EPONA (1)C'est là notre dernière trouvaille. Enfin la dernière trouvaille conséquente. On ne fait pas un tour en ville sans trouver des trucs à traîner. Depuis on en a fait d'autres et je mettrais l'album concerné à jour prochainement, en ce qui concerne l'alimentaire du moins. On a eu des cadeaux aussi, et là aussi je mettrais l'album à jour. Mais je suis tellement HS ; passablement démoralisé, ma santé, elle, ne s'est pas aggravée ; qu'une chose après l'autre et rien ne presse. Je m'interroge sur l'utilité de ce que je fais là d'ailleurs. Ce canasson de marbre traînait dans un sac abîmé de supermarché, au pied d'un container public auquel il n'était pas destiné. La routine en somme.

EPONA (3)L'oeuvre d'un passionné de la chose équine, puisqu'il n'y avait que ça dans le sac : des chevaux. Je n'ai gardé que ces deux là ; le reste est par trop détérioré. Clin d'oeil du destin peut-être ? Ça m'a conduit à évoquer ma grand-mère sur FB quelque jours après. Elle est de la génération du cheval ; c'est au temps où elle jouait un grand rôle dans ma vie que j'ai connu les derniers attelages agricoles. Ca m'évoquait ma mémé à cause d'une scène poignante de mes toutes premières années. Un cheval blanc, une jument je crois, avait surgi dans le chemin bordant la cour de notre ferme, s'était arrêté à la barrière ouverte et m'avait longuement regardé avant de repartir au galop. Le problème est qu'il était totalement inconnu au bataillon du village qui ne comportait pas plus de cinq fermes. L'autre problème est que personne ne l'a vu ! Pas même mon aïeule qui est accourue trop tard à mon appel. Pas non plus ceux qui travaillaient en bordure du chemin. C'était l'époque du "démariage" des betteraves (printemps) ; qui consistait à éclaircir à la main les poquets pour ne laisser qu'un seul plant (gaspillage de plants qui me choquait, déjà en ce temps où je n'avais pas quatre ans). Vous vous doutez bien que pour en venir à bout, avant les autres travaux et rapidement, il fallait du monde ! Un temps que j'aimais bien d'ailleurs parce qu'aux repas il y avait plein de monde en ce temps là, qui venait aider. J'ai participé dès que j'ai pu tenir debout assez longtemps du reste. Quelques mois après cet épisode que j'évoque. Plus tard, j'ai associé, surtout par malice et auto-dérision, à Epona. Déesse gauloise psychopompe. Étant donné le nombre de fois où j'ai côtoyé la mort depuis, celle de copains comme la mienne ; mon premier deuil d'ailleurs remonte à peu près à ce temps ; mon arrière grand mère ; j'y voyais une ironie d'un destin assez compliqué. Mais je ne suis pas plus convaincu que ce soit la Déesse que quand j'ai vu des cerfs ce soit Cernunos. Je ne suis pas dupe de ma folie.
Folie peut-être, mais quand je me compare... Mon dernier papier sur Crobardures (aujourd'hui), donne une idée du regard désenchanté que je jette sur le monde.
Je pourrais approfondir tel ou tel aspect de la biosphère ; comme je fais souvent ; et son corollaire la désintégration des consciences dont il ne faut surtout pas parler.  Écrire des choses qui dépassent mon microcosme. Est-ce que cela servirait vraiment à quelque chose ? Il fut un temps où, nettoyant des dépôts sauvages conséquents, j'essayais d'en faire la promotion. Maintenant les initiatives se multiplient et j'ai pas vraiment le coeur à me mettre en avant. Je continue néanmoins, et comme on voit, j'y fais des trouvailles amusantes et intéressantes. Souvent.

enfany

La dernière blague du genre par exemple, c'est cette poche portée par le vent, hier, que j'ai attrapée au vol, et qui contenait toute une poignée de serviettes en papier propres. Je ramasse des tas de poches alors qu'il était sensé ne plus y en avoir ! Celle là me paiera de ma peine : les serviettes, je vais les utiliser comme PQ. Plus loin c'est un sac d'école râpé que j'ai trouvé. Celui là je l'ai jugé irrécupérable tant il était abîmé, percé, usé. On peut juste se demander ce qu'il foutait dans un buisson. Il convenait à la poubelle où je l'ai carré. Oui, mais... En le secouant, j'y ai trouvé cinq centimes ; c'est pas la fortune mais bienvenu dans mon état de cata permanente ; et un stylo, un de plus ! Ça doit faire quinze piges que je n'ai pas acheté de stylo, au moins !
C'est d'ailleurs pourquoi, en écoutant les bonimenteurs électoraux, je me demande un peu ce que vous attendez ? Qu'ils vous donnent les moyens de jeter davantage de stylos ? Moi j'en donne à qui en veut contre un peu à bouffer. Y'a un commerçant comme ça qui m'a dit en souriant qu'avec le lot que je lui ai filé, il a de quoi tenir le siège plusieurs années ! Juste pour vous donner une idée... Cela et quelques piles dans les caniveaux, encore...
Tout ça me laisse la désagréable impression que rien ne change vraiment sous le soleil. Je calancherai avant que quoi que ce soit ne progresse vraiment. Il faudrait vous prendre un par un par la main et vous conduire comme des gamins. Ajouté à ça que la société est enferrée dans sa logique productiviste, subordonnée à l'irrationnel boursier. Synergie infernale qui ne peut accoucher que d'un immonde cancéreux déserté par l'âme depuis longtemps émigrée sur un radeau de fortune ; à la manière de ces errants que nos appétits condamnent à l'exil et à la vindicte populiste.
L'image de fin est une fresque découverte à Avignon récemment, trouvée sur FB,  et qui va être enterrée. Personne ne la verra jamais plus. Encore un pan de patrimoine sacrifié ; au nom de quoi je ne sais pas. Mais nos vestiges sont tous appelés à la poussière. Et dans cent ans, il sera aussi difficile de comprendre notre époque contemporaine, qu'il l'est de saisir vraiment ce qui se passait il y a mille ans ; tant nous avons enterré leurs valeurs.

fresque gallo-romaine AVIGNON _3