canapéJ'ai posé mon cul sur un canapé de hasard, un petit matin brumeux. Abandonné là parce que les abords du temple, c'est souvent la décharge en sus des poubelles qui y stationnent en permanence. Une mise en valeur du patrimoine on ne peut plus attrayante. Il était finalement confortable ; un coup de terre de sommière ou de produit moquette et un d'aspirateur et il eût pu servir encore. Mais je ne me sentais pas le courage d'aller chercher mon diable et ma chérie (on a fait pire), ni à dire vrai la force. La fatigue m'écrasait et je me suis même un peu assoupi je crois. Mon esprit vagabondant sur des horizons brumeux et désenchantés.
Il n'a pas traîné le canapé : quand c'est utilisable, c'est toujours, ou détruit, ou enlevé par la municipalité et jeté. Le plus vite possible, dès fois qu'un salaud de pauvre le... volerait. Combien de fois me suis-je fait traiter de voleur parce que je ramassais quelque chose laissé à traîner ? Le plus souvent ça ne m'est d'aucun profit. Quand on est pauvre et qu'on vend d'occasion, huit fois sur dix on ne conclut pas, la neuvième on casse tellement le prix qu'on eût gagné davantage à rester dans un coin à tendre la main ; avec une boutanche de préférence, comme le font un certain nombre ici.
Il n'a pas traîné le canapé, au contraire du dépôt sauvage près de Notre Dame, qui est resté plusieurs semaines avant que ce ne soit moi qui me dévoue à le faire disparaître.
Ma rêverie me conduisit à remémorer un texte que j'avais parcouru quelques heures plus tôt, sur Facebook, sous la plume d'une chrétienne. Un passage m'avait choqué selon lequel « Le mal dans ce monde vient du péché. Et non de la disparité des revenus ou du changement climatique. ».
Et c'est quoi le « péché » mon colon ? Si ce n'est brimer ton prochain qui est la source de toutes les inégalités, les révoltes violentes, les immigrations massives ? Si ce n'est la soif de pouvoir qui te conduit à ça ? Si ce n'est le massacre de la Création, œuvre, si j'ai bien compris, du Seigneur ton Dieu ?
Le péché, si je comprenais bien la suite du propos, serait juste d'être en divorce avec l’Église ? Mais l’Église est d'abord une assemblée d'hommes, rachetés du péché originel à condition qu'ils aient la foi. Mais la foi suppose le respect de l’œuvre de ton Dieu. Et cette œuvre tu ne la respectes pas depuis des millénaire en réalité. La différence entre autrefois et maintenant, ce sont les moyens techniques qui te donnent les capacités approximatives de tes ambitions et dans leurs imperfections les dégâts collatéraux afférents.
Ces dégâts sont si importants que je ne me sens pas la capacité à les traiter en détail. Moralement je suis épuisé par tant de massacres ; dont la guerre n'est pas le moindre, suppuration de la soif de pouvoir.
Le « péché originel » c'est la rupture avec la nature. Le jour où tu as voulu non pas construire une société humaine en communion avec elle et interprété l’Écriture à ta fantaisie en en faisant un credo de domination. Erreur de lecture perpétuée aussi bien par les incroyants... Et même les écologistes, qui croient que la solution est dans le rejet de tout Esprit. Persuadés que la pensée, qui est une modulation perceptible de quelque chose d'informulé, bien plus profond, est sécrétée par une matérialité brute.
Qu'y a-t-il de matériel dans le monde ?

Dans les années soixante, déjà, mon Larousse affirmait ; et ça m'a profondément empreint ; que si on supprimait le vide entre les atomes, l’humanité entière tiendrait dans un dès à coudre ! L'humanité n'avait pas encore réalisé vraiment que ces atomes sont constituées de particules qui ne sont en réalité que des champs d'énergie pleins de vide, les particules. Alain Aspect a démontré, et d'autres après lui, que ces particules sont indissociables au delà du temps et de l'espace. Deux particules sœurs continueront d’interagir à des millions de kilomètres l'une de l'autre, et cela instantanément. La vitesse de la lumière n'existe plus en mécanique quantique. Et puisque les milliards de galaxies sont toutes issue du même point, gros comme une tête d'épingle à peine... On appelle cela en langage commun « le big bang », admis par la majorité des scientifiques mais mis pour la première fois en évidence par un prêtre ; Georges Lemaître ; c'est marrant avoue ! Puisque tout est lié, tout est forcément interdépendant. Cela ouvre d'ailleurs des perspectives philosophiques que seuls quelques aventuriers de l'Esprit et quelques déjantés osent aborder. Mais cela implique que ce qui apparaît comme un point infime sur la toile tridimensionnelle, notre Terre, où la conscience a daigné se manifester, n'est finalement qu'un point d’acupuncture dans une toile certainement infinie à nos yeux matériels, mais instantanée dans ses relations dans une autre perspective. Ton Dieu change alors de dimension, de taille, de niveau et de puissance. Cela ne signifie pas qu'il n'a pas conscience de cette infinie particule de la trame, au contraire. Cela signifie que justement, si tu brûles ce point, tu brûles la trame. C'est aussi cela l'effet papillon, que j'ai déjà évoqué à l'échelle de la Terre, reporté à la dimension cosmique.

Les résidus de plastique sont ingérés par les créatures des fonds marins

DÉCHETS. La pollution plastique, triste un indicateur de l'impact de l'activité humaine sur le monde, est bien présente dans les fonds marins 88% de la surface des océans contiennent des microplastiques (particules de plastique) selon une étude publiée en 2014 par le Centre supérieur de la recherche scientifique (CSIC) de l'université de Cadiz en Espagne.

http://www.sciencesetavenir.fr

En conséquence, bien sûr que si, le péché inclut l'écologie. C'est peut-être même le premier des péchés de ne pas s'en soucier. Et quand tu jettes ton gobelet par terre, négligemment, ou ton papier de bonbon ; c'est la Terre que tu assassines, et le cosmos que tu détruits. L’œuvre de ton Dieu. Et je doute fort qu'un chapelet t'en affranchira. Jésus est venu te le dire ; se confire en dévotion ne saurait suffire ; c'est même le principal reproche qu'il adressait aux pharisiens et au Temple de Jérusalem ; de trop se contempler le nombril et vivre des inégalités soigneusement entretenues.Et si souvent mal vécues...

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