rose utopie 3Mes espoirs étaient comme des roses, des fleurs éphémères ; comme ma vie aussi ; à peine écloses que déjà elles se fanent ; les pétales tombent un à un ou en groupe, comme autant de larmes. Les utopies sont des rêves irréalisables d'un monde imaginaire qui n'intègre que quelques projections ne prenant pas en compte la majeure partie des interactions. Il est de la société comme des biotopes ; la totalité des interférences est impossible à envisager d'un seul regard. C'est pour ça que les bonimenteurs politiques ne peuvent brasser que du vent. C'est pour ça aussi que plus on complexifie, et plus on produit de dégâts collatéraux incontrôlables. Plus on a développé le contrôle des ordures par exemple, et moins il s'avère adapté aux réactions de la population qui ne se soucie guère de ce que ça deviendra. Un jour ils se prennent d'envie d'un débarras de masse et du coup balancent n'importe où. J'ai connu des forêts comme Fontainebleau, beaucoup plus propre il y a 25 ans qu'aujourd'hui. J'en veux pour preuve les photos communiquées par mes contacts sur place.

La Seine et Marne fut pourtant largement en avance sur le Poitou Charente en matière de déchetteries, containers etc... J'ai d'ailleurs activement participé à la campagne d'information du public.
Aujourd'hui on trouve des décharges un peu partout. Et je crains fort qu'à moins d'un véritable fascisme écologique ; une surveillance telle qu'aucun régime totalitaire ne l'aurait envisagé ; ça se multipliera.
C'est la rentrée du pouvoir jeter et empoisonner tout et partout. Est-ce que le fait de le dénoncer fait de vous un donneur de leçon ; comme vous l'écrivez ; monsieur Théo ? Je parle de vous dans mon précédent papier, parce que vous vous émouvez d'un dépôt occasionnel. Je connais bien pire dans la ville et autour. Je pense aux multiples décharges du chemin du troisième millénaire ; à la répugnance du bois de la Tranchée sur son parcours ; où d'aucuns se livrent à des activités intimes au mitan des ordures ; pas dégoutés déjà. Et à Niort je ne fais pas dix mètres sans faire une découverte choquante. J'ai publié dans l'album "Le Restorat", tout récemment une photo d'un dépôt sauvage de nouilles sur laquelle je donne quelques explications en regard. Ce que je ne dis pas sur la publication, c'est que c'est EXACTEMENT sous les fenêtres de votre bureau que j'ai fait cette trouvaille *:)) Marrant ; bureau que vous avez situé dans une série de billets relatifs à une selle de vélo qui m'a autant intéressée que vous.

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Notre ville pourrait être charmante ; quoique je n'arrive toujours pas à me sentir pleinement "niortais", je me sens toujours "l'étranger" ; et son donjon a vraiment de la gueule ; il peut même, sous certains angles, s'en dégager une véritable majesté.

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Sauf que pendant des années le pied du donjon ce fut ça, et encore ce jour là c'est propre relativement à bien d'autres photos que je traîne dans mes archives, et à cette époque on avait déjà fait sauter les pissotières autour desquelles beaucoup se soulageaient plutôt que dedans *:)) Marrant.

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Que penser d'une ville dont les trottoirs ressemblent régulièrement à ça ? J'ai des dizaines de photos jamais publiées parce que je ne voulais pas trop heurter malgré ma colère, malgré mon chagrin, qui sont pires que celle-là même.

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Pas plus tard que cette nuit j'ai trouvé un dépôt immonde à côté de l'Eglise Saint André ; un des fleurons de notre architecture locale.

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Quant au dépôt de la rue Dupin ; dont nous avons tous les deux parlés ; décharge sauvage et non pas "déchetterie", comme trop souvent le confond la NR, ce terme étant réservé à des espaces réglementés ; j'avais inclus une mise à jour à mon précédent papier en croyant que c'était en cours de nettoyage, et je me suis gourré. Voilà ce que c'est devenu. Photo prise à 4 h du matin. Pour moi la maison a été forcée, en prime, et je ne sais pas ce qui s'y trame mais ça me fait penser à une autre bicoque de la rue de l'Huilerie, il n'y a pas si longtemps, aujourd'hui baricadée, mais dont les abords servent toujours, de temps à autre, de dépotoir. Pas toujours que des ordures d'ailleurs ! Aprés avoir demandé à un riverain, j'ai embarqué un joli buffet en pin là-bas ; je ne sais ce que j'en ferai, mais si un jour je trouve quelqu'un qui a besoin...

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NOTRE DAME 30 08

NOTRE DAME 20 08

Un autre de nos clochers (Notre Dame) s'orne en son pied de poubelles qu'on ne sait même pas à qui elles sont, le presbytère sort les siennes de l'autre côté,  jamais vidées depuis une éternité ; les deux photos là ont un mois d'intervalle et c'était encore comme ça à 8 h ce matin premier septembre.
C'est vraiment comme ça qu'on rend notre ville attractive, pas de problème ! On peut être fier de nous, sans conteste ! Je suis peut-être "donneur de leçon" et je suis loin d'avoir une vie parfaite, m'enfin j'ai salement contribué à faire évoluer positivement ce qui se passe dans ma rue, dans mon immeuble, à ce sujet ; et jusqu'à preuve du contraire, je n'orne pas les rues de monceaux de détritus, et sors mes poubelles à l'heure ; m'arrange à ce qu'elles ne dégueulent pas, et les rentre régulièrement en dépit de l'étroitesse de nos locaux et des difficultés que j'ai parfois à les traîner.
Il y a aussi le gaspillage. Je parle d'une assiette américaine dans un papier récent. Mais y'a bien pis, ce n'est qu'un détail...

 

C'est cette nuit que j'ai fait un constat délirant, qui s'ajoute à tous les autres ; sur le chapitre du gaspillage. Je rappelle les circonstances de la trouvaille, puis je détaille, en com, lien à l'appui, quelle est sa valeur... Cent euros dans les poubelles. Celle du parking du moulin du milieu. C'est quand même pas mal ! Mais bon faut pas s'en faire... J'ai montré quelques objets à Éric, le photographe de la NR, quelques pièces récupérées au hasard des ordures en goguette qui valaient bien ça... On s'est même équipé d'une station météo neuve (jamais déballée) dans les mêmes circonstances que la montre, mais en un autre endroit. Quand je trouve un objet utilisable et en bon état par terre, je le porte aux objets trouvés ou je le redonne à son proprio ; j'ai restitué deux portefeuilles récemment comme ça, j'ai encore les enregistrements de leurs coups de fil d'ailleurs, et leurs adresses. Mais quand c'est dans la poubelle, visible, et que ça n'a rien à y faire parce que c'est du gaspillage, qui plus est publique ; je ne me gène pas et me sers. Quand ce n'est pas pour moi c'est pour d'autres, pas bien grave.

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Irrespect de la ville et des objets, gaspillage d'objets et de nourriture, pendant que d'autres manquent de tout ; je ne pense pas à moi mais plutôt à cette femme qui dormait la tête sur sa valise sur un trottoir l'autre nuit et que j'ai discrètement protégée, à son insu d'ailleurs, ou ce gars dans mes âges qui dormait devant la gare avec un sac Leclerc pour tout bagage, enveloppé dans une couverture râpée ; entre autres ; irrespect de la nature aussi, suffit de voir ce blog ou ses albums photo. Irrespect de la vie aussi et tout simplement. La perruche là s'est ajoutée ces jours-ci à l'album "Victimes", avec quelques explications en regard de la photo.
On peut bien me regarder de haut ; on aimerait que je ramasse la merde gratos sans réagir ; me mépriser et considérer que c'est moi qui suis le donneur de leçon à la vie minable ; il n'empêche que j'ai rarement autant pataugé dans la merde d'autrui qu'ici. Pourtant j'ai pas mal parcouru de route avant que ma sensiblerie me ramène dans le coin. Ma sensiblerie oui, parce que je ne serais jamais venu à Niort sans derrière une histoire affective qui m'a fait plus de tort que de bien. Aujourd'hui je suis enchaîné à cette cité où je vais crever. Quand j'ai voulu faire réparer ma bagnole, qui m'aurait permis de m'échapper, on a triché, saboté le boulot, et j'ai pas pu recommencer, j'avais plus les moyens. Je pourrais partir à pied en été, mais on s'ingénie toujours à ce moment-là à nous compliquer la vie en obligations administratives qui fait qu'on ne peut guère aller voir ailleurs si on trouve une issue meilleure. Et puis je suis foutu, je vais crever. Je n'ai même plus envie de lutter contre la maladie. j'ai vu la différence d'accueil entre les toubibs de St Jean et ceux d'ici... Y'a pas photo. Mais j'ai pas les moyens d'aller à St Jean. Je vais crever et finalement, je crois que je laisserai faire. A quoi bon vivre dans ce cloaque où je suis malheureux ? C'est peut-être moi la merde, mais ce n'est pas moi qui la mets.
J'ai rêvé d'un monde où chaque citoyen contribuait à édifier une cathédrale pour les générations futures ; participant de la culture d'un jardin d'Eden terrestre ; antichambre, ou pronaos, du Sanctum Céleste de l'Absolu que j'ai entrevu lors de deux NDE ; que ce soit projection d'une image intérieure ou réalité importe peu, c'était une fin agréable.
Ce n'était qu'une utopie. Les utopies sont comme les programmes politiques : des élucubrations réductrices qui ne prennent pas en compte la multiplicité des facteurs impliqués par une multitude d'individualismes égoïstes.
Un rêve d'une bulle, projection d'une enfance idéalisée... Parce qu'elle non plus ne fut pas si rose... Mais c'est une autre histoire. Il restera à brûler ma carcasse et se servir des cendres pour nourrir des fleurs... Des roses par exemples, ou des oeillets...

la Roche 568