plastique qui s'envoleC'est un vol au vent, pas vraiment une entrée, juste un reliquat emporté par le souffle de l'oubli qui entraîne au loin toutes nos négligences. Le fruit d'une civilisation pour qui le carême est le régime du troisième sous-sol ; là où je patauge. Ni cuisine, ni poésie, juste du gaspillage de ressources et de la pollution pléthorique. Le plastique et ses conséquences, cet omniprésent poison, je l'ai maintes fois évoqué. Des photos de poches à la dérive, qui jouent les baudruches, j'en ai des dizaines. Chaque fois que je puis en ramasser, je le fais ; celles en bon état me servent de poubelles, ça leur donne une deuxième vie éphémère. Elles devaient être interdites, mais j'en trouve toujours autant, et mon stock est si important que je mourrais avant de l'avoir épuisé. De toute façon, pour le peu de temps qui me reste... Mais au moins, elles ne sont pas dans la nature à traîner.
J'ai choisi celle là parce qu'elle évoque la journée pavoisée d'hier : le 11 novembre commémore une des pires boucherie de l'histoire humaine qui saigna plusieurs générations, mais aussi la Terre. Il n'y a pas que le plastique pour polluer. La « der des der » comme on croyait, a saturé le sol de bombes, agents chimiques, mitraille, qu'on retrouve aujourd'hui dans le sol, le cœur même des arbres qu'il faut passer au détecteur de métaux quand on veut les débiter.
Destin impitoyable d'une humanité qui n'a jamais su s'auto-réguler raisonnablement ; fleuve de sang et de destruction, dans la guerre comme dans la paix.
Individuellement il est quelques hommes qui essaient de transcender leur ignorance, essaient de s'ouvrir un chemin de sagesse, mais globalement notre monde est une impitoyable machine à broyer la vie ; réduire des hordes à la misère, et massacrer la Terre et la vie. La nouvelle ère qui s'ouvre ces jours-ci, consacrée par le 9/11 miroir du 11/9, sera pire encore. On s'attache à des rêves, comme de prétendre réguler le climat à la manière d'un thermostat d'appartement ; mais on continue de dégueuler notre merde dont un petit pourcentage est recyclé pour in fine produire d'autres déchets pas davantage dégradables biologiquement. Le seul bon déchet est celui qui s'intègre à la biosphère comme élément dynamique sain et qui participe de la vie. De la cendre, du bois, de la verdure,de la pierre... Et encore cela laisse-t-il des traces indélébiles puisque c'est à travers ces dépôts qu'on étudie les civilisations mortes. Mais au moins cela ne contribue pas à la condamnation de la vie. Ce miracle cosmique qu'on n'a pour le moment aperçu nulle part ailleurs. Ce miracle dans un cocon isolé loin de toute autre approximative ressemblance. Un phénomène unique dans notre rayon d'observation.

bato 5