TRACTION (3) BBelle carrosserie des temps de l'apogée de l'acier ; au temps de l'essor du consumérisme ; où la voiture était encore un luxe. Un dessin de je ne sais plus qui, il y a quelques années, illustrait bien le rapport de cette époque en regard de la notre. Un patron du temps de la traction sortait de son usine en berline tandis que les ouvriers s'en allaient à vélo. Sur la deuxième planche, on voyait sortir les ouvriers en troupeau de voitures tandis que le boss s’échappait en loucedé sur sa bicyclette.
L'aboutissement du siècle de l'industrie qui est maintenant chez nous à l'agonie avec les délocalisations vers des cieux plus cléments au traitement d'une main d’œuvre docile et asservie dans des conditions digne de Zola... En pire même souvent, avec à la clé le travail des enfants qui s'usent à produire ce que vous jetez et gaspillez. Victor Hugo qui le dénonçait chez nous n'a inspiré aux organisateurs de la société que l'idée de mieux cacher sous le tapis ce qui n'est plus visible aux yeux de tous. Pas de société industrielle sans consommation de masse, pas de consommation de masse sans réduction drastique des coûts dont le travailleur reste la variable d'ajustement la plus facile à manier pour les fossoyeurs des idéaux humanistes.
L'apogée de l'acier où les ouvriers fondeurs et ajusteurs, hommes de l'acier, rêvaient d'un monde meilleur qu'ils croyaient incarné par un petit père du peuple ; homme d'acier, c'était son nom ; bâtisseur de goulags. Aujourd'hui quelques nostalgiques se recommandent de son rival ; avec une inconscience absolue de l'Histoire, comme l'a si bien montré Willy Huhn (in "Trotsky, le Staline manqué" ; 14/04/1981 chez Spartacus). S'imaginant qu'avec une petite faucille ; qui n'est pas une serpe d'or ; les vrais druides sont morts ; on peut faucher le blé boursier des milliardaires et un petit marteau enfoncer le clou d'acier de la justice sociale. Le triomphe d'une Révolution sociale réelle a échoué aux temps où le peuple et l'armée pouvaient se mesurer à égalité ; les mêmes chassepots ou lebels des deux côtés ; et même un canon de 75 était à la portée d'un ouvrier qualifié. Comment réussirait-t-elle de nos jours où la seconde peut vous ratiboiser sans même quitter son bureau capitonné ? Même les Révolutions qualifiées de non violentes, comme celle de Gandhi, ont accouché de petits matins blêmes. De proche en proche et génération spontanée, l'Inde en est arrivée aujourd'hui à vivre sous un régime qui ressemble plus à ce dont rêve notre FN qu'à un paradis pour bisounours.
Les faucilles ont fauché des milliers de jeunes vies et les marteaux planté les poteaux de milliers de goulags, avant de rendre le troupeau à la course au bonheur factice de l'avoir par objets inégalitairement distribués et la course au gaspillage consumériste et l'épuisement des ressources.

Cavaliers de l'apocalypse-Montmartre-Vitrail

Les cavaliers de l'apocalypse sont lâchés et demain sous la cendre, le feu brûlera tout ; nous laissant un goût amer de décembre en mai. Des bras se tendent, des poings de lèvent pour briser le frère de misère qui est le voisin tandis que la course vers l'empoisonnement planétaire se poursuit.
Il y aurait tant d'aspects à traiter sur ce sujet bizarrement zappé par nos mercenaires de l'appétit de pouvoir, que je ne sais même plus par quel bout prendre le bâton de merde. Ces derniers temps j'en parle beaucoup sur l'autre blog et tout particulièrement aujourd'hui.

pendule rouge

Ce qui est sûr c'est que l'heure est grave. Curieusement, le week end dernier j'ai trouvé une pendule en état de fonctionnement... Encore un micro-exemple du gaspillage pléthorique. Je l'ai faite fonctionner avec une pile ramassée plus loin dans le caniveau ! A l'heure où je l'ai trouvée, elle marquait dix heure dix. La position des pieds du matelot au garde à vous. Je suis ancien col bleu. Comme une ironie du destin. Un doigt d’honneur je dirais. Se soumettre ou se démettre face à la gabegie inéluctable.
Le vrai problème est de gérer un avenir commun alors que les divisions d'intérêts n'ont jamais été aussi exacerbées. Chacun défendant son intérêt immédiat ; ses bénéfices et son prestige ; parmi les meneurs de jeu. Les peuples ne voulant pas, chacun individuellement, renoncer aux quelques apparentes facilités procurées par le monde actuel, tandis que ceux qui ont déjà tout perdu ou sont en voie de le perdre, n'aspirent qu'au confort que ça leur procurerait comme émollient sur leurs souffrances. Eux mêmes instrumentalisés comme pestes et épouvantails désignés à la fois à la vindicte comme à la pitié pour détourner le regard du gouffre sous nos pieds et dont ils sont la conséquence immédiatement visible.

astéroïde 2

Pendant ce temps la socialo-sphère des réseaux élucubre sur un univers imaginaire, égarant des gens sincères sur des voies perdues ce qui permet d'épuiser les luttes qui seraient à mener. La campagne de propagande électoraliste actuelle, elle, passe au troisième plan les vrai dilemmes écologiques et sociaux ; on brasse du vent sur la forme des institutions et l'apparence des personnes. Comme si c'était ça qui allait donner à bouffer aux crèvent la faim, du travail aux débauchés (au sens premier du terme : sans emplois ; d'où il résultat sa dérive méprisante par association d'idée avec perdition par le non travail). Empêcher les naufragés économiques, politiques, d'aller crever sur des radeaux de fortune ou se faire parquer à la manière des espagnols de 1936. Comme si c'était ça qui allait purifier l'air irradié ; nettoyer les fleuves, océans et terres de nos déchets ou entretenir notre indispensable biodiversité.

abeillesnous avons détruit la moitié des forêts