bateau 2116B2Au crépuscule de l'homme, est-ce le passeur qui invite ou le pèlerin qui s'embarque ? Qui es tu toi qui m’appelle depuis les rives du Styx ? A travers la brume de l'ignorance, au contraire de la plupart des mortels, ta voix n'a cessé de paver ma voie, en un écho assourdi et lointain mais toujours présente. Phénomène interprété comme dérangement mental par la plupart des interprètes terre-à-terre qui m'inventent et projettent leurs œillères sur ma réalité.
Je dis bien ici « ma réalité » ; pas « ma vérité », ce barbarisme innommable et insensé moderne. La VERITE est une ou c'est un mensonge qui renvoi à une totale absurdité de l'existence.
L'expérience ne s'explique pas ; elle se vit. C'est pour ça que je ne cherche pas, je trouve. Et on se doute qu'en matière de biffe comme de mangave, c'est utile. En ce qui concerne la seconde, je ne quête jamais qu'à coup sûr, guidé par cette voix étouffée à laquelle je fais allusion. C'est pour ça qu'on ne me voit jamais assis une sébile à la main à attendre : c'est toujours à la rencontre, et pas n’importe qui. Quelqu'un que je sais qu'il répondra positivement. Il peut passer cinquante ou cent personnes, je n'en alpaguerais qu'une, voire deux ou trois, pas plus... Mais c'est du rendu à 100 % . C'est là la différence entre moi et n'importe quel miséreux.
Pour la biffe, c'est du pareil au même... Il paraît que nous sommes 60 000 habitants ici ; une petite préfecture mais tout de même...

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Ce n'est pas gagné d'avance de ne pas se tromper de trajet et mettre systématiquement les pieds là où il y a quelque chose à récupérer. Ne jamais, deux jours de suite, faire le même chemin. Ma dernière sortie m'a rapporté une poche de gâteaux à apéro par exemple. Poche scellée et pleine.
Ça se vit, ne s'explique pas mais peut se transmettre comme un art. Il y a un petit truc à saisir ; une manière de faire silence intérieur, et d'écouter cet écho lointain comme le ressac de la mer au fond d'un coquillage ; assourdi, diffus mais perceptible.
Ma moitié a fini par saisir le truc. Elle sera en quelque sorte mon héritière spirituelle lorsque j'aurais quitté ce monde.
Où qu'elle soit, seule, maintenant elle sait se dérouter pour passer là où il faut passer. Pendre à droite plutôt qu'à gauche, quitte à s'allonger, et trouve ce qu'il y a à trouver de manière certaine.

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C'est comme ça que l'autre soir, elle a ramené le repas du soir, qui, sans cela, eût été bien chiche. Une boîte tupperware avec dedans un repas pour deux, juste à réchauffer, perdue sur un trottoir !
Là peut-être ne s'agissait-il pas de gaspillage ? On peut s'interroger. Si c'était resté là, ça avait toutes les chances d'être piétiné. Les gens font si peu attention à leurs pieds. Combien de fois ais-je trouvé mon bonheur derrière un ou plusieurs d'entre vous qui venaient de passer sans rien remarquer ?
Là, le plat n'était pas folichon ; un plat fait à la maison, visiblement, mais par quelqu'un qui n'est pas très doué en cuisine. On l'a amélioré d'une sauce maison aux légumes de récupération, plus ou moins abîmés mais exploitables, qui l'a bien imprégné. C'était parfait. Et avec le reste de sauce dilué on a cuit quelques nouilles éparses tout autant de récup ; hé oui ; et ça nous a fait une soupe pour le lendemain.
C'est tout l’avantage du biffin qui sait que la véritable intuition confine à la voyance et le vit comme un chemin initiatique.
Il est toujours possible d’apprendre à vivre les sens en éveil, l'intérieur à l’écoute de la réalité des choses, quand on sait se détacher du monde ; de ses marigots idéologiques formatés.
Pour cela il faut dépasser les conditionnements. Ils sont malheureusement universels, planétaires, et incapacitent la vraie nature de l'homme. La grégarité fait le reste.
Je regardais sur Pluzz un reportage sur les réfugiés aux confins de l'Europe de l'Est. Entassés dans des hangars insalubres.
« Ils vivent au milieu des détritus » nous dit le journaliste. Que ne rassemblent-ils tout ça dans un endroit où ça ne dérange pas ? Donner de l'agrément au lieu qu'on est contraint de squatter ?
Ils se rassemblent pour se chauffer et nous dit-on, la fumée est toxique, les faits tousser. Je ne sais pas ce qu'on peut dénicher là bas, mais il y a moyen de brûler autre chose que des matières délétères ! Et puis je regardais leur feu, et il me faisait pitié.

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Je me remémorais notre propre expérience de « réfugiés ». Nous étions alors traqués, menacés de mort et avons tout perdu en fuyant. Ce que la société ne nous a pas pardonné ; mais c'est une autre histoire.
Nous avons vécus dans des campements de fortune ; mais toujours loin des rassemblements de zonards et autres miséreux. Nous en avons fait du feu. La fumée n'était pas toxique et nous n'avons jamais mis le feu parce que nous prenions les précautions adéquates (photo d'époque). Il est vrai que j'ai été initié à cet art du feu en plein air, à différent usages, dès mon plus jeune âge. Je marchais à peine tout seul.
C'est là justement que le bât blesse. Ces réfugiés ne sont pas différents de vous. Ils sont les purs produits de la société connectée virtuellement mais déconnectée de son âme. Celle qui se manifeste à l'être attentif dont je parlais plus haut.
Ces déracinés ne réagissent pas autrement que vous réagirez lorsque vous fuirez votre pays tombé aux mains d'aventuriers politichiens ; comme eux !
Il ne savent pas surfer sur le silence et dépendent entièrement des cadres pensés à leur place. Comme vous. Lorsqu'ils en sortent, leur comportement s'en ressent et ils s'en tiennent à quelques aléas primaires. C'est comme ça que le miséreux de chez nous se clochardise très vite s'il est livré à lui-même sans secours. Il n'a pas la capacité à gérer la situation. Manquer de tout c'est une chose ; utiliser au mieux l'environnement malgré cela ; même si ça ne suffit pas à faire vraiment même survivre (je connais le sujet) ; c'en est une autre.
Si vous pouviez éveiller en vous cette capacité à percevoir la voix intérieure, vous ne tarderiez pas à trouver des tas de choses gaspillées sans vous fouler. De là à prendre conscience de l'immense gâchis de notre prétendue civilisation. De là seriez vous peut-être tentés de faire votre part de colibri pour essayer de combattre l'incendie ?

gaspillage

L'incendie de cet immense gâchis qu'est notre société. Un exemple ; dans l'article « Semailles d'hier et de demain » j'écrivais : « Au chapitre du non récupérable, il y a par exemple …/... la semaine dernière, cinq kilos, je dis bien cinq kilos, de viande que des geignards prétendant ne pas joindre les deux bouts avaient laissé avarier et autant de pain sec dans une autre poche, posée directement par terre, dans un recoin où c'est récurrent. » ; je la montre aujourd'hui ; vous voyez bien que je ne raconte pas de conneries ? Ignoble mentalité qui n'a de respect pour rien ! Ici un animal qui a vécu, souffert pour vous et qui a été sacrifié pour vous nourrir. Pour ce crime, vos ancêtres ; dont la plupart des idées sont collées au poteau d’infamie dans leur simplicité de bon sens paysan ; vous eussent collés au bûcher.
Beaucoup ne prennent pas le chemin du bon sens en dépit des dicours lénifiants relatifs à l'écologie. L'homme se berce d'illusion voulue "positive" (tristesse interdite sous peine de désaveu général) et abdique devant la machine et l’inféodation aux consortiums de contrôle des masses. Lorsque je disais il y a quelques années que l'on nous surveillerait jusque dans les chiottes, on m'a répondu que c'était de la paranoïa et de la science fiction (un de ceux qui l'a fait a toujours son papier en ligne). Tellement fiction que c'est déjà une réalité pour certains d'entre nous. France deux, mercredi 8, au journal de 20 h, parlait de ces puces implantées dont le champ d’application est de plus en plus large et confine à la surveillance intime dans bien des cas. En attendant d'autres perspectives plus larges déjà en germe et d'autres techniques qui achèveront de déshumaniser l'humanité.
Une véritable conscience écologique ne peut s'édifier que dans l'indépendance, loin des gourous politiques, libre des dogmes, et surtout pas inféodé à la machine.
La perception subtile y sera juste un plus, un enrichissement qui peut ouvrir d'autres portes aussi... Mais c'est une autre histoire. Je laisse ça là, avant que ma bougie ne s'éteigne, avec l'espoir qu'un pèlerin de hasard y trouve une flammèche pour la sienne et poursuive le chemin...

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