IMG-20141121-00294Encore un arbre dans la ville. Je pensais à la chanson de Maxime en le voyant. Un arbre sur un terrain vague dans une cité en pleine rénovation mais sur cette portion règne la désolation avec ses charmes et ses vestiges qui prennent aux tripes. Je l'ai vu naître cette cité. J'y ai eu deux oncles qui y ont vécu, en ont essuyé les plâtres et sont maintenant dans les limbes. J'ai toujours eu une fascination mêlée d'inquiétude pour les ruines. Il y en avait dans mon hameau natal. Je tenais à peine debout quand je me suis lancé dans leur exploration à mes risques et périls.

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Au contraire d'ici il restait des bâtiments debout ; là il ne reste que deux pans de murs. Deux pans de murs tagués ; jolies fresques florales au demeurant, semble-t-il ; et des détritus à l'abandon, certains qui n'en sont pas.

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Une boite délavée par les intempéries, oubliée.

Je ne suis pas très sur, il devait y avoir une école à cet endroit. Si un niortais passe par là, qu'il me corrige. Ça fait mal au cœur une école arasée, une école abandonnée. Je me souviens que la mienne ne fermait pas à clef ; quelle confiance régnait en ce temps là ! Ça a duré bien après. Une nuit, des années après mon départ, j'étais entré dans la classe, m'étais assis à ma place, j'avais fait le tour et dessiné au tableau avant de tout effacer, le cœur serré, puis de repartir comme un fantôme la tête pleine de souvenirs du poêle qui ronflait autrefois au centre de la salle et que je bourrais de charbon à mon tour le matin avant les cours... Un autre temps. Un temps où on était sage en classe, et respectueux ; des gros mots aujourd'hui. Un temps où les enfants aidaient à la cantine à la préparation des repas et à la vaisselle. Oui, j'ai vécu ça. Un temps où les cours d'écoles étaient plantées d'arbres qui fleurissaient, répandaient leurs pollens qui tapissaient le bitume et où personne n'en tombait malade. Vous ne trouvez pas ça étrange ? Pour comprendre mon allusion reportez vous à l'échange que j'ai eu avec une de mes lectrices sur mon précédent papier. Sur le terrain dont je parle devait, je crois, s'élever une mosquée qui ne se fera pas faute de moyens matériels ; la communauté musulmane tenant à rester indépendante de l'étranger ; ce qui est à leur honneur. Quand on sait de quelles magouilles et compromissions sont capables les prêcheurs délégués, dans des mosquées à leur botte, par des États qui ont des visées guerrières et mercantiles plutôt que la quête d'un éventuel salut spirituel. Il est vrai que le montage financier me semblait complètement aberrant : une association propriétaire des murs sur un terrain loué à la municipalité. Il eût mieux valu acheter le terrain, quitte à se contenter pendant quelques années ; ou plus ; d'algeco ou préfabriqué. Après tout, je ne suis pas convaincu que Dieu regarde la magnificence de l'édifice quand la foi est sincère. C'est valable pour toutes les religions. L'art c'est le don par surcroît, quand on en a les moyens.

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Je vois déjà le poireau amidonné de certains d'entre vous, dressé sous le ressort des fantasmes et délires, à l'idée qu'une mosquée ne se fera pas. Carrez vous dans la caboche que moi, je préfère l'homme pieux ; dès lors qu'il prêche la paix et cherche le salut ; à l'athée vandale et imbu de sa personne, comme ce français pur calendos qui ce matin me défendait le droit du chauffard à ne pas respecter le code la route au prétexte que ceux qui le respectent l'emmerdent. Il me dit ça à moi qui ai une vingtaine de potes boulevard des allongés ou en petit fauteuil à cause des connards du volant ; le premier j'avais huit piges, il est mort sous mes yeux, un copain d'école. Chauffard de mes deux, tu l'a vu mon doigt ? Profondément dans ton fion. Je préfère l'homme pieux et la mosquée visible  ; où n'importe qui peut aller voir ce qui se passe ; à commencer par les autorités ; aux réunions glauques et secrètes dans des caves plus ou moins insalubres. Je me méfie des confréries secrètes quoique j'en ai fréquenté ; mais justement, j'y ai croisé de drôles de gens, loin d'être très saints, ni sains d'ailleurs. Chez les chrétiens aussi il y a des ferments qui sentent la pourriture. Et ces gens là ont rien à foutre de l'avenir de la Terre et de l'humanité qui est l'objet de ce blog d'habitude. Ils ne se différencient pas du beauf moyen pour ce qui est de la dégueulasserie générale. L'homme pieux et sincère respectera la Terre, non par écologie au sens habituel, mais parce qu'il respecte l’œuvre de son Dieu. Il est plus proche de la pensée globale que j'évoquais dans mon précédent papier que l'athée ordinaire qui ne voit pas les rapports entre les choses et dont les analyses partiales sont toujours partielles. Il aborde toujours les problèmes comme les toubibs abordent le corps : si vous avez mal aux pieds on mettra des mois, voire des années, à réaliser que c'est une alerte d'une série de dysfonctionnements en chaîne qui atteignent la totalité de l'être, y compris le psychisme qui en est d'ailleurs souvent l’allumette. De cette désincarnation de la pensée induite par le matérialisme résulte la cécité relative à son environnement immédiat.

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C'est comme ça qu'un dépôt sauvage reste pendant des semaines devant une banque sans que personne ne réagisse. Je l'ai montré dans mon précédent papier ; j'y reviens parce que c'est moi qui ai enfin nettoyé, vendredi soir ! Et quand on voit qu'en prime c'est sur un boîtier de service public sur lequel il y a eu de l'affichage sauvage de revendiqués écolo, on rigole un chouïa... L'affichage sauvage aussi c'est du manque de respect. Sur la cause elle-même je suis mitigé. C'est certain que l'endroit est mal choisi. En même temps il faudrait un immense aéroport loin des villes qui permettrait d'en supprimer plusieurs, en raison de l'intensification du trafic qu'il faudra pourtant un jour se décider à limiter. On accuse les autos de polluer mais les avions sont bien plus coupables, par exemple en monoxyde de carbone et oxyde d'azote, et personne ne dit rien. Quelques vrais écolos se sont inquiété dans les années 70-80 ; j'ai encore des brochures d'époque ; puis plus rien. On est passé à autre chose. Il faut bien vendre l'A380 et que le cadre moyen aille faire sa semaine de trekking de l'autre coté de la planète, et se dérouiller le braquemart dans des pays à proies faciles tout en faisant mariner sa crème solaire dans des piscines de luxe ou sur des côtes isolées de la misère locale par des dispositifs sécurisants et réconfortants. Là bas aussi il y a des terrains vagues, avec des arbres en sursis parfois, et des gosses qui fouillent les ordures qu'on y déverse. Ceux de ces gosses qui n'ont pas la "chance" de bosser comme esclaves pour votre confort.

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