fleurs recupC'était la Saint André, le premier saint de l'Avent. J'ai soudain percuté qu'il y a des emmanchements tordus mais savamment calculés dans les calendriers chrétiens. Un pote avait retweeté un moine (oui, ça existe encore), qui disait le 28 que c'était la fin du mois des âmes du purgatoire. J'ai tiqué puis réalisé que oui, c'est logique finalement, puisque ça commence avec la Toussaint et le jour des défunts. Les chrétiens pratiquants fervents, effectivement, dans le prolongement de ces jours, prient pour les âmes du purgatoire tout le mois. Et nous, bizarrement, avons vécu là le mois de novembre le plus long de notre histoire commune ; il me semblait qu'il n'en finissait pas ; à la limite d'insécurité de lendemains désenchantés et encore plus précaires qu'avant, mais fleuri ! Hé oui, la photo là est celle de l'égaiement de novembre de notre sinistre et pouilleuse carrée. Les grandes fleurs sont de récup bien évidemment, mais elles ça fait quelques mois qu'on les a. De la soie, pas du plastoc complètement. Mais il y en a dedans. Encore une illustration de l'invasion du plastique que j'ai tant de fois déploré ici et ailleurs. Quant aux chrysanthèmes, ben c'est aussi de la trouvaille ! Elles étaient fraîches ; abandonnées sur un parking. Avouez que c'est fort de café. Elles ont passé deux jours là avant qu'on se dévoue. Le plus extraordinaire est que c'est trait pour trait la copie conforme du dernier pot que j'ai eu les moyens de déposer sur la tombe à Rémy, le compagnon de mes déboires et de mon épopée de 1974, la charnière de ma vie. C'est à cause de cette charnière que je me suis propulsé dans la Royale en 1976... C'est aussi, 1976, l'année où on a perdu contact pour plusieurs décennies. "Coïncidence" quand tu nous tiens par la grappe, c'est pas par ailleurs hein ? On aurait pu les porter sur sa tombe, certes, mais je me sentais trop mal pour ça. L'aller-retour en bus est impossible ; c'est très niortais ça ; ou alors faut juste aller dans le cimetière et en ressortir. Pas que j'étais pire que d'hab' mais j'avais le blues à fleur de peau et me sentais incapable d'une longue virée hors de mon quartier. On vient, juste avant le réveillon hors saison, de vivre un gros cafard qui va sans doute nous accompagner encore longtemps, mais qui a marqué une pause, le temps d'une nuit magique.

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Pour les chrétiens c'est l'Avent, ils attendent Noël et les mages guidés par l'étoile mystérieuse ; mais il n'y pousse pas de champignon sur celle là (se conf Tintin) ; Mages qui en Espagne tenaient lieu de "Père Noël" , je ne sais pas ce qu'il en est maintenant. Les Alsaciens, eux, attendent Saint Nicolas, le 6 décembre, qui est le vrai Père Noël en ce qu'il a voué sa vie en grand partie aux enfants. Pour nous, toujours hors des clous, c'est la Saint André qu'on attendait. Elle se profilait désespérée. Anniversaire de notre mariage et veille du mien ; depuis le tout premier soir, on fait réveillon à cheval sur les deux dates. Cette année ça semblait plutôt mal barré, et même impossible... Jusqu'à ce que la charité et le gaspillage viennent s'en mêler.

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Ça commence par une bonne soupe ; une des meilleures que j'ai mangé à ce jour. Mélange de légumes, d'oignons dont j'ai parlé récemment, et de riz. Bon le riz, ça fait une paye qu'on l'a... J'avais trouvé plusieurs kg en juillet. Ça nous a bien aidé jusqu'à aujourd'hui. La majeure partie ce sont des endives en fait. 

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Les v'la nos endives ! Rien que de la récup.En une seule opération. Des feuilles en vrac mais aussi de belles endives entières qui avaient été jetées. Reflet d'une "civilisation" où la majorité se plaint à longueur d'année et fustige les gouvernements successifs, les accusant de tous les maux, mais en réalité manquant de rien, sinon il n'y aurait pas autant de gaspillage...  Pendant qu'une minorité de laissés pour compte en chie comme des pendus pour accéder seulement à l'essentiel. Tirant la corde sur tout, même l'hygiène ; alors qu'on les accuse de tous les maux et de vivre grassement. J'ai encore déniché un dessin qui va dans ce sens de pauvre con, et encore y'a pire, sur tweeter.

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Dans la foulée ; on s'est dit autant faire un réveillon carné, c'est exceptionnel et peut-être le dernier. Quand on est à la merci du moindre courant d'air sur le fil du rasoir et qu'on n'a pas d'aile, c'est ça la vie. A défaut de dinde ; de toute façon on fréquente pas ces gens là ; on s'est offert du poulet fermier de plein air... Mais voilà, on ne l'a ni payé, ni volé ! C'est là que la Providence, et la charité, s'en mêlent. On nous a filé des tickets resto et c'est à ça, entre autre, que ça a servi. Les accompagnements étant eux de récup, donc jeté par des gens très économes, y compris une partie de l'assaisonnement, et comme vous voyez, on a mangé une autre fois dessus en sus du réveillon. Et il en reste encore. Pour être franc, la dernière fois qu'on avait mangé du poulet, c'était il y a plus d'un an et c'était de la récup. Auparavant ça remontait à plusieurs années...

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Poulet avec un ticket resto ? Et oui, chez nous c'est possible ! Rassurez vous, on n'en n'a pris qu'un, celui qui est soldé à gauche. Le problème est qu'ils ont la même date de péremption ! On est allé les montrer au boucher qui nous a assuré que c'est normal et volontaire... sauf que c'était mélangé sur la même étagère. Vous voyez l'arnaque de celui qui fait pas gaffe ? Mais nous, on nous la fait pas... D'où la photo. Et avec ça et le même ticket resto, on a eu du beurre, mais pas n'importe quoi comme beurre. Du fleur de sel de Guérande... soldé à 1 € la plaquette. On s'étonne après que les producteurs ne s'y retrouvent pas. Tous ces dysfonctionnements aberrants, de la production à la consommation ; et toutes ces soldes ne seront pas intégralement vendues, je le sais, une partie sera jetée ; la société est malade de sa foi en la magie du marché. Après ça elle se croit rationnelle alors qu'elle abandonne les ressources essentielles au chaos du hasard pour écouler une production surnuméraire et/ou mal répartie. D'où gaspillage. D'où pertes financières. Vu notre état de misère ; l'occasion faisant le larron et la diète forcée étant régulièrement notre lot, on en profite, certes. Mais en même temps on est conscients de tout ce qu'implique cette société. Socialement et écologiquement. Toute sa perversité au sens même pornographique du terme. C'est pas fini, attendez...

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Il y a eu le pain, bio, et les gâteaux bien sûr. Ça c'est de la charité chrétienne pour le premier, musulmane pour les seconds. Que voulez-vous, on n'est ni bégueules ni racistes. Quand on voit le courage de ces gens là, à bosser 60 heures par semaine au moins pour gagner des misères, écrasés d'emmerdements et tracasseries, toujours souriants et généreux encore en plus, on fait pas de détails. J'étais ému quand j'ai vu ça, vous pouvez pas savoir. D'ailleurs ils n'ont pas été les seuls...

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Il y a eu du fromage aussi. C'est cadeau, et spécialement à l'attention de notre fête. Un chevrier qu'on connaît bien et dont on a déjà parlé. C'est si gentil, de sa part...  J'espère que je pourrai bientôt en reparler. On arrive au clou du spectacle...

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Parce que ça risque d'être le dernier réveillon ensemble, on a fait une exception à notre régime sans alcool. Oui, je sais ce qui se raconte, comme quoi les pauvres c'est tous des poivrots et faut pas que ça boive d'alcool ces salaud là ; les riches eux, ont le droit, eux c'est normal, ils n'abusent jamais même quand je les vois dégueuler sur les trottoirs où traîner des plombes durant dans les troquets. Du coup on s'est vengé et on a fait un extra. Une demi-bouteille, étalée sur deux jours en réalité. Mais pas n'importe quoi...
Le château Darius, c'est pas tout à fait de la merde. Une viticulture raisonnable aux méthodes traditionnelles. 12 ans d'âge ! Pour nous un grand luxe. Luxe qui renvoie à la problématique du poulet que j'évoquais plus haut. Ils se sont échinés à produire ce vin ; léger mais qui se marie aussi bien avec le poulet que le fromage ; qui se vends 20 € la bouteille, à minima... Mais je l'ai eue à moins de 3 euros. Mes dernières pièces en réalité... Le plus comique : c'était la dernière du lot, et Darius, qui a inspiré le nom du domaine, serait mort en novembre 486 av. J.-C.
Surplus ou faillite d'un commerçant, liquidé chez Noz... Mes trois derniers euros y sont passés, mais je vous l'ai dit, fallait marquer le coup. Cela témoigne néanmoins de toute l'instabilité de notre société. Noz c'est la dernière escale avant la poubelle. Je vois régulièrement leurs manuts balancer des trucs périmés, abîmés, écharpés. Parce que le mépris du consommateur dans ces rayons là est ignoble. Il y a ce qu'ils n'arrivent pas à écouler, certes. Lots qu'ils ont eus au rabais parce que la férocité de la concurrence amène de grandes enseignes à essayer de sauver les meubles en bradant. Mais il y a aussi l'incivilité permanente de gens qui éventrent les emballages, promènent la marchandise et l'abîment, la rendant invendable.
On parle de gaspillage... Il est là aussi le gaspillage. A tous les niveaux de la productions et de la consommation. On a surfé dessus tout en le déplorant dans son principe. Parce que notre sort est la résultante directe d'une société malade. La misère, et pas seulement la nôtre, résulte de tous les poncifs qui font qu'on met sur la touche des gens, pas seulement nous, sans raison autre que des oeillères à la con, jusqu'à ce qu'ils dépérissent. Ce qui nous est arrivés. Si je suis si malade, c'est le contrecoup de mes souffrances morales, pendant des années. Le pendant du gaspillage des hommes est celui des biens et ressources, conséquence directe de la gestion aveugle, coupée de l'ordre naturel des choses, où on préfère croire à des inepties du moment qu'elles font jouir et profitent à une minorité à qui vous servez la soupe. Ils ne gagnent pas assez, vous trouvez le moyen de participer à leur suffrage censitaire ! Deux balles par 8 millions, quatre à chaque fois à la grosse, ça fait 16 plaques dans la fouille de gens qui en plus, ont trouvés le moyen de monopoliser les moyens publics ; TV, écoles, salles des fêtes ; payés avec nos taxes.
Vous irez aussi filer vos thunes à des tortionnaires, sans même réfléchir que la conséquence est la production d'OGM, les dividendes des actionnaires des labos, surtout le noyaux dur comme on dit, et le martyr de pauvre bêtes qui n'ont rien demandé...

La face cachée du Téléthon : expérimentations sur des chiens cobayes

29 novembre 2016. Ceci est une mise à jour de notre article diffusé initialement en novembre 2015, qui reste toujours d'actualité dans la mesure où les responsables du Téléthon n'ont depuis annoncé aucun changement quant à l'attribution des dons récoltés.] * * * Le Téléthon 2016 débutera ce vendredi 2 décembre.

http://www.holidogtimes.com

Juste une évocation d'une des sinistres réalités en rapport avec le présent ; il y en a d'autres... Histoire de secouer un peu votre naïveté emprunte de "bonne conscience"...

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Ce n'est pas tous les jours qu'on fait une bombance pareille, surfant sur la charité ; qui ne serait pas nécessaire dans une société normale ; et le gaspillage. Ce n'est pas tous les jours mais la majeure partie du temps on mange à la récup, ce qui traduit la réalité du monde débilisé. Les chiffres officiels du gaspillage sont en dessous de la réalité. Comment voulez vous mesurer ce qui se fait au niveau de chaque particulier ? Ou même de chaque supérette ? C'est le plus souvent invisible, et à mon échelle, je ne le vois que quand traîné par mon grand blair, je l'évente.
C'est une énième dénonciation parce que je ne sais pas quand je pourrais écrire. Pour quelques jours encore sans doute. Mais la situation est tellement aléatoire, et ma carcasse tellement capricieuse, que je pourrais bien disparaître de la circulation sans crier gare. Si j'ai le temps, le courage, la force surtout, j'écrirai peut-être encore... Comme le déclamait feu un ancien pote poète :
"Seigneur, vous nous prenez jusqu'à la part des chiens, vous nous laissez celle des rats, nous en ferons un destin" (Théophile). Il n'imaginait pas, lui qui connaissait des biffins embourgeoisés ; gens ayant des situations mais se donnant un air "écolo" en grattant dans les poubelles comme violon d'Ingres ; que des rats humains, traqués, honnis, fouillaient vos rebuts pour survivre, ni que j'en serais un jour. Moi, je savais le gaspillage, certes, mais je n'avais pas conscience de son ampleur, non plus qu'un jour je lui devrais ma survie...

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