ragondin 2Avril 2012 vers 22 h... Il y a bien longtemps que je n'ai pas vu de ragondin intra-muros sur les quais de Sèvre à Niort. Ils ont dû être empoisonnés à la carotte ; ce qui doit aussi liquider d'autres rongeurs qui, eux, sont parfaitement indigènes, et polluer par dilution du poison même de façon infinitésimale à chaque fois ; ou piégés. J'ai repensé à lui il y a quelques semaines déjà quand France 2 et quelques autres, se sont attardés sur le sujet des espèces invasives animales et végétales.
Dans ma jeunesse on me rebattait plus volontiers les oreilles avec son concurrent le rat musqué, plus petit, mais bien plus prolifique. Toujours est-il que leur présence est due à l'homme, ses visées lucratives et son inconscience. Initialement exploités pour la chair et la fourrure pour le premier, la fourrure pour le second, le marché a périclité et on les a largué dans la nature dénaturée. Ils s'attaquent aux maïs soulignait le reportage que j'ai vu. Le maïs aussi est importé, et serait tout aussi invasif si il n'avait cet insigne avantage d'être incapable de se reproduire tout seul sans dégénérescence rapide. Même non OGM, le maïs ne peut se reproduire sans la main de l'homme, et la sélection est un travail fastidieux où il faut scalper à la main deux rang sur trois à peu près. J'y ai travaillé, je sais de quoi je parle. Peut-être y a-t-il des machines maintenant ? Toujours est-il que c'est aussi une invasive qui a contribué au massacre volontaire de zones humides, et donc des biotopes, tout ça pour le seul profit de l'industrie chimique, parce que la majeure partie du maïs, entretenu à grands frais d'arrosage intensif accentuateur de sécheresse, appauvrisseur de nappes phréatiques et de rivières, n'a d'autre but que la productions de colorants, adjuvants, additifs, et maintenant carburants prétendument écologiques, et aussi d'aliments bétails accessoirement.
Le ragondin, le rat musqué, c'est comme le lapin d'Australie ; introduit pour faire jouir les viandards, il s'est multiplié à devenir fléau incontrôlable ; on lui a collé la myxomatose qui a ravagé la plupart des élevages du monde à une époque ; pour le plus grand profit des labos producteurs de vaccins. Maintenant il n'est plus possible d'avoir même un lapin sans vaccination obligatoire sous peine de poursuites. A se demander jusqu'où c'est voulu dans un pur cynisme dont les boursicotteurs sont coutumiers.
On joue à l'aprenti sorcier avant de s'ériger en ange exterminateur. Dans le rôle de l'ange c'est en pure perte qu'on extermine. Quelques élevages de ragondins subsistent qui vendent la chair en préparations culinaires de luxe, mais tous ceux qui sont chassés à l'état sauvage sont envoyés directement à l'équarissage. En pure perte qui fait supporter aux contribuables le salaire des piégeurs ; parce qu'il faut être agréé pour ça hein ? Quant aux peaux, elle finissent toutes en décharges, y compris celles des élevages. Il est vrai que porter de la fourrure par les temps qui courent, c'est risquer sa peau de la part de sanguinaires idéalistes qui tueraient père et mère pour une souris qui mange leurs carottes ou leur blé. Les mêmes inconscients qui attaquent des élevages de mustélidés par exemple, pour relâcher les animaux, qui n'ont jamais vu la nature de leur vie, dans la campagne où ils sont promis à une agonie lente par inadaptation ; les rares qui s'adaptent rejoignent bientôt les espèces invasives et provoquent toutes sortes de ravages.

Les poissons rouges se transforment en terreurs des rivières

INVASION. Inoffensif le joli poisson rouge ( Carassius auratus), paisible roi des aquariums ? Plus du tout lorsqu'il est relâché dans les rivières par des personnes désireuses de s'en débarrasser : malgré son aspect débonnaire, le poisson rouge est en réalité l'une des pires espèces aquatiques invasives.

http://www.sciencesetavenir.fr

On a le même problème avec les écrevisses californiennes, ou toutes sortes de bestioles que de doux dingues s'amusent à relâcher dans la nature au nom d'une pseudo-compassion d'inspiration végane ou orientale ; philosophies toutes armées de simplisme sans appréhension de ce qu'est un équilibre naturel. Science et Avenir s'est récemment alarmé des lâchers de poissons rouges par exemple. Le phénomène n'est pas nouveau ; dans les années 90 j'ai connu un crétin qui a relâché le sien.

Je pourrais aussi m'étendre sur le problème des tortues qui grignotent l'espace de survie de nos espèces indigènes, contribuant à leur disparition. Ou des écureuils coréens par exemple. Je relaie ici un avertissement publié récemment sur Fb d'un centre de sauvegarde qui à mon avis sera très utile. Les gens sont tellement ignorants qu'ils ne font pas la différence entre un animal sauvage et un animal apprivoisé, et voient la nature comme un vaste fourre-tout où on peut déverser n'importe quoi après avoir joué avec un moment. On joue et abandonne le chien, le chat, la tortue, le poisson rouge, et pour faire plus original, on voudrait bien le remplacer par une tortue terrestre ou un chardonneret...

Attention, les perruches colonisent l'Ile-de-France

Avec son magnifique plumage vert tendre, orné d'un collier noir et sa longue queue tirant sur le turquoise, la perruche à collier - haute d'une quarantaine de centimètres - peut amuser les enfants et charmer les parents.

http://www.leparisien.fr

On s'amuse ou amuse la galerie et les enfants avec une perruche puis on la largue dans la nature... La théorie des trois ou quatre évadées d'un container ne me satisfait pas. Je connais trop la règle de survie d'une espèce pour m'être intéressé à la disparition des espèces menacées, pour souscrire. Il faut beaucoup de lâchers et d'individus pour qu'une espèce puisse survivre et se multiplier avec une diversité génétique suffisante pour ne pas dégénérer. On a le problème des perruches à collier en Ile de France, mais aussi en Roussillon et ailleurs...

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Il n'est pas rare de trouver des Calopsittes comme celle-ci (10 octobre 2009), livrées à elles-même dans la nature. Oiseau australien d'origine. Elles s'adaptent plus ou moins bien, et si elles ne sont pas encore à pulluler, j'en ai vu de nombreuses fois...

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Et celle là ? Elle vient d'où ? Quelle a été sa misérable vie ? Sa misérable agonie inutile ? La poche en papier, c'est moi qui m'en suis servi pour la manipuler pensez bien. Jetée comme une malpropre ou tombée sur place. La marque à la tête me fait penser à une balle de carabine à air ou une 5,5 (bosquette)... Je peux me tromper mais j'ai en mémoire les grives et merles que certains que je fréquentais dans ma jeunesse abattaient par plaisir. Comme si y'avait quelque chose à bouffer sur ces bêtes là ! Nous, l'oiseau, là, on est allés l'enterrer dans un coin de verdure, qu'il ait un repos bien mérité. Gaminerie ? Pas plus que tous les abrutis qui prétendent aimer les animaux en les larguant dans des milieux qui ne sont pas le leur. Pas plus non plus que tous les crétins qui défigurent la nature en prétendant la réguler, la contrôler ou la protéger en multipliant les inepties.

C'est pourtant sympa une perruche... J'aurais pu aussi parler des plantes invasives, échappées de nos jardins par exemple, volontairement ou non ; mais ça m'aurait entraîné trop loin. Je ne puis tout à moi tout seul. La nature, sous la pression de l'homme ; on appelle ça l'anthropocène. Ca commence à mon avis avec la naissance de l'agriculture et du pastoralisme ; le sentiment de "chute" remonte là et l'histoire de Caïn et Abel en sont une allégorie significative ; mais cela prends un essor sans commune mesure avec le passé dans la mesure où autrefois nous savions retrouver un certain équilibre.

Equilibre en rupture croissante depuis les débuts de l'essor industriel et des conquêtes coloniales de l'occident moderne... Nous entrons dans une ère d'irréversibilité où le pendant est l'extinction de pans entiers de la biodiversité. 

attention cochon