mairie_toujoursCette photo n'est pas la première, mais c'est je crois la première que j'ai datée. Je sors souvent avec mon petit apn dépourvu de dateur et n'emporte la grosse artillerie que lorsque je suis susceptible de réaliser de beaux clichés de belles choses à destination des ami(e)s, si bien qu'il y avait déjà quelque semaines que ce cadavre montait la garde sur le rebord d'une croisée municipale. Oui, il s'agit bien d'une fenêtre sur une façade latérale de l'hôtel de ville. Mon dernier album montre d'ailleurs plusieurs clichés de boutanches et autres canettes que j'ai régulièrement enlevées. Mais là, lorsque nous nous sommes rencontrés la première fois j'étais en rogne... Entre un 4X4 qui avait refusé le passage piéton à ma chérie et une flopée de vélos qui nous avaient contraints à leur céder le passage sur les trottoirs ; chose fréquente ici, 12 rien qu'aujourd'hui, 4 hier soir, enfin bon, c'est commun ; tous les désagréments ordures à traîner comprises. J'ai piqué un fard et j'ai dis à ma moitié : "- y'en a un peu marre d'être leur larbin bénévole, merde ! Pour ce qu'on est considérés ! Et puis j'aimerais voir si elle restera et combien de temps"... L'expérience nous a amusés.

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De loin en loin j'ai fait une photo, je ne vais pas tout mettre, surtout que c'était avec mon petit bitoniau de poche, voire avec le téléphone portable. Passent les semaines, pas encore les années, elle était là la sacrée bouteille, fidèle au rendez-vous, consolatrice des jours de galère qui s'assombrissaient à l'horizon bouché de la ségrégation sociale. Le plus rigolo est que j'en ai ramassé plein d'autres alentour, y compris à coté d'elle, mais je l'ai laissée exprès, pour voir et rigoler dans une ville où je n'en n'ai pas souvent l'occasion.

mairie-canette-eternelleEt puis voilà, elle est toujours là, sentinelle inamovible de la réalité sociologique. Je serai bientôt mort ou parti, elle veillera peut-être encore sur l'autosatisfaction des bons citoyens ; comme les vélos continueront à rouler sur les trottoirs, comme les merdes canines dans lesquelles on patauge les orneront, comme les bagnoles mal garées qui emmerdent piétons et riverains, comme les ordures qui traînent malgré les efforts des agents municipaux. Et le pignouf qui sonne intempestivement à ma porte régulièrement continuera alors même que je serai bien loin parce que le proprio, niortais de souche, a goupillé les sonnettes de telle manière qu'on ne peut changer le nom encastré sans tout casser ! Comme tout ce qui se fait ici, c'est de la peinture de façade mais faut pas regarder sous le tapis. Et si j'emmerde tant c'est parce que je regarde, moi, sous le tapis, et voudrais qu'on remédiât à ce qui s'y planque. Au début j'étais gentil, je voulais du bien à tout le monde. J'ai vite déchanté, et vous n'en savez pas le quart ! Ce blog est né j'étais déjà depuis cinq piges dans la cité et depuis quatre sur le net tout de même. Faut pas le perdre de vue. Non plus que si on ne s'était pas acharné à nous coller sur la touche, je serai peut-être moins souvent en ville à contempler les oeuvres éminemment culturelles des indigènes de souche.
Jolie bouteille, sacrée bouteille quand c'est que tu décanille ? Au rythme où ça va elle y sera encore l'année prochaine, va savoir ! 

graal

NDLR : moins d'une semaine après kla parution de ce papier la bouteille a été enlevée *;) Clin d’œil Ca prouve que je suis lu... Par des gens concernés. Je le savais remarquez. Bon, c'est pas tout, mais j'vais m'ennuyer moi à présent *=)) Mort de rire