hérisson_2017 (2)C'est un des derniers hérissons que j'ai vu vivant ; le dernier que j'ai pu photographier je crois. Il allait son bonhomme de chemin, un peu perdu dans la rue après s'être échappé d'un jardin. Je pensais que malgré le malin plaisir que vous prenez à les écraser et en dépit des antilimaces qui les empoisonnent à coup sûr ; puisqu'escargots et limaces constituent une part importante de leur nourriture ; avec les insectes ; ils arrivaient encore à subsister. Hé bien non, eux aussi bientôt seront effacés comme un exercice sur un tableau d'écolier qu'on fait disparaître d'un coup de chiffon. Ah oui, je sais, je date, ça n'existe plus le tableau noir et la craie, comme n'existent plus tout ce qui a constitué l'ossature de ma structure morale, culturelle, spirituelle, biologique même. Qu'importe, l'image est bonne. Une partie de la presse s'en est alarmée récemment, entre deux calembredaines politichiennes. Le jour de la Terre parce que ce jour là faut se peindre la gueule en vert et sembler se soucier de quelque-chose. C'est pourquoi je préfère vous renvoyer au Démotivateur et son article "70% de hérissons de France ont disparu en moins en vingt ans", plutôt qu'à n'importe quel baveux qui sert d'abord les intérêts d'actionnaires qui n'en n'ont en réalité pas grand chose à faire.  Et tant pis si c'est pas ce qui se fait de mieux en matière d'écologie ; je boycotte tous les sites qui font la chasse aux ADBLOCKS ; et je ne vais pas leur faire de la pub !
Le Hérisson et moi c'est une histoire familiale et une histoire d'amour. Comme les hirondelles et les martinets. Ma mère en avait apprivoisé un, pendant l'occupation et trouvait le moyen de le nourrir de miettes de ses rogatons ; lorqu'il est décédé, elle et ses frères lui ont fait un enterrement digne d'une Altesse. Il est vrai que je puis être fier de mes racines du côté générosité. A combien de fuyards et de résistants ont-ils donné asile et couvert en dépit des privations ? Quant à moi, je n'en finirais plus de raconter mes aventures avec les hérissons. J'allais en forêt la nuit, uniquement pour eux, les voir, les entendre fourrager dans les feuilles...

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Comment se fait-il qu'en voiture lorsque nous en avions une, nous n'en n'avons jamais écrasé ? Il est vrai que nous boycottions les autoroutes ; même aux temps friqués où nous pouvions nous offrir un resto par semaine et filer en plus de la thune à des mecs faisant la mangave. Les temps ont bien changé pour nous. N'empêche qu'en ce temps là, nous n'en n'écrasions pas ! Preuve que c'est souvent une volonté délibérée ! Comme tant d'animaux du reste, ainsi que le montre ; poignée de clichés dérisoires parmi des milliers que j'aurais pu faire ; mon album Victimes.
Tout le monde en réalité, en dehors de quelques grands enfants comme moi, n'a rien à foutre des hérissons, comme du reste d'ailleurs. Il suffit de voir les emplumés qu'on a au deuxième tour, et l'indigence de leurs programmes écologiques, pour le comprendre. Ces gens là sont là parce que VOUS leur avez donné votre voix. Sauf les abstentionnistes bien sûr, qui eux, soit sont dégoûtés, soit se fichent de tout. J'en parle sur l'autre blog, une flopée de papiers ces temps derniers.
Ah quand il s'agit de sauver des Pitts et des Rotts, là y'a du monde ! Bien assaisonnés que vous l'avez été par les médias qui ont ainsi servi la soupe aux marchés du gaspillage et du massacre de la biodiversité au détriment des biotopes et du reste du vivant. On surproduit pour jeter, et pour limiter ce qui sera jeté, on produit des aliments pour animaux, ou on brade. Ça inquiétait un pote récemment...

youri_2Reflet de l'état de note monde qui multiplie ainsi les inepties juste pour son propre confort mièvre emprunt de narcissisme. On produit juste pour nourrir pléthore de bêtes de compagnies complètement dénaturées parce que déconnectées de ce pour quoi elles ont été sélectionnées. On voit des Husky sous le soleil torride de la méditerranée en été par exemple. Leur psychologie s'en ressent, et après on se retrouve avec des animaux névrosés qui deviennent agressifs sans raison apparente. Sans compter ceux qui réveillent leurs vieux instincts en donnant soit de la viande fraîche, soit des aliments sur-aromatisés. C'est bien gentil les animaux de compagnie, mais il y avait des races sélectionnées pour ça autrefois. Aujourd'hui on choisi uniquement sur des critères esthétiques et on ne sait pas toujours, pas souvent même, contrôler sainement la situation dans des conditions souvent inadaptées. Cette pléthore résultante de la mode entretenue ; soupape du mal-vivre moderne ; génère une production massive, une consommation massive, de produits alimentaires. Ça affecte certains d'ailleurs. J'ai une copine qui s'est mis en tête de sauver les souris et les rats ; devenus aussi animaux de compagnie, ce qui me fait rire, moi qui suis né dans une ferme, où le rat et la souris constituaient les ennemis de nos réserves de blé pour les poules. Mais c'est le monde moderne. Et la copine fait des pieds et des mains pour arracher à leur destination des rats et des souris destinés à nourrir les serpents qui sont aussi des animaux de compagnie désormais. Il est vrai qu'en dehors de ces studios sordides où des allumés les gardent en cage étroite, comme j'ai vu il n'y a pas si longtemps, il n'y a plus beaucoup de serpents non plus dans la nature. Normal, ils attrapent les rares souris survivantes empoisonnées aux raticides.
Et on en gaspille ! J'ai encore récemment mis la main sur un demi-sac de croquettes pour chien non périmées ! Je ne me contente plus de biffer pour mon compte : je biffe pour les animaux des potes !
Mais le gaspillage on a l'habitude. Tenez, rien qu'en aliment humain, les derniers trucs que j'ai trouvés à traîner avec d'autres choses dans un carton directement à même le sol, une nuit récemment... (non périmé).

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Il n'y avait pas que ça d'ailleurs, mais bon, on va limiter les photos, hein ? Parce que je n'arrêterais pas si je voulais tout publier. Tenez, tant que j'y pense, ce matin j'ai récupéré six rouleaux de papier wc absolument neufs. Ce n'est pas la première fois... Mais je n'avais quasi jamais abordé la question des aliments pour animaux qui constitue un marché exponentiel producteur de nuisances, ne serait-ce que par les usines et le transports, les intrants à la production, et le gaspillage qui suit derrière.
Comme vous ne sortirez jamais de vos considérations ; le monde s'est sclérosé dans son ronronnement d'autosatisfaction dont c'est une dimension ; je crois qu'on peut dire adieu à la nature. Il ne restera bientôt plus que des animaux domestiques plus ou moins dénaturés. Et les hérissons disparaîtront non pas à 70 %, mais bien à 100 %. L'homme aussi est dénaturé. Il s'emmerde dans une vie qui n'a plus de sens ni de véritable idéal. Alors il s'invente des dérivatifs. C'est pour ça aussi que nous n'avons que des demi-portions aux élections ; pas de grands Hommes animés de passion, juste des boutiquiers mesquins motivés par leurs intérêts qui exploitent vos fantasmes et vos peurs. Une France timbrée dans une €urope dégueulasse. Il est loin le temps de notre auguste semeuse qui emblavait nos terres mamelles de la France, où pullulait une biodiversité multiforme et pléthorique qui en constituait la trame, après des milliers d'années d'évolution. Ce n'est plus qu'une carte postale... Comme le hérisson ne sera bientôt plus qu'une photo virtuelle égarée sur la toile, témoignage pour des enfants qui n'en n'auront jamais vu.

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