31 août (7)Je ne sais pas vous, mais moi, une maison délabrée ouverte à tout les vents la nuit, dans une rue tortueuse, ça me titille toujours un chouïa. Je ne passe pas devant sans un minimum de précautions et sur mes gardes. On ne sait jamais trop ce qui peut en sortir, et comment ça peut se passer. Surtout ici où une certaine zone grenouillant dans les squats de fortune et les paradis artificiels n'a pas besoin d'armes conventionnelles pour vous offrir un aller simple chez Borniol. Ils règlent ça à coups de pelle, de chien, de barre à mine. C'est pas mon invention, c'est la presse locale qui l'a rapporté. On est bien avec ça. Je suis sur mes gardes mais ça ne m'empêchera pas d'y passer. J'suis pas du genre à m'en laisser conter non plus hein ? J'évite l'afrontement autant que faire se peut, mais si faut y aller, ben, faut y aller hein ? J'avais déjà publié cette photo, j'aurais pu la refaire, je suis passé devant à midi aujourd'hui ; tout ça pour constater que le dépôt évolue mais est toujours là, la porte baille toujours. Je ne me risquerai pas à l'intérieur. Pas mon genre. Si je devais squatter, tant qu'à faire je choisirai plus discret et isolé déjà ; ensuite j'ai des réticences à entrer dans une maison où je n'ai pas l'autorisation sans nécessité impérative. J'ai tout de même risqué un oeil par la porte et constaté qu'un matelas est au sol qui n'y était pas. Je soupçonne quelqu'un, mais le problème est que ça fait plus d'un mois que je ne l'ai vu zoner dans le coin. La dernière fois que je l'ai vu, il squattait des cagoinsses publiques dont il a dû être chassé : quelqu'un a cassé la serrure de la porte ! Il se maquille des tas de trucs glauques comme ça, un peu comme dans toutes les villes où il y a des zones à l'abandon et une population interloppe et/ou misérable un peu boder-line. Je ne chasse pas sur ces terres là. Même si je biffe, j'ai pas besoin de ça pour faire des trouvailles qui me défrisent.

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On trouve au hasard des rues des sacs, des cabas, abandonnés près de poubelles ou de containers, ou même isolés sur un trottoirs. Ils peuvent rester plusieurs jours en place parce que la municipalité ne ramasse que si ça a l'air de pouvoir être intéressant... Sinon, ils ne prennent pas. Mais sous la merde on peut trouver des trésors. Celui là contenait deux petites poupées de déco genre folkloriques et un lot de médailles en sus d'une paire de godasses en très bon état au mitan des autres éventrées. Beaucoup de boulot pour moi qui embarque en moyenne quatre à dix cabas comme ça par semaine. J'alimente ainsi des poubelles juste avant qu'elle soient relevées ; l'utilisateur et les éboueurs n'y voient que du feu. Mais j'ai de temps à autre, et plus souvent qu'on le pense, ma récompense.

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Par exemple au fond de l'un d'eux ; sous un lot de fringues usées jusqu'à la trame ; une lampe frontale qui va me rendre de grands services. Les piles, des lithiums 3V, étaient sensiblement très fatiguées ; mais j'en avais une poignée en bon état, récupérées sur d'anciens PC ou appareils abandonnés sur les trottoirs. Les nouvelles piles des PC actuels sont double de grosseur. Ce modèle date du temps des Win 2000 et XP. Elles sont meilleures que ce qu'il y avait, et de loin. En attendant hein ? Parce que ça vaut entre 3 et 5 balles une pile comme ça ! Plus cher que vaut la lampe ! Mais voilà, ça fait encore, si je n'étais passé par là, des piles jetées n'importe où avec pollution à la clef. Le nombre de piles en tout genre que je colle au recyclage, c'est pas croyable ! J'en ai déjà parlé... Entre les sapes bonnes pour le chiffon et la lampe, y'avait un Tshirt neuf encore dans son emballage !!! Cadeau qui n'a pas plus ? Possible. Tout le monde n'aime pas les inscriptions en caractères gothiques. Reste que neuf et propre, ma chérie a réussi ce matin à le troquer contre un chouïa de nourriture. Je pourrais donc vous trouver des preuves... Il est possible aussi que le proprio du sac m'ai vu l'embarquer... L'occupant de la bicoque devant laquelle trônait le sac partait au travail comme quoi j'étais occupé à l'explorer... Proprement selon mon habitude : deux cabas ; un où je colle ce qui me plaît pas, un où je colle ce qui me botte à première vue devant moi. Après il y aura un deuxième tri de ce que j'ai retenu. L'autre cabas est bouclé dans un sac et direction une poubelle. Du travail, de l'organisation, de la propreté : je suis un biffin raffiné haut de gamme*:P Tirer la langue.

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Les surprises sont parfois tout à fait incongrues. Je ne supporte pas les canettes en verre sur les parkings. C'est un vieil atavisme ! Un jour on a crevé une roue comme ça, du temps où on avait une tire. Depuis j'avais toujours quatre bombes anti-crevaison dans le coffre ! Dire que le jour où on a liquidé la bagnole, on a voulu les donner les bombes, personne n'en voulait ! Les gens me regardaient comme un demeuré. Ils ne voyaient pas l'utilité de ce truc là. Le jour où ils auront loupé un rencard vital ou une journée de boulot à cause de ça, ils verront si je suis si con. Et donc, je venais de ramasser des canettes en verre sur un parking. A proximité il y a une poubelle à verre qui trône là depuis des mois, voire plusieurs années me semble-t-il. Le long d'un mur aveugle, elle semble n'appartenir à personne. Toujours à demi-pleine. Pourtant elle est vidée de temps à autre, parce que j'en mets dedans et je ne suis pas seul à le faire. Souvent j'ai dû ôter des canettes en métal, des sacs en plastique, de dedans, parce qu'il y en a qui font à peu près n'importe quoi. Et ce jour là, ben quand j'ai voulu mettre les boutanches, j'ai trouvé ce seau dedans ! Il puait à cinq mètres ! Absolument crado. Je l'ai tout de même embarqué. J'ai bien dû faire trois bornes pour rallier la première pompe publique ; j'avais sur moi une bouteille de produit d'entretien où il restait un bon verre que j'avais ramassée un peu plus tôt. Du coup j'ai lavé le seau et fait la lessive de sacs et cabas dégueulasses trouvés un peu plus tôt. Ayant un seau pour faire office de cuvette, je n'ai pas gaspillé d'eau.
Je pourrais vous en raconter des tonnes comme ça...

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Les dépôts sauvages, ça s'entasse jusque sur les toits des containers. Celui-là par exemple... Et dans la poubelle de maison jetée, une collection de multiprises tout à fait utilisables. J'en avais déjà un bon paquet, ça s'ajoute... Que voulez vous, on collectionne ce qu'on peut. Moi ce sont les multiprises en ce moment *:)) Marrant. J'en ai de tous les genres ; plus ou moins sécurisées. Celles-ci sont garanties "NF" ; ça date m'enfin bon, ça peut toujours servir.  Comme quoi la montre dont je parlais récemment n'est qu'un épisode parmi une myriade. Vous vous étonnez que je m'interroge sur votre santé mentale après ça ?

Pollution : le cerveau endommagé

En partant d'observations concluant à la présence de différentes substances polluantes dans notre environnement (pesticides, plastifiants, résidus de médicaments, etc), et en analysant des données montrant leurs effets sur le développement hormonal, Barbara Demeneix est parvenue à une conclusion inquiétante : les capacités intellectuelles des générations futures sont sérieusement compromises.

https://www.franceinter.fr

J'évoquais l'idée d'un abrutissement de l'homme récemment à cause de toutes sortes de facteurs chimiques notemment ; une émission récente abonde dans mon sens.
"En partant d’observations concluant à la présence de différentes substances polluantes dans notre environnement (pesticides, plastifiants, résidus de médicaments, etc), et en analysant des données montrant leurs effets sur le développement hormonal, Barbara Demeneix est parvenue à une conclusion inquiétante : les capacités intellectuelles des générations futures sont sérieusement compromises." Nous dit-on dans "La tête au Carré" sur France Inter... Ils n'ont pas vraiment conscience que c'est déjà commencé. On ne se contente pas de gaspiller les choses, on gaspille l'homme.
Sur une redif de journal de France deux sur Pluzz, j'ai vu que des robots à 25 000 € pièce remplaçaient les tailleurs de vigne sur les grands domaines viticoles . Et que ça se répand très rapidement. Tailler la vigne, il y a des gens pour qui c'était le seul moyen de travailler dans l'année ! Ça leur permettait de revaloriser ou ne pas épuiser leur droit au chômage, et en dehors de ça, ils ne trouvaient rien ! Seul moyen de survie. J'en ai connus, dans le Jonzacais, le Cognaçais, le Bordelais, le Beaujolais. Tailleur de vigne, c'est un art, ça ne s'improvise pas en plus. Tout l'hiver dehors, et une partie du printemps, par quasi tous les temps. Pénible, mais ça permettait de vivre un peu.

Les agriculteurs ont enfin leur tank : ce monstre robotique va labourer leurs champs

Quand la robotique rencontre l'agriculture, cela crée un tracteur autonome à l'aspect particulièrement intimidant... Présenté par CNH Industrial lors du salon Farm Progress 2016 dans l'Iowa, le monstre abrite 419 chevaux et atteint une vitesse maximale de 31 km/h.

http://dailygeekshow.com

Mais on va plus loin... Entre les drones qui traitent et surveillent les cultures, et l'arrivée des tracteurs automatiques, il n'y aura bientôt plus d'hommes dans les champs. Il va de l'agriculture comme des usines, des supermarchés que j'ai évoqués dans un précédent papier. On abdique devant la robotisation, on démissionne et on fustige les chômeurs qui s'étiolent et s'amoindrissent en survivant encadrés par des capos parés du titre d'agents sociaux chargés de les fliquer et leur mettre la pression, les culpabiliser, et ainsi les livrer à la dépression entre les griffes des toubibs qui leurs administrent des pilules du bonheur pour le plus grand profit des actionnaires des labos automatisés.
Le mal est là : je biffe à la fois pour apporter ma part de résistance à la destruction planétaire, résister au gaspillage et à la machine à broyer ; pour avoir une certaine liberté aussi ; même si c'est énormément de travail et au détriment de ma santé ; mais c'est aussi un dégât collatéral de ce système déjanté. Dans un monde sain, je ne trouverais pas autant de choses utilisables ou non n'importe où. Dans un monde sain, je vivrais d'un travail régulier et ne brasserais pas des tonnes de rebuts pour dénicher quelques bricoles qui, le plus souvent, servent à d'autres qu'à moi en échange d'un peu à manger... Certains donateurs étant plus généreux que d'autres. Oui, parce que y'en a qui me prennent aussi pour vache à lait quelquefois et pensent que ça ne me coûte rien. Que je m'amuse sans doute... D'autres sont au contraire très généreux. Enfin y'en a qui évoluent suivant les ragots ou les compliments qu'ils écoutent. Parce que bien sûr, les autres pensent toujours mieux me connaître que moi-même. Dans une société malade, c'est un peu normal...

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