napoleon_1Notre route a croisée celle de feu l'empereur des Français et du coup l'aventure continue. Est-ce par la grâce de Notre Dame des Roches ? De Sainte Hélène ? De Sainte Anna ? Toujours est-il que notre Waterloo à nous est repoussé et l'avenir sensiblement moins noir quoique chargé. J'attends une poignée de tuiles sur la tronche qui ne présagent rien de bon et ne sais pas encore comment je vais les gérer, ma chérie encore moins. D'où un passage par nos pénates en attendant une nouvelle envolée qui nous mènera on verra bien où... Néanmoins nous avons reçu des aides providentielles qui nous ont permis de bouffer autrement qu'en 100 % récup (ceux qui nous ont accueillis ne savent pas qu'on a quand même bouffé des gâteaux et sandwiches de récup, et une banane aussi ; voyage de retour au buffet assuré comme on voit ; comme quoi le gaspillage alimentaire est aussi présent)... Trois copines se sont données la main pour combler nos découverts et ceux qui nous avaient appelés au secours nous ont allongé de quoi payer les loyers.... Par ailleurs certains dilemmes administratifs semblent avoir leur issue pour début août. Une petite virée qui nous a sorti de l'air vicié local ; mais ce n'est pas aussi rose qu'on nous l'avait assuré. Certes la cité est riante en son coeur, marrante même je dirai. Les habitants semblent en majorité bien plus courtois qu'à Niort ; nous n'avons pas eu droit à des réflexions désagréables, ni a des agressions, et même les zonards se sont avérés gentils. On vous dit spontanément bonjours quand vous êtes nouveau dans le quartier ; ici y'a des gens qui non seulement n'ont jamais répondu à nos bonjours depuis dix ans qu'ils nous voient mais accessoirement nous agressent pour certains, ou essaient de nous casser les ripatons d'une manière ou une autre. Vous noterez qu'il y a là bas moins de canettes à traîner en centre ville et que les zonards eux-mêmes mettent majoritairement les leurs à la poubelle... Alors même qu'il n'y a pas de buses de collectes de tri publiques. Comme quoi...

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Je disais marrante... en effet, autour de la statue de Bonaparte, il y a des jardins où se mêlent comestibles et fleurs superbes ; on a d'ailleurs discuté avec des jardiniers, on loupe jamais l'occase nous vous savez bien ; et puis des bassins avec des animaux mécaniques avec lesquels ont peut jouer gratos par télécommande. Ça a coûté la peau des fesses parait-il, mais c'est sympa, ça draine du monde, et ça a créé des emplois. C'est ça notre pauvre société malheureusement qui ne produit plus guère que du ludique et du service. Hélas. Un sens citoyen d'une majorité fait que les rues sont sensiblement moins dégueulasses, certes, mais faut pas fouiller dans les recoins de la périphérie... Les autochtones n'ont pas plus conscience, pour nombre d'entre-eux, de l'impact global de chaque action individuelle...

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J'y ai trouvé les mêmes tags que partout ; j'ai une flopée de photos et si je publie celle-là c'est parce que finalement j'ai beaucoup aimé. Je ne saurais considérer comme une pollution cette foultitude de personnages stylisés et souriants qui accompagnent le promeneur dans ce recoin un peu sauvage ou poussent millepertuis, ronces et autres trésors naturels. Sauf peut-être la peinture utilisée, mais de la peinture non polluante ça coûte actuellement la peau des fesses, et même les fesses elles-mêmes. Sauf à revenir aux méthodes de l'âge des cavernes : ocre, graisse, poudre d'os, plantes... Ca ne risque pas d'effleurer nos graffeurs branchés ; là-bas, chez nous ou ailleurs.

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48 h ne s'étaient pas écoulées que j'avais déjà 3 décharges sauvages dans la vue, et celle-ci est la cinquième sur laquelle j'ai mis la main. Les conditions de recyclage des déchets étant beaucoup plus cloisonnées que chez nous, j'ai nettoyé peu de choses. Récupérés quelques outils jetés pour un usage perso, recyclé quelques fringues propres, ramassé quelques cabas remboursables, enlevé quelques poches et déchets, mais je n'étais pas là pour ça et leur organisation du tri ne permets pas un nettoyage bénévole comme chez nous. Du coup, la mort dans l'âme, j'ai renoncé à l'essentiel. Pourtant ça en aurait un grand besoin, et pas d'un seul intervenant. C'est pourquoi j'ai écrit "Les autochtones n'ont pas plus conscience, pour nombre d'entre-eux, de l'impact global de chaque action individuelle..." qui serait pourtant nécessaire au niveau planétaire ! Il suffit de se reporter par exemple à cet article pas piqué des vers : "Rocks Made of Plastic Found on Hawaiian Beach" qui montre qu'il n'y a pas que de la plastification des océans ; sujet abordé plusieurs fois ici ; dont il faut s'inquiéter, mais aussi celle des roches, conséquence directe de nos comportements irresponsables. Humanité et biodiversité écrivait récemment que "On ne sait pas ce qu’il advient de 99% du plastique qu’il y a dans l’océan et ce n'est pas rassurant ! " ; les mêmes s'inquiètent de "Cinq continents plastiques" alors qu'il y en a bien plus selon mes infos. Ce n'est pas moi mais le très rationnel "Science et Avenir" qui il y a peu dénonçait "57.000 tonnes de déchets jetés par la fenêtre. Littéralement". Le propos est à la mesure du titre et vous ne direz pas là que j'élucubre. Contrairement à l'imbécilité qu'on m'a ressorti encore il y a quelques jours, on peut faire évoluer des gens dès lors qu'on arrive à leur faire prendre conscience des réalités. Faut-il encore que ces gens écoutent, et ne ramènent pas tout à leurs certitudes étroites enfermées dans leurs oeillères en prenant à priori le militant pour un crétin fini. Ce qui est impossible à changer ce sont les dégâts déjà accomplis ; et aussi la dynamique globale qui nécessite plusieurs générations actives et acharnées, de vrais écolo qui ne tortillent pas du cul pour chier droit en se cachant derrière des apparences et des sujets sans rapports ou justement déviants par rapports aux lois naturelles. L'orgueil des adversaires de l'écologie réelle creuse la tombe de l'humanité tant ils sont acharnés à les combattre. C'est un peu le même problème que pour ma santé : on me prends pour un crétin alors on se persuade que mes méthodes ne valent rien. Personne ne se demande comment j'ai fait, avec un diabète à 4 g à jeun, pour ne pas être hospitalisé en urgence pendant plus de quatre ans... J'ai refusé l'insuline je le rappelle... Mais dès que je sors de mon régime je le paye néanmoins, et cher... La Terre c'est pareil : il lui faudrait un diktat écologique global, une véritable dictature pour qu'elle s'en sorte... Ou un miracle. Vous y croyez vous à un miracle de cette ampleur ? Moi pas ! Parce que finalement c'est ça le sens de l'Apocalypse (III-16) "parce que tu es tiède, et ni froid ni chaud, je te vomirai de ma bouche." Vous n'atterrirez pas en "enfer" au mitan des flammes éternelles... Vous crèverez à petit feu des conséquences de votre peu de mobilisation pour sauver votre Terre et vos corps. L'astrophysicien Trinh Xuan Thuan, est loin d'être le seul à considérer que nous n'avons pas de planète de rechange, en dépit des élucubrations modernes de conquêtes martienne.
Finalement, ce dont notre dernière épopée m'a fait prendre conscience, c'est que le mal est universel, plus ou moins bien caché, et que les gens refusent de voir que chez eux, ce n'est généralement pas mieux que chez le voisin. Chauvinisme oblige, mais pas seulement : quand on ne sort pas de son véhicule pour le moindre déplacement, quand refuse de se remettre en question aussi, quand on refuse de voir les choses en face ; et c'est la majorité ; on ne prends pas conscience des réalités. Pour en prendre conscience il faut se les coltiner, et se brutaliser un peu. Je ne me suis pas trompé de route par contre : l'écologie nécessite une sorte de démarche spirituelle de détachement de soi, du monde tel qu'il est, et de l'attachement aux choses. Il faut se remettre en cause au niveau des modes de vie et de consommation. Il faut, comme il est écrit sur les camions bennes de la CAN "finir ce qu'on a dans son assiette", mais aussi ce qu'on a dans ses placards avant que d'acheter autre-chose ! Ça passe AVANT le tri sélectif ! Ensuite bien sur ne pas balancer partout n'importe où n'importe quoi, et enfin partager ses surplus, ce qui relève, ce dernier point, d'une forme de "charité" envers celui qui manque. Enfin, bien sur, se mobiliser pour faire pression sur la production afin qu'elle évolue dans le sens du respect de la Terre et de l'homme. Ce qui amènera forcément à reconsidérer la dimension sociale de la société et considérer que tout le monde doit avoir sa place et participer du processus de production. En conséquence de quoi il faut remettre en cause le productivisme forcené qui jette au chômage des hordes entières. Cela implique un autre rapport aux Êtres et aux choses. "Le gaspillage fait marcher le commerce" m'a-t-on soutenu crétinement. Quel commerce ? Celui d'une minorité argentée ? Mais les autres ? Tous les autres ? A quoi sert de produire pour des masses qui ne peuvent acheter ? A part épuiser de précieuses ressources épuisables ? Le commerce ne fonctionnerait-il pas mieux si tous les démunis pouvaient acheter ou produire ? Voire auto-produire ? Ce dernier point est mon rève. Donnez moi un jardin avec un mobil-homme ou même une caravane et vous verrez ce que je ferais... Mais parce que mes méthodes, comme pour ma santé, relèvent du marginalisme, je ne veux pas m'inscrire dans vos diktats collectifs et je souhaite plus que jamais un lopin individuel, loin de toutes organisations. Parce que j'en suis à me dire que, oui, j'ai converti quelques personnes qui avaient des oreilles pour entendre, mais je ne ferai jamais réfléchir des ânes qui font des pieds et des mains pour tenter de briser mes convictions. Et c'est la plus grand masse qui est comme cela. Je crois la Terre perdue parce que vous l'êtes, et vous l'êtes parce que vous vous acharnez à l'être, où que vous soyez et qui que vous soyez. Nous ne sommes qu'une minorité à mesurer l'ampleur réelle du désastre. Le phénomène n'est pas propre à Niort ou Napoléon-Vendée... Entre nous, je préfèrerais !

Dieu2A