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consignes

La destruction écologique dont je parle dans Canal-Décharge est le fruit de ce système dévoyé. L'un ne va pas sans l'autre. La conquête féroce des marchés passe par l'esclavage des uns, avec les retombées délétères sur leurs vies, et la destruction de l'emploi pour les autres, avec la misérabilisation des coûts pour servir du « moins cher » à la masse consumériste qui geint après le pouvoir de consommer et mieux jeter une partie conséquente de ce qu'elle achète. Je pense à toutes les tâches automatisées aussi, tout particulièrement dans les emplois peu qualifiés qui étaient conséquences directe du mécanisme des marchés et permettaient à une importante part de la population de survivre. On voit les supermarchés se défaire des ELS par l'automatisation des caisses, ou la livraison de colis se délester sur des sortes de « consignes » automatiques au péril de vandalisme et braquages. Par exemple. Il est d'ailleurs comique de voir qu'on a suprimé les consignes à bagages pour voyageurs, au prétexte de terrorisme, trop de pauvres s'en servaient de base arrière pour garder quelques menues affaires en réalité et qu'on mets ces trucs là où pourrait être caché n'importe quoi. 

L'impact de l'homme sur la planète résumé en 10 images choc

Ces clichés, publiés par le collectif américain Global population speak out, disent tout, ou presque, des maux du monde actuel. We Demain en publie une sélection, extraite du livre "Overdevelopment, overpopulation, overshoot". Le livre du collectif Global Population Impact est disponible ici.

http://www.wedemain.fr

Est-il encore possible de construire autre chose dans ce tissu où les âneries ont plus de place que la réflexion logique ? Je suis au bout du rouleau de mon combat pour ma part. Il est des aspects que je ne puis aborder franchement, c'est trop dangereux, tant l'aveuglement est grand. Cesser de détruire la Terre ne suffirait pas. Faudrait-il encore réparer ce qui est réparable. Est-ce possible ?
Pendant que le monde gronde et se fissure, vous chassez le pokémon ; jouer à ça ou autre chose n'est pas le problème fondamental ; ce qui l'est c'est que notre système où le ludique tient lieu de conscience pour faire oublier la souffrance humaine et écologique continuera de déverser son lot de naufragés sur les trottoirs et de grignoter le peu de biodiversité qui subsiste.

lune 2008 1947b