noel mimou B41976 j'étais encore plein d'espérance ! Ce fut un Noël magique. Lâché dans la nature avant 15 h à Brest, je choisi le stop et à 20 h j'étais chez mes parents... Qui n'attendaient personne, pas même moi. Le seul qui m’attendait et m'a sauté au cou, c'est Milou le chien. Tout le long du chemin je souhaitais Joyeux Noël à tout le monde... J'étais à cent lieues de votre Noël consumériste. Où sont passées mes espérances ? L'année suivante aussi ce fut un Noël magique, d'un autre genre. Vu la situation et mon état, je ne pourrais sans doute pas le commémorer... Mais de toute façon, cette année non plus.
Saigneurs vous nous avez fauché la part des chiens perdus sans collier ; et même celle des rats d'égouts, il nous reste celle des cafards et des cancrelats, tout juste ; nous nous en accommodons faute de mieux et par résignation. Il n'est pas toujours gai de se contenter de misérables rogatons pendant qu’autour de soi se vomi une débauche de consommation outrancière au prétexte d'une célébration dont on a consciencieusement détourné le sens.
Les intégristes religieux et les intégristes laïcards guerroient par pures visées de pouvoir idéologique, jetant aux orties l'idée de fraternité portée par l'enfant de Bethléem.

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Un pasteur américain a entrepris, et quelques autres avec lui, de casser les rêves qui protègent les enfants de notre monde d'ordures. Il agresse les gens qui vont faire photographier leur môme dans les bras du père Noël. Il les harangues en traitant le pauvre bougre qui essaie de gagner sa vie, en offrant un peu de douceur dans ce monde de brutes, d'escroc. J'ai été père Noël, il y a 16 piges ; au pied d'un grand sapin et devant une crèche, dans une galerie commerciale. Un abruti de ce genre serait venu me casser les couilles, je lui collais une droite, tout connement. Un qui serait venu me faire chier relativement à la crèche, c'était du kif.
Le père Noël a porté quasi à l'universel cette fête dont le sens est perdu. A part dans les pays musulmans intégristes, genre Arabie ou Bahreïn par exemple, où c'est interdit ; partout le bibendum traîne sa hotte de rêve.
J'en ai plein les bottes des intégristes dont les actions et propagandes sont aussi mortifères pour la Terre et le monde que le quotidien de n'importe quelle activité destructrice.
Ce sont par exemple ces intégristes Végans qui font la promotion de Ferrero parce que ça ne contient pas de produits animaux. Et ils se croient « écolos » parce que végans. Sauf que Ferrero, comme Nestlé et quelques autres, sont des exploiteurs de main d’œuvre juvénile et grands acteurs de la déforestation à outrance avec toutes les retombées consécutives. J'ai d'ailleurs signé nombre de pétitions contre leurs procédés et comportement... sans trop y croire.

La face cachée du chocolat : travail des enfants et déforestation

D'un côté, six grands industriels (Mars, Nestlé, Ferrero...), qui possèdent 50% du marché mondial - entre 80 et 100 milliards de dollars par an. De l'autre, cinq millions de petits producteurs, qui s'échinent à longueur d'année pour moins de deux dollars par jour.

http://multinationales.org

Traditionnellement j'ai toujours marqué le coup pour Noël, cependant, mais jamais dans une débauche de surconsommation et de gaspillage. Juste parce que Noël a plus de sens pour moi que le nouvel an. Une année de plus ? La belle affaire ! Je ne suis déjà pas certain de l'atteindre, la vie est si fragile, mais en prime, si je l'atteins, je ne suis pas certain de la terminer vivant. C'est plein d'appréhension que j'aborde 2017.
C'est juste un détail au fond. Qu'est-ce que ma voix dans l'immense cacophonie de débauche et de folie ? Je n'infléchirais jamais le cours de l'avalanche qui nous enferme dans notre technobulle déracinée. Un écolo revendiqué écrivait l'autre jour : « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défends »... Dans quelle mesure est-ce vrai ? Même moi qui suis né et ai grandi dans un monde en prise directe avec elle ; ayant coupé le bois pour me chauffer, cultivé à la main, je suis aujourd'hui coupé de la sphère naturelle, et à cause de ça un peu perdu dans votre monde où les valeurs qui firent mon éducation sont à jamais perdues.
La nature qui se défends ce sera peut-être la Terre qui changera d'Ere par contre. Notre « civilisation » marchande dépends de la technologie qui est bien fragile face aux réactions naturelles. J'en suis à me demander qui anéantira l'autre le premier ? De la Terre ou de l'homme.

VENT NUCLEAIRE (3)

Les scientifiques s'inquiètent du glissement accéléré des pôles. C'est déjà arrivé dans l'histoire géologique. Ça a abouti plusieurs fois à un basculement complet, parfois une interruption pendant quelques milliers d'années, accompagnant une extinction d'une grande part de la vie. N'en déplaise aux optimistes, la première conséquence pour nous serait une désorganisation totale de nos communications et un bug généralisé de nos moyens électroniques qui ne sont pas prévus pour résister à ça . Vous imaginez le chaos ? La panique ? Quand on voit ce qu’une simple panne électrique peut provoquer comme désordre déjà ?
Vous ne me croirez pas et pourtant : dès 1980 je me suis inquiété de ce phénomène dont personne ne parlait à l'époque. J'étais à Niort, un court séjour que j'y ai fait à cette période, à la terrasse d'un petit troquet à la jonction de la place du temple et de la rue Ste Marthe, en compagnie de deux potes approximatifs. Un couple et moi. Nous parlions justement des perspectives d'avenir de notre planète déjà bien surexploitée et malmenée, quand la vision s'est imposée entre nous, comme un hologramme en 3 dimensions. Nous seuls pouvions le voir, mais nous, nous étions dedans et observateurs en même temps. Nous nous voyions les uns les autres en partie masqués par l'image translucide. Nous avons vu les pôles basculer sur leur axe. Nous sommes restés sidérés. Il m'a fallu plusieurs années pour apprendre que c'était une chose scientifiquement possible. On s'était depuis longtemps perdus de vue.

Alors, qui fera la peau de l'autre en premier ?

Pendant ce temps vous allez fêter Noël...

Moi je ne fêterais rien, j'ai pas les moyens... Tant pis.

Prière de notre temps
notre pèze
Notre pèze, qui es mon Dieu,
Que ton don soit sanctionné,
Que ton règne tienne,
Que ta volupté nous endette,
Nique la terre comme le ciel,
Vends-nous cher aujourd’hui notre pain de Carrefour,
Ordonne-nous nos dépenses,
Comme nous ordonnons aussi à ceux qui n’ont pas dépensé,
Soumets-nous à la tentation,
Et délivre-nous du halal.
Amène ton pèze !

J'ai plus d'espoir et je suis triste. Je regarde la Terre défigurée et l'homme dénaturé. Je sens mon cœur saigner. Je pense aux enfants de Mossoul, d'Alep et d'ailleurs. Brimés, bombardés, torturés, exécutés, mutilés...

Le 17 Septembre 1980, je m'étais assoupi sur le divan d'un copain, à Tours ; je me suis réveillé seul, dans une pièce plongée dans la pénombre, un peu hébété. Je sortais d'un cauchemar. Je voyais des ruines, et des morts. Des ruines qui ressemblaient furieusement aux images d'Alep aujourd'hui. Toutes les guerres se ressemblent. Je me suis chauffé un cahouah pour me remettre la tête en place, et j'ai, en le sirotant, poussé le bouton du transistor... La guerre Iran-Irak venait de commencer. Elle dura 8 ans... Conséquence directe de ce que nous avions réchauffé un fanatique à Neauphle-le-Château pendant quelques années... Je crois que les guerres actuelles sont la continuité du processus amorcé à ce moment là. Le considérer ne change pas grand chose à la souffrance de tous ceux qui vont souffrir cette nuit de Noël.
Il est permis d'oublier une nuit toute la douleur qui accable le monde. De toute façon, la veille comme le lendemain, le monde sera pareil. Mais l'impact sera ce lui de la consommation : la misère de la Terre, et des tas d'ordures le lendemain faute d'avoir su fêter raisonnablement. Moi, je ne pourrais même pas, devant mes rogatons, oublier quoi que ce soit, même ma propre douleur.

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