ICEBERG_2''Icebergs, icebergs, cathédrales sans religion de l'hiver éternel.'' aurait dit Henri Michaux, un de ces artisans inconscient de la désintégration morale de l'ère moderne ; tout artiste éclectique qu'il fut.
D'autres, comme Paul Émile Victor, qui touchait à d'autres dimensions, y voyaient un grand paradis blanc ; image dont se servit Michel Berger pour évoquer la mort comme un retour à l'enfance, projection d'un Eden où tout se mélange(1). Ce retour à l'enfance idéalisée qu'évoque aussi Louis Capart, dans Petit Pierre et Murielle ; proche de mon paradis rêvé à moi, à nous devrais-je dire.
Paul Émile Victor se préoccupa de la défense de l'homme et de son environnement dès les années 1960. L'aventurier charismatique et humaniste devient délégué général de la Fondation pour la Sauvegarde de la Nature, fondée par Louis Armand, avant de créer en 1974 le Groupe Paul Émile Victor pour la défense de l'homme et de son environnement. Cela faisait déjà quelques années que se développait ma conscience écologique. J'avais pas 17 piges.

 terre dieu

En 2017 on regarde fondre les icebergs en pérorant sur les raisons et en essayant de trouver le moyen d'en limiter l'impact tout en préservant la sacro-sainte croissance garante de revenus confortables pour les maîtres de l'argent. On évoque essentiellement des causes atmosphériques sans jamais impliquer le facteur qu'on présente comme une des solutions ; le nucléaire. Le nucléaire qui réchauffe les rivières en en pompant l'eau nécessaire au refroidissement des centrales ; au point qu'en cas d'étiage trop fort, et périodes chaudes, qu'on nous présente comme canicule ; comme si je n'avais pas connu plus chaud, moi qui ai bossé au grand air ; et donc d'autres avec moi qui ont oublié ; on se voit obligé de diverger les réacteurs. Ce nucléaire dont pendant des années on a jeté à la mer des fûts, que les courants et la salinité ont abîmés et qui distillent leurs contenus au grès des courants qui remontent vers les pôles. Cette radioactivité source de chaleur qui s'additionne à celle des poussières en atmosphère générées par les accidents ou les essais et qui finissent par retomber sur d’immenses étendues, habitées ou non, mais déjà sur les déserts, de sable, de pierres, ou de glace... De cela on ne vous parlera jamais, continuant à vous faire croire qu'on peut réguler les climats comme on règle un thermostat d'appartement.
D'autres ont d'autres priorités, et voient dans la désintégration économique résultant de la saturation des marchés une catastrophe plus grande encore et rejettent l'eau du bain avec le bébé, fixant leur regard sur l'horizon d'une relance économique à n'importe quel prix. La consommation comme religion.
La consommation comme religion, comme horizon et comme sens avec son corollaire le gaspillage.
Sa conséquence immédiate : l'épuisement des ressources nécessaires à la production.

PANNEAU CONSO

En face et en réactions, de multiples initiatives locales, ici et là, de simples citoyens qui essaient d'éveiller les consciences ; y compris à Niort... Je me demande quel est l'impact réel ?
On est loin d'une prise de conscience pour la majorité quand on vérifie ce que peut constater n'importe quel biffin ou nettoyeur de décharge sauvage.
Je joue aux deux !

28 fin mai (1)

 

28 fin mai (2)

 

28 fin mai (7)

On déniche des cabas qui traînent en ville, décorant les trottoirs, où un mélange d'emballages et de nourriture se dessèche sous la lune ou le soleil.
Quelques kilos de pain ou autre chose...
Si chacun, quand il a de trop, partageait avec son voisin ; et d'abord avec celui qui manque ; déjà on limiterait les dégâts. Ensuite si chacun n'achetait plus que nécessaire, en se libérant de la jouissance de l'achat pour se donner l'impression d'exister, on ferait un autre pas. « Faire des courses » est devenu fête, ludique ; ça se substitue à de multiples loisirs. J'ai eu l'occasion, il y a 17 ans, de discuter de ça avec un directeur de supermarché... On va acheter pour se distraire, y compris le dimanche. La plupart des fêtes qui ont encore du succès sont dénaturées au prétexte de « laïcité », mais en réalité de consommation. Celles qui n'ont pas généré suffisamment de ruée vers la consommation tombent en désuétude et ne concernent plus que quelques poignées de fidèles nostalgiques (religieuses ou laïques).
Vous attendez beaucoup des « grands » qui paradent sur vos écrans, mais vous êtes comme eux, pire peut-être, parce que vous n'avez même pas l'idée de tirer profits des économies que vous pourriez faire, en dehors des bienfaits pour la planète, en contrôlant votre consommation.

 

sentier lumiere( 1) Le paysage des mers du Nord de l'Europe « où tout se mélange » ; image employée par Pythéas (en grec ancien Πυθέας / Puthéas) explorateur grec originaire de Massalia, qui fut l'un des plus anciens explorateurs scientifiques ayant laissé une trace dans l'Histoire (voyage jusqu'en Arctique entre entre -330 et -300 )