oiseau jardin (3)

Même les oiseaux tournent le dos pour ne pas voir la misère morale de cette prétendue humanité dont ils ont honte de partager le même vaisseau. Minuscule radeau perdu dans un apparent infini que nous avons paré d'absurdité profonde par nos raisonnement simplistes. Nos petits cousins du ciel n'acceptent pas plus de parentèle avec avec notre dégénérescente race, que les singes ne se croient nos frères. Il faut toute la pédanterie d'un raisonneur de pacotille pour oser soutenir que nous avons un ancêtre commun (1). Qu'en sait-il d’abord ? C'était le sien de grand-père ? Il n'envisage pas un instant qu'après boire, le vioque pouvait lui bonir des craques sans queue ni tête pour un peu qu'il yoyotte un peu des deux. Comme d'autres se livrent à toutes sortes de stupidités. Et on a nos champions. 

poubelle renversee (1)

Depuis quelques temps un abruti sévit sur mes brisées, et ça commence sérieusement à me les briser menu. Je ne compte plus le nombre de poubelles ; toujours de façon aléatoire, une tous les cinq ou dix ; que j'ai prises en pitié et aidées à se remettre sur leurs roulettes ; voire sortir d'en travers de la chaussée, et accessoirement ravaler leur dégueulis ; ces dernières semaines, entre gare et Villon (Et même un peu plus loin) ; entre Saint André et Clou-Bouchet. Si j'étais payé à l'heure, j'aurais de quoi m’offrir une petite bagnole respectable. 

terrasse (2)

Le problème est qu'il ne s'attaque pas qu'aux poubelles. Après avoir défoncé la machine à boisson de la place saint Jean plusieurs fois, v'la qu'il s'en prends à la terrasse du Balto ; en moins de quinze jours il l'a traînée plusieurs fois loin de l'endroit où elle est normalement rangée. Ce n'est peut-être pas le même que les exactions précédentes remarquez. A l'heure où les anciens du quartier voudraient lui redonner vie, je soupçonne fort un certain groupe d'influence ; composé de nouveaux dans la contrée ; de vouloir nuire au Balto, le café historique, dernier vestige du temps où le secteur vivait, florissant et riche. Pensez que même la boulangerie a fermé. Elle aussi était là depuis des décennies. Maintenant c'est une place où squatte une faune glauque jusque tard dans la nuit ; une rue ou vivotent quelques rares enseignes souvent éphémères. Univers qui me fout le bourdon, moi qui ai connu ce quartier si sympathique et dynamique il y a 35 ans. Le vandalisme est un dégât collatéral de la décrépitude d'un monde qui n'en finit pas de mourir. La dissolution du tissu social dans la globalisation et le relativisme portés au pinacle par les incultes chantre de la déculturation et de la scatologie canonnés humour. Qu'on sorte un peu du « pipi-caca-popo » du stade anal requalifié en liberté d'expression, et peut-être alors que le cygne suspendra son chant pour nous laisser écouter le souffle du vent du crépuscule de ceux qui se prirent pour des dieux. Alors aurons nous peut-être la chance de restaurer ce qui peut l'être autrement que comme pièces de musée dans un décor de pacotille tels des cautères sur des jambes de bois. Ces vandalismes au fond, ce sont des jeux pour leurs auteurs. C'est ça qu'il faut percevoir : une manière de distraction dans une vie vide vécue au jour le jour.

 

chene3

(1) En écrivant cela j'ai à l'esprit un commentateur du « Gorafi » , un baveux satirique d'une haute tenue, bien supérieur au désormais célèbre  et  endeuillé « Charlie ». Le commentateur, prenant le papier au premier degré, était venu ramener sa science sur un papier humoristique à propos de nos origines.