VAN 3On me présentait ; au travers d'un papier relayé sur FB ; pour écologique et modèle de non consommation l'expérience, certes intéressante, d'un nomade des temps modernes. Écologique ? Ça pollue pas un Van ? Si nous étions tous ainsi, ça serait pas triste côté gaz d'échappement. Et puis « non consommation » ça se discute !
Déjà, faut un petit matelas de départ. L'achat du véhicule, les besoins de base quand on part, le matos, et pallier aux manques de revenus du début ; parce qu'un créneau lucratif, à moins de faire la mangave, très aléatoire et peu rentable, tout du long, parce qu'il faut bouffer, mettre de l'essence, entretenir et réparer le véhicule, se laver de temps en temps déjà. Les pompes publiques gratos y'en n'a plus beaucoup, et à moins d'être très endurci, se laver à la pompe en hiver, c'est pas de la tarte. On peut certes se vêtir à la fripe ou aux poubelles, mais ça coûte tout de même. Et puis il y a les assurances obligatoires, les frais de stationnement ; hormis quelques petits villages c'est souvent payant ; sans compter les restrictions imposées aux véhicules de ce genre. Les lubies de la maréchaussée aussi. Pour avoir dormi à la belle avec une simple R5 déjà, dans un chemin creux de campagne, on a eu des emmerdes avec elle, nous, il y a une dizaine d'années. On a pourtant beaucoup pratiqué le camping sauvage ; surtout à la belle, sans tente, et nous avons généralement pris le soin de bien nous cacher ; j'avais déjà l'expérience du nomadisme et savais les aléas. Ce coup dont je viens de parler était une sorte d'accident : nous étions vraiment trop crevés pour poursuivre.
Il fut un temps où les nomades, manouches ou gadgés, avaient l'obligation d'un carnet de circulation. Pour discriminatoire qu'était cette mesure, elle autorisait le nomadisme. Désormais il y a l'obligation d'une adresse fixe, sinon on est considéré comme clochard, SDF comme on dit maintenant, et on peut être embarqué par n'importe quelle patrouille nationale ou municipale, surtout à l'écart des grandes villes justement. Ce sont des mesures auxquelles on ne peut vraiment faire face qu'en groupe.
Dans le cas précis du type dont je parle, il vivrait d'une chaîne You Tube. Genre d'entreprise où il faut percer ! C'est pas gagné au départ. Pour mille qui se lancent, dix réussiront. Et les connexions internet pour mettre en ligne nécessitent des frais, quel que soit le moyen employé. Les connexions gratos dans certains départements sont souvent réservées aux indigents, ou limitées dans le temps et destinées aux résidents du patelin ou du département, dans des plages horaires limitées.

moi (4)

En marge du consumérisme ? Mon œil ! La vie Marginale, ça me connaît, et quand on me daube, je le vois de suite. Moi j'ai fais la route en vélo, il ne me reste qu'une photo d'époque et je la montre volontiers ! J'étais tour à tour saisonnier, tireur de cartes, saltimbanque sur la rue, artiste (peinture)... Internet n'existait pas ; j'ai fait beaucoup de route comme ça ; j'ai couché dehors sous la pluie etc... Et ma pomme, j'étais quasi illettré ; je suis autodidacte (/ex l'informatique où j'assure moi-même la maintenance) Je n'ai jamais cru un instant que je n'étais pas consommateur. Je ne me mentais pas à moi et aux autres ainsi. J'étais juste différent, marginal par rapport au contexte. Ce que j'y ai gagné ? Des aventures inoubliables, de toutes sortes... Mais aussi une usure précoce de ma santé... Aujourd'hui je le paye cher... Enfin, c'est juste pour dire de ne pas se laisser dauber par des faux semblants. Ce mec a renoncé à une vie bourgeoise, c'est tout. Mais il a tout le système derrière lui qui lui a permis son rêve ; ce n'est pas un "non-consommateur" ; juste un type qui vit son aventure... Un jour il sera usé et il se rangera des voitures... Reste à savoir comment il arrivera à négocier la chose.
Entre temps il lui faut vivre ; et je sais d'expérience, pour avoir vécu seul longtemps (10 à 15 ans), que manger, rien que ça, seul, revient bien plus cher qu'en famille ou en groupe.
Le retour au circuit « normal », pour moi, ça n'a pas été compliqué : je suis rentré dans le rang de la vie « ordinaire » jusque à ce que des aléas me jettent à nouveau sur la touche (maintenant). J'ai meublé ma soif d'un autre monde à coups de militance. Mais en aucun cas je n'étais hors du système. Nomade ou sédentaire, j'ai toujours consommé. On consomme différemment, mais on consomme. On pourra même consommer moins en étant sédentaire !

télévision

monde moderne

On n'est pas obligé d’idolâtrer tout ce que la pub suggére. La première image immédiatement ci-dessus qui vaut mille mots est une création perso, l'autre est captée sur les réseaux sociaux et la vaut tout aussi bien *;) Clin d’œil.
Les utopies sont des rêves ; elles offrent des expériences de vie en périphérie d'un monde monotone quand on n'y mets pas son grain de sel de folie ; mais elles ne bâtissent pas un monde différent. C'est le cœur de l'homme qu'il faut changer. Alors il faut, comme le disait je ne sais plus qui, être le changement qu'on voudrait voir. Cela relève de l'intimité. Ce qui en est visible peut parfois influencer quelques autres ; mais le changement des autres ne se fera que par leur prise de conscience personnelle. Pas sur injonction.
C'est aussi pour cela que les politiques ne feront pas le bonheur du monde ; parce qu'ils cherchent, en prétendant faire le bonheur des autres malgré eux, juste à satisfaire leurs egos surdimensionnés. Certains individus fonctionnent de la même façon.
« Je vais t'aider » disent-ils, et ils imposent des machins qu'on n'a jamais demandé, sachant mieux que soi prétendent-ils, ce qui nous convient. Imposant la tyrannie de leurs lubies ; nous jugeant pas assez intelligents pour nous gérer nous mêmes ; tout particulièrement quand on est indigent. Combien j'en ai connus comme ça !
Les chemins de l'utopie, c'est aussi cela : ça mène souvent à la misère ; j'en ai connu d'autres des aventuriers brisés, des utopistes désenchantés, des voyageurs réduits à l'état d'épaves.
Vivre en Van pour échapper au système, c'est comme vivre en vélo, à pied ou en stop ; j'ai fait tout ça, enfin, pas le van, moi c'était en caravane ; c'est juste une aventure. Ça réussi ou pas, un temps, à moins de mourir jeune... Dans un accident par exemple.
L'idéal n'est pas terrestre.Les enfants du paradis iront vivre en utopie au pays des rêves dorés dont un serpent les avait chassés, gâchant l'enfance idéalisée des temps oubliés. Un paon leur ouvrira la barrière du printemps éternel, libérés à jamais des chaînes de la causalité.
De l’Éden à l'expérience de la mort temporaire en passant par l'idéal sociétal d'une société vraiment, totalement, écologique, c'est la même espérance.
Et l'amour, toujours, qu'aucun vitriol ne vient entacher.

utopie 4