CARTE_FRANCE_crepuscule 1Ne m'appelez plus jamais France,
La France est à jamais bradée...
Que le plus fou des mercenaires
Aie le courage de me sacrifier
A la bombe nucléaire
Pour me nettoyer

Quand je pense à notre reine Marie
Que vous avez jetée aux orties
Je ne veux pas finir comme elle
Détritus au fond d'une poubelle (1).

On a mis Marianne sur le trottoir
A racoler les rebuts du pourrissoir.

Les médias n'informent pas,
Ils triturent l'opinion, la brassent et la malaxent, comme une pâte levée.
Celle d'un soufflé...

Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée ;
mais la ceinture, en ce monde, fait la renommée...(2)

Quand je vois Fillon s'excuser d'avoir parjuré,
mais persister et signer,
J'ai envie de gerber...
Des politiques je suis dégoûté.
Trahies Marie reine d'antan,
comme Marianne allégorie de maintenant.

Il est loin le temps du sol sacré
défendu par une poignée.
De tous abandonnés.
Après qu'à l'ennemi les politiques les eussent livrés.
Alors une colonne imbécile auto-glorifiée
Sur les champs avait défilé.

On aurait dû leur dire, ils auraient dû le savoir,
A vaincre sans péril on vainc sans gloire.
Ils furent laminés
Mais la résistance venait de l'étranger.
Dans une France toujours aussi divisée.

Il y avait le parti de la collaboration, celui de la Résistance ; Celui de ceux qui ont attendus faute de mieux. Parce qu'ils n'y pouvaient rien ou ne savaient à quel saint se vouer. Il y avait les opportunistes qui ont retourné leurs vestes au grès du sens du vent. Puis on est passé à autre chose ; aux sirènes du progrès qui a accouché du monde où nous sommes maintenant...

Je fréquente en ce moment des groupes de nostalgiques du temps d'avant ; des années 30 à 60... Voire un peu avant et un peu après... Repli sur le cocon de l'enfance où la vue ne dépassait pas l’horizon restreint du jeu et de la bienveillance parentale pour beaucoup. Mais était-ce mieux que maintenant en un temps où on s'élançait vers l’anéantissement des relents de vie naturelle de nos biotopes lentement adaptés à la vie de l'homme super-prédateur ? « Progrès » dans lequel on s'est enlisé. Je voyais hier soir dans un reportage que des centrales nucléaires ont trente ans de retard sur leurs chantiers tandis que nos actuelles battent de l'aile à cause de leur âge canonique ; et qu'il va falloir gérer pendant des centaines d'années. En espérant qu'entre temps on ne perde pas la mémoire. Ça me fait penser à ce projet fou d'envoyer une petite armada poussée par voiles à rayons cosmiques vers la planète supposée habitable la plus proche... Voyage aller retour : entre deux et six siècles ! On perd pas un peu la boule là ? Quand je vois la vitesse d'évolution des moyens de communication et de stockage des données ; avec l'obsolescence consécutive et l'incompatibilité à brève échéance. Rien qu'en informatique domestique. J'étais un pionnier en matière de clé USB, j’avais bénéficié d’une super promo de lancement. J'ai dû la reformater, elle est devenue illisible. Les fichiers des anciennes disquettes d’avant 1998 sont illisibles. Les ondes courtes, que papa prenait tant de plaisir à me faire découvrir, sont à jamais bannies ; les grandes ondes en train de s'éteindre... Si l'humanité existe encore dans trois siècles ; nous serons passés à l'ordinateur quantique ou tous connectés par puce interposée, ou... Voire tout ça. Les archives seront perdues et l'homme reposant sur la machine ne saura revenir en arrière ou innover.
Nous sommes dans un monde où la mémoire se perds d'autant plus vite qu'elle est virtualisée. Et où les controleurs de l'infomation assoient chaque jour leur pouvoir.
Et vous vénérez ce progrès en dépit de cette nostalgie d'un passé magnifié.
Réflexe induit au temps des philosophes et poètes qui roucoulaient de belles paroles, tel le renard au corbeau, auprès des gens lettrés qui se voulaient progressistes. Philosophes adeptes du "faites ce que je dis, faites pas ce que je fais". Voltaire, enrichi par la traite négrière ; Rousseau qui abandonna ses enfants ; ou d'autres, des poètes comme plus tard Rimbaud, qui trafiqua armes et chair humaine.
Était-il si merveilleux le passé de notre enfance ? De notre jeunesse ? Ou de nos parents ?
Du scandale de Panama à la guerre d'Algérie en passant par l'OAS, l’Indochine, les attentats divers et variés déjà ? L'humiliation de 40 et la débandade industrielle amorcée dès les années 70... Les apaches et autres blouson noirs.  L'Herbe du diable et la petite fumée ; cette duperie à laquelle répond l'Herbe bleue (Go Ask Alice)  qui annoncent la gangrène hallucinante qui aujourd'hui obère toute lucidité.

RUINES

RUINES roubaix

guerre d’Algérie

RUINES alep

Les ruines d’hier ou celles d'aujourd'hui se ressemblent par leurs amas de gravats et leur somme de souffrances.
La désintégration de la ruralité au profit de la production intensive à vocation planétaire.
A l'école on nous montrait une France qui n'existait déjà plus, qui agonisait, et dont je n'étais qu'un vestige archéologique vivant dans l'élan de nivellement des campagnes par les remembrements au profit de l'intensification de la production et des autoroutes.
Des bateleurs vous enfument avec de belles paroles, mais dans un monde inféodé aux intérêts spéculatifs et à la gabegie, que peuvent-ils promettre que la continuité ?
Ils parlent du pouvoir au peuple. Mais c'est quoi le peuple ? Le voisin qui jette du pain chaque semaine ? Ou moi qui le récupère en loucedé pour des cochons ? Celui qui gaspille à longueur de semaine ? Ou moi qui passe derrière et récupère ?
C'est quoi le peuple ? Moi qui suis fidèle à ma moitié, ou ce voisin qui marine dans les boites échangistes ? On s'en fout de ce qu'il fait, mais ce qui m'interpelle, c'est quelle conscience politique peut-on avoir dans ces conditions ? Car forcément, dans ce genre d'endroit, tout marche à l'attirance physique plus ou moins brute, et j'imagine que l'on n'y passe pas un quart d'heure à s'enquérir des convictions profondes de l'autre. Ça casserait l'ambiance surchauffée.
Peut-on construire une société raisonnable quand l'homme en est réduit à ne réagir qu'à coup d'envies ? Celles que j'évoque ne sont que l'extension des pulsions relatives à la mode où on se rue sur le dernier truc qui vient de sortir sous prétexte qu'on « craque pour ».
Vous vous récriez lorsqu'un politique dépasse les limites que vous voudriez lui fixer. Mais au fond, vous seriez à sa place, qu'auriez vous fait ?
Au fur et à mesure que je me distancie de ce monde, sentant mon crépuscule se profiler, je prends conscience de la vanité de l’existence et de ses espérances face à la réalité en roue libre qui glisse toujours du côté de la pente la plus facile.

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Dans ce monde qui déjà me glaçait, j'aurais voulu être pur esprit, il y a 50 ans, pour pouvoir hanter ceux que j'aimais et leur apporter un peu de réconfort. J'aurais aimé être pur esprit pour rester innocent et apporter un peu de bonheur. Aujourd'hui, je voudrais être pur esprit pour me dissoudre dans l'infini.
Et le coq sur son fumier continue de s'égosiller...

BALEINE

Pendant que la Terre continue d'agoniser...

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Et les bateleurs carriéristes de la politique de vous enfumer.

aide a niort

Mais vous leurs ressemblez ! La fratenité au fronton de vos mairies ne vaut pas plus que la prétendue charité de prétendus chrétiens. A circuler sur un groupe d'entraide local, j'ai vu ce qu'on donnait ; on y lit des proposition du genre ; 9 fois sur dix ; "à prendre d'urgence sur place sinon déchetterie"..; Autrement dit : "débarrassez moi de mes ordures que j'ai pas le couage d'évacuer, c'est bien assez bon pour vous !". Quelle générosité ! J'ai capturé la table à repasser parce que ce genre d'ustensile, je ne sais plus combien j'en ai trouvé en dépôts sauvages. J'en ai plusieurs, en meilleur état que celle présentée (et de loin !). J'ai aussi quelques meubles, sièges etc... Un jour je troquerai ou donnerai, au hasard des rencontres... Ceux à qui j'ai donné peuvent témoigner que je ne me suis jamais foutu de leur gueule.
Gaspillage, égoïsme et inconscience sont les pilliers de cette société que vous voudriez renouveler. Mais sans renouveau intérieur on ne changera jamais la société. Avant de rompre la corde d'argent plus que jamais j'ai réalisé qu'il faut être le colibri de Pierre Rabhi ; et pas attendre des marchands de vent qu'ils affrontent les géants qu'ils ont eux-mêmes engendrés. Gardez vous d'eux, ces renards qui vous prennent pour des corbeaux. Ils sont les garants de la perpétuation d'une illusion d'indépendance nationale dans le marigot des intérêts financiers, pas les agents de votre bonheur que vous percevez de toute façon différent de celui du voisin. Ils sont les garants des gros bénéfices, pas ceux de la survie de l'artisan ni de la sauvegarde d'une Terre déjà condamnée.

bibendum_2017

NDLR : les montages d'images sont de moi, les autres photos sont des captures d'écran sur le net.

(1)Pas plus tard qu'il y a quelques semaines j'ai déniché sur un dépôt sauvage une icône artisanale en parfait état..; Si seulement c'était la seule. Même les coyants ne respectent pas leurs symboles...
(2) Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. Jean de LA FONTAINE